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Thème : Lutte des classes

Leur société et la nôtre

Frederic LORDON
« Évidemment ils se sont goinfrés comme des porcs ». « Ils », McKinsey. Le propos est « entendu de la bouche d’un homme au cœur du système ». On ne sait pas qui est l’homme. Mais on sait qui rapporte ses propos. C’est Jean-Dominique Merchet, éditorialiste bizarre, entendre : reconnu par la corporation « éditorialiste » quoique faisant souvent écart à sa ligne d’uniforme imbécillité. Ici la qualité du rapporteur rend plus difficile d’évacuer pour complotisme la véracité du propos rapporté — comme le ferait le premier Gilles Le Gendre venu ou le spécialiste du complotisme de France Inter. On tiendra donc pour raisonnablement assuré que : oui, comme des porcs. On le tiendra d’autant plus que la porcherie McKinsey n’est en fait qu’une réalisation particulière de la porcherie générale qui a pour nom présentable « capitalisme néolibéral ». Le capitalisme néolibéral est cette forme d’organisation de la société qui a pour effet de la mettre entièrement à disposition de la jouissance d’une poignée de porcs — rassemblés sous (...) Lire la suite »

“ Nantes révoltée ” menacée de dissolution

Nantes Révoltée

Depuis 10 ans Nantes Révoltée propose une information indépendante, au service des mobilisations. Depuis 2012, nous avons publié des milliers d’articles, d’enquêtes, de visuels, de photos, d’analyses. Nous avons écrit des revues, donné la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas, réalisé de grandes fresques. Nous sommes désormais lu-es par plusieurs millions de personnes chaque mois. Et tout cela de façon totalement auto-produite et bénévole, sans publicité ni subventions.

Nantes Révoltée est un contre-pouvoir important. Il dérange donc profondément les autorités locales. Par exemple notre média révélait dès le lendemain de la fête de la musique les vidéos de la charge qui a tué Steve en 2019. Notre média met en lumière depuis des années les violences d’État passées sous silence, les manœuvres politiques des élu-es, documente les mobilisations, donne un contrepoint à la propagande dominante. Nous avons déjà subi plusieurs attaques pour nous faire taire. En 2015, la procureure de Nantes portait plainte contre Nantes Révoltée après la diffusion d’une affiche contre les violences policières. En 2021, le syndicat d’extrême droite Alliance réclamait la censure de notre média à Darmanin suite à des affiches parodiques. Quelques semaines plus tard, l’équipe de Zemmour portait plainte contre nous, après avoir relayé un appel à manifester. Dans un contexte de fuite en avant autoritaire, nous dérangeons. « Depuis des années, Nantes révoltée est dans le viseur des autorités », commente (...) Lire la suite »
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« Plus vous êtes dominant, moins vous êtes responsable »

Édouard LOUIS
Avant de prendre son train le ramenant à Paris, Édouard Louis nous accorde un entretien rare dans un café populaire au bord de la gare du Midi. Un lieu où l’écrivain français se sent à l’aise. Car il n’a jamais rompu avec sa classe sociale. Au contraire même. Des livres traduits dans une trentaine de langues, qui se vendent par centaines de milliers. Édouard Louis pourrait se prendre au jeu. Mais le jeune (28 ans) écrivain est d’une humilité, d’une franchise et d’une gentillesse réellement désarmantes. La douceur de la voix et du ton tranche avec la radicalité du propos quand il défend sa classe, celle des travailleurs. Oui, Édouard Louis est en colère. Mais même la colère peut être belle quand elle est bien écrite. Pour lui, un écrivain engagé doit aller sur le terrain (engagé dès ses 16 ans au Conseil national de la vie lycéenne, il a participé ensuite au mouvement des cheminots contre la privatisation de la SNCF en 2018, il est présent contre la réforme des retraites...). Et s’il est régulièrement invité (...) Lire la suite »

A propos d’une manifestation à Marseille

Charles HOAREAU
J’étais à Marseille à la manifestation du 17 juillet. J’y étais avec un badge ANC sur la chemise. J’y étais, non pas pour m’opposer aux vaccins par principe, (j’ai tous les miens et depuis longtemps !) mais pour les raisons que l’ANC et Unité CGT ont exposées. Je partage aussi les opinions émises par la CGT tant sur la vaccination que sur son analyse du discours de M. Macron et du coup je me dis que cela méritait un peu plus qu’une déclaration. Et pour en finir sur la question du vaccin, j’ai cru comprendre en lisant la presse que ceux, actuellement en cours en France, protègent des formes graves mais n’empêchent ni la maladie ni d’être contagieux... Aussi tant qu’à me faire vacciner, je préfèrerais avoir le choix du type de vaccin ce qui n’est pas le cas en ce moment. Mais revenons à la manif marseillaise. J’y suis allé en me demandant qui y serait et surtout si l’extrême droite y serait en force avec ses slogans nauséabonds ou ses allusions intolérables à l’histoire. J’avais vu et abondamment lu des (...) Lire la suite »
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Après le 1er Mai, déconfiner les luttes !

Jose ESPINOSA
Ce 1er mai marque un virage dans les luttes sociales et une accélération du combat politique. D'abord le nombre de participants dans les manifestations (+ de 300 initiatives dans toute la France ) dépasse les 150 000 manifestants. Ensuite la convergence des gens sur des revendications sensibles autour du triptyque lutte contre la pauvreté, justice fiscale et gagner des droits démocratiques. Félicitons-nous de voir syndicats, gilets jaunes, associations, mouvements féministes se rassembler pour combattre la politique de Macron et du grand patronat. L'annonce de la candidature officielle de Mélenchon à la présidentielle a provoqué un choc salutaire : le réveil politique dans un pays muselé, endormi, léthargique sous l'effet conjugué de la pandémie et de l'état d'urgence sanitaire qui limite nos libertés et nos droits. Soudain, les partis de gauche engourdis se voient contraints de discuter de l'élection présidentielle plusieurs mois avant la date qu'ils s'étaient fixés. Macron lui-même est obligé (...) Lire la suite »

"Nous sommes en guerre" : Macron et le "choix de la défaite"

Guillaume SUING
Il y a plus d’un an, Macron martelait à la télé : « Nous sommes en guerre ». A l’époque, il fallait justifier les raisons d’un confinement « strict », dans l’urgence, et beaucoup ont peut être souri face à l’incompétence légendaire du Foutriquet en culotte courte. Macron ? En guerre contre le virus ? Avec quels moyens publics ? Nous n’étions sans doute pas « en guerre », mais incontestablement en totale insécurité, la suite l’a largement prouvé ... Cependant avec le recul, nous n’avons peut être pas pris suffisamment cette formule au sérieux. En effet, lors des guerres qui ont marqué l’histoire de France, les vraies, des constantes se manifestaient... qui signent encore la « guerre sanitaire » que nous subissons depuis un an. La guerre, c'est quand notre « pluralisme » passe à la propagande de guerre Tous ceux qui ont gardé en mémoire la façon dont nos médias traitaient « en direct » la guerre du Golfe, avec pour seule source d’information assumée l’Etat major de l’OTAN, comprennent sans doute de quoi nous (...) Lire la suite »
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Mobilisation syndicale, situation sociale et enjeux politiques… Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, répond aux questions de Fadi Kassem

Fadi KASSEM, Laurent BRUN

Mobilisation syndicale, situation sociale & enjeux politiques… Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, répond aux questions de Fadi Kassem, co-secrétaire national du PRCF. Un entretien réalisé le 26 février 2021 pour www.initiative-communiste.fr

Fadi Kassem : Chers amis, chers camarades, bonjour, et bonjour à Laurent Brun ! Laurent Brun : Bonjour ! Fadi Kassem : Merci beaucoup à Laurent Brun, syndicaliste cheminot, d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour Initiative Communiste, le journal du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF). Merci beaucoup Laurent, d’autant plus que c’est vrai que ces dernières semaines ont eu lieu de nombreuses manifestations dans de nombreux secteurs. On peut penser à la santé, c’était le 21 janvier dernier, EDF le 28 janvier, l’éducation nationale le 26 janvier, il y avait même eu une manifestation interprofessionnelle le 4 février. Et ce que l’on constate c’est que la macronnie, elle poursuit sa politique d’attaques contre les travailleurs et bien sûr sa politique de soutien au patronat qui licencie à tour de bras. Et étant donné toutes ces manifestations qui ont eu lieu on peut se demander si finalement la solution ne passe pas par le « tous ensemble et en même temps dans la lutte ». Qu’en (...) Lire la suite »
Comment évolue la CGT

Assises de Martigues pour un changement de société.

Emmanuel Lepine

Le 29 octobre 2020 se sont tenues à Martigues des Assises pour un changement de société, regroupant 400 militants de la CGT issus de 70 départements et de 20 fédérations professionnelles. L’ensemble des organisations de la CGT, direction confédérale comprise, étaient invitées à y participer. Ces Assises faisaient suite à une série d’actions de mobilisation dans toute la France, les Marches pour l’emploi et la dignité, impulsées par l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et reprises largement, qui ont convergé dans la manifestation parisienne du 17 octobre, avec les sans-papiers. Les conclusions d’Emmanuel Lepine secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats CGT des industries chimiques reflètent l’exigence des débats pour un changement de stratégie syndicale de la CGT, et revenir à nos valeurs de lutte de classe.

Durant ces Assises auront été abordés l’essentiel des sujets qui touchent l’ensemble du monde du travail d’aujourd’hui, une société marquée au fer par son mode particulier de production qu’est le capitalisme. La lutte, c’est la vie. C’est vrai dans l’ensemble des domaines qui touchent notre existence, les domaines économique, social, environnemental, les questions touchant l’école et l’université, la santé, les questions sociétales comme l’égalité femmes-hommes, les LGBT, la diversité, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, la lutte contre la xénophobie... Sur l’ensemble de ces sujets, notre substance doit rester notre analyse de classe. L’analyse de classe, c’est notre lumière politique, celle qui éclaire la totalité des enjeux auxquels nous sommes confrontés, y compris par exemple, les droits humains, avec notamment le droit à disposer d’un environnement sain et de qualité. Si on oublie l’analyse de classe, on transforme totalement notre action qui se limite, du coup, à deux choses : Gagner ce qui est (...) Lire la suite »

Racisme et lutte des classes en Bolivie

Simon B.
Nous sommes en décembre 2019, dans un appartement bourgeois de la banlieue de Sucre, actuelle capitale constitutionnelle de la Bolivie qui fut jadis la ville la plus riche et la plus cultivée d’Amérique du Sud où l’aristocratie coloniale jouissait de revenus fabuleux tirés de l’exploitation des autochtones dans les mines avoisinantes de Potosí, jetant par les balcons vaisselle d’argent et ustensiles en or au crépuscule de fêtes somptueuses(1). Désormais, seuls demeurent vivant les fantômes de la richesse passée. Un mois plus tôt, un coup d'Etat militaire renversait le président récemment élu Evo Morales, orchestré principalement par les grands propriétaires terriens et agro-industriels de la région de Santa Cruz. Notre hôte, économiste retraité d’une soixantaine d’année, a travaillé au ministère du développement avant le gouvernement Morales, puis dans le secteur privé des hydrocarbures. Ce Bourgeois bolivien est la parfaite personnification de la classe supérieure bolivienne. Son orientation idéologique ne (...) Lire la suite »

La marche des zombies

Jimmy DALLEEDOO

Étymologiquement, le mot "zombie" est un dérivé de "zonbi" en créole haïtien ; "nzumbe" ou "nzambe" en kimbundu/kikongo. Le zombi serait une personne ayant perdu toute forme de conscience, d'humanité, et au comportement violent envers les êtres humains. "L'Homme civilisé" a été transformé en zombie par la force des "exigences civilisationnelles". Cette transformation se caractérise par un degré d'acceptation de la violence obscène de la dictature du capital. Lorsque notre frère est mutilé, matraqué, tué par une violence policière et que nous réagissons passivement, pouvons-nous nous revendiquer encore comme des "Hommes" ? Lorsque des enfants meurent de la famine, de la barbarie des guerres impérialistes et que nous laissons faire, sommes-nous encore des "Hommes" ? Lorsque nous acceptons des "règles sanitaires" (sous prétexte du Covid-19 évidemment) permettant à la dictature du capital de renforcer sa dictature de classe et les restrictions de nos libertés, sommes-nous encore des "Hommes" ? Quels-sont les éléments de transformations de l'Homme en zombie ? Quelles sont les caractéristiques du zombie ? La psychanalyse de Freud ou le marxisme ont apporté des prémisses de réponse à ces questions. lls ont démontré que l'Homme ne pense pas par lui-même, qu'il n'utilise pas son "propre entendement", noyé qu'il est dans des « préjugés pétrifiés ». Un état social de l'Homme trouverait donc sa cause dans les "exigences civilisationnelles" transformant l'Homme en zombie. La première partie de l'article concernera les outils de transformation de l'Homme en zombie ; la deuxième partie, les caractéristiques du zombie ; la troisième partie, les exemples concret (les répressions policières et le Covid-19) confirmant ainsi que l'Homme s'est transformé en zombie.

1- Quels sont les outils de transformation de l'Homme en zombie ? L'homme à l'état de nature serait uniquement méchant, barbare, violent, égoïste. L'Homme à l'état de nature serait un loup pour l'Homme. Les Hommes se plaindraient de la civilisation, des contraintes qu'elle leur impose. Ces contraintes déclencheraient chez certains hommes un malaise. Ce malaise insufflerait chez certain un "doux rêve" qui consisterait, par exemple, dans l'abolition de la famille, de la propriété privée ou la mise en commun de certains biens. L'homme ne pourrait pas échapper à ce malaise ! Il doit en effet s'adapter à des exigences civilisationnelles qui ne sont pas du même ordre que l'adaptation de l'Homme à son environnement. La civilisation est le produit de l'Homme parvenu à un stade supérieur de son développement, mais elle ne peut pas répondre aux désirs de l'Homme. Il s'ensuivrait donc un malaise, une inquiétude, une souffrance perpétuelle. Kant ne disait-il pas que "nous sommes civilisés au point d'en être (...) Lire la suite »
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