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Obama à Cuba : libérez les prisonniers politiques nord-américains !

Le secrétaire d’Etat US, John Kerry, va séjourner pour la deuxième fois à la Havane. Cette fois, il s’agit de préparer le voyage de Barack Obama à la fin du mois de mars à Cuba. On parlera de tout, dit son entourage, y compris des « droits de l’homme ». Rien de tabou et c’est tant mieux. Mais pourquoi se limiter à la défense des droits de l’homme à Cuba ? Le gouvernement des Etats-Unis ne doit-il pas balayer devant ses portes de prisons pleines à craquer, avec des couloirs de la mort surpeuplés et des prisonniers politiques cachés aux opinions publiques ? Selon Amnesty international, ils se compteraient par « au moins deux cents » et concerneraient particulièrement des militants indiens et noirs. Une longue liste est en cours de rédaction et devrait être transmise au Président Obama. Sans attendre, nous lui soumettons trois cas.

Mumia Abu-Jamal

Arraché au couloir de la mort en 2011, Mumia Abu-Jamal est très malade. En danger de mort.

En1982, quand il est jugé, Mumia n’est pas n’importe qui. Journaliste radio, militant des droits des Noirs américains, il est membre des Panthères noires (Black Panthers). Il est connu à Philadelphie, pour sa couverture du bombardement de Mouv, une communauté noire autogérée. Celui qui était surnommé la Voix des sans-voix était l’homme à faire taire. Alors, quand le policier William Faulkner est trouvé mort le 9 décembre 1981, tué par balle avec à proximité un Mumia blessé par balle lui aussi et inconscient, l’occasion est trop bonne. La machine policière s’emballe. Le procès est conduit en dépit des règles : les jurés noirs sont récusés, à l’exception de deux d’entre eux. Les analyses balistiques sont bâclées. Et le fait que certains témoins sont revenus depuis 1981 sur leurs dires n’aura jamais depuis atteint la justice de Pennsylvanie, inébranlable comme un roc. En 2011, la justice fédérale reconnaît que Mumia n’a pas eu droit à une procédure équitable, mais, faute d’ouverture d’un nouveau procès, la peine de mort est commuée en prison à vie. Un succès relatif, mais arraché au prix d’une mobilisation internationale à chaque étape judiciaire, à chaque programmation d’une exécution.

Depuis le printemps, l’état de santé de Mumia s’est aggravé, d’abord avec une crise aiguë d’eczéma et de diabète, ce qui lui vaudra en mai dernier d’être hospitalisé, et enchaîné à son lit. Mumia a perdu 40 kilos et son mal a été reconnu : Hépatite C. Les autorités refusent de transmettre les médicaments nécessaires au traitement.

Dans un pays civilisé, Mumia aurait déjà été libéré pour raisons de santé.

M. Obama que comptez-vous faire ? 

Leonard Peltier

Toute sa vie, Leonard Peltier (70ans) n’aura de cesse de lutter contre les inégalités, les injustices et le racisme encore latent envers les populations amérindiennes : 65 % sont au chômage, 35 % sombrent dans l’alcoolisme, la mortalité due à la tuberculose et autres maladies infectieuses est presque 3 fois supérieure au reste de la population américaine. C’est contre cela que Leonard Peltier se battait lorsqu’ il tombe dans une provocation policière.

Son procès est considéré comme injuste voire truqué par de nombreux observateurs. Depuis 40 ans, il est en prison. 

Six fois nominé pour le prix Nobel de la Paix, Leonard Peltier a reçu tout au long de sa détention le soutien de personnalités comme Nelson Mandela, Desmond Tutu, du Dalaï Lama ou encore du sous-commandant Marcos, mais aussi d’institutions comme les Parlements européen, belge, italien, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme...

Que comptez-vous faire M. Obama pour mettre fin au calvaire de Léonard Peltier ?

Ana Belén Montés

Après avoir obtenu une licence, puis une maîtrise en relations internationales à l’Université de Virginie, cette fille d’un militaire d’origine portoricaine est entrée à l’âge de 28 ans à l’Agence de Renseignement pour la Défense du Pentagone (DIA), où elle devenait, 7 ans plus tard, analyste. Elle a occupé quelques temps un emploi fictif à la représentation diplomatique US à La Havane, pour « étudier » les militaires cubains. En 1998, retour dans l’Ile pour cette fois, « observer » le déroulement de la visite du Pape Jean-Paul II.

Cette femme devenue analyste de première catégorie au Pentagone, spécialiste de Cuba, avait accès à presque toute l’information sur l’Ile dont disposait la communauté du renseignement. De par son rang, elle était membre du très secret « groupe de travail inter agences sur Cuba », qui rassemble les principaux analystes des plus hautes agences de renseignements des Etats-Unis.

Elle a été arrêtée en septembre 2001, jugée et condamnée à 25 ans de prison en mars 2002 pour espionnage. Elle est maintenue au secret total. Elle avait remis à Cuba, sans contre partie financière, l’information permettant de connaître les plans d’agression des Etats-Unis contre l’île car elle ne supportait plus, disait-elle, les actes de terrorismes commis par son pays contre la Grande Ile.

M. Obama, allez-vous maintenir cette femme dans une geôle au secret ?

José Fort

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