RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Palestine. Le « cher Bibi » emprisonne Salah Hamouri pour trois mois de plus

Benyamin Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite s’acharnent contre l’avocat franco-palestinien, en détention administrative depuis déjà dix mois. Son épouse, Elsa Hamouri, n’a toujours pas été reçue par Emmanuel Macron.

La nouvelle est tombée. Sèche comme le claquement d’une porte de prison : la détention administrative de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, qui devait se terminer ce 30 juin, a été renouvelée pour trois mois sur ordre du ministre de la Défense israélien, Avigdor Lieberman.

Salah Hamouri a été arrêté le 23 août dernier au prétexte qu’une enquête était en cours sur son appartenance supposée à une « organisation ennemie ». Le jeune Franco-Palestinien de 32 ans était supposé être libéré cinq jours plus tard, après avoir subi en tout et pour tout un interrogatoire d’une vingtaine de minutes à son arrivée au centre de police. Mis à l’isolement, il apprend par la suite que, pour les besoins de l’enquête, il est maintenu en détention. Le 29 août, il est présenté devant un juge de la Cour de Jérusalem, qui décide tout d’abord de le placer en résidence surveillée pour vingt jours, sans qu’aucune des charges ne soit révélée, contenues dans un « dossier secret ». Le magistrat lui interdisait également l’entrée à Jérusalem ainsi que toute sortie du pays pendant trois mois. Et puis, l’ordre émanant du ministre de la Défense arrivait : placer Salah Hamouri en détention administrative. Soit six mois renouvelables au bon gré du ministère.

Et le sinistre ministre ne s’en est pas privé ! Au mois de février, il annonçait que, cette fois, il décidait l’emprisonnement de Salah Hamouri pour quatre mois. Hier, le couperet tombait à nouveau : trois mois.

Un déni de justice

La détention administrative est non seulement un déni de justice mais surtout une véritable torture psychologique, puisque le prisonnier ne sait pas s’il sortira ou s’il restera enfermé. Cette détention administrative est renouvelable autant de fois que « nécessaire ». Se dire qu’il va sortir ? Se préparer à ne pas quitter sa cellule ? On sait combien la privation de liberté n’est supportable que si un horizon d’élargissement peut se dessiner. Dans ce cas, c’est impossible.

Autre torture imposée par les autorités israéliennes : Salah Hamouri ne peut pas recevoir la visite de son épouse, Elsa (ni de son fils âgé de 2 ans), puisque celle-ci est interdite de territoire israélien, passage obligé même si elle veut se rendre en Palestine. Cela fera bientôt un an que Salah n’a pas vu son enfant. Imagine-t-on la douleur, pour lui et sa famille, d’autant qu’aucune charge ne lui est signifiée ?

Se pose donc une question : que font les autorités françaises ? Il a été dit qu’à au moins deux reprises Emmanuel Macron a soulevé le cas de Salah Hamouri devant son « cher Bibi », comme il aime à appeler Benyamin Netanyahou. Visiblement sans résultat. Comment ce dernier peut-il se permettre d’humilier ainsi le président de la République française et la France ? Tout simplement parce que rien de ce qu’entreprend Israël n’est soumis à critiques publiques et encore moins à des mesures de rétorsion comme, par exemple, des sanctions d’État. D’ailleurs, Emmanuel Macron n’a toujours pas daigné recevoir Elsa Hamouri, contrairement à ce qui a été fait pour d’autres familles de Français emprisonnés à l’étranger.

L’État français se tait

C’est un véritable acharnement de la part de Benyamin Netanyahou et de son gouvernement d’extrême droite. Ils n’ont qu’un mot d’ordre : faire taire toutes les voix qui s’élèvent contre leur politique coloniale d’occupation. Une répression qui frappe aussi bien les Palestiniens que les Israéliens. À Gaza, on tue sous prétexte du Hamas, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, on procède à des assassinats ciblés et à des arrestations. Et en Israël même, des associations de défense des droits de l’homme comme B’Tselem ou d’expression d’anciens soldats qui dénoncent les exactions de l’armée dans les territoires occupés comme Breaking the Silence sont l’objet d’attaques répétées. Des exactions qu’on ne pourra plus filmer ni enregistrer par la grâce d’une nouvelle loi israélienne liberticide.

Interrogé par L’Humanité hier, le ministère français des Affaires étrangères n’a pas souhaité réagir immédiatement « compte tenu de la complexité de la situation de M. Hamouri que nous suivons avec attention », en attente d’« un retour détaillé » des diplomates sur place.

Pierre Barbancey

»» https://www.humanite.fr/palestine-le-cher-bibi-emprisonne-salah-hamour...
URL de cet article 33531
  
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI

Rêves de droite : Défaire l’imaginaire sarkozyste
Mona CHOLLET
« Elle, je l’adore. D’abord, elle me rassure : elle ne dit jamais "nous", mais "moi". » Gilles Martin-Chauffier, « Fichez la paix à Paris Hilton », Paris-Match, 19 juillet 2007. En 2000, aux États-Unis, un sondage commandé par Time Magazine et CNN avait révélé que, lorsqu’on demandait aux gens s’ils pensaient faire partie du 1 % des Américains les plus riches, 19 % répondaient affirmativement, tandis que 20 % estimaient que ça ne saurait tarder. L’éditorialiste David Brooks l’avait (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux.

Karl Marx

Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
19 
Appel de Paris pour Julian Assange
Julian Assange est un journaliste australien en prison. En prison pour avoir rempli sa mission de journaliste. Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006 pour permettre à des lanceurs d’alerte de faire fuiter des documents d’intérêt public. C’est ainsi qu’en 2010, grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, WikiLeaks a fait œuvre de journalisme, notamment en fournissant des preuves de crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont utilisé ces (...)
17 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.