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Thème : France

La démocratie « en marche » dans la France d’aujourd’hui

Jacques SAPIR

L’acte en apparence anodin, mais en réalité assez extraordinaire, a été commis à mon égard. Il est significatif de l’atmosphère dans laquelle la France se débat depuis maintenant plusieurs mois. Il est aussi significatif de l’intolérance aux idées contestataires et de la répression qui monte inexorablement, que ce soit en France (et la loi dite anti-terroriste est très inquiétante à cet égard) ou dans d’autres pays, comme l’Espagne.

On le sait, grâce à ce blog en particulier, et je remercie Olivier Berruyer de m’héberger provisoirement, mon carnet scientifique, ouvert en septembre 2012 sur Hypotheses.org a donc été suspendu. Je ne puis donc plus installer de notes ni faire des modifications sur les textes publiés. Le communiqué, signé par Marin Dacos directeur d’Open Edition, et installé sur mon carnet dit : « À de nombreuses reprises, l’auteur du carnet y a publié des textes s’inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses et constituant une condition indispensable pour publier sur la plateforme. » Prenons ce texte au pied de la lettre. Que me reproche-t-il ? De publier, à côtés de textes qui ont vocation à être publiés ultérieurement dans des revues scientifiques comme par exemple une note du 13 septembre [1] ou un texte de géostratégie publié le 4 septembre [2], ou enfin le texte en anglais du 14 août sur les vices dans les fondations théoriques de (...) Lire la suite »
« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » (Marx)

Au pays des lois scélérates

PERSONNE

L’auteur de ce qui va suivre décline toute responsabilité en cas de dissemblance réelle ou « suspectée » avec des faits actuels ou en cours de réalisation.

La France a connu à plusieurs reprises, au cours de ce siècle, ces paniques, provoquées par certains attentats, savamment exploitées par la réaction et qui ont toujours fait payer à la Liberté les frais d’une sécurité menteuse. [...En] règle générale, quand un régime promulgue sa loi des suspects, quand il dresse ses tables de proscription, quand il s’abaisse à chercher d’une main fébrile dans l’arsenal des vieilles législations les armes empoisonnées, les armes à deux tranchants de la peine forte et dure, c’est qu’il est atteint dans ses œuvres vives, c’est qu’il se débat contre un mal qui ne pardonne pas, c’est qu’il a perdu non seulement la confiance des peuples, mais toute confiance en soi-même. Il s’agit de savoir à cette heure si la République Française en est là. Je m’empresse de dire bien haut que, s’il ne s’agissait que de la République telle que l’ont faite vingt-cinq ans d’opportunisme, telle que nous la connaissons sous les espèces [ = sous la forme] d’un Président-parvenu qui joue au souverain, d’un (...) Lire la suite »

Les petits soldats du journalisme nous racontent la manif de la France Insoumise

Gérard COLLET
Samedi 23 septembre, place de la Bastille, c'est la manif de « La France Insoumise ». J'y suis avec mon frère ; le soleil inonde Paris, et la place bruit de joie. En bons provinciaux, nous sommes tout de suite impressionnés par la densité, par la foule innombrable... mais qui sera évidemment dénombrée avec des intentions diverses. Combien ? demandons nous à nos voisins, pas parisiens non plus et pas habitués à estimer les rendez-vous de la capitale. Ils ne savent pas. Pour avoir tout de même une vague idée, nous comptons « au pifomètre » le nombre de gens sur un mètre dans toute la largeur de la chaussée à l'entrée du Bd. Beaumarchais, cela en fait une bonne centaine. Je sors le GPS : la longueur du boulevard dépasse 1km, et les drapeaux se voient jusqu'au point où le boulevard fait un angle, continuent au delà... 100 000 personnes sans compter celles qui s'entassent sur la place elle même... On piétine sur place, ce qui laisse le temps de voir, d'écouter, de parler. Et ce qu'on voit, ce qu’on (...) Lire la suite »
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Haïti : De la colonisation à l’esclavage économique

Jérôme DUVAL
Finalement, les pays dits « en voie de développement » (PED) d’aujourd’hui remplacent les colonies d’hier : les grandes entreprises multinationales occidentales se placent dans les anciennes colonies, y investissent et en extorquent les ressources pour accumuler de faramineux profits qui s’évadent dans des paradis fiscaux appropriés. Tout cela se déroule sous le regard bienveillant des élites locales corrompues, avec l’appui des gouvernements du Nord et des Institutions financières internationales (IFI) qui exigent le remboursement de dettes odieuses héritées de la colonisation. Par le levier de la dette et des politiques néocapitalistes imposées qui la conditionnent, les populations spoliées paient encore le crime colonial d’hier et les élites le perpétuent subrepticement aujourd’hui, c’est ce qu’il est convenu d’appeler le néocolonialisme. Pendant ce temps, hormis quelques tardives et bien trop rares reconnaissances des crimes commis, on se hâte d’organiser l’amnésie collective afin d’éviter tout débat (...) Lire la suite »

Tout va très bien Madame IRMA... Le capitalisme, Jupiter et la propagande feront le reste !

BELAIR Philippe
" Quelle sorte de vie publique est celle où la communication c'est-à-dire la manipulation ou la propagande remplace la controverse ? " Philippe MEYER Nous aurons peine à les entendre jubiler en secret de l'arrivée de l'ouragan IRMA sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Pilepoil pour faire oublier la grogne sociale qui monte contre l'arrogance et les prétentions de la classe possédante via des élus soumis. La plus grande victoire idéologique du néolibéralisme, jusqu'à nouvel ordre social, est d'avoir réussi à "déprogrammer" les expériences humaines pour les remplacer par le bourrage de crane permanent qu'est la propagande. Mais d'abord et avant d'aller plus loin posons nous la question : A qui veut-on faire croire que les populations des Caraïbes ne connaissent pas ce qu'est un ouragan ? Il fût une époque où, tout comme les populations de l'hémisphère nord avant l'hiver, celles des Caraïbes savaient se préparer dès le mois de juin à ce que nous appelons l'hivernage - la saison des pluies qui est aussi (...) Lire la suite »

Mailly désavoué : FO contre les ordonnances, ses principales fédérations manifesteront le 12 avec la CGT

Jean Baptiste

Il n’aura pas fallu longtemps pour que Mailly, militant notoire du PS qui combat le mouvement social, soit désavoué par la commission exécutive de la confédération FO. C’est que les syndicalistes de terrain de la centrale, à la différence d’une partie de son cercle dirigeant historiquement liée au PS et au pouvoir, n’ont pas oublié leurs combats de plusieurs mois avec la CGT, SUD, la FSU, pour le retrait de la Loi Travail dont les ordonnances Macron sont une dangereuse aggravation.

C’est que Macron a fait le pari de la division du front syndical, en s’appuyant au delà de la très usée et totalement décrédibilisé CFDT sur Mailly. Symbole des symboles un des premiers actes de sa ministre Pénicaud – en plein scandale de la révélation de ses stock options touchés alors qu’elle licenciait à tour de bras chez Danone comme DRH – aura été de recruter le bras droit de Mailly et négociateur FO directement à son cabinet. Alors que la commission exécutive de FO a condamné les ordonnances et appelé à la lutte désavouant Mailly, les principales fédérations FO appellent à manifester dès le 12 septembre, tout comme une cinquantaine d’Union Départementale FO, c’est à dire la majorité des 95 unions départementale FO. La manoeuvre de Macron MEDEF est en train de faire long feu, seul Mailly y aura perdu son honneur. Au delà des positionnements des états majors syndicaux, il est important de rappeler que c’est d’abord la responsabilité de chaque travailleurs d’organiser sur son lieux de travail la mobilisation (...) Lire la suite »

Nouvelle catilinaire

PERSONNE
Il est des jours comme cela où des sentiments s’imposent comme une rémanence, puis comme une pensée lancinante. L’article lu, le journal refermé, reste un bouillonnement interne. « Au pays des Droits de l’Homme » (qui avait oublié la moitié de l’Humanité, petits joueurs ! , petits révolutionnaires ! ), il est des sentiments qui devraient faire tache. Mais il n’en est rien, faute à la torpeur estivale, faute aux remugles des barbecues. Face à l’État, face à ce Léviathan sans scrupule, le Citoyen n’est que peu de chose, surtout en l’absence de soutiens moraux et logistiques de ses semblables. On ne peut défier, impunément, le lion. Le Léviathan intimide, veut faire taire les consciences, alors il réprime avec application quand il ne fait pas du chiffre. En dictature, on ne s’embarrasse pas des conventions ; en République, la répression est bien différente, c’est bien plus subtil, mais elle n’en reste pas moins répression. Une bonne dose d’intimidation, de poursuites judiciaires coûteuses pour le prévenu, des (...) Lire la suite »

Perspectives pour la France (2017)

Revolution - Tendance marxiste Internationale

Ce texte est le principal document politique adopté par le Congrès national de Révolution, qui s'est tenu fin juin. Il a été écrit en mai 2017, c’est-à-dire avant les élections législatives de juin. Aussi ne comprend-il pas d'analyse des résultats de ces élections, qui d'ailleurs ne changent rien aux perspectives ici élaborées.

L’objectif de ce document est d’analyser les processus fondamentaux à l’œuvre dans la société française et d’anticiper les développements économiques, politiques et sociaux les plus probables – ou, à défaut, les différents scénarios possibles. Anticiper les événements n’est pas une fin en soi, un jeu de l’esprit, mais une nécessité pour s’y préparer et y intervenir. Sans cela, nous serions constamment pris par surprise et condamnés à réagir au coup par coup. L’évolution de l’économie constitue le facteur déterminant de la dynamique globale d’une société, mais seulement en dernière analyse. Les développements de la lutte des classes sur tous les plans, y compris le plan politique, s’enracinent dans la crise organique du capitalisme, mais n’en sont pas l’expression mécanique. Ils ont leur propre dynamique, qui est relativement indépendante des grandes tendances macro-économiques. En particulier, l’évolution de la conscience des différentes classes sociales – et des différentes couches de ces classes – est un processus (...) Lire la suite »

Pour une politique française en Syrie indépendante et respectueuse du droit

Collectif
Monsieur le Président, Vous avez déclaré que vous ne souhaitiez pas la destruction de l’Etat syrien et qu’avec vous au pouvoir, on en aurait fini avec les “néoconservateurs importés”. Plus récemment, au sortir du G20, vous avez de nouveau précisé votre détermination à œuvrer pour une sortie politique du conflit excluant le préalable d’une mise hors jeu de l’actuel Président de l’Etat syrien. Vous interrompez le soutien financier et logistique que la mandature précédente accordait à des forces combattantes terroristes qu’elle qualifiait de ‘modérées.’ Ce réalisme a été imposé par l’échec d’une politique d’ingérence illégitime et désastreuse. Le peuple syrien avec toutes ses composantes, en particulier une opposition authentique de l’intérieur, certes pas celle d’une poignée d’exilés exhibés à quelques occasions, s’est rangé derrière Bachar el Assad pour lutter contre la désintégration de sa nation. Avec l’aide de pays amis, il est en train de mettre fin à l’existence d’un Etat takfiriste. Parmi ceux qui ont accueilli (...) Lire la suite »

Députés et sénateurs, n’allez pas à Versailles !

Claire VÉRILHAC

Qui sait où peut nous mener la dérive autoritaire qui se met en place peu à peu dans un contexte politique si particulier ? La convocation du Congrès à Versailles le 3 juillet par le Président est un pas de plus vers un pouvoir personnel inquiétant. Seuls les groupes France Insoumise et PCF ont annoncé leur refus de participer à cette mascarade coûteuse et inutile.

Sous la Ve République, réunir le Parlement en Congrès (les deux chambres, députés et sénateurs) permettait de voter les modifications constitutionnelles sans passer par un référendum. Voire de passer outre le vote populaire comme ça a été le cas le 4 février 2008 où les parlementaires se livraient à un véritable coup d'Etat : adopter le Traité de Lisbonne pourtant rejeté par référendum par près de 55 % des Français ! Mais la réforme constitutionnelle de 2008 (adoptée avec une seule voix d'avance) permet désormais au président de la République de « prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en congrès". Un discours qui ne peut faire l'objet d'aucun débat ni d'aucun vote. Les opposants à cette réforme y voyaient bien sur une volonté d'américanisation de notre vie politique avec cette copie du Discours de l'Union. Mais aussi un retour aux pratiques en vigueur dans les monarchies. Et à Versailles ... tout un symbole ! Depuis cette réforme, deux discours présidentiels ont été tenus : par Nicolas (...) Lire la suite »
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