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Thème : Génocide/Crime de Guerre/Justice internationale
L’aspiration à la destruction par haine de l’autre et par dégoût de soi

La rage identitaire ou le règne de l’anomie

Fethi GHARBI

« Chers djihadistes, l’Occident s’achève en bermuda [...] Craignez le courroux de l’homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car !

Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien,nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement [...] Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. » Philippe Muray La crise que nous traversons en ce début de millénaire va au-delà de l'économique, c'est une crise de valeurs qui remet en cause les fondements mêmes de cette civilisation marchande à l'agonie.. Les individus dédaignant toute transcendance religieuse et toute utopie se trouvent livrés à eux-mêmes, soumis au règne de l'éphémère. Leurs identités en perpétuelle redéfinition n'étant plus cadrées par un moule collectif deviennent volatiles. Cette identité éclatée née avec ce qu'on s'accorde à appeler la seconde modernité pousse l'individu à se chercher sans cesse de nouveaux repères. Chacun se crée son propre récit auquel il adhère et qui lui donne cet élan vital si nécessaire. Or cette quête permanente et ce flottement des repères sont si (...) Lire la suite »
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Encouragés par un journaliste israélien, des Internautes s’enthousiasment à l’idée de violer et tuer Ahed Tamimi

La violer ou pas ?

Maxime VIVAS

L’adolescente palestinienne Ahed Tamimi était poursuivie pour avoir frappé un soldat étranger qui s’était introduit dans la cour de sa maison en Cisjordanie. Arrêtée quelques jours plus tard à 4 heures du matin, extirpée de son lit par l’armée israélienne, conduite menottée en Israël, elle est devenue un symbole de la résistance contre l’occupation. Elle a été condamnée à 8 mois de prison après avoir accepté de plaider coupable. Faute de quoi, elle risquait jusqu’à sept ans de prison.

Je vais vous parler d’un pays où Elor Azrya, un soldat franco-israélien de l’armée d’occupation qui a liquidé d’une balle dans la tête un arabe gisant à terre (à 0.39 mn), a fait moins de prison qu’une adolescente de 17 ans qui a giflé chez elle un intrus armé. Mais d'abord, le contexte En mars 2008, Matan Vilnaï, le vice-ministre de la défense israélien a prévenu que les opérations militaires israéliennes contre la bande de Gaza allaient exposer les Palestiniens à une « shoah » (il a dit « shoah »). En mars 2015, Avigdor Lieberman, ministre de la Défense, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien vice-Premier ministre d'Israël a menacé de « décapiter à la hache » (il a dit ça) les citoyens arabes israéliens s’ils ne manifestaient pas une absolue fidélité à « l’État juif ». Il a préconisé le nettoyage ethnique (il a dit « ethnique ») des citoyens palestiniens. En avril 2016, un député israélien a prôné la séparation des femmes juives des Arabes dans les maternités (sans prononcer le mot « apartheid », et sans (...) Lire la suite »
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Conflit et génocide rwandais : la République française est-elle « totalement compromise » ?

Harana Paré

Alors que des archives de l’Elysée sur le conflit au Rwanda défrayent la chronique, le flou sur l’implication française subsiste. Pour l’historien Harana Paré, cette situation perpétue la politique « de déni » et de « prédation » de la France en Afrique.

RT France : La revue XXI a publié un article basé sur une archive d'un ordre direct signé de l'Elysée appelant à réarmer les troupes génocidaires au Rwanda en 1994 malgré l'embargo sur les livraisons d'armes dans le pays imposé par l'ONU. Cette révélation vous a-t-elle étonné ? Harana Paré (H. P.) : Absolument pas. La République française est assise sur des montagnes de mensonges et de dénis des droits des peuples au regard de sa présence et de son influence politique néocoloniale sur le continent africain. RT France : Quel était l'intérêt pour le gouvernement français de donner cet ordre, enfreignant sciemment l'embargo de l'ONU dans un contexte où les exactions au Rwanda étaient scrutées par l'ensemble de la scène internationale et choquaient l'opinion publique française ? H. P. : Dans le film « Hôtel Rwanda », on voit bien que ce qui intéressait les Occidentaux et les Français était avant tout d'exfiltrer les populations blanches ou naturalisées du Rwanda, et de laisser les différentes parties du reste de (...) Lire la suite »

Des Etats voyous qui changeraient de politique à cause d’une photo ?...

Gilles DEVERS

« Si la photo est bo-o-o-nne... » Barbara était visionnaire... La photo était bonne, et les gouvernements européens se sont agités : réunion de crise, plan d’urgence, rallonge budgetaire, avec le ton larmoyant de circonstance. Évidemment, tout ceci n’est qu’un traitement émotionnel de l’actu, qui ne brassera que de la mousse. D’ailleurs le fameux plan serait pour 150 000 « migrants » alors que nous aurons en un an 1 million de « réfugiés »… Ils nous prennent vraiment pour des demeurés.

La si puissante photo n’aura aucun un impact sur les choix politiques, car les forces en jeu sont bien supérieures.

Assumer la misère que nous avons causée La Méditerranée devenant un cimetière des réfugiés, c’est une vieille histoire et le blog en a souvent parlé, toujours sur la même ligne : nous avons l’obligation d’accueillir la misère que nous avons causée. Ce n’est pas plus compliqué : quand tu commets des fautes, tu en assumes les responsabilités. Mardi, entre Bodrum et l'île de Kos, il ne s’est rien passé de plus que le chavirement d’un bateau, causant 12 morts. Le 29 août, c’était 76 morts noyés au large de la Libye. Les secouristes semblent s’accorder sur le chiffre de 3500 morts en un an, 10 par jour. La xénophobie d’Etat en France Et voilà notre ex-président du Conseil général de la Corrèze qui vient jouer les humanistes… qui ose dénoncer les pays qui manqueraient de morale, ce qui justifierait d’adopter un plan contraignant au niveau européen… Qui manque de morale, et qui viole le droit ? À deux reprises ce mois de juin, Hollande a donné l’ordre de démanteler des camps de réfugiés syriens installés dans le (...) Lire la suite »
Féroce, unitesticulaire, gros cul et bon valet du Capital

FRANCO la « suerte ». FRANCO : une chance (« suerte ») pour le capital.

Jean ORTIZ

Son biographe (facho) Luis de Galinsoga (« Centinela de Occidente », Barcelone, ed. AHR, 1956, p. 302) ; raconte qu’à la fin du repas, au moment du café, Franco survole à la va que je te flingue, avec une froideur de tueur des abattoirs, tous, absolument tous les dossiers de condamnation à mort. Et la sentence tombe, glaciale. De sa main sanglante, il écrit le plus souvent :« enterado » (informé), ce qui condamne à mort le prisonnier politique, communiste, anarchiste, simple Républicain, syndicaliste UGT, CNT-FAI ... Une mort selon la forme que le tueur psychopathe en personne, avec sadisme, choisit : ( Preston, Paul, « El gran manipulador », Barcelona, ed. B, 2008, p. 86) : peloton d’exécution ou horrible et moyenâgeux « garrot » broyant le cou et les cervicales du supplicié.

« Franquito », ainsi appelé avec moquerie par ses collègues officiers putschistes (Mola, Sanjurjo, Queipo, Fanjul, Goded, Yagüe...), voire « Miss Canaries 1936 », et même « la culona » (« Madame gros cul »), a dû s’employer pour s’imposer comme chef unique et absolu. « Franquito » (unitesticulaire, selon son médecin), a un « super beau-frère » connu comme le « cuñadísimo », ministre des Affaires extérieures, et auteur lui aussi de « Mémoires » (1977) intéressantes . Il précise que le beauf’ pousse le sadisme jusqu’à faire en sorte que, si décision de grâce il y a, elle arrive trop tard, juste après le passage à l’acte du peloton. FRANCO MALIN ET MANIPULATEUR . UNE GUERRE POLITIQUE On a longtemps considéré Franco comme une brute épaisse fasciste, bigote, comme un couillon sanguinaire, au QI de « churro » bon marché. Or le personnage est plus malin, calculateur, manipulateur et fin politique qu’on ne le dit. Il manœuvre habilement entre tous ceux qu’il soumet : l’Eglise, l’armée, la Phalange, les monarchistes, l’Opus (...) Lire la suite »
La brutalité d’Israël contre Gaza a créé un sentiment populaire d’unité nationale

Solidarité mondiale avec les Palestiniens : du soutien psychologique au changement politique

Samah JABR

Alors que les centaines de milliers de personnes dans le monde qui manifestaient contre les massacres à Gaza se sont repliées dans l’inertie, hypnotisées par les nouvelles sur le cessez-le-feu et la conférence pour la reconstruction de Gaza, un processus plus insidieux de confiscations de la terre par Israël, d’expansion coloniale et de contrôle sur les lieux saints de Jérusalem continue d’éroder la vie palestinienne.

Les lyncheurs chez les jeunes Israéliens juifs continuent de s’organiser en préparation d’une nouvelle agression contre les Palestiniens, et l’armée israélienne bénéficie de l’impunité pour ses crimes de guerre à Gaza. Pour les Palestiniens, le cessez-le-feu signifie un retour dans l’angle mort de la conscience du monde – une agression moins spectaculaire contre les libertés de la vie, avec des humiliations et une oppression quotidiennes. Le psittacisme, par les dirigeants du monde, du « droit d’Israël à l’autodéfense » ajoute aux blessures des Palestiniens, étant donné l’hostilité et la violence qui nous sont infligées. Il n’est pas étonnant que les Palestiniens ressentent le monde extérieur comme partial, égoïste et complice du mal qui nous est fait. En effet, tout comme la victime d’un viol se sent doublement traumatisée par l’indifférence du passant, les Palestiniens se sentent trahis par le silence du monde. Comme la victime d’un viol, les Palestiniens ont besoin et sont dignes non seulement de la sympathie (...) Lire la suite »

Barbarie disent-ils…

FONDATION FRANTZ FANON

Les décapitations filmées d’otages occidentaux en Irak et d’un randonneur français en Algérie suscitent légitimement un sentiment d’horreur et une condamnation unanime et sans appel. Ces assassinats insensés ne peuvent être le fait que de criminels pervers au service d’une idéologie déviante.

Ces mises en scène macabres viennent à la suite d’images tout aussi insoutenables montrant des exécutions de masse d’hommes désarmés. L’émotion produite par ce théâtre de la cruauté est cependant froidement manipulée par des médias et des relais politiques en Occident. La qualification sans cesse reprise de « barbaries », perpétrées par des « barbares », répond à la volonté de déshumaniser les auteurs de ces atrocités. Hors du limès de la Civilisation, ils ne relèvent plus du droit commun et ne sont plus passibles des lois ordinaires. Il s’agit pour la propagande blanche, conforme à ses usages établis et ses traditions éprouvées, de dénoncer l’irréductible barbarie de « l’autre » présenté comme totalité indistincte pour mieux soumettre ou exterminer, au-delà des criminels, toute une société. Ou comme dans les cas de l’Irak et de la Syrie de détruire des Etats. Ces assassinats médiatiques sont représentés par les organes de propagande comme des actes irrationnels d’une radicale altérité, quasiment non-humaine. Mais bien (...) Lire la suite »

Le génocide progressif d’Israël dans le ghetto de Gaza (The Electronic Intifada)

Ilan PAPPE

Dans un article de 2006 pour The Electronic Intifada, je définissais la politique israélienne à l’égard de la Bande de Gaza comme un génocide progressif.

L’attaque israélienne actuellement en cours contre Gaza indique que cette politique se poursuit sans relâche. Le terme est important, car il situe pertinemment l’action barbare d’Israël – naguère et aujourd’hui – dans un contexte historique plus vaste.

Il faudrait insister sur ce contexte, car la machine de propagande israélienne s’efforce encore et toujours de déclamer sa politique hors contexte : elle fait du prétexte qu’elle trouve pour chaque nouvelle vague de destruction la justification principale pour une autre orgie de massacres sans discrimination sur les champs de la mort palestiniens. Le contexte La stratégie sioniste qui consiste à donner à sa brutale politique l’étiquette d’une réponse adéquate à telle ou telle action palestinienne est aussi vieille que la présence sioniste elle-même en Palestine. Elle a servi à maintes reprises comme justification à la mise en œuvre de la vision sioniste d’une Palestine future qui n’aurait en elle que très peu, voire aucun Palestinien natif. Les moyens de parvenir à cet objectif ont changé au fil des ans, mais la formule est restée la même : quelle que puisse être la vision d’un Etat juif, elle ne peut se matérialiser que si le nombre de Palestiniens y est insignifiant. Et actuellement, la vision est (...) Lire la suite »

Ça festoie pas partout

Ahmed HALFAOUI

Le Père Noël est descendu sur le monde. Les enfants l’ont attendu, là où il est le plus susceptible de distribuer des cadeaux. Les affaires ont beaucoup marché. Les caisses ont fonctionné à plein rendement. Et les puissants de ce monde y sont allés de leurs vœux et autres souhaits.

Il faut bien. Sinon les gens vont cesser de croire au Père Noël. Surtout qu'ils ont toutes les raisons de ne plus trop y croire. Y compris là où il était coutume d'y croire sans retenue, tant la vie semblait couler vers la félicité et tant l'espoir trouvait sa raison d'être. "Pax vobis" ( la paix soit avec vous ), a dit le pape François. Il l'a dit gentiment à qui voulait l'entendre. Mais ceux qui veulent la paix sont ceux qui n'ont pas les moyens de la faire, ceux qui subissent la guerre de la part de ceux qui fêtent le plus Noël et le Père qui va avec. Ceux qui font de Noël la fête la plus célébrée au monde et où l'argent se déverse le plus, sous les flots de lumières et les sourires de villes survoltées. Le Pape a tout de même été plus circonspect, pour sa première sortie. Il n'a pas trop versé dans l'angélisme et a rappelé que ce sont "Les bergers (qui) ont été les premiers (…) à recevoir l'annonce de sa naissance (Jésus)" et qu'"Ils ont été les premiers parce qu'ils étaient parmi les derniers, les (...) Lire la suite »
Comment le Pape peut-il avoir prise sur l’avenir, s’il refuse d’admettre le passé ?

Le Double Effacement (Monbiot.com)

George MONBIOT

Une scandaleuse affaire de déni met en lumière la relation problématique des Catholiques – et du Pape François – avec l’Histoire

Il est l’idole des libéraux et des progressistes, « le nouvel héros incontesté de la gauche ». Ainsi s’exprime Jonathan Freedland, au sujet du pape François [1], et il est vrai que la plupart des surprises sont agréables. Seuls quelques rares dirigeants de parti osent encore proférer des dénonciations du capitalisme d’une teneur comparable aux siennes [2]et [3]. Il semble avoir renoncé à l’infaillibilité papale. Il a l’intention de réformer une Curie corrompue, intrigante [4]. Dans la guerre que ses deux prédécesseurs immédiats ont menée au sexe, avec un zèle à faire froid dans le dos (tout en prenant soin de fermer les yeux sur les viols d’enfants), il a déclaré une trêve partielle. Il convient de noter que ces changements affectent principalement l’ordre d’importance, pas la doctrine elle-même. Le Pape François ne consacrera pas son règne à la persécution des homosexuels, des femmes, de l’usage des préservatifs, ou encore de l’avortement, mais il ne semble pas être prêt pour autant à changer la politique de (...) Lire la suite »
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