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Sainte-Soline, Nahel, hidjab, trois battements qui me soulèvent le coeur

A l’heure où l’agriculture industrielle assèche et empoisonne au croisement des effets climatiques qui s’intensifient et s’accélèrent, il semble manifeste que le gouvernement français est déterminé à agir de façon minima ou bien pas du tout, et même de manière plutôt favorable à cette descente aux enfers. Sans jamais avoir participé à une de leurs actions, je reconnais que Les soulèvements de la terre ont joué un rôle déterminant dans la mobilisation contre tout projet contraire à la santé de la terre et par conséquent à celle des femmes et des hommes.

Je ne sais si le projet de méga-bassine à Sainte-Soline est insensé voir funeste, mais ce que je sais, c’est que le moment est bien venu de s’interroger démocratiquement sur son utilité, car l’eau finira sans tarder par nous manquer. Alors, il est urgent de ne pas oublier que l’eau est un bien commun nécessaire à la vie tout court et que, par conséquent, son partage est bien l’affaire de tous et non pas seulement l’affaire d’un modèle agricole qui n’a d’autre issue que la dévastation. Que fait le Président Macron pour endiguer l’usage des pesticides et l’arrosage sans limite que réclame ce modèle ? Il temporise. Que fait ou plutôt que dit le Président de la FNSEA face à notre empoisonnement par pesticides ? Il dit tout simplement qu’il s’agit là de médicaments pour les plantes. Ces choix me donnent le frisson de la peur. Elle est bien là la violence, dans la défense de façons culturales qui tuent au motif de nourrir. En réalité, la raison de nourrir les autres a été largement dépassée, et depuis longtemps, par la raison de nourrir les industries chimiques, les producteurs de machines et surtout la banque qui endette les paysans jusqu’au cou, jusqu’à l’épuisement, parfois jusqu’au suicide. Alors, Monsieur le Président, si vous êtes vraiment soucieux de la santé du peuple, il faut vous émanciper d’un lobbying avide et par conséquent aveugle et dissoudre la FNSEA qui ne représente nullement l’intérêt des paysans mais les condamnent à mal finir.

A l’heure où les esprits s’échauffent et les bavures mettent le feu au pays, il est à peine temps de garder son sang froid, ce qui manque le plus à de nombreux personnes, sans parler de notre Président. Pas de méprise, je suis bouleversé, ébranlé par la mort de Nahel, ce jeune homme de 17 ans. Qui peut ne pas l’être ? Maintenant, il faut que la justice face honneur à la République et que tout soit épluché, car la clarté est notre seul salut. Malheureusement, certains effets me mettent dans une autre colère. Oui, il s’agit bien, au volant d’une voiture, d’un jeune homme de 17 ans qui n’avait pas encore l’âge de passer le permis de conduire.

J’insiste, le refus d’obtempérer jamais ne doit se finir par un coup de feu. Tous ceux qui le connaissaient le disent, Nahel était un jeune homme animé de la vie qui fait la jeunesse belle, mais n’était-il pas aussi mu par une culture de la provocation, du machisme triomphant, de la délinquance impunie qui ronge et pourrit la vie de la jeunesse. Cette culture propre aux émeutiers qui s’emballent, déballent, mettent en danger de mort la famille d’un élu, va même jusqu’à effacer dans le vertige de la violence le souvenir de la fin tragique de Nahel. Certains s’interrogent, révolte ou émeutes ? Le moment est-il bien choisi pour enculer les mouches. Néanmoins, un doute persiste et je me demande si ces ravages n’auraient pas pour seul but d’ancrer encore plus quelques territoires de la République Française en zones de non droit où le marché de la drogue est une religion qui n’a que faire des maisons de culture, des écoles, des mairies, des bureaux de poste, des commissariats et autres services publics dont la mission première est de servir, précisément, l’intérêt des citoyens (qui paye les mortiers et les munitions ?...) ; sans parler de l’intégrisme qui applaudit des deux mains.

Les appels au calme n’ont pas manqué mais qui peut dire que la politique se fait seulement avec une énumération de vœux, aussi longue soit-elle ? Eloignés de l’action, dépourvus de projet, les donneurs de leçons, les crieurs de calme, les nantis de bons sentiments convergent dans le vide. Pour tenter de couper court à ce type de tragédie et pour combattre le sentiment d’abandon des habitants des cités, il n’y a pas d’autre chemin que la mise en œuvre une sorte de Plan Marshall des cités ou quelque chose d’approchant. Cela réclame un courage qui, aujourd’hui, ne court pas les rues et qui trancherait en déclarant que la priorité n’est pas de faire la guerre en Ukraine mais de conduire une politique citoyenne ici, loin des directives de l’OTAN et des commissaires européens qui n’ont que faire de(s) Nahel(s) et des nouvelles flambées que l’inertie des marcheurs à l’arrêt ne manquera pas de provoquer.

J’aime bien les joueurs de l’équipe de France de football et je salue leur attitude ; j’aime aussi la protestation immédiate de Kylian Mbappé mais peut-il se contenter de pleurer le « petit ange » puisque sa puissance d’impact considérable le met en danger d’être un gourou, c’est-à-dire d’être écouté et suivi. Alors, qu’il n’oublie pas, et qu’il le dise, que chanter la Marseillaise c’est aussi chanter les missions de l’école laïque et chanter les droits et les devoirs du citoyen, qui ne sont pas les plus minces garants de l’unité nationale. Il ne s’agit pas de tout lui mettre sur le dos, mais c’est parce que je crois aux vertus de l’exemple qu’il peut jouer un rôle d’apaisement et de redressement, sans oublier de nous montrer à quel point il sait jouer au football.

A l’heure où l’équipe féminine de foot prépare la prochaine coupe du monde, il est utile de rappeler que, si le hasard joue bien des tours aux meilleures, la virtuosité, la force, la finesse, l’intelligence du jeu ne sont pas des qualités humaines négligeables, très souvent acquises au prix d’efforts sans nom.
De leur côté, des joueuses de confession musulmane ont saisi en novembre 2021 le Conseil d’Etat afin d’obtenir le droit de jouer voilées lors des compétitions officielles. Ce que la haute instance leur a refusé en se réservant le droit d’engager des poursuites en cas d’injures, de diffamation, d’incitation à la haine ou de menaces tout en rappelant que mettre en cause le fonctionnement de la justice administrative, c’est attenter à une institution essentielle pour la démocratie.

Consacré ou pas, le terrain de foot n’est pas une église, ni un temple, ni une mosquée, ni une synagogue, c’est un espace consacré au jeu selon des règles égales pour toutes et tous. C’est vrai, rentrer sur un terrain, c’est venir habiter un cosmos où se pratique une action quasi rituelle d’où sont exclues et parfois durement sanctionnées toutes formes de tricherie contraires aux règles du jeu, le dopage notamment. Je me demande si faire appel à Dieu ne serait pas une occurrence de tricherie.

Autrement dit, tous les signes religieux mis en valeur excessive, signes de croix notamment, doivent être déposés au vestiaire ou bien dans les couloirs avant de fouler l’herbe consacrée au foot. Il convient d’ajouter que, si 77% des Français sont favorables à l’interdiction du hidjab lors des compétitions, religion ou pas, le port de tout habit ou vêtement qui signifierait l’infériorisation de la femme sur l’homme demeure une question que tout républicain laïque ne peut laisser passer sans réagir.

Et pendant ce temps-là, Jénine est le théâtre d’un carnage qui en quarante huit heures a déjà tués 10 palestiniens et fait 100 blessés …

Guy Chapouillié

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