Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

12 

ESPAGNE : un livre en plein dans le mille

Jean Ortiz a publié 90 articles sur le site Le Grand Soir. Son style impeccable, son cœur à fleur de clavier, son intelligence servant sa remarquable connaissance des dossiers qu’il traite, son humour, sa fougue, sa fidélité aux siens, c’est-à-dire aux guérilleros espagnols que le monde a laissé se faire écraser par un dictateur fasciste, le font apprécier par nos lecteurs (nos compteurs de lecture le disent).
Il a en poche une carte du PCF qui rend imparfaitement compte de ce qu’est pour lui le communisme. Quiconque a assisté un jour à une conférence de ce colosse vêtu de noir, à la tignasse noire, se demande où est son drapeau noir ? Confidence : dans sa sacoche, avec le rouge et le bleu-blanc-rouge. Tel qui s’en étonnera et voudra en démontrer l’incohérence s’expose à une conférence dans la conférence…
Mais en attendant, lisez ce qui suit sur ce livre « Espagne : la République est de retour ».
LGS

Jean ORTIZ travaille depuis longtemps sur la Guerre d’Espagne, le franquisme, les résistances, les guérilléros, la mémoire historique... Il vient de publier aux éditions Atlantica (Biarritz) un ouvrage qui remet en perspective les changements désormais possibles et attendus, en Espagne. « Espagne : la République est de retour ».

Pourquoi chez un éditeur de Biarritz ? Parce que ceux de Paris sont pris par Trierweiler qui dénonce un passé conjugal et par Houellebecq qui annonce un futur islamisé. Il faudra un jour mener une discussion sur les distributions inadmissibles de sourdines ici, de porte-voix ailleurs. Il faudra trouver un biais pour dire à la multitude : « On vous a fait ingurgiter une histoire d’alcôve et d’amour déçu en ne vous disant rien d’une information capitale sur l’Histoire d’un pays limitrophe ». Ou encore : « Demain, on vous taira un peuple qui souffre, mais pas la douleur au genou d’un dieu de stade. »

Revenons au livre. « Espagne : la République est de retour » couvre la période de 1931 jusqu’à la percée fulgurante de « Podemos » aujourd’hui. Pour l’universitaire, fils ce cette Histoire, le référent démocratique reste la Seconde République de 1931, modérée, réformiste, mais au bilan social et sociétal insupportable pour l’oligarchie, la banque, l’Eglise, l’armée... Si l’on ne part pas de ce référent, de cette République trahie, écrasée, abandonnée, on ne peut comprendre la vertigineuse crise structurelle que vit l’Espagne actuellement.

Jean Ortiz se livre à un travail rigoureux de réinterprétation de thèmes et moments historiques très complexes et controversés, parfois même « tabouïsés », objet d’abondant révisionnisme ... Historien et militant de la mémoire, il réévalue notamment l’apport de l’anarchisme espagnol, étudie sa richesse et ses contradictions, analyse le
conflit guerre/révolution, la « question catalane », interpelle les commémorations sans contenu, démonte le mythe de « la transition modélique », évalue le rôle et la stratégie des communistes, de l’Union soviétique, analyse l’irruption féconde des « Indignés » et de « Podemos », sans a priori, dans une démarche dialectique, ouverte, loin de toute « légende » ou histoire officielle, de tout dogmatisme...

Sans étudier les causes, la nature, les forces sociales, de la « Guerre d’Espagne » et les fondements, les spécificités, la sociologie, du fascisme espagnol, de la longue résistance antifranquiste, on ne peut évaluer, contextualiser, l’abdication du roi Juan Carlos, le discrédit et la crise, grandissants, de la monarchie parlementaire, de « la politique », de « la caste », du bipartisme PP-PSOE au service du marché, la nécessité et la possibilité de changements profonds, d’une victoire contre la « troïka » et le néolibéralisme aux élections générales de fin d’année ; la possibilité d’une alternative populaire, d’une « République nouvelle, sociale, anticapitaliste, fédérale ». Pour l’historien, l’Espagne est « plurinationale », une « nation de nations »...Le nier, c’est ouvrir la porte au pire...

L’exigence d’un processus constituant et celle d’un référendum pour choisir entre République et monarchie, sont désormais aujourd’hui majoritaires. L’histoire s’accélère.
Jean Ortiz a écrit un livre « dissensuel », qui incite au questionnement, au débat, un livre à l’écriture claire, incisive. Qui lui ressemble.

Vladimir Marciac

« Espagne : la République est de retour ». Editions Atlatica, 355 pages, 18 euros.
En librairie ou à commander à la libraire de la Renaissance : http://www.librairie-renaissance.fr/contact.php

URL de cet article 27840
   
Même Thème
30 ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire
Michel TAUPIN
Quel plaisir de lire José Fort ! Je pose le livre sur mon bureau. Je ferme les yeux. Je viens de l’avaler d’une traite. Comme je le trouve trop court, je décide de le relire. Même à la seconde lecture, il est captivant. Cette fois, j’imagine ce qu’aurait été ce bouquin illustré par son compère Georges Wolinski comme c’était prévu. Ç’aurait été tout simplement génial. Des tarés fanatiques ne l’ont pas permis. La bêtise a fait la peau de l’intelligence et de l’élégance. De l’élégance, José Fort n’en manque pas. (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« (...) on a accusé les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot. »

Karl Marx, Friedrich Engels
Manifeste du Parti Communiste (1848)


« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.