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Thème : Air France

Air France : une compagnie en bien mauvais "Etat"

Sylvie BONNET

Ah, Air France… fierté nationale, fleuron de l’aviation tricolore, rayonnement du savoir faire et du savoir-accueillir français… Mais que cache cette devanture si soignée ? Comment vivent et sont traités les salariés de la compagnie aérienne préférée des français ? Au fait, pourquoi font-ils grève régulièrement ?

Les raisons de la colère La stratégie est vieille mais malheureusement efficace : pointer du doigt des prétendus privilégiés pour faire passer de force des réformes injustes. La méthode a été appliquée par le gouvernement dans le cas de la réforme de la SNCF et le cas Air France n’échappe pas à la règle puisqu’on y entend encore la même musique injuste et fallacieuse. Non, les salariés d’Air France ne sont pas des privilégiés et ce n’est pas avec des réductions sur les billets d’avion que l’on fera d’eux des nantis ! Si les salariés d’Air France font grève régulièrement, ce n’est pas par réflexe ou idéologie. Au contraire, dans leur ensemble, les salariés d’Air France se disent fiers de travailler pour la compagnie française. Ils sont fiers de leur entreprise, mais pas de leurs dirigeants et encore moins de la stratégie économique démarrée par Alexandre de Juniac en 2012 et continuée par Jean-Marc Janaillac. Cette stratégie a consisté à réduire la masse salariale avec 18 000 suppressions de poste en 10 ans. Au même (...) Lire la suite »
Les goodyear paient sans doute pour une chemise d’Air France en lambeaux.

Radicalisation des puissants

Pierre LEVY

En prison ! Le verdict rendu en première instance par le tribunal correctionnel d’Amiens contre plusieurs syndicalistes CGT de Goodyear, qui inclut de la réclusion ferme, a provoqué une véritable stupéfaction.

Les condamnés ont été reconnus « coupables » d’avoir retenu des dirigeants de leur entreprise (qui n’ont a aucun moment été violentés). Même les commentateurs les moins habitués à soutenir le monde du travail ont souligné le caractère sans précédent d’une telle peine. Ici et là s’est exprimée une compassion morale pour des hommes qui auraient « dérapé » sous l’emprise de la colère et de l’angoisse. En réalité, ce dont ces militants on besoin, c’est moins de se voir octroyer des « excuses », que d’une solidarité offensive. Celle-ci passe d’abord et avant tout par le rappel des enjeux de leur lutte dont la « séquestration » n’a été que le point d’orgue. Cette bataille au long cours (près de sept ans !) opposait une majorité de salariés de l’usine à la direction de choc de la firme américaine : Goodyear entendait imposer, par le chantage à la fermeture, une remise en cause des conditions et des horaires de travail ; et ce, selon un modèle de flexibilité... dont l’esprit va être repris dans la réforme en cours du Code du travail (...) Lire la suite »
Mesure-t-on bien la force de l’image d’un DRH fuyant la colère de ceux qui sont humiliés ?

Une retraite aux lambeaux

Pierre LEVY

Tomber, tomber la chemise… Le refrain de la fin des années 1990 connaît un soudain regain de succès syndical. Entonné sur le pavé parisien le 8 octobre avec une gouaille populaire et ironique bien française, il constitue évidemment un clin d’œil aux événements qui ont accompagné le Comité central d’entreprise d’Air France trois jours plus tôt. Les images des deux dirigeants de cette compagnie contraints de fuir, liquette en lambeaux, ont fait en un instant le tour de France, et du monde.

Des « violences intolérables » se sont étranglés de rage Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et pas mal d’autres. En réalité, l’important n’est pas de disséquer ce qui s’est passé ce jour-là à Roissy, ou de peser la pertinence des réactions de certains des manifestants rassemblés. L’essentiel est ailleurs : pourquoi, tant de rage, de haine et de déchainement des puissants contre ces derniers ? Et pourquoi, à l’inverse, un tel écho populaire, qu’il soit proclamé ou discret, avoué ou inconscient ? Une première explication est à trouver du côté d’un contraste : si la « violence » réelle a été somme toute modeste, la violence symbolique fut considérable. Mesure-t-on bien la force de cette image : des patrons contraints de fuir piteusement devant la colère de ceux qui sont habituellement soumis, contraints, humiliés ? Depuis quand une telle scène ne s’était-elle pas produite ? L’espace d’un instant, le rideau s’est fugacement écarté sur la vérité, sur la brutalité des rapports sociaux – mais, très exceptionnellement, dans le (...) Lire la suite »
Criminalisation des travailleurs en lutte

Solidarité avec les salariés d’Air France

RÉPUBLIQUE SOCIALE

Gilets par balles, armes à la ceinture, arrestations à 6h du matin : non ce ne sont pas des terroristes qui sont interpellés mais bien des salariés d’Air France.

La scène est surréaliste est pourtant elle est bien réelle, dans un pays se targuant d'être garant des libertés syndicales et de la démocratie sociale voilà comment les personnes engagées sont traitées. Ce n'est pas le premier exemple de discrimination syndicale dans ce pays, des discriminations qui ne font que s'accroître depuis quelque temps, à l'heure justement où nous avons le plus besoin de nos camarades syndicalistes pour faire valoir nos droits. Il faut rappeler que le nombre de syndiqués ne cessent de diminuer depuis des années. Est-ce la cause d'un affaiblissement de l'engagement ou d'une baisse de la volonté d'une plus grande justice sociale ? Est-ce parce que les salariés sont tant résignés que cela qu'ils préfèrent subir la loi des patrons et des actionnaires sans se défendre ? La réponse est évidemment non, mais il faut en revanche chercher les causes d'une telle diminution des effectifs. Lorsque j'avais commencé a écrire ce blog, j'avais rédigé un bref article à propos de la baisse du (...) Lire la suite »
Mises à pied et poursuites judiciaires en rafale

Air France : colère chic, colère sociale choc

Maïté PINERO

Alors que l’intersyndicale de Air France appelle à manifester ce jeudi 22 octobre devant l’Assemblée nationale, que la direction et le gouvernement font mine de plaider en faveur du « dialogue », tout en continuant à « actualiser » par voie de presse les licenciements, la traque se poursuit : après les cinq salariés arrêtés la semaine dernière comme de dangereux terroristes puis mis à pied tout comme deux pilotes, onze autres sont convoqués à la police des frontières depuis mardi . Allons-nous les laisser criminaliser cette colère sociale qui vient ?

Le jour même où les policiers arrêtaient à l'aube six salariés d'Air France ( l'un d'eux « par erreur »), un billet paru dans « Les Échos » titrait « la colère le nouveau chic politique ». On y lisait que « après le Pen, François Hollande, Nicolas Sarkozy et même Alain Juppé n'ont plus que ce mot à la bouche (...) comme si monter le volume sonore était devenu pour les hommes politiques le seul moyen de se faire entendre. Comme si le ressentiment des Français était tel qu'ils étaient obligés d'entonner les mêmes notes pour ne pas paraître déconnectés ». Il doit y avoir de nouveaux coachs, embauchés ici et là, pour leur apprendre à hausser le verbe, à user d'effets de manche, sans dégringoler de la tribune, renverser leur verre ou couvrir la caméra de postillons. Mimons la colère et restons chics entre gouvernants menteurs, politiciens de cénacles et de salons. Dans le pays, la colère sociale est maîtrisée mais elle est immense et ils le savent. Elle mijote. La course est engagée. Il leur faut la capter, la (...) Lire la suite »
Tous et tout de suite ?

Déshabillons-les !

Jean ORTIZ

Je ne condamne pas. Je comprends et partage la colère des travailleurs d’Air France, traités de « voyous » par un politicien aux dents si longues qu’elles cirent les parquets patronaux.

Deux chemises déchirées, fussent-elles de luxe, n’égalent pas la suppression de 2900 emplois. Lundi 12 octobre 2015, à six heures, des « meneurs » (cinq salariés, tous syndiqués à la CGT) ont été arrêtés à domicile comme de vulgaires délinquants... Jérôme Cahuzac, lui, eut droit à d’autres égards... Faut-il qu’elles aient peur les classes dominantes et leurs chiennes de garde pour aller si loin ! Depuis le début de « l’affaire Air France », leurs médias à la botte montent les « incidents » en épingle pour mieux paralyser et mater la « populace ». Celle qui, tellement exploitée, humiliée, n’en peut plus, et dont le désespoir devient parfois violent. On ne peut pas se foutre en permanence impunément de la gueule des travailleurs. Et la saignée s’accélère. Menaces sur l’APL, une loi de finances qui émane en réalité de la Troïka... Ils ont peur, les possédants, peur pour leurs dividendes, leurs profits, leurs privilèges. Il est temps de leur faire encore plus peur et de commencer à les déshabiller, à les obliger à « tomber (...) Lire la suite »

Air France, l’Union Européenne et la Libéralisation du transport aérien (Air France et l’Europe)

Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

Au moment où l’on parle d’un nouveau plan social à Air France, il est intéressant de revenir sur les raisons de la crise. Au premier rang desquels la libéralisation du transport aérien résultat direct – comme toujours – des directives européennes.

voici comment l’Union Européenne a conduit à la libéralisation du secteur aérien conduisant à la casse sociale qui se déroule aujourd’hui. Avant 1987, le marché européen était organisé de la façon suivante : « Une ligne égale une compagnie ». Ainsi, une dérégulation progressive décidée par la communauté européenne a été mise en place en Europe. Cette libéralisation s’est échelonnée sur quatre principales dates. Tout d’abord, 1987, date à laquelle la communauté européenne a estimé qu’il était nécessaire de procéder à une libéralisation de l’espace aérien européen, considérant que l’on pouvait appliquer au transport aérien le principe de libre circulation des personnes, des capitaux et des biens. La deuxième date clé est janvier 1990, date à laquelle des mesures supplémentaires ont été signées afin d’accélérer la libéralisation totale du secteur. C’est le 23 juillet 1992, que chacun des membres de la communauté Européenne a accepté d’ouvrir son marché intérieur à la concurrence et à une certaine liberté tarifaire. Enfin, (...) Lire la suite »

Violence filmée, violence invisible : et si on ré-inventait la lutte des classes ?

Jean-Marc GARDES
Les scènes vues récemment à Air France ont mis en lumière des personnages situés dans l’entourage des directions, dont on parle bien peu habituellement, les DRH et autres managers chargés de com’, etc. Et si la violence n’était pas là où on nous dit qu’elle se trouve ? Et si la lutte des classes existait toujours ?… Coup de zoom sur des acteurs, des stratégies dont on parle trop peu… À quoi servent les « consultants » intervenants dans les grandes entreprises et administrations publiques ? Réponse d’un directeur d’un grand cabinet de consultants : « à faire bouger la France ! ». Comment ? En adaptant le système de production (= les grandes entreprises) et l’administration (= les ministères et institutions publiques) aux exigences du marché, des grandes institutions financières et de la globalisation économique, en définitive aux exigences du capitalisme néolibéral, décrypte Vincent de Gaulejac, professeur émérite à l’université Paris 7-Denis Diderot, aussi président du Réseau international de sociologie (...) Lire la suite »

Justice de Classe

José FORT
A quatre heures trente ce lundi matin, dans les commissariats de plusieurs départements proches de Paris, l’alerte était au rouge : rassemblement des policiers, dernier briefing sur la mission, vérification des armes et des gilets pare balles, répartition des personnels dans les véhicules. L’opération était programmée à six heures pétantes. Il fallait faire vite et éviter les témoins. S’agissait-il de terroristes préparant un attentat ? De malfrats impliqués dans de sales affaires ? De voyous en col blancs spécialistes du détournement de biens publics, anciens membres des gouvernements d’hier et d’aujourd’hui, de la droite et son extrême ? D’assassins recherchés ? Vous n’y êtes pas. La rafle de ce matin visait plusieurs salariés d’Air France suspectés d’avoir arraché leurs chemises à des membres de la direction venus annoncer des milliers de licenciements après s’être octroyés, eux et leur PDG, des augmentations de salaires allant de 30 à 70%. L’ancien ministre socialiste Jules Moch s’était distingué en 1948 (...) Lire la suite »

Quatre sondages contradictoires sur la destruction des chemises de DRH

Vladimir MARCIAC
1- Selon Odoxa pour iTELE, 67% des Français jugent que les violences au textile constituent un « acte inexcusable » et 32% affichent leur « compréhension » ». 2- Selon l’IFOP, 54% des Français comprennent (« sans approuver ») les arracheurs de chemises, 38% condamnent, 8% approuvent. Les employés sont 66% à comprendre (« sans approuver »), les professions intermédiaires 60% et les ouvriers 54%, contre 49% chez les cadres supérieurs et professions libérales. La condamnation atteint 44% chez les cadres, 35% dans les professions intermédiaires, 34% chez les ouvriers, 24% chez les employés. 3- Un sondage du site Le Grand Soir (http://www.legrandsoir.info/) révèle que 99 % des DRH du CAC 40 désapprouvent et condamnent ces actes stupides de voyous et que 80 % des chômeurs en fin de droit comprennent (« sans approuver »). Ceux qui « comprennent » (« sans approuver »), comprennent aussi (à plus de 85 %) que l’apologie de la violence est punie par la loi et qu’il importe donc de ne pas l’approuver en réponse à un (...) Lire la suite »
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