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Révélation : les US avaient classé l’hôtel Palestine à Bagdad comme cible militaire... avant de tuer deux journalistes.

DEMOCRACY NOW ! EXCLUSIF : Un ancien sergent du renseignement militaire US révèle que les Etats-Unis avaient classé l’hôtel Palestine à Bagdad comme cible militaire avant de tuer deux journalistes en 2003. Le mois dernier marquait le cinquième anniversaire du tir à l’obus effectué par des militaires US contre l’Hôtel Palestine à Bagdad. L’attaque coûta la vie à deux journalistes : le cameraman de Reuters Taras Protsyuk et José Couso, cameraman de la chaîne de télévision espagnole Telecinco. Le Pentagone a qualifié ces morts d’accidentelles mais dans cette émission exclusive, le Sergent Adrienne Kinne révèle qu’elle a vu des documents militaires secrets qui classaient l’hôtel comme « cible potentielle ». Kinne révèle aussi qu’elle reçut l’ordre de procéder à des écoutes d’Américains travaillant pour les médias et les ONG en Irak.

AMY GOODMAN : Beaucoup d’attention a été portée sur le cinquième anniversaire de l’invasion de l’Irak. Un autre anniversaire est passé quasiment inaperçu. Cela s’est passé quelques semaines après l’invasion. Le 8 avril 2003, l’armée US tira un obus contre l’hôtel Palestine à Bagdad, tuant deux journalistes : le cameraman de Reuters Taras Protsyuk et José Couso, cameraman de la chaîne de télévision espagnole Telecinco.
Il y a un an, un juge espagnol a inculpé trois soldats US pour ces morts : le sergent Shawn Gibson, le capitaine Philip Wolford et le Lieutenant Colonel Philip DeCamp. Les trois hommes furent accusés d’homicide et de crime commis contre la communauté internationale.

Le gouvernement Bush a refusé de livrer ces soldats pour être traduits en justice et ne les a pas inculpés non plus ici aux Etats-Unis. La Cour Suprême espagnole a récemment confirmé la juridiction de l’Espagne sur cette affaire.

Dans la version américaine officielle des événements, plusieurs zones d’ombre sont apparues. L’hôtel Palestine était bien connu comme un lieu accueillant des journalistes venus pour couvrir la guerre. Les blindés US étaient trop loin pour avoir été attaqués par une lance-grenade depuis l’hôtel. Des témoins ont raconté n’avoir pratiquement pas entendu de coups de feu dans la zone de l’hôtel au cours des heures qui ont précédé l’attaque américaine. Et plus tôt dans la journée, deux autres médias avaient été frappés par l’armée US : la chaîne de télévision d’Abu Dhabi, et la chaîne par satellite Al Jazeera, tuant leur correspondant Tareq Ayoub.

Dans quelques instants, un vétéran de la guerre un Irak me rejoindra pour nous révéler une nouvelle information qui pourrait indiquer que les Etats-Unis ont délibérément attaqué l’hôtel Palestine.

Mais d’abord, je voudrais présenter le documentaire « Hôtel Palestine : Killing the Witness » (Hôtel Palestine : meurtre du témoin), produit par la chaîne de José Couso, Telecinco. Il fut diffusé à la télévision espagnole. Il inclut des interviews de nombreux journalistes qui se trouvaient dans l’hôtel Palestine et qui ont emmené José Couso d’urgence à l’hôpital. Cet extrait commence par des scènes prises à l’intérieur de l’hôtel Palestine quelques instants avant l’attaque US. Une précision pour le public : certaines images sont difficiles.

NARRATEUR : l’obus explose avant de frapper la façade de l’hôtel et des éclats se répandent sur les étages supérieurs. La salle de Reuters a été sérieusement touchée. Prés du balcon, le cameraman Taras Protsyuk encaisse l’explosion de plein fouet et s’écroule, mortellement touché. Paul Pasquale le trouve au sol, couvert de sang.

JON SISTIAGA : Avant d’arriver à Couso, je n’arrivais pas à croire que c’étaient les américains. Il était encore conscient et il m’a dit que c’était le tank.

ANTONIO BAQUERO : Soudain j’ai vu le balcon endommagé. C’était au 15eme étage. J’ai commencé à compter. Un, deux, trois, quatre, cinq… quinze. Ils avaient frappé la salle de Reuters. La première idée qui m’a traversé l’esprit fût « Merde, Couso est en dessous »

JON SISTIAGA : C’était le tank, parce que Couso a vu comment ils lui avaient tiré dessus. Il regardait le tank lorsqu’il fut frappé. Il était conscient de qui l’avait tué.

ANTONIO BAQUERO : Puis j’ai vu la camera au sol, détruite, et une mare de sang. Cette image est gravée dans ma mémoire. Je me souviens que j’ai arrêté de répéter « Mon Dieu, mon Dieu ».

NARRATEUR : plusieurs personnes aident à préparer Couso pour son transport à l’hôpital. Ils l’ont placé sur un matelas et posé un garrot d’urgence. Il mourra s’ils n’arrivent pas à arrêter l’hémorragie.

JON SISTIAGA : Un irakien que je ne connaissais pas et à qui nous devrons être reconnaissants pour le reste de nos vies m’a offert sa voiture, une vielle Lada soviétique, et nous avons réussi à y placer Couso avec l’aide de Jorge Pliego, un cameraman mexicain ami de Couso.

JORGE PLIEGO : Nous l’avons mis dans la voiture, et pendant tout ce temps je parlais à Couso. Je le connaissais bien. Je savais que sa femme s’appelait Lola et qu’il avait deux enfants. Sur le chemin de l’hôpital, je lui parlais. « Couso, il faut que tu fasses appel à toute ton énergie. Tu as deux enfants. Lola t’attend. Tu dois te battre ». Je lui ai dit que c’était comme dans les films, qu’il ne pouvait pas s’endormir ou s’évanouir. Il devait continuer de parler, pour arriver à l’hôpital fort et déterminé. Il m’a dit « d’accord » comme dans les films. A un moment, il dit « Ma jambe est dans un sale état, n’est-ce pas ? » J’ai dit « Non ! lorsque nous arriverons, nous allons la recoudre. » J’ai été particulièrement frappé par le fait que Couso se plaignait.

JORGE SISTIAGA : Puis il a dit « pourquoi le tank a tiré sur nous ? Où m’emmenez-vous ? Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce qu’on me filme ? Ne laissez pas ma famille voir ça. Ne laissez pas mes enfants voir ça. »

AMY GOODMAN : José Couso est mort à l’hôpital. C’était un extrait du documentaire sur l’attaque contre l’hôtel Palestine (…)

Adrienne Kinne nous rejoint maintenant. Elle est un ancien sergent de l’Armée et travaillait pour les services de renseignement militaires en Irak. Elle a servi dans l’armée pendant 10 ans, de 1994 à 2004.

(…)

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José Couso - Taras Protsyuk


AMY GOODMAN : Adrienne, pouvez-vous nous parler de votre travail au sein du renseignement militaire dans la période avant et après l’invasion ? Dites nous ce que vous faisiez et où vous étiez.

ADRIENNE KINNE : j’étais basée à Fort Gordon, Géorgie, et j’ai été mobilisée peu après le 11 septembre (…). C’était un travail de renseignement qui ne ressemblait à rien de ce que j’avais fait avant. Ce nouveau travail consistait à intercepter les communications téléphoniques en Irak et Afghanistan et généralement sur une énorme zone de la région autour de ces deux pays. C’était vraiment nouveau, nous étions environ une vingtaine affectés à cette nouvelle mission, à la faire marcher.

Tout au début de l’opération, les communications téléphoniques par satellite dans la région étaient simplement interceptées et transmises aux Etats-Unis où elles atterrissaient dans notre ordinateur, et là nous les passions en revue. Aucun numéro n’était identifié. Donc, au début, le travail consistait essentiellement à passer en revue des milliers et des milliers de conversations téléphoniques anonymes, en tentant de découvrir à qui appartenait tel numéro, et rechercher des informations qui pouvaient être en rapport avec les opérations militaires en Afghanistan et, plus tard, en Irak.

AG : A quelle époque faisiez vous des écoutes en Irak ?

AK : Nous avons commencé à écouter toute la région pratiquement dés le début. Je crois que c’était en décembre 2001. J’ai été mobilisée d’octobre 2001 à aout 2003. J’ai donc essentiellement travaillé pour cette mission de décembre (2001) à aout 2003. Au fur et à mesure que nous réussissions à identifier les numéros, une chose commençait à me préoccuper : nous identifions de plus en plus de numéros qui n’avaient aucun rapport avec le terrorisme ou des militaires - militaires en Irak , Afghanistan ou même ailleurs - mais de plus en plus d’ONG, dont la Croix Rouge, le Croissant Rouge, Médecins Sans Frontières, et tout un tas d’organisations humanitaires, et aussi des journalistes.

AG : des journalistes où ?

AK : je me souviens de bribes de conversations que nous écoutions lorsque j’étais de service. Je voudrais juste dire qu’à l’époque je prenais mon travail très au sérieux. J’avais un niveau d’habilitation très élevée, niveau renseignement militaire. Je ne prenais jamais de notes. Je ne sortais aucun document du bâtiment. Je ne parlais jamais de mon travail à mes amis ou à ma famille. Mais il y avait des choses qui se passaient au fur et à mesure qui me paraissaient très mal, et je m’en souviens très précisément.

Un exemple fut lorsque nous écoutions des journalistes qui résidaient à l’hôtel Palestine.

Et je m’en souviens parce que pendant les préparatifs de l’opération Choc et Stupeur, pour laquelle ceux de mon unité étaient très enthousiastes, l’hôtel Palestine était dans la liste des cibles potentielles. Et je m’en souviens précisément parce qu’en me rendant compte qu’il y avait des journalistes dans cet hôtel et que l’hôtel était dans la liste de cibles potentielles, je suis allé voir mon supérieur et je lui ai dit qu’il y avait des journalistes dans cet hôtel qui se croyaient en sécurité et pourtant l’hôtel était une cible potentielle et qu’il y avait quelque chose qui clochait et j’ai demandé si nous ne ferions pas mieux d’avertir quelqu’un.

Malheureusement, l’officier, comme à chaque fois que je soulevais une question au sujet des informations que nous collections ou des renseignements que nous transmettions, m’a dit en substance que mon travail n’était pas d’analyser. Mon travail était de transmettre l’information et que quelqu’un quelque part dans la chaîne de commandement savait ce qu’il faisait.

AG : Qui était l’officier ?

AK : Il s’appelait John Berry.

AG : lorsque vous avez vu cette liste de cibles, qui comprenait l’hôtel Palestine, Où étiez vous ? Pourquoi l’avez vu vue ? Comment l’avez-vous eue ?

AK : C’était en fait un courrier électronique. Je travaillais dans un bâtiment sécurisé, et on nous informait de temps en temps sur ce qui se passait dehors. En réalité, je ne sais pas pourquoi nous avons reçu par courrier électronique cette liste de cibles potentielles. Je ne suis même pas certaine dans quelles conditions il nous fut adressé. Je présume qu’il s’agissait juste d’une démarche pour nous tenir informés de ce qui se passait sur le terrain, étant donné notre mission. Mais la raison pour laquelle je me souviens précisément de ce courrier là , c’est que j’avais écouté les journalistes qui logeaient à l’hôtel Palestine, qui parlaient avec leurs familles et proches, qui tentaient de les rassurer, leur disant qu’ils étaient en sécurité. Puis lorsque j’ai vu le nom de l’hôtel dans la liste, j’ai pensé qu’il y avait quelque chose qui clochait sérieusement.

( … )

AG : Vous souvenez-vous d’autres cibles de cette liste que vous avez reçue, que vous avez vue ?

AK : Je ne m’en souviens plus. Je me souviens de l’hôtel parce que je savais qu’il y avait des gens là -bas qui se croyaient en sécurité. C’est uniquement pour cette raison que je m’en souviens.

AG : Lorsque vous dites qu’ils se croyaient en sécurité, vous rappelez-vous les conversations que vous avez écoutées ?

AK : La plupart étaient, vous savez, des employés de l’hôtel, des journalistes qui appelaient leurs amis et proches aux Etats-Unis et nous écoutions les deux côtés de la conversation. C’était des gens qui appelaient leurs proches au milieu de la nuit et - vous savez, les gens étaient très préoccupés à cause des préparatifs de l’opération Choc et Stupeur et que Bagdad allait être sévèrement bombardé par notre armée. Tout ce monde se faisait du souci pour sa sécurité. Les journalistes à l’hôtel ne formaient pas une exception.

AG : Vous être traductrice, interprète, de l’arabe. Pourquoi écoutiez-vous des conversations dans d’autres langues que l’arabe ?

AK : C’était la mission qu’on nous avait confiée. Cela ne ressemblait à rien de ce que j’avais fait auparavant. J’avais déjà travaillé dans le même bâtiment. A l’époque, tout était très structuré. On confiait des missions précises, des cibles précises, dans la langue de chacun, et nous étions très encadrés sur les procédures de collecte d’information. Et tout était très étroitement surveillé.

Je me souviens, peut-être en 1997, que j’écoutais un extrait d’information militaire en provenance d’un pays du Moyen Orient. Le rapport rédigé mentionnait qu’un Américain était en visite au Moyen Orient, en mission diplomatique. Et parce que le nom d’un Américain apparaissait dans cette transmission précise, nous avons estimé qu’il s’agissait d’un viol de notre mission, qui interdit la collecte d’informations sur des citoyens américains. Le résultat fut que nous avons détruit toute trace de cette communication.

Après le 11 Septembre, nous avons été mobilisés et on nous a confié cette nouvelle mission. Ce fut un bouleversement très frappant d’intercepter toutes ces communications par satellite dont la majorité des conversations n’étaient pas en Arabe. Il y avait des langues que nous ne pouvions pas traduire, faute de compétences. On avait du Chinois, du Japonais, du Tagalog, du Tadjik, beaucoup de Dari, du Persan, du Pashto, un peu d’Arabe, mais pas beaucoup. Donc nous passions notre temps à identifier les numéros. Au fur et à mesure que nous identifiions des numéros appartenant à des organisations humanitaires ou à des journalistes, nous avions la possibilité de les filtrer et ignorer leur interception, mais à cause d’instructions données à notre officier supérieur, nous ne l’avons pas fait.

AG : vous avez écouté les conversations des ONG ?

AK : Oui

AG : C’est illégal. Vous n’êtes pas censée les écouter.

AK : Exact. D’ailleurs, il m’est arrivé d’écouter une conversation entre deux membres d’une ONG, un Britannique et un Américain. Et lors que la conversation, le Britannique a dit à l’Américain « Fais attention, les Américains nous écoutent ». Ils ne parlaient pas de quelque chose de compromettant. C’était juste des conversations de bureau, quoi. Mais l’Américain a répondu « Ils ne peuvent pas m’écouter. Je suis un citoyen américain. Je suis protégé par USSID 18 ». USSID est une directive aux services de renseignement militaire qui interdit la collecte de renseignements sur des citoyens américains, et ceci inclut ceux des pays alliés avec lesquels nous avons signé des accords contraignants. Alors lorsque j’ai écouté la conversation, j’ai soulevé les sourcils parce que j’étais justement en train d’écouter et de recueillir des informations sur des Américains.
Alors j’en ai référé à mon officier supérieur. Et au lieu de se préoccuper du fait que nous étions en train d’espionner un Américain et en train de violer la loi et la Constitution, il était outré par le fait qu’un Américain ose mentionner USSID 18 à un non-Américain, comme si le fait que les Américains avaient le droit de ne pas être espionnés était une information classifiée.

Peu après, on nous a donné l’autorisation d’écouter des Américains et tout autre citoyen de tout pays, allié ou non - de toute organisation, ONG, journalistes… et on nous a donné deux raisons à cela. La première était qu’ils étaient nos yeux sur le terrain et qu’ils pouvaient tomber sur des armes de destruction massive et que s’ils en faisaient part à leurs collègues nous devions être à l’écoute pour savoir où elles se trouvaient, et ensuite passer l’information à nos supérieurs. L’autre raison donnée pour espionner des Américains était qu’un particulier ou une organisation pouvait perdre son téléphone satellitaire et qu’un terroriste pouvait le ramasser et l’utiliser. Il fallait donc écouter toutes ces conversations au cas où.

Vous savez, pendant tout ce temps, je n’avais absolument aucune idée de ce qui se passait ailleurs dans les services de renseignement militaire, dans le reste du gouvernement. Tout est si compartimenté que vous ne savez pas forcément ce que fait la personne assise à côté de vous, encore moins dans une autre salle, dans un autre bâtiment, dans une autre ville. Ainsi, ce n’est que lorsque le New York Times a publié un article sur les écoutes à domicile menées par la NSA que j’ai vraiment commencé à réfléchir sur ce que nous étions en train de faire, sur ma mission et sur nos écoutes de citoyens américains - le tout avec des justifications très minces.

Après avoir vu le documentaire « No End in Sight », j’ai vu qu’il y avait effectivement eu des gens sur le terrain qui découvraient des caches d’armes et qui tentaient d’appeler l’armée pour les signaler, pensant que ce serait une bonne idée de monter la garde autour des caches. Et les militaires n’avaient tout simplement pas les capacités pour accéder à toutes ces caches. Ainsi, il y avait ces gens sur le terrain qui tentaient de nous avertir et nous ne pouvions rien faire. Alors je ne comprends pas pourquoi on nous a donné une telle explication pour ces écoutes. J’ai du mal à comprendre.

AG : je voudrais revenir sur le documentaire « Hôtel Palestine : Killing the Witness », produit par la chaîne de José Couso, Telecinco. En plus des nombreuses interviews de journalistes qui se trouvaient à l’hôtel Palestine, on entendra aussi les deux soldats inculpés par l’Espagne, le sergent Shawn Gibson et le Lieutenant Philip DeCamp.

NARRATEUR : Gibson tourne le canon vers l’hôtel et demande au Capitaine Wolford la permission de tirer, mais hésite encore.

SGT SHAWN GIBSON : J’ai hésité malgré tout. Vous comprenez ? J’ai hésité.

PASCALE BOURGAUX : Je sais.

SGT SHAWN GIBSON : D’accord ? J’ai pris mon temps, et j’ai appelé pour être sûr de ce que je voyais et cela fût confirmé par une autre source.

NARRATEUR : La décision ne fut pas prise dans le feu de la bataille. Dix minutes passent avant que Gibson ne reçoive l’ordre de tirer.

SGT SHAWN GIBSON : Nous ne savions pas qu’il y avait des journalistes dans l’hôtel Palestine. Si nous l’avions su, nous n’aurions pas tiré. Je ne sais même pas si l’armée US était au courant. Je ne sais pas, OK ? Si quelqu’un le savait, l’information n’est pas arrivée jusqu’à moi.

CHRIS TOMLINSON : Ce que Colonel Perkins et Colonel DeCamp m’ont dit est que, avant leur arrivée à Bagdad le 17 avril, ils n’avaient pas d’information sur l’hôtel Palestine ou sur la présence de journalistes occidentaux.

NARRATEUR : Lorsque Colin Powell visite l’Espagne le 2 mai, il confirme ce que tout le monde présumait. Le commandement militaire était parfaitement au courant de la présence de journalistes dans l’hôtel Palestine.

COLIN POWELL : Nous savions pour l’hôtel. Nous savions que c’était un hôtel qui avait des journalistes, et d’autres aussi, et c’est la raison pour laquelle il n’a pas été attaqué pendant la campagne de bombardement aérien.

NARRATEUR : les généraux qui suivaient les combats depuis leur QG au Qatar ont rapidement vu l’incident être répercuté par les télévisions du monde entier et ont appelé Bagdad pour exiger une explication.

CHRIS TOMLINSON : Les images sont passées à la télévision et les commandants - des généraux de deux et trois étoiles - leur ont envoyé un message « Qu’est-ce que vous faites en train de tirer sur l’hôtel Palestine ? »

NARRATEUR : Tomlinson entend des conversations à la radio au sujet de l’incident. Le Lieutenant Colonel DeCamp est informé de l’attaque par ses supérieurs et crie par radio.

LT COLONEL PHILIP DeCAMP : Avez-vous tiré sur l’hôtel Palestine ?

CHRIS TOMLINSON : La manière dont il a posé la question prêtait à confusion. Lorsqu’il a demandé au Capitaine Wolford s’il avait tiré sur l’hôtel Palestine, il présumait que le capitaine Wolford ne l’avait pas fait.

Sgt SHAWN GIBSON : Je voudrais que cela ne soit jamais arrivé, mais c’est arrivé. Je prie Dieu et Lui demande pardon, avec mes sincères excuses et condoléances à leurs familles. Ce ne fut pas intentionnel.

CHRIS TOMLINSON : Il y avait ce sentiment dans la chaîne de commandement, de Perkins à DeCamp à Wolford, jusqu’en bas à Shawn Gibson, qu’ils avaient vraiment foirés - je peux vous dire que le capitaine Wolford était visiblement très bouleversé lorsque je l’ai vu une heure ou deux après. Il était très bouleversé. Le sergent Gibson était très bouleversé. Le Colonel DeCamp était à l’évidence très en colère.

NARRATEUR : les journalistes espagnols ne sont pas aussi compréhensifs que Tomlinson sur le comportement de l’officier. Les trois attaques le 8 avril leur font penser que l’armée US ne voulait pas de témoins.

JON SISTIAGA : Mon opinion ? Mon opinion est qu’il y a eu une volonté délibérée de tirer sur un hôtel de journalistes.

JOURNALISTE : Ils savaient parfaitement que nous étions là , et ce ne fut pas une erreur. Il ne pouvait pas y avoir d’erreur.

JON SISTIAGA : D’abord, ils se sont débarrassés des locaux de la télévision Al Jazeera. Une demi-heure plus tard, ils tirent sur les locaux de la télévision d’Abu Dhabi. Et une demi-heure après, le même tank - pourquoi pas ? - tire sur l’hôtel où se trouvent des journalistes internationaux.

JOURNALISTE : Je ne sais pas dans quelle mesure les Américains savaient que le dénouement de la guerre serait si facile pour eux.

JON SISTIAGA : Et ce qu’ils ne voulaient en aucun cas c’était près de 300 journalistes qui n’étaient pas Américains et qui n’étaient pas sous leur contrôle, c’est-à -dire qui n’allaient pas exercer une autocensure patriotique, et qui étaient prêts à couvrir les événements.

AG : Adrienne Kinne, qui vous donnait les instructions pour les écoutes ?

AK : A peu près toutes mes instructions venaient de mon officier supérieur, John Berry, qui nous commandait pendant toute la durée de la mobilisation.

AG : Vous saviez que ce que vous faisiez était illégal ?

AK : Ce qui est sûr, c’est que je savais que le renseignement militaire n’était pas censé faire ce que nous faisions, et que je n’avais jamais fait auparavant. A cette époque, j’avais été membre de l’armée pendant plus de six ans, dont quatre ans de service actif. C’était quelque chose que nous prenions extrêmement au sérieux.

Mais les gens ont profondément ressenti le 11 Septembre et la crainte du terrorisme. En fait, mon officier supérieur a dit pendant les préparatifs de l’opération Choc et Stupeur que nous tenions finalement notre revanche du 11 septembre et que nous allions bombarder ces barbares et les envoyer en enfer. C’était le genre de discours qui émanait de l’officier le plus gradé d’entre nous. Sans parler du racisme et de la déshumanisation qui sont rampants dans l’armée, ça touche tout le monde, pas uniquement ceux sur le terrain en Irak ou Afghanistan, mais aussi ceux qui travaillaient dans des bureaux aux Etats-Unis. Et les gens ont été effrayés, effrayés par l’inconnu, et ils ont cru le gouvernement lorsqu’ils ont dit que l’Irak était lié aux attentats du 11 septembre. Ils s’en sont servis pour justifier des tas de choses que n’aurions pas dû faire.

AG : Pour revenir un peu en arrière, qu’est-ce que vous avez précisément entendu en écoutant les ONG. Quelles ONG avez-vous écoutées ?

AK : Je ne me souviens que de bribes, de quelques noms. Je me souviens d’avoir vu - sur nos écrans d’ordinateur, il y avait des conversations qui apparaissaient et le numéro s’affichait, l’heure de la conversation et le nom de l’organisation, dans le cas où nous avions réussi à identifier le propriétaire du numéro. De nombreuses conversations n’avaient pas été identifiées, parce que nous n’avions tout simplement pas assez de personnes pour y travailler. Et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles notre malheur fut que le gouvernement avait décidé de ratisser si large, jusqu’à collecter les conversations de Médecins Sans Frontières, de la Croix Rouge Internationale, du Croissant Rouge. Ce sont celles dont je me souviens le mieux, mais je sais qu’il y en avait d’autres.

Et parce que nous écoutions ces conversations au lieu de les ignorer dans notre système, ce qui était possible, il y a eu énormément de conversations non identifiées que nous n’avions pas le temps de traiter. Je pense que c’est un des problèmes avec notre gouvernement, le fait qu’il ait ratissé si large et intercepté une telle quantité de conversations. Il en résulte que beaucoup de choses passent à travers les mailles du filet. Si nous pouvions retourner aux bonnes vieilles méthodes qui consistent à tenter de collecter des informations sur les terroristes au lieu de les collecter sur des citoyens américains, nous aurions peut-être l’occasion d’obtenir des informations utiles

AG : A partir de quand avez-vous commencé à déplacer vos écoutes de l’Afghanistan vers l’Irak ?

AK : Pour ce que j’en sais, le système d’écoute interceptait les conversations sur une vaste partie de la région. Pour ce que je m’en souviens, notre mission couvrait toute la région, l’Irak, l’Afghanistan et tous les environs, et ce pendant toute la durée de notre mobilisation. Je me souviens que notre attention s’est déplacée de l’Afghanistan vers l’Irak avant notre invasion et l’opération Choc et Stupeur. Mais je ne me souviens pas du moment précis.

AG : Pouvez-vous nous parler des renseignements d’avant-guerre ? Quelles informations recueilliez-vous ? Vous traduisiez de l’arabe ?

AK : Avant le 11 septembre, lorsque j’étais mobilisée, tout semblait incroyablement légitime. Nous collections des informations sur des cibles au Moyen Orient en fonctions de la langue que nous maîtrisions. Il y avait un contrôle. Des linguistes expérimentés qui révisaient et contrôlaient nos traductions. Il y avait des procédures précises. Il y a avait beaucoup de contrôle et de procédures lorsque nous travaillions pour le renseignement militaire.

Et je ne sais pas si c’est parce que nous n’avions pas assez de personnel, pas assez de contrôle, ou parce que tout était devenu si chaotique dans l’armée après le 11 septembre, mais une bonne partie des procédures et des contrôles sont passées par la fenêtre - nous n’avions même plus de linguistes expérimentés dans notre mission pour contrôler nos traductions. Nous n’étions qu’une douzaine de réservistes mobilisés et chargés d’une nouvelle mission et laissés sans grand contrôle.

AG : Vous avez traduit des informations de Congrès National Irakien ?

AK : Oui. Pendant ma mobilisation, je pense que c’était juste après Choc et Stupeur, nous avons reçu une télécopie de plusieurs pages. Lorsque nous avons commencé la traduction, nous avons réalisé que le document décrivait l’emplacement de toutes les armes de destruction massive en Irak. Etant donné la nature du document, et dès que nous l’avons réalisé, la traduction fut transmise immédiatement sous forme de rapport critique à la Maison Blanche. Puis nous avons repris la traduction et nous envoyions des corrections si nécessaire. Un rapport critique, c’est un document qui, lorsqu’il obéit à certains critères, doit être transmis à la Maison Blanche dans le quart d’heure qui suit. C’est ce que nous avons fait.

En fait, lorsque j’ai commence à traduire la télécopie avec mes collègues, pendant un moment j’ai pensé que le gouvernement avait peut-être raison, peut-être que notre armée avait raison, peut-être que l’Irak avait effectivement toutes ces armes et qu’ils avaient l’intention de s’en servir, et que l’invasion était peut-être justifiée. J’étais contre l’invasion de l’Irak. En fait, j’étais même contre l’invasion de l’Afghanistan, parce que je pense que nous agissions ainsi pour de mauvaises raisons. Mais lorsque nous avons commencé à traduire la télécopie, j’ai pensé que j’avais peut-être tort.

Mais il m’a fallu dix minutes pour commencer à me poser des questions sur l’origine de la télécopie. J’ai commencé à me rendre compte que le fait de recevoir un bout de papier ne constitue pas une preuve. Et lorsque j’ai fait part de mes réserves à mon supérieur, encore une fois il m’a dit « votre boulot c’est de collecter, vous n’êtes pas un analyste », et que d’autres allaient analyser l’information. « Contenez vous de collecter et transmettre, collecter et transmettre ». Il répondait toujours ça.

Peu après notre démobilisation, je lisais des journaux et j’ai vu un petit article qui disait qu’on avait découvert que le Congrès National Irakien était en réalité en train de nous désinformer. J’ai tout de suite pensé à la télécopie et je me suis demandée dans quelle mesure elle avait été utilisée pour justifier l’invasion de l’Irak. En faisant ensuite des recherches sur le Congrès National Irakien, j’ai découvert que de hauts conseillers militaires tentaient, depuis décembre 2002, ou même avant, de mettre en garde sur la fiabilité du Congrès National Irakien, que ce dernier n’était pas une source d’information fiable.

Alors, pourquoi avons-nous laissé passer une telle information pour justifier l’invasion ? Pour ce que j’en sais, si on découvre qu’un rapport critique est faux, on l’annule. A la fin de notre mobilisation, notre officier supérieur a dit que notre rapport fut l’unique rapport critique à être annulé. Malgré cela, au mois d’aout 2003, il y avait encore des gens qui passaient l’information comme si elle était fiable. Entretemps, on découvrait que des gens savaient depuis longtemps que le Congrès National Irakien n’était pas une source fiable.

AG : Pourquoi avez-vous décidé de parler ?

AK : Lorsque j’ai quitté l’armée, j’ai vu ce qui se passait, mais je voulais aider mes compagnons soldats. J’ai mis toute mon énergie à passer mon diplôme et décrocher une poste à l’hôpital de VA [VA = Virginia, Etat de Virginie ? - NDT].

Et j’ai longtemps milité. J’ai pensé que militer voulait dire tenter de changer les choses au Congrès, d’y faire élire Démocrates à la place des Républicains. C’est essentiellement à ça que j’ai passé mon temps en 2005 et 2006, jusqu’aux élections. Lorsque les Démocrates ont pris le contrôle du Congrès en 2006, j’ai vraiment pensé que quelque chose allait changer. J’avais un espoir de voir la guerre s’arrêter. C’est à peu près à la même époque que j’ai déménagé au Vermont, au début de l’année 2007. Je m’attendais à un changement de politique, un changement dans notre gouvernement et dans la société. Puis l’escalade fut annoncée et le Congrès a laissé faire. C’est là que j’ai compris que si on veut un changement, il faut faire partie du changement.

J’ai fini par participer à ma première manifestation contre la guerre, à Washington DC, le 27 janvier 2007. Ce jour-là , j’ai rejoint les Vétérans d’Irak Contre la Guerre. Ma vie a changé. J’ai su que j’étais devenue une partie de quelque chose, d’une lutte, avec des compagnons vétérans et des soldats qui avaient tous été affectés par la guerre contre le terrorisme.

Nous venions d’horizons si divers. Nous avions de tout, des anarchistes, des socialistes, des libertaires, des Républicains, des conservateurs, des progressistes, des Démocrates, des Verts - d’un bord politique à l’autre. Nous étions pourtant tous engagés dans la lutte pour les trois points des Vétérans d’Irak Contre la Guerre : le retrait immédiat de l’Irak, l’indemnisation du peuple Irakien et le versement complet des pensions aux vétérans.

Voir tant de gens se rassembler dans une organisation qui continue de grossir grâce au travail des organisations de base, c’est quelque chose qui vous fait vraiment ressentir que vous pouvez faire partie de quelque chose de meilleur et contribuer au changement auquel vous aspirez. Je suis donc très reconnaissante d’avoir rencontré les Vétérans d’Irak Contre la Guerre et qu’ils m’aient fait une petite place au sein de leur organisation, même si je n’avais pas été sur le terrain. Mais à cause de mes états de service, et parce que j’avais à ma manière participé à la guerre en Irak, et que je suis aussi déterminée que n’importe quel membre de l’organisation à mettre fin à l’occupation, ils m’ont acceptée.

AG : Avez-vous des craintes de vous exprimer, étant donné le niveau d’habilitation que vous aviez ? Quel était votre niveau ?

AK : Oui, j’ai des craintes. Au début, lorsque j’ai rejoint l’organisation, je ne leur disais pas exactement ce que j’avais fait. Je disais que j’avais écouté des conversations téléphoniques en Irak, et c’était à peu prés tout.

Ce fut l’année dernière, je participais au Forum Social US, et dans cet atmosphère où se côtoyaient autant d’organisations et de gens engagés, qui voulaient changer les choses, qui s’exprimaient contre la torture, contre l’espionnage, j’ai réalisé que je connaissais certaines choses, que j’avais vécu quelque chose que peu de gens avaient vécue et que le fait de partager mon expérience pouvait encourager des gens à s’exprimer contre notre gouvernement, et que c’était juste. Alors je me devais de le faire.

Il est certain qu’il m’est souvent arrivé de craindre les réactions du gouvernement. Mais je crois fermement que si notre gouvernement avait défendu la Constitution, au lieu de la violer, je ne me serais jamais retrouvée dans une telle situation. En violant leur serment au peuple américain, en violant la Constitution, c’est le gouvernement qui a crée cette situation, pas moi.

AG : Pour conclure, après avoir écouté les extraits du documentaire, en sachant que vous avez vu la liste de cibles potentielles, que l’hôtel Palestine y figurait, que vous inspire la mort, le 8 avril 2008, du cameraman de Reuters Taras Protsyuk et de José Couso, de Telecinco ?

AK : C’est tellement frustrant. Ne pas savoir si on aurait pu ou non l’empêcher. Ne pas avoir su ce qui se passait sur le terrain, ne pas savoir si certains avaient été avertis que l’hôtel Palestine était une cible potentielle, ne pas savoir si c’est la raison pour laquelle il fut finalement attaqué ; ne pas savoir qui a pris la décision. J’étais tout en bas de l’échelle du renseignement militaire et je peux raconter ce que j’ai vu et ce dont j’ai été témoin, mais ne pas savoir ce qui se passe dans les échelons supérieurs, je crois que c’est cela qui me pousse à parler - parce que j’espère sincèrement que d’autres, qui en savent beaucoup plus que moi, se décideront en quelque sorte à m’imiter, à faire ce qui est juste, à faire comme moi.

Traduction VD pour le Grand Soir

Note du traducteur : l’ordre de certains paragraphes a été légèrement remanié pour la traduction afin de rendre le texte plus lisible et éliminer les retours arrière pour cause de coupure de ligne avec l’interviewée.


EN COMPLEMENT
Reporters sans frontières ou l’art de dédouaner les USA. Maxime Vivas
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=1913

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