Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


"Thanskgiving », la célébration US d’un génocide (New Eastern Outlook)

“Thanksgiving au Royal Angkor Café” » puis je lire sur un tract. Puis, « 23 novembre, joignez-vous à nous pour la traditionnelle célébration de Thanksgiving ». Il s’agit d’un des hôtels internationaux de Siem Reap, une cité cambodgienne proche des trésors architecturaux d’Angkor Vat et de l’ancienne capitale Khmer, Angkor Thom

Le même jour je reçois un E-mail qui m’est adressé des USA par mes amis et compatriotes américains, avec un lien vers un essai publié par "NPM News", et intitulé "Thanksgiving Guide : Ou comment célébrer une histoire sordide".

Cela commence par ce résumé :

"Alors que des Américains se préparent à une semaine de vacances spirituelles, débutant par Thanksgiving, (Les Actions de Grâce – NdT),combien sont-ils prêts à la regarder à travers une vision bien plus critique ? Alors que de nombreux Américains considèrent comme un devoir de mémoire de se rappeler de remercier (Le Seigneur – NdT), ce jour est considéré comme un jour de deuil par un grand nombre d’autres. La vérité est que ce jour-là des émigrants européens ont brutalement assassiné des indigènes autochtones, ont volées leurs terres, et continuent de le faire aujourd’hui".

Ce jour est devenu jour de fête officiel en 1637, afin de célébrer le massacre de plus de 700 indigènes autochtones de la Tribu des Pequots.

Dans un restaurant j’interpellais un très civil hôtelier français et lui demandait s’il était conscient de ce que ce jour représentait et pourquoi il était célébré dans un de ses restaurants.

“Oh ! Je sais, je sais », me répondit-il en riant. « C’est un sujet un peu controversé, n’est-ce pas » ?

« Un peu controversé », me suis-je étonné. « Il semble pourtant que ça consiste à inviter des gens à célébrer un génocide, un holocauste, en compagnie de flots de vins et d’une dinde géante ».

“Je tente de le voir positivement », ajouta-t-il à mon adresse. Il résuma : « Donc je ne pourrai pas compter sur votre participation ce soir. Quel dommage... ».

“Quelle pitié,’insistai-je, quelle pitié”. Je ne désire pas déguster cette fameuse dinde rôtie et ces « American Pies » et, si vous désirez savoir pourquoi, c’est juste parce que je ne me sens pas disposé à célébrer les massacres et les vols de terres perpétrés par l’Empire.

Le gérant ne put s’empêcher de me demander : “Mais d’où sortez-vous ?”

Je savais ce qu’il voulait dire. Aucun Européen n’aurait posé ce genre de questions.

« Je suis Russe » ais-je répondu.

“Oh, je vois ». Me dit-il, « Je comprends ».

« Russo-Américain » ais-je ajouté.

Je suis convaincu que le Français avait été sincèrement compréhensif du sujet dont je lui parlais. Il était même supposé être sincère. Il y a, après tout, « nos génocides », et les « génocides des autres ». “Nos génocides”, ceux que nous avons orchestrés ou commis, n’ont pas à être discutés. Ou plus précisément, il est extrêmement malpoli d’y faire allusion.

La plupart des gens ne savent rien à leur sujet, y compris de nombreuses victimes de ceux-ci. D’un autre côté, les génocides commis par les autres, particulièrement par les adversaires des Occidentaux, sont largement discutés, publiés, analysés ; et aussi bien souvent largement inventés.

Le Cambodge est le cas d’école de ces derniers. Ici, plusieurs décennies après les faits, les USA et leurs alliés ont au début supporté le gouvernement corrompu et brutal de Phnom Penh, alors qu’ils avaient engagé la monstrueuse campagne de bombardements en tapis de l’ensemble des zones rurales du Cambodge, bien loin au-delà de la frontière du Vietnam.

C’était soi-disant afin de prévenir la main mise « communiste » sur le pays, ou au moins le prévenir de devenir un pays dans le « style communiste » de Ho-Chi-Min. Des centaines de milliers de villageois furent assassinés dans les bombardements. Des millions furent forcés de prendre la route abandonnant leurs fermes, et le pays fut transformé en un champ de mines géant, tapissé de munitions non explosées.

Plusieurs centaines de milliers moururent de famine et d’épidémies. Furieux, fous de souffrance, le Peuple du Cambodge se dressa contre les collaborateurs de l’Occident à Phnom Penh. Pol Pot et ses Khmers rouges prirent la capitale pratiquement sans aucune opposition. Récemment, au fond de la jungle, j’ai pu parler personnellement avec un ancien garde personnel de Pol Pot. Je lui demandai à brûle-pourpoint s’il savait quelque chose au sujet du Communisme. « Rien du tout à ce sujet », fut sa réponse. Les USA avaient assassinées nos familles sans aucune raison. Les élites corrompues nous avaient vendus à l’Occident. Nous étions outragés, et prêts pour la vengeance. Malgré ceci l’Occident a, à ce jour, réussi à faire passer ces événements pour un « Génocide communiste ».

Le Rwanda est aussi un autre cas de “récit inventé et tordu”. J’ai réalisé un documentaire sur le sujet – « Le Gambit rwandais ». Dans ce cas l’Occident a retourné complètement l’histoire, en réduisant entièrement cette tragédie à une narrative primitive facile à digérer sur les « mauvais » Hutus, assassinant les « bons » Tutsis »

Pourtant l’ancien ambassadeur des Etats-Unis, Robert Flattent m’a déclaré que son pays avait couvert, armé, et soutenu le morbide RPF, devenu l’armée Tutsi, qui avait avant 1994 pillé le pays rwandais depuis les campagnes ougandaises, incendiant les villages et assassinant les civils. De même un ancien législateur australien, Michael Hourrigan, enquêteur de l’ONU, m’a fourni des informations sur la destruction à l’atterrissage en 1994 de l’avion du président rwandai Juvenal Habaryarimana, ainsi que de son homologue ougandais Cyprien Ntaryamira, alors qu’il arrivaient à l’aéroport de Kigali. Les ordres d’abattre l’aéronef émanaient du leader du RPF Paul Kagamé, qui a depuis été adoubé par l’Occident.

Cet événement entraîna le terrible bain de sang de 1994. L’année d’après, en 1995, l’Armée du Rwanda envahissait la République Démocratique du Congo, (RDC), et participait à l’assassinat d’au moins 9 millions de personnes, la plupart des civils, aux côtés des Gouvernements occidentaux et des compagnies multinationales lors du plus grave crime contre l’Humanité de l’histoire contemporaine.

En fait, pratiquement tous les génocides majeurs commis par l’Occident ou par ses allies dans l’Histoire moderne, ont été passés sous silence, y compris ceux commis en Irak, en Syrie, en Iran, en Papouasie occidentale, dans le Timor occidental, en DRC, en Indonésie, en Afghanistan, et dans des douzaines d’autres endroits aussi malchanceux tout autour du monde.

Ces génocides révoltants commis par l’Occident tout autour du Monde au cours des derniers 2000 ans, mais surtout au cours des 500 dernières années, ne sont jamais définis comme « génocides ». A travers l’Histoire, les contrées européennes ont détruit systématiquement la plupart des cultures de tous les continents de la Planète, mettant virtuellement en esclavage toutes les nations non-blanches, pressurant et exploitant les colonies, (Lisez : Toutes les nations non blanches du Monde), tout en exterminant des centaines de millions d’hommes, de femmes, et d’enfants. Le rapport létal augmente, s’accumule, tendant vers le milliard, selon les témoignages et analyses d’un de mes amis, un statiticien chevronné de l’ONU.

Revenons rapidement sur mon “Histoire cambodgienne” et aux pages de ce magazine. Et je veux revenir encore et encore, sur les génocides commis par l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique, pratiquement de partout. Sans une Histoire comprise et connue le Monde n’a pas de futur, et il ne peut y avoir de solutions à ces problèmes dramatiques sans que notre Humanité ne s’y affronte.

Mais pour le moment, laissez-moi conclure ce bref essai en déclarant que je n’ai pas participé à la consommation ni de la dinde en question, ni des « American Pies » lors du jour de Thanksgiving dans la ville cambodgienne de Seam Reap.

Mon sentiment est inspiré par ces 700 personnes de la Tribu des Pequots qui résistèrent fièrement et moururent pour leur liberté il y a 400 ans. Ils furent parmi les premiers combattants contre l’Impérialisme occidental. Ils furent les « Américains » que j’admire, cette "Amérique" qui a été terriblement endommagée mais pas totalement détruite. Aucuns mots sirupeux, sentimentaux et pleins de vide ne pourront pleinement faire ressortir leur esprit, seulement le plein silence des masques de souffrance de ceux qui moururent assassinés aux mains des envahisseurs européens au cours des conquêtes de ce qui a été cyniquement baptisé comme le « Nouveau monde ».

Andre Vltchek

Andre Vltchek est un Nouvelliste, Producteur, et Journaliste d’investigation. Il a couvert les guerres et les conflits dans des douzaines de pays. Trois de se derniers livres son un hommage à la "Grande Révolution Socialiste d’Octobre", une nouvelle révolutionnaire "Aurora", et un best-seller, un travail de realpolitik : "Exposer les mensonges de l’Empire". Son autre ouvrage, "Watch Rwanda gambit" est un best-seller sismique qui secoue toutes les idées reçues au sujet du Rwanda et de la République Démocratique du Congo de même que son film dialogue avec Noam Chomsky sur le "Terrorisme occidental".

Vltchek vit actuellement en Asie occidentale et au Moyen Orient et continue à travailler autour du Monde. Il peut être contacté sur son Website et sur son compte Twitter.

Traduit par Geb. Avec les erreurs et aproxymations habituelles et involontaires.

»» https://journal-neo.org/2017/12/01/genocidal-u-s-thanksgiving-celebrat...
URL de cet article 32637
   
Même Auteur
Point de non-retour
Andre VLTCHEK
LE LIVRE : Karel est correspondant de guerre. Il va là où nous ne sommes pas, pour être nos yeux et nos oreilles. Témoin privilégié des soubresauts de notre époque, à la fois engagé et désinvolte, amateur de femmes et assoiffé d’ivresses, le narrateur nous entraîne des salles de rédaction de New York aux poussières de Gaza, en passant par Lima, Le Caire, Bali et la Pampa. Toujours en équilibre précaire, jusqu’au basculement final. Il devra choisir entre l’ironie de celui qui a tout vu et l’engagement de (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Que ce soit bien clair : nous avons commis des erreurs, évidemment. Et nous en commettrons d’autres. Mais je peux te dire une chose : jamais nous n’abandonnerons le combat pour un monde meilleur, jamais nous ne baisserons la garde devant l’Empire, jamais nous ne sacrifierons le peuple au profit d’une minorité. Tout ce que nous avons fait, nous l’avons fait non seulement pour nous, mais aussi pour l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie, les générations futures. Nous avons fait tout ce que nous avons pu, et parfois plus, sans rien demander en échange. Rien. Jamais. Alors tu peux dire à tes amis "de gauche" en Europe que leurs critiques ne nous concernent pas, ne nous touchent pas, ne nous impressionnent pas. Nous, nous avons fait une révolution. C’est quoi leur légitimité à ces gens-là, tu peux me le dire ? Qu’ils fassent une révolution chez eux pour commencer. Oh, pas forcément une grande, tout le monde n’a pas les mêmes capacités. Disons une petite, juste assez pour pouvoir prétendre qu’ils savent de quoi ils parlent. Et là, lorsque l’ennemi se déchaînera, lorsque le toit leur tombera sur la tête, ils viendront me voir. Je les attendrai avec une bouteille de rhum.

Ibrahim
Cuba, un soir lors d’une conversation inoubliable.


Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
117 
Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
20 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.