RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Macron, Fidel et la culture

« Au peuple, nous n’allons pas lui dire de croire, nous allons lui dire de lire » (Fidel).

Avez-vous remarqué qu’après son incroyable cadeau aux géants de la grande distribution, et face à la colère justifiée des libraires, Macron n’a pas choisi de reculer en laissant les librairies ouvertes, ce dont elles se seraient contentées, non, il a pris la décision la plus honteuse qui soit : interdire partout, y compris dans les grandes surfaces et les plateformes numériques, la vente de livres ! Quand il entend le mot « culture », Macron, lui aussi, sort son revolver...

Comme Ariane Ascaride, je m’indigne que Macron n’ait à aucun moment prononcé, lors de son intervention télévisée, ce beau mot de « Culture ». C’est dire à quel point, pour lui et son gouvernement, cette « chose » est accessoire ! D‘ailleurs, avoir confié son ministère à la dénommée Bachelot, une des bouffonnes du spécimen emblématique de l’anti-culture, ce fagotin d’Hanouna, est une autre preuve de son mépris pour elle, mais aussi des craintes qui le hantent quand elle se répand dans les milieux populaires. Il sait trop bien ce que la culture de tout un peuple engendre de dangereux pour un pouvoir acquis au dogme libéral, à l’autoritarisme sournois : la connaissance, la réflexion, la contestation puis la désobéissance, jusqu’à la Révolution... Et de cela, bien sûr, il ne veut surtout pas.

Fidel Castro, lui, n’en avait aucune crainte, bien au contraire. En pleine période d’attentats et de blocus, il choisit de consacrer une grande part du maigre budget de l’État, au développement de l’Art et la Culture. L’Armée, elle, devait s’autofinancer ! Dès Janvier 1961, il créa le Conseil National pour la Culture. Son principal objectif était de mener à bien une politique culturelle large et profonde, visant toutes les couches sociales de la population et, en particulier, les secteurs populaires. Avec la réalisation de ces objectifs, des institutions telles que le Ballet National de Cuba, la Bibliothèque Nationale et l’Académie des Beaux-Arts de San Alejandro sont renforcés. La construction du Théâtre National reprend et sont créés l’Orchestre Symphonique, la Maison des Amériques (Casa de las Américas), l’Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographique (ICAIC) ainsi que l’Institut d’Ethnologie et du Folklore, entre autres institutions.

Mieux encore, lors de l’effondrement de l’URSS, aux pires moments de la période spéciale, contre vents et marées, il maintint et renforça le budget de l’État à la culture alors que certains ministres lui demandaient de le diminuer drastiquement. C’est ainsi qu’évoquant Martí, Fidel éleva la voix pour rappeler que « les tranchées d’idées valent plus que des tranchées de pierres », que « la première chose à sauver est la culture » car « la culture est l’épée et le bouclier de la nation ». Aucune institution culturelle n’a été fermée, aucun événement n’a cessé d’être réalisé, car « être cultivé est le seul moyen d’être libre » ; et « sans identité, il n’y a pas de liberté possible ».

C’est une des différences, et elle est énorme, entre un gouvernement à visage humain qui fait confiance à son peuple et s’organise pour qu’il soit libre, et un gouvernement libéral au masque autoritaire qui a si peur de son peuple qu’il a entrepris de l’enfoncer dans l’ignorance. Pour conclure je reprendrai l’un des principes de la Révolution cubaine que Fidel a popularisés : « Au peuple, nous n’allons pas lui dire de croire, nous allons lui dire de lire ».

Vive la culture vivante !

»» https://www.facebook.com/Michel.Taupin.M
URL de cet article 36613
  

Même Auteur
30 ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire
Michel TAUPIN
Quel plaisir de lire José Fort ! Je pose le livre sur mon bureau. Je ferme les yeux. Je viens de l’avaler d’une traite. Comme je le trouve trop court, je décide de le relire. Même à la seconde lecture, il est captivant. Cette fois, j’imagine ce qu’aurait été ce bouquin illustré par son compère Georges Wolinski comme c’était prévu. Ç’aurait été tout simplement génial. Des tarés fanatiques ne l’ont pas permis. La bêtise a fait la peau de l’intelligence et de l’élégance. De l’élégance, José Fort n’en manque pas. (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Je ne pense plus que les journalistes devraient bénéficier d’une immunité particulière lorsqu’ils se trompent à ce point, à chaque fois, et que des gens meurent dans le processus. Je préfère les appeler "combattants des médias" et je pense que c’est une description juste et précise du rôle qu’ils jouent dans les guerres aujourd’hui.

Sharmine Narwani

Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
43 
Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
23 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.