Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Un régime alimentaire mondialisé

Qu’ont en commun l’Inde, le Sénégal, les Etats-Unis, la Colombie, le Maroc, l’Etats espagnol et bien d’autres pays ? En dépit des différences importantes qui persistent encore, l’alimentation y est sans cesse plus semblable,. Au-delà de la « McDonaldisation » de nos sociétés et de la consommation globalisée de Coca-Cola, la consommation mondiale d’aliments dépend progressivement d’une poignée de variétés de cultures. Le riz, le soja, le blé et le maïs s’imposent au détriment d’autres productions comme le millet, le manioc, le seigle, le sorgho, la patate douce ou l’igname. Si l’alimentation dépend d’une petite série de variétés de cultures, que se passera-t-il en cas de mauvaise récolte ou de maladies ? Notre consommation de nourriture est-elle garantie ?

Nous allons vers un monde avec plus de nourriture mais moins de diversité et plus d’insécurité alimentaire. Des aliments comme le soja, dont la consommation était insignifiante jusqu’à il y a quelques années encore, sont devenus indispensables pour les trois quarts de l’humanité. D’autres, déjà importants dans le passé comme le blé ou le riz, se sont généralisés à grande échelle et sont respectivement consommés aujourd’hui par 97% et 91% de la population mondiale. C’est une alimentation occidentalisée, « accro » à la consommation de viande, de produits laitiers et de boissons sucrées qui s’impose ainsi. Des marchés alimentaires où les intérêts des grandes entreprises sont évidents. C’est ce qu’explique en détail une récente étude intitulée « L’augmentation de l’homogénéité dans les chaînes alimentaires globales et son implication pour la sécurité alimentaire », qui affirme que nous nous acheminons vers un « régime alimentaire mondialisé ».

Un menu qui, d’après les auteurs du rapport, constitue « une menace potentielle pour la sécurité alimentaire ». Pourquoi ? En premier lieu parce qu’en dépit du fait que nous consommons plus de calories, de protéines et de graisses qu’il y a cinquante ans, notre alimentation est moins variée et il est donc plus difficile de digérer les micronutriments nécessaires pour l’organisme. En outre, affirment les auteurs, « la préférence pour les aliments énergétiquement denses et basés sur un nombre limité de cultures agricoles globales et de produits transformés est associée à l’augmentation de maladies non transmissibles comme le diabète, les problèmes cardiaques ou certains types de cancer ». Notre santé est donc en jeu.

En second lieu, l’homogénéisation de ce que nous mangeons nous rend plus vulnérables aux mauvaises récoltes ou aux maladies, dont on prévoit qu’elles augmenteront avec l’intensification du changement climatique. Nous sommes dépendants d’une poignée de cultures qui sont aux mains d’une poignée d’entreprises produisant à grande échelle à l’autre bout de la planète, imposant des conditions de travail précaires pratiquant une déforestation intensive, la contamination des sols et des eaux et l’utilisation systématique d’agents agrotoxiques. Pouvons-nous alors choisir librement ce que nous mangeons dans de telles conditions ?

Il ne s’agir pas d’être contre un changement des habitudes alimentaires en soi, le problème survient quand de tels changements sont imposés par des intérêts économiques particuliers, en marge des besoins réels des gens. Le « régime alimentaire mondialisé » est le résultat d’une « production-distribution-consommation » mondialisée où ni les paysans ni les consommateurs n’ont leur mot à dire. Nous pensons décider ce que nous mangeons, mais ce n’est pas le cas. Comme l’affirmait le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, lors de la présentation du rapport « Le potentiel transformateur du droit à l’alimentation » ; « La principale déficience de l’économie alimentaire est l’absence de démocratie ». Et sans démocratie dans les champs et à table, on ne choisi et on ne mange pas correctement.

Esther Vivas

*Article publié sur le site Publico.es, 15/03/2014.

**Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera. http://www.avanti4.be/

»» http://esthervivas.com/francais/un-regime-alimentaire-mondialise/
URL de cet article 25011
   
Histoire et Mystifications. - Comment l’Histoire est fabriquée et enseignée...
Michael PARENTI
Analyste politique progressiste de tout premier plan aux États-Unis, Michael PARENTI, docteur en Sciences Politiques de l’Université de Yale, est un auteur et conférencier de renommée internationale. Il a publié plus de 250 articles et 17 livres. Ses écrits sont diffusés dans des périodiques populaires aussi bien que dans des revues savantes, et ses textes engagés l’ont été dans des journaux tels que le New York Times et le Los Angeles Times. Ses livres et ses conférences, informatives et (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Lesley Stahl :"Nous avons entendu dire que 500.000 enfants sont morts (en Irak). Ca fait plus qu’à Hiroshima. Et, vous savez, est-ce que cela en valait le prix ?

Secrétaire d’Etat US Madeleine Allbright : "Je pense que c’est un choix difficile. Mais le prix - nous pensons que cela en valait le prix."

Entretien télévisé sur CBS 60 minutes, Mai 1996


La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.