Thème Culture/Société/Sports

Now, Voyager

Rosa LLORENS
La Révolution a eu lieu, la société a changé de base : il y a dix ans, cinq ans, un an, fêtes et tourisme étaient ses mamelles, on circulait à la queue leu leu à Venise, on allait enterrer sa vie de jeune fille à Barcelone et, tout en calculant son empreinte écologique, on passait le week-end à Marrakech ; aujourd’hui, fêtes et tourisme sont criminalisés, et on arrête des teufeurs qui s’amusaient dans un pavillon de banlieue, entre Tontons flingueurs (voir la fête où, des salons à la (…)

Macron, Fidel et la culture

Michel TAUPIN
« Au peuple, nous n’allons pas lui dire de croire, nous allons lui dire de lire » (Fidel). Avez-vous remarqué qu’après son incroyable cadeau aux géants de la grande distribution, et face à la colère justifiée des libraires, Macron n’a pas choisi de reculer en laissant les librairies ouvertes, ce dont elles se seraient contentées, non, il a pris la décision la plus honteuse qui soit : interdire partout, y compris dans les grandes surfaces et les plateformes numériques, la vente de livres ! (…)
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Que peut-on espérer d’une humanité domestiquée ?

Dominique MUSELET
Je ne sais pas si c’est le coup des masques, inutiles puis obligatoires, qui m’a donné le coup de grâce, ou la lecture du dernier livre de James C. Scott, Homo domesticus, ou encore le film Thelma et Louise que je viens de revoir, ou les trois, ou quelque chose de plus profond, de plus viscéral, mais plus le temps passe, plus je me demande si l’humanité retrouvera jamais la liberté. La décadence ouvre les yeux Les périodes de décadence, comme celle que l’Occident vit en ce moment, ont (…)

Carte postale pour Michel Piccoli

Serge PEY
Il fallait aussi un poète. De notre ami Serge Pey, qui a bien connu Michel Piccoli, cette carte postale, cet adieu poétique saupoudré de souvenirs. Lira-t-on plus bel hommage ? LGS Michel Piccoli est descendu de chez lui. Il a cassé son miroir, s’est mis un pansement sur ses doigts coupés. Puis il a dévalé l’escalier. En bas un fiacre peint en rose l’attend qui le porte directement sur la plage. Devant les pêcheurs, la bourgeoisie vomit sa grande bouffe et s’étouffe avec du sable (…)

Festival du film russe à Paris ou URSS bashing ?

Rosa LLORENS
Comme nous sommes privés de films russes (autant que submergés de films étasuniens, notamment sur l’URSS, comme le prochainement en salles L’Ombre de Staline), le Festival du film russe (du 2 au 9 mars) semble une aubaine, une chance unique de savoir quels films on fait en Russie, pour les Russes. Mais parler de Russes ne suffit pas : quels Russes, faudrait-il se demander, sont aux commandes de ce festival ? Il suffit de se rendre au cinéma Balzac, sur les Champs-Elysées, et de regarder (…)

Le cas Richard Jewell : Clint Eastwood, le héros ordinaire américain et le libertarisme

Rosa LLORENS
Après des films comme American Sniper, le cas Clint Eastwood semblait définitivement réglé. Mais l’octogénaire ne cesse de se renouveler, réalisant deux films sympathiques et séduisants, Sully (2016) et The Mule (2018), auxquels on peut ajouter, pour une trilogie du héros ordinaire américain, Le cas Richard Jewell. A vrai dire, même si on peut lire de bonnes critiques (voir Critikat), ce dernier film, simpliste et gonflé de pathos, à l’image de son héros, est raté. Mais ce groupe de films (…)

Jeune pape, nouveau pape : bis repetita non placent.

Rosa LLORENS
Dans Youth, Paolo Sorrentino mettait dans la bouche de Jane Fonda, refusant un rôle dans le film en projet d’un des héros, une apologie des séries : les films, c’est ringard, et les séries télé payent beaucoup mieux. C’était un plaidoyer pro domo, puisque le cinéaste devait déjà négocier, ou avoir signé, avec Canal Plus. Si Sorrentino y a sans doute économiquement gagné, le spectateur peut-il se féliciter de cette nouvelle donne ? Y a-t-il quelque chose à attendre des séries ? The Young (…)

Les Misérables : un film formellement réussi mais idéologiquement décevant.

Rosa LLORENS
On avait beau y aller plein d’a priori (encore un film de banlieue, un remake de La Haine vingt ans après...), Les Misérables se révèle comme un excellent film, justifiant bien son prix à Cannes. Cependant, on est troublé, dans son enthousiasme, par le chœur de louanges des médias. On prend alors conscience que, malgré la violence, caractéristique des films de banlieue, celui-ci comme les autres, Les Misérables n’a rien de subversif : c’est sur ce plan, idéologique, qu’on peut faire des (…)
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Pétition pour la défense de la langue française

« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci, Cahiers de prison. « Il ne restait de ce pays que son langage. Un beau langage qui servait à tout. (…)

De sable et de feu : sous le péplum, la propagande

Rosa LLORENS
De sable et de feu, de Souheïl ben Barka, est un objet étonnant : film maroco-italien à gros budget (le plus gros investissement de l’histoire du cinéma marocain), il raconte l’histoire d’un Catalan, officier de la Couronne d’Espagne, Domingo Badia, chargé, vers 1800, de gagner la confiance de l’anglophile Sultan Moulay Slimane, sous le pseudonyme d’Ali Bey, de façon à fomenter, en sous-main, une révolte des tribus, et à le remplacer par un sultan acquis aux intérêts espagnols. Pourquoi (…)

Bad Gones et Free Tibet

André LACROIX
Lors du match de football entre l’Olympique Lyonnais (OL) et le Football Club de Nantes du dimanche 24 septembre 2019, les Bad Gones, club de supporters de l’équipe locale, ont réalisé un « tifo » géant représentant le « drapeau tibétain ». Ils voulaient ainsi protester contre la programmation de ce match à 13 h 30, décidée par la Ligue de Football Professionnel (LFP) afin de le mettre en valeur en Chine où le championnat français est assez prisé. Comme on pouvait s’y attendre, France-Tibet (…)

Bacurau ou la révolte du peuple

Rosa LLORENS
Les films récompensés ces dernières années à Cannes laissent souvent peu de souvenirs, difficile surtout de se rappeler de quoi ils parlent. On devrait donc accueillir avec enthousiasme un film présentant un enjeu clair et actuel (non, pas le climat, ou indirectement) comme Bacurau, de Kleber Mendonça Filho. Mais les critiques négatives ont l’avantage de mettre l’accent justement sur les points forts du film, son ancrage historique et culturel brésilien, et la réalité politique et économique (…)