Pour un droit à l’information.


10 juillet 2005.


L’angélisme occidental et la presse "officielle" :


Il est fascinant de voir deux phénomènes parallèles, les médias officiels
et internet. D’un côté, une presse française complètement "atlantisée" [1]
qui s’obstine à dénoncer la barbarie non seulement des "islamistes", mais
d’à peu près tous les pays du Sud qui nous menacent à la fois de leur
"développement" (la Chine et même l’Inde), de leur populisme dictatorial
(l’Amérique latine), de leur immigration sauvage (l’Afrique et tous les
autres). Nous serions "les démocraties" assiégées, le bastion de la
civilisation pris d’assaut par les hordes barbares selon un scénario proche
de celui de la chute de l’Empire romain. Tous les moyens, y compris
l’acceptation d’un fascisme planétaire dont l’équipe de criminels de guerre
rassemblée autour de G.W.Bush est une assez bonne illustration, seraient
bons pour défendre "nos valeurs". Voici que l’Europe, innoncente et pure,
continent comme chacun sait depuis l’aube des siècles défenseur de la
démocratie et des droits de l’homme, est à son tour menacée.

Qui est frappé ? Un peuple londonien majoritairement contre la guerre. Et
les médias occidentaux l’incitent à se croire sous la deuxième guerre
mondiale, résistant aux bombardements nazis. Tous les reportages
télévisuels que nous subissons vont dans ce sens, combien de fois nous
a-t-il été vanté "le flegme" britannique alors que jamais il n’a été
question du "flegme" irakien. Ce qu’on nous présente en rupture avec toute
l’histoire de l’Irak est un pays déchiré par ses luttes internes,
l’intervention occidentale la protégeant de ses démons, alors que c’est
justement l’intervention qui les entretient, les crée, les exaspère. Il ne
s’agit pas d’opposer le peuple londonien au peuple irakien, mais bien de
les unir dans notre solidarité face à cette violence généralisée. le
contraire de ce que font la presse et la télévision française.

N’importe quel individu doué de raison ne peut que s’interroger sur leur
représentation de la réalité planétaire. Tant sur le rôle historique des
Occidentaux, et des Européens en particulier, que sur leurs activités
présentes. Le "terrorisme" est isolé de la violence générale, non seulement
de la guerre, mais des effets dramatiques de la folie économique d’un
capitalisme destructeur à travers une loi du marché au profit des
multinationales financiarisées. Même la Loi et son respect dans un tel
contexte sont à interroger. Quand la plus grande puissance peut la violer
sans problème, et quand des individus comme Soros avouent eux-mêmes qu’ils emploient un grand nombre de juristes, pour utiliser partout les failles
législatives pour mener à bien leurs manoeuvres spéculatives contre des
peuples.

Les attentats interviennent opportunément pour conforter cette violence
généralisée, pour transformer un G8 problématique en symphonie unanimiste
autour de G.W.Bush. Celui-ci ne sait plus comment se dépêtrer de l’aventure
criminelle en Irak et ne voit de solution que dans une fuite en avant :
mettre au pas l’Iran mais aussi l’Amérique latine. [2] Il a besoin
d’entraîner ses alliés de l’OTAN à ses côtés. Il veut que ceux-ci
cautionnent sa "politique" de sous-développement et de pillage, la
destruction environnementale par le plus grand pollueur de la planète.
L’attentat de Londres est du pain béni pour ce fou furieux et une horreur
pour des gens qui n’y sont pour rien.


Une autre information, ses atouts et ses dangers :


En revanche si on navigue sur internet, on assiste à un phénomène parallèle y compris en Grande Bretagne. Non seulement l’analyse de ce que représente ce G 8 mais les dénonciations de l’ordre mondial injuste se développent avec une grande violence parfois en occultant le fait qu’il est
insupportable pour des innocents qu’ils soient londoniens ou irakiens de
vivre de tels malheurs.

Internet est un lieu où désormais apparaissent des nouvelles, des
informations, qu’occulte systématiquement la presse atlantisée, française
en particulier où le phénomène de censure est sans doute le plus verrouillé
de toute la presse occidentale [3] . Il faut environ six à huit mois pour que
nage quelquefois à la surface médiatique officielle des informations qui
courrent sur le net. [4] Mais la plupart du temps, elles demeurent à jamais
occultées, la censure est totale. [5]

Les rédactions occidentales, qui ne sont pas aussi autistes qu’on le croit,
mesurent bien le décalage grandissant entre ce qu’elle publient et la
rumeur planétaire. La crise du lectorat vient renforcer cette prise de
conscience, mais la logique de propagande s’impose à ces rédactions.

Pourtant, il y a dans cette dénonciation qui créé un phénomène nouveau et
nécessaire d’information des dangers évidents que le terme de rumeur
recouvre bien.

Il y a des spécialistes de la "thèse du complot". Disons tout de suite
qu’ils ne manquent pas d’aliments. Mais que le 11 septembre ait été du pain
béni pour G.W.Bush, comme l’attentat de Londres, conduit certains à 
diffuser n’importe quoi. Et s’il s’agissait pour la presse "officielle" de
s’en prémunir en vérifiant les sources, en les croisant, nul ne s’en
plaindrait. Mais non seulement il ne s’agit pas de cela, mais la dite
presse, ses "experts" pratiquent la même irresponsabilité à partir du
moment où il s’agit de cautionner les folies impériales et nous inviter "au
choc des civilisations".

Il est clair que la censure dans un sytème de propagande, la volonté
d’occulter des faits avérés qui permettraient de mieux comprendre les
phénomènes auxquels nous sommes confrontés engendrent une conception
paranoïaque de l’information.

Certes Al Quaida est à l’origine une création de la CIA, nul ne nie cette
évidence même si la presse "officielle" n’insiste pas sur les conséquences
contemporaines d’une telle paternité et l’attribuent à la "guerre froide" .
La politique de Reagan [6], que reproduit fidélement G.W.Bush a consisté à 
créer parallélement des organisations terroristes et des ONG de "défense de
Droits de l’homme" dirigées contre le communisme et sa "dictature",
d’acheter massivement et tout à fait officiellement un certain nombre de
"porte-paroles". Est-ce que cette politique étatsunienne a disparu avec la
guerre froide ou est-elle au coeur de celle menée par G.W.Bush ?

Ainsi aujourd’hui, Zarkaoui surgit opportunément en Irak et les médias
occidentaux limitent à ses agissements la Résistance irakienne. Les gens
qui entourent aujourd’hui G.W.Bush sont les mêmes qui ont financé en
Amérique latine, les groupes terroristes, et provoqué les horreurs des
dictatures du Plan Condor
. Qui connaît un peu l’histoire de l’Amérique
latine les sait capables de n’importe quoi et un incendie du Reichtag, qui
couvrirait leurs interêts, ne leur ferait pas peur. Toujours par
expérience, on sait que partout les spécialistes du Mossad sont venus
former les terroristes, appuyer les coups tordus sur la planète. La
politique de l’État d’Israël est un des pions essentiels de la
recomposition US au Moyen-orient. Faut-il à partir d’un tel réseau de
présomptions franchir le trait et proclamer un complot étayé de fausses
nouvelles ? Ainsi en a-t-il été de la "rumeur" des juifs prévenus à temps
de l’attentat du 11 septembre. Le même canard a été lancé à propos de
l’Amabassade d’Israël à Londres.

Ce genre d’information mal étayée sur le "complot" s’empare des excès de
nos médias atlantisés, non seulement "l’angélisme" de l’État d’Israël [7] ,
mais de leur volonté de montrer des "démocraties occidentales" surprises
par la barbarie alors que non seulement celles-ci portent le fer et le
sang, la misère sur toute la planète, mais ne sont pas si "surprises" que
ça... Quand les médias occidentalisées nous rejouent sans cesse la
barbarie nazie contre la démocratie, y compris pour commenter les attentats
londoniens, transformer toute critique d’israël en antisémitisme, voir en
négationisme, fait partie du "théâtre". Est-ce que pour autant nous devons
leur apporter aliment en ne dénonçant pas les mono-maniaques du complot de
"la juiverie internationale" qui sévissent sur internet.

Il y a un terme qui me semble bien caractériser les visées de Bush et la
manière dont les attentats criminels interviennent pour les favoriser est
celui d’alliés objectifs. Mais aller plus loin dans l’état réel des
informations ne sert que la propagande bushienne et là encore certains
tenants systématiques de la "thèse du complot" me paraissent à leur manière
être des "alliés objectifs"... Par leurs outrances mêmes, parfois leur
inspiration néo-nazis, ils provoquent le rejet et déconsidèrent toutes les
informations fondées sur les activités réelles de la CIA et les services
occidentaux.

De cela, je retire le fait que l’information, le droit du citoyen à être
informé n’est pas un supermarché, mais une responsabilité politique, il
exige une éthique basée sur quoi ? Alors que nos médias témoignent du fait
que malgré des individus courageux cette éthique n’existe plus.

Pour un véritable droit à l’information :


Premier constat l’information est essentielle, la connaissance des faits
est indispensable et face à la censure médiatique, la manipulation, le
parti-pris des médias occidentales, l’existence d’internet même avec ses
dangers de rumeurs est une bonne chose. Comme est une bonne chose la prise
de conscience, à travers la manière dont est traitée leur propre situation
par ces médias, de gens qui chez nous ont décidé de s’opposer à ce qui les
opprime, leur rend la vie impossible. Quand aujourd’hui la presse française
continue à mépriser le NON français, appuie un nouveau démantélement du
code du travail, considère que le patronat à tous les droits, la conscience
d’une manipulation de l’information s’accélère. Mais j’ai déjà dit à quel
point le thème de la rupture entre les "élites et le peuple" me paraissait
dangereux s’il n’est pas assorti de propositions pour transformer les
institutions politiques, les moyens d’information, viser à leur
démocratisation.

On peut même soupçonner que le thème du "terrorisme" soit le mieux manipulé
pour nous faire accepter non seulement le viol de la démocratie envers
d’autres peuples, mais également chez nous. Donc le droit à l’information
passe par un refus systématique de l’entretien des paranoïas, mais une mise
en évidence des responsabilités pour aider à la transformation, à 
l’amélioration, au dialogue.

Sans prétendre embrasser l’ensemble du problème, je voudrais plaider pour
un aspect du droit à l’information qui resitue l’évenementiel dans la
compréhension des peuples, des civilisations, autant que des problèmes
auquels ils sont confrontés. La seule solution est certes de faire
connaître les menées des dirigeants, des services de renseignement, mais de
ne jamais les isoler d’une histoire plus complexe et plus complète, celle
des peuples. Il faut faire de la politique, comprendre les enjeux, analyser
ce qui se passe au niveau de la planète et les incidences sur nos propres
peuples d’un mode de développement de plus en plus destructeur. Les peuples
sont les grands absents de ces visions parallèles qui d’un côté tentent de
nous entraîner dans la paranoïa du "choc de civilisation" ou celle de
n’importe quel "complot", pourtant c’est à ce niveau de compréhension de ce
que sont ces peuples, que l’on peut lutter pour la paix, pour la justice,
pour le respect des souverainetés nationales. Il est clair que pour moi qui
suis communiste comprendre les peuples passe par une connaissance de qui
est exploité par qui, mais je pense qu’une simple vision humaniste ou même
réaliste de l’avenir de la planète doit nous conduire à un souci proche.

Si on pouvait construire un véritable droit à l’information, il faudrait
partir de cette base occultée. Remettre les événéments dans leur contexte à 
la fois historique et social, c’est à ce prix là que l’on pourra construire
une véritable démocratie parcipative, celle qui favorise l’intervention
localisée sur sa propre existence et qui de là , saura avoir une conscience
planétaire. Nous sommes aujourd’hui dans un politicien, dans un
évenementiel basé sur le sensationnel, sur les stéréotypes et la
geostratégie, à la mode Alexandre Adler, semble avoir oublié tous les
acquis des historiens, pour retourner à la chronique guerrière et celle des
cancans mondains et du danger terrible d’une vision paranoïaque du monde.

Danielle Bleitrach


- De Danielle Bleitrach :

Les barbares et les civilisés : Comment peut-on être Chiite ?

Les enseignements d’une émission détestable

Le NON n’ est pas un vote de gauche, c’est un vote de classe ...

Référendum : Les leçons d’un srutin.

Censure et Empire, Dieudonné et l’usage de l’"antisémitisme", par Diana Johnstone et réponse de Danielle Bleitrach.



[1A titre d’exemple, je vous recommande l’éditorial du Point à propos des
élections iraniennes qui dénonce l’angélisme démocratique occidental qui
croit qu’une élection peut tout régler et qui se retrouve avec un dirigeant
"non conforme"... La conclusion implicte de l’éditorialiste n’est pas que
l’intervention occidentale est telle qu’elle apporte guerre, pillage et
donc résistance au "modèle occidental", mais que nous sommes trop bons,
trop civilisés pour des peuples arriérés indignes de notre générosité
démocratique.

[2En même temps que les attentats de Londres, tombait une nouvelle
complétement ignorée en France : les États-Unis étaient autorisés par le
Congrès du Paraguay à installer 400 militaires US dans ce pays. Quand on
connaît la participation de ce pays au Plan Condor (avec l’Argentine et le
Chili) et que l’on sait ce qui se passe en Colombie, on peut légitiment
penser que les États-Unis ne renoncent pas à l’alternance (démocraties
contrôlées de A à Z et dictatures sanglantes dès que les peuples bougent)
qui caractèrise l’Amérique latine. Ce n’est plus seulement Chavez qui est
visé, mais le MERCOSUR, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay par cette base du
Paraguay.

[3Avec les mêmes informations que la presse française sur Robert Ménard,
son fiancement par la CIA ( Lire Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA, par Thierry Meyssan. , Les USA financent Reporters Sans Frontières, par Diana Barahona., Robert Ménard confirme : RSF est bien financé par Bush.reconnu par l’intéressé, il y a eu cette semaine
un grand débat dans la presse italienne où ont été porté à la connaissance
des lecteurs par Il Manifesto, mais aussi le Corriere de la sera, les
pièces du dossier qui ne seront jamais publiées en France.

[4Ainsi en est-il des camps de torture que les États UNis répandent
actuellement sur la planète. Au bout de huit mois de diffusion de
l’information sur le net, il y a eu un petit article dans Libération et une
analyse dans le Monde Diplomatique.

[5Ainsi en est-il de tout ce qui se répand sur les liens entre le
terrorisme, la CIA et l’équipe Bush en Amérique latine à partir de
l’affaire Posada Carriles
et dont mêmes les médias états-uniennes se font
l’écho alors que la presse et la télévision françaises jouent les grandes
muettes à l’exclusion de l’Humanité, le terrorisme ne doit être pour ces
dernières qu’islamiste... Là encore nous manquons d’analyse en profondeur
de ce qu’est ce phénomène, ses origines autant que son actualité.

[7Que faut-il penser de la véritable folie qui semble s’être développée
autour de l’État d’Israël, quand on voit Edgard Morin condamné pour
antisémitisme par un tribunal de Versailles
, alors que ses propos peuvent
être ou non partagés mais ne témoignent pas de la moindre once
d’antisémitisme. Sans parler du délirant qui a proposé dans l’Arche de
faire un procès pour négationisme à jean Ferrat pour sa chanson "Nuit et
brouillard"...


COMMENTAIRES  

11/07/2005 13:43 par John Doe V

Merci pour cette vision positive et critique de l’outil Internet.

11/07/2005 16:04 par Cristobal

Il me semble que l’internet est déjà en lui-même LE média alternatif, transparent et démocratique par excellence, puisqu’il est l’objet collectif que se construisent tous les êtres humains de cette planète, en libre accès.

A chacun de se forger sa propre opinion, sa propre conscience citoyenne, au gré de ses recherches, de ses interrogations et des dialogues qu’il peut avoir avec les intelligences de la planète.

C’est ainsi que nous avons pu, en France, mener une campagne référendaire victorieuse et rejeter un texte constitutionnel européen liberticide et anti-démocratique. Car nous avons pu nous informer, échanger et convaincre, en diffusant nos idées, librement.

C’est ainsi aussi, en ce qui me concerne, que j’en suis venu à la conclusion, terrible, mais fortement logique, que le "11 septembre 2001" est un monstrueux "incendie du Reichstag", fomenté par le Pentagone et les crypto-fachistes de l’équipe Bush II.

C’est mon intime conviction, le fruit d’une longue enquête sur le net, et un aboutissement après de longues années d’ignorance et d’indifférence.

Et cette lecture particulière et motivée d’un évènement aussi crucial, conditionne bien évidemment mon attitude et ma lecture des évènements qui secouent cette planète striée de sang et de cris de désespoir (les cris de la faim, de la maladie, de la dette et de la guerre).

Et pour cela, nul besoin d’attendre ni d’espérer l’émergence d’un média ouvert et démocratique. Ce média est déjà là , sous vos yeux, sur vos écrans d’ordinateur.

Il ne nous reste plus qu’à continuer à alimenter cette conscience planétaire, en agissant, et en dénonçant, dans la mesure de nos moyens, de nos capacités et de nos sources, les mensonges qui n’en finissent pas d’envahir toutes les sphères médiatiques officielles.

18/07/2005 10:53 par danielle Bleitrach

Le 11 septembre : incendie du Reichstag ?
Au stade d’information où j’en suis je ne m’y hasarderais pas...
En revanche ce dont je suis sûre est que cet événement a permis de développer une politique d’agression décidée bien avant.
Ensuite que l’équipe autour de G.W.Bush est capable de tout.
Mais ce qui m’interesserait réellement serait une réflexion en profondeur sur ce qu’on appelle terrorisme... En partant non seulement des faits averés, mais aussi d’analyse plus profondes sur les conditions économiques, politiques , sociales l et culturelles vécues par les peuples... Le contraire de l’ignorance, des stéréotypes...
Enfin j’aimerais que les journalistes m’expliquent les conditions dans lesquelles ils produisent quelquefois le tissu d’inepties que l’on trouve dans la presse. Il faut mieux connaître ces professions et se battre ensemble pour un autre droit de l’information.
Parce que je ne pense pas qu’internet puisse tout remplacer. Internet selon moi isole ; pour agir nous avons besoin d’organisations collectives et il me semble, mais le débat est ouvert, qu’internet a du mal à déboucher sur une activité de ce type. j’ignore pourquoi... Alors qu’un support papier correspond mieux...
Danielle B.

13/07/2005 14:33 par Laure Zudas

Au risque de choquer ou de paraître effroyablement cynique, au risque d’être irrémédiablement cataloguée comme une implacable insensible et une scandaleuse provocatrice dans ce contexte international particulièrement sensible, je me dis quand-même que nos grands médias nationaux* l’ont échappé belle avec les attentats de Londres.

Sans vouloir minimiser un tant soit peu l’indicible horreur de tels actes, sans oublier un seul instant les victimes innocentes et l’absolue nécessité de condamner haut et fort toute action terroriste, on pourrait toutefois pousser le « mauvais esprit », diront certains, en notant de ces attentats qu’ils tombent à point nommé pour éviter à nos médias une déculottée qui n’aurait pas manquée d’être mémorable…

Ne revenons pas sur la partialité effrontément affichée de la campagne référendaire. Beaucoup d’encre à coulé à ce propos sans que cela semble avoir le plus petit soupçon de répercussion dans les cerveaux embrigadés. Abstenons-nous de faire la leçon de l’élémentaire éthique journalistique, ne parlons pas de probité, de sens moral, oublions également de parler de censure et de déchéance. Effaçons de nos mémoires les omissions douteuses, les arguments mensongers, les jugements à l’emporte pièce. Empêchons-nous d’éprouver la moindre rancoeur à l’égard de ceux qui nous ont insultés, méprisés, trompés… tout a déjà été dit à ce propos.

Passons encore sur les élections iraniennes dont on nous annonçait, à grand renfort de gros titres et de prévisions fantasques, la victoire de l’honorable démocrate Rafsandjani sur l’infâme populiste Ahmadinejad.
Là encore, abstenons-nous de parler de propos mesurés et pensés, d’impartialité, de justesse d’analyse, de véritable travail de fond et de vérification sur le terrain.
Fermons les yeux sur l’incompétence, sur l’information tronquée, détournée, appropriée. Ne nous risquons pas non plus à établir la moindre comparaison entre ce populiste là et celui qui n’a pas manqué d’être débusqué derrière tous ceux qui se risquaient hors les sentiers battus de la pensée unique en osant voter non à la Constitution européenne. Oui, surtout abstenons-nous de faire le moindre rapprochement de ces dérives verbales.

Ne nous arrêtons pas non plus sur les annonces tonitruantes de victoire de la candidature parisienne pour les JO 2012.
Evitons là aussi de regarder de près ce bel esprit olympique que l’on nous a vendu, ne nous souvenons pas des affaires de dopage, n’évoquons pas la corruption du CIO, soyons charitables et ne nous mêlons surtout pas de demander des comptes sur les quelques 24 millions d’euros qu’aura déjà coûtée cette candidature avortée.
Ne nous indignons surtout pas des 2,5 milliards d’euros promis par Raffarin en cas de victoire de la candidature, alors même que « la France vit au dessus de ses moyens », ne nous étonnons pas des 2 milliards promis par la ville de Paris qui peine, paraît-il, pour financer des logements sociaux… l’olympisme vaut bien quelques sacrifices !
Ne reprochons pas non plus à nos médias de laisser peu de place à ces chiffres préférant les humours gauloises de notre boute-en-train national, excusons-les de ne pas se choquer de la précarité qui n’aurait pas manquée de naître autour des contrats précaires, de l’intérim, des CDD payés au Smic, du travail au noir et de la surenchère sécuritaire des des quelques 46 000 « personnes » promises pour rassurer les plus inquiets… on peut difficilement être juge et partie.

Fermons les yeux également sur les 7 attentats londoniens devenus 4 une fois passés les effets d’annonce débridés.
Là encore, ne nous scandalisons pas du manque de vérification, de la course au scoop, de l’info charognarde qui porte aux nues le sensationnel qui tue et qui tâche…
Apprêtons-nous à écouter une fois encore la grande messe des experts es-terrorismes et leurs prédictions cataclysmiques, avalons sans broncher la pilule de la démocratie bafouée, bornons-nous à notre confortable rôle de victime sans chercher à trouver dans nos médias les voix claires et nettes qui dénonceraient enfin nos « attentats démocratiques » et les morts innocentes qu’ils occasionnent. Ignorons avec la même superbe qu’ils le font, nos responsabilités et nos fautes, cherchons dans les bas fond de l’Humanité les têtes à trancher… un coupable se punit mieux qu’un responsable.

Oui fermons les yeux encore une fois… c’est la condition nécessaire si nous voulons pouvoir continuer à lire les journaux, à écouter la radio et à regarder la télévision… si nous voulons garder intacte la nécessaire confiance qui préside à l’absorption de cette information que nous concèdent ces médias.

Ils ont de la chance, rancuniers comme nous sommes, nous aurions pu leur demander des comptes sur ces « erreurs » à répétition, nous aurions pu nous révolter de ces divagations, de ces méprises, de ces non-sens, de cette malhonnêteté, de ces partis pris, de ces renoncements et de bien d’autres choses encore…

Heureusement pour eux, nos attentions volent vers ces malheureuses victimes et leurs familles plongées dans l’affliction, nos colères sont dirigées contre ces odieux fanatiques inexcusables… heureusement !

Saluons donc haut et fort cette libéralisation de la presse, qui mieux que le droit à une information impartiale, mieux que l’exigence d’un travail journalistique honnête et dégagé des pressions mercantiles, mieux que des médias d’utilité publique… nous garantit au moins la liberté chèrement gagnée… d’être les mieux désinformés !

* L’amalgame, forcément injuste, que je fais ici en englobant dans le « tout média » les journalistes, éditorialistes et autres engeances médiatiques, me pousse quand-même à saluer les rares personnes qui exercent encore ce métier avec justesse et conviction, avec sincérité et honnêteté… Peu nombreux, ils ont le mérite d’être là et de résister. Hélas, l’exception en la matière ne fait ni règle, ni école…

Laure Zudas.

14/07/2005 01:44 par AlainL

Voici quelques mois, vous m’aviez fait l’honneur de reprendre quelques-unes de mes questions sous le titre ’Les urgences de la rentrée’.

Cette année, les cyclones sont en avance.

Mes questions demeurent..

Et quelques réponses..
Nous avons gagné le non.

Pas de grace pour les encagés d’Action- Directe.

Dieudonné n’a pas lu Brecht..
Elie non plus.

Les programmes ’Erasmus’ des élites universitaires disqualifient l’humanisme du XVIe.
Bizarre : le siécle ou l’arrondissement ?

Pour vous, l’espoir est ailleurs ..

Je vais en parler a ma niéce, et son mari, musicien Chilien, basque et indien..antipathique et attachant.

18/07/2005 11:12 par danielle Bleitrach

Non l’espoir n’est pas ailleurs pour moi, il est ici. Ce que vous appelez l’ailleurs est pour moi une aide à comprendre ce qui se passe chez moi... La solidarité est ma propre libération... Sans faire de réclame, je vous conseille de lire notre prochain livre qui va paraître en septembre : "De Mal Empire" et en particulier le chapitre sur l’Europe... Maintenant si vous voulez dire que l’issue politique est pour le moins obscure en France, je suis d’accord avec vous... Les directions syndicales, les partis politiques de gauche ne sont pas à la hauteur, c’est clair, comment construire malgré tout ?
vaste programme...
DB

22/07/2005 23:30 par AlainL

Les paysans russes devaient faire la leçon aux ouvriers anglais.

C’est l’ailleurs que je suggère, j’ose comprendre que c’est aussi le vôtre.

1905..2005

Un historien dans la salle ?

Merci de votre compréhension..

al

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