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Des textes décrassés jusqu’à l’os... sans jamais manquer ni d’humanité ni d’humour.

30 ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire

Quel plaisir de lire José Fort !
Je pose le livre sur mon bureau. Je ferme les yeux. Je viens de l’avaler d’une traite. Comme je le trouve trop court, je décide de le relire. Même à la seconde lecture, il est captivant. Cette fois, j’imagine ce qu’aurait été ce bouquin illustré par son compère Georges Wolinski comme c’était prévu. Ç’aurait été tout simplement génial. Des tarés fanatiques ne l’ont pas permis. La bêtise a fait la peau de l’intelligence et de l’élégance.

De l’élégance, José Fort n’en manque pas. D’abord son style : celui d’un journaliste brillant, fin observateur, qui rend compte avec une écriture concise, précise, sans fioritures, du trait de caractère, de la personnalité de certains grands de ce monde, de ceux qui ont fait l’Histoire meilleure. Mais José Fort ne fait pas que regarder. Ce n’est pas une caméra plantée dans un décor. Ses cinq sens ainsi que sa conscience politique sont en éveil. Il voit, entend, écoute, respire, goûte et ressent. Comme un félin à l’affût, il capte l’atmosphère, se saisit d’un détail, se repaît de ses rencontres, puis nous en restitue la quintessence. Pas un gramme de gras ! Ses textes sont décrassés jusqu’à l’os... avec le tour de force de ne jamais manquer ni d’humanité ni d’humour. Du cousu main...de maître !

Présenté comme des nouvelles, le livre permet de voyager d’un personnage à l’autre, d’un évènement à l’autre, au gré de nos envies. Quelques fois rocambolesques, parfois surprenantes et drôles, souvent émouvantes, ses histoires vécues nous remémorent des faits, des situations internationales menaçantes, évoquent des hommes et des femmes exceptionnels, des combattants, des justes, des amis plus que des confrères, qu’il admire et respecte infiniment et qu’il nous révèle sous un aspect insolite (Fidel Castro, Nelson Mandela, Ben Bella, Henri Alleg, Yasser Arafat, Dolorès Ibarruri, Marcelino Camacho, Dubcek, Lise London ou Yves Moreau pour ne citer que ceux-là). Dans ce livre, les pages sans doute les plus émouvantes, les plus douloureuses que José Fort a écrites, tout en pudeur, rappellent l’engagement des combattants volontaires des Brigades Internationales auprès de la jeune République espagnole en 1936. Le Commandant Gabriel, son père, volontaire dès la première heure est gravement blessé lors de la plus grande offensive républicaine en Castille dans les environs de Madrid. Il resta aveugle le reste de sa vie.

José Fort ne s’apitoie pas, mais il sera digne de son père dans le combat militant pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la paix et la justice. José a parcouru le monde, en témoin engagé. Ses rencontres jamais banales font apparaître sous le cuir du journaliste professionnel aguerri, celui qui souvent, eut le privilège de vivre l’Histoire en première ligne, un homme passionné de l’autre, un communiste en éveil qui a su, dans le bruit et la fureur des cinquante dernières années, comprendre qu’il n’y a pas de modèle à son idéal et que celui-ci ne prendra corps que dans le respect de la diversité des cultures et des peuples et dans la fraternité entre les hommes.

Ce que José n’a pas eu le temps de nous dire hier, aujourd’hui, il le dit si bien, si Fort, que l’on attend la suite avec impatience.

Michel Taupin

José Fort  : "30 ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire", éditions Arcane 17.

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