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La réalité émiettée et le ping pong du faible

Il y a quelque temps parut un article du penseur italien Giorgio Agamben, faisant référence à cinq catégories dans lequelles les actions humaines se classeraient, selon une théorie juridique arabe (1).

Le passage en question de l’article est le suivant

(...)
Selon les juristes arabes, les actions humaines se classent en cinq catégories, qu’ils énumèrent ainsi : obligatoire, louable, licite, blâmable, interdit. A l’obligatoire s’oppose l’interdit, à ce qui mérite louange ce qui doit être blâmé. Mais la catégorie la plus importante est celle qui se trouve au centre et qui constitue pour ainsi dire le fléau de la balance qui pèse les actions humaines et en mesure la responsabilité (responsabilité se dit, dans le langage juridique arabe, « poids »).

Si est louable ce dont l’accomplissement est récompensé et dont l’omission n’est pas interdite, et blâmable ce dont l’omission est récompensée et dont l’accomplissement n’est pas interdit, le licite est ce sur quoi le droit doit se taire et qui n’est donc ni obligatoire ni interdit, ni louable ni blâmable. Il correspond à l’état paradisiaque, dans lequel les actions humaines ne produisent aucune responsabilité, ne sont d’aucune façon « pesées » par le droit. Mais – et c’est là le point décisif –, selon les juristes arabes, il est bon que cette zone dont le droit ne peut en aucune façon s’occuper soit le plus large possible, parce que la justice d’une cité se mesure justement à l’espace qu’elle laisse libre des normes et des sanctions, des récompenses et des désapprobations.
(...)

Au-delà de la pertinence de cette analyse, sur laquelle nous ne reviendrons pas, nous avons ici un joli exemple de rhétorique, qui ressemble aussi à un jeu de ping pong sémantique assez auto-satisfaisant : "(...) est louable ce dont l’accomplissement est récompensé et dont l’omission n’est pas interdite, et blâmable ce dont l’omission est récompensée et dont l’accomplissement n’est pas interdit etc."

Indépendamment encore du malabarisme syntaxique et de la joliesse des mots, "le licite et l’illicite", "l’action pesé ou non par le droit", une "zone dont le droit ne peut en aucune façon s’occuper qui doit être la plus large possible"... sont assurément loin de représenter le problème principal auquel nous sommes confrontés aujourd’hui, tout comme ne le représente pas non plus l’arsenal de lois, règles, commandements qui restreignent effectivement cette zone "dont (pourtant) le droit ne peut en aucune façon s’occuper" et qui nous mènent inexorablement vers plus d’autoritarisme.

Malgré, ou pour cause de sa déliquescence morale et économique qui détruit nos sociétés, le capitalisme, ou plutôt, pour faire plus simple et le réduire à son seul leitmotiv, le "financiarisme" ou encore, pour se rapprocher davantage de sa philosophie de bandit de grand chemin, le "pognonnisme" qui l’a remplacé, ne fait que jouer son rôle pour se maintenir à tout prix, par toujours plus de contraintes et d’oppression, dans un glissement inéluctable vers la dictature (2).

Le problème essentiel, ou au moins aussi important que son pendant autoritaire, fascisme rampant, faiseur de guerres, soutenu par une effroyable complaisance envers le nazisme qui ressurgit (3), ce ne sont pas ces contraintes, finalement attendues, qui régentent et verrouillent de plus en plus la société, mais bien comment elles sont reçues.

Car il semblerait que ces contraintes soient de moins en moins reçues en tant que réalités. Nous les voyons entrer désormais dans un vaste champ fantasmatique en constante expansion. Pour jouer avec les mots, comme notre penseur aime à le faire, la "zone dont le droit ne peut en aucune façon s’occuper" est chaque jour envahie davantage par ce champ fantasmatique. On constate, par exemple, qu’il n’aura fallu que quelques années pour que le communautaire devienne communautarisme, ou pour que le sociétaire devienne sociétal, fabrications très opportunes pour éloigner les peuples de la féroce guerre des classes en cours et de la lutte pour notre survie qui en résulte. Des fabrications basées sur un boursouflage fantasmatique complètement découplé des causes économiques et sociales qui ont mené aux tragédies bien réelles qui leur ont servi de bases (ostracisme, racisme, persécutions...).

La demande de reconnaissance, manifestation bien courante dans notre société, qui peut être l’expression d’un simple mal-être ou bien celui d’un vrai déséquilibre, s’assouvissait jusqu’à présent par un transfert du psychisme (des "solutions" fantasmées issus de la névrose) vers des réalités tangibles, telles entre autres, par exemple, l’argent, l’accumulation des biens matériels (être riche et le montrer) ou même la culture (être érudit ou penseur et être reconnu comme tel, quand cette hypertrophie intellectuelle – qui peut demander beaucoup de travail – n’est qu’un artifice), et leur corollaire dévorant : le pouvoir. La personne concernée se sent reconnue, et voile ainsi son déséquilibre, pour lui-même et pour les autres. Ce voile, qui peut perdurer toute une vie, est certes un pis-aller, mais garde toutefois des ancrages dans la réalité, en particulier en conservant l’usage du discours oral, qui reste une porte ouverte vers la guérison.

Le phénomène actuel auquel nous assistons, terrifiés, est bien pire et va beaucoup plus loin, puisque cette demande de reconnaissance cesse de porter sur la réalité. Le transfert n’existe plus (le transfert du champ fantasmatique n’existe que vers la réalité). L’imaginaire – en son sens psychanalytique – c’est-à-dire l’image du corps construite dans le psychisme, la représentation, et en particulier l’image de soi-même telle que l’on croit-veut la percevoir chez les autres, cet imaginaire efface la réalité et finit par prendre sa place. La réalité n’est plus une référence : je me vois révolté, et le regard des autres (d’après moi) me le confirme, j’envoie cette image et je la reçois à satiété, et elle finit par me suffire, par me rassasier... Le thème peut se répéter ad nauseam : je me vois gros, mince, beau, laid, exploité, sage, sauveur de la planète, détenteur de toutes les solutions, révolutionnaire... C’est aussi comme si quelqu’un disait : "je n’écris pas, ou je ne peins pas, parce que je sais que je suis capable de le faire..."

La réalité explose, et la référence de l’être humain est sa propre image créée par son vertige...

Voilà l’horreur dans laquelle nous entrons.

À ceci s’ajoute la pulvérisation du discours oral (la causerie), élémént fondamental de notre équilibre et qui, nous le répétons, serait une porte ouverte vers la guérison. Des exemples parmi d’autres : on discute de moins en moins, nombre de sujets sont désormais décrétés inabordables... Les gens se ferment, s’éteignent à la discussion... On souhaite de moins en moins la nouvelle année...

Ceci est d’autant plus grave que l’émiettement du discours oral mène à la psychose, à la paranoïa ou à la schizophrénie. Si, comme l’enseignait Lacan, "L’inconcient est structuré comme un langage", lorsque la pratique du langage oral est supprimée, l’inconscient n’a plus fonction d’être et le demandeur de reconnaissance, pris au piège de son narcissisme, ne pourra jamais se guérir.

Ainsi réagit-on de moins en moins à la détérioration de la réalité puisque celle-ci s’éloigne inexorablement, à la diminution du pouvoir d’achat, à la disparition des services publics, à la diminution des libertés etc.

À ceci nous pouvons associer un enseignement scolaire et universitaire dans lequel sont soigneusement évitées toutes incitations à penser par soi-même, c’est-à-dire hors de la doxa, un mécanisme déjà bien rodé par les médias dominants, eux-mêmes véhicules d’une propagande éprouvée.

Ce désordre imaginaire (c’est-à-dire lié à l’image, au miroir), cette suractivité virtuelle, est paradoxalement souvent ressentie comme une réelle liberté, désormais "sociale", à force de prendre le pas sur la réalité. On fait et on dit virtuellement n’importe quoi, dans cette "liberté sociale" qui consolide un véritable esclavage psychique. Voila donc ces grandes libertés désormais souvent vues comme "sociales" dont nombre d’entre nous se repaissent (en sont rassasiés) dans nos "démocraties" modèles : dire tout et n’importe quoi, exposer sa vie intime, familiale (sur internet ou à la télévision - images), se jeter, et se faire voir (s’attacher aux arbres, jeter de la peinture sur des tableaux etc., quelle subversion ! - images), dans des ballons de baudruche le plus souvent financés par Soros et ses acolytes (comme extension-rebellion) en guise de "combats" communautaristes et sociétaux (au lieu des nécessaires combats communautaires et sociétaires), répondre favorablement aux injonctions du pouvoir, quelques soient leur niveau d’absurdité, de danger et d’irresponsabilité (la guerre qui vient) ou d’illégalité (en particulier constitutionnelle), puisque celui-ci nous renvoie une image de "citoyen responsable" ou "solidaire" (!!!!) à laquelle (presque) chacun est satisfait de répondre. C’est finalement Grisou qui a raison lorsqu’il écrit "La démocratie, expression majeure de la nevrose" (4).

La liberté de penser par soi-même, sans l’aval de l’autre, d’exprimer son mécontentement, de manifester son opposition est, elle, par contre, férocement réprimée, sauf quand il s’agit d’idiots utiles au pouvoir (les manifestations d’extrême droite toujours miraculeusement épargnées par les éborgneurs). Nous laisserons aussi de côté les mouvements franchement téléguidés, tels les "révolutions" de couleurs, ou les émeutes et désordres aux ordres (attaque du Capitole à Washington, émeutes à Brasilia...)

Victime consentante d’une stratégie démoniaque, l’être humain se détache peu à peu de la réalité, s’habituant (et préférant) se rencontrer dans une image de lui-même, se mettre en contact avec des millions de ses pairs virtuellement plutôt que dans la réalité. Des gens communiquent dans leur propre domicile par Whatsapp, sont perdus quand le réseau connait des pannes, protestent par dizaines de milliers sur la toile (et sans rédiger, les emojis, smileys ou autres émoticones suffisent ; quant au discours, n’en parlons pas !) mais se mobilisent beaucoup moins dans la réalité.

Bien sûr, on peut penser d’abord que ce phénomène ne concerne pas tout le monde, ce qui est vrai, ou bien qu’il est très exagéré, ou que cela n’est qu’une tendance. Pourtant celle-ci s’accélère à vue d’oeil. On voudra croire aussi qu’il y aura un réveil, un sursaut, car il existe encore de nombreux réfractaires ; mais leur nombre semble diminuer à chaque génération (15 ans, c’est si court). On voit comment ces résistants sont déjà traités, et il n’y a aucune raison pour que cela s’arrête en si bon (très mauvais) chemin.

On opposera à cette assertion l’indéniable réussite de la mobilisation actuelle contre la réforme des retraites.

En effet, les manifestations du 19 et du 31 janvier derniers ont rassemblé chacune 2 à 3 millions de personnes dans la France entière. C’est à peu près l’équivalent de la mobilisation de 1995 contre une réforme des retraites (déjà) et de la Sécurité Sociale. À l’époque, une grève quasi-générale, lancée dès le départ, fut renouvelée pendant trois semaines et fit reculer le gouvernement.

Et c’est là que se fera la différence avec 1995. Car une grève générale mobilise beaucoup plus que 3 millions de personnes. À l’époque, les moins jeunes d’entre nous s’en souviennent, nous rencontrions dans la rue pendant cette mobilisation un nombre considérable de gens qui ne travaillaient pas, y compris dans le privé.

C’est pourquoi aujourd’hui, si les manifestations réussies actuelles ne sont pas suivies d’une grève générale de plusieurs semaines, et qui devra mobiliser beaucoup plus que 3 millions de personnes, ce sera un échec.

Une telle paralysie du pays n’a pas eu lieu depuis plus de vingt-cinq ans et nos dirigeants, d’abord surpris, n’ont jamais caché leur satisfaction devant ce fait (5).

En 1995, la mobilisation se fit également contre une réforme de la Sécurité Sociale, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Mais nous ne devons pas avoir le prétexte d’une réforme pour protester contre la destruction évidente du Service Public, des hôpitaux en premier lieu, puis de l’enseignement, secondaire et supérieur, et des services en général, terciarisés ou informatisés à outrance, quand ils ne sont pas privatisés ! Car cela ne nous servira à rien d’être victorieux aujourd’hui et d’avoir une retraite décente si l’on n’est pas sûr d’être correctement pris en charge dans les hôpitaux, faute de lit ou de personnel, lors de nos possibles problèmes de santé futurs, liés à l’âge. La même réflexion doit se faire vis-à-vis de la guerre en Ukraine. La belligérance assumée de la France contre la Russie ne peut que se terminer par une confrontation directe. Devant cette tragédie annoncée, la réforme des retraites devient même une préocupation mineure...

Ce peu de mobilisation contre la dégradation générale de la société, ou plutôt sa destruction assumée par le gouvernement, contre l’envoi des armes en Ukraine, qui fait de notre pays un co-belligérant contre la Russie, puissance nucléaire, ou contre une politique sanitaire absurde, doit être un motif de grande préoccupation et il est probable qu’il soit la conséquence du processus d’aliénation décrit plus haut.

Car rappelons-le, tout ce qui touche au besoin de reconnaissance et à l’image de soi, particulièrement facilités et encouragés par les outils virtuels mis à notre disposition, est un véritable esclavage. Nous ne nous en rendons pas assez compte. Bientôt il sera trop tard.

Si nous ne réagissons pas plus, ils réussiront à ce que le peuple s’enferme tout seul. Et bientôt, il ne leur suffira plus qu’à tourner la clé.

Quelque soit la forme de société qu’ils nous promettent (revenu minimum universel sauce pognonnisme aigu ? Qui ne serait un moment séduit à l’idée de vivre aux frais de la princesse, ignorant ou feignant d’ignorer que celle-ci, à rebours du conte, n’est qu’un crapeau mortifère, corrompu, avare et despote ?), nous pouvons déjà être sûrs de ce qui suit :

- un accès minimum aux soins ;
- un accès minimum à l’éducation ;
- un accès minimum aux livres (le "savoir belle-lettristique" cher à Vercors - cf. La marche à l’étoile, biographie-fiction en hommage à son père venu à pied de Bohème pour faire de son métier l’édition populaire des grands classiques français) ;
- un accès minimum à la culture ;
- un accès minimum à la réflexion, à la pensée ;
- MAIS UN ACCÈS MAXIMUM au virtuel, c’est-à-dire au vertige, aux leurres, aux mirages... ;
- UNE SURVEILLANCE MAXIMUM de la population par des moyens techniques chaque jour plus performants ;
- LE MONOPOLE MAXIMUM des moyens de production (fin des petites/moyennes exploitations agricoles et des petites/moyennes sociétés) et de commercialisation (fin des petits/moyens commerces) et généralisation des franchises ;
- LE BOMBARDEMENT MAXIMUM de propagande, et
- L’ACCÈS MAXIMUM à un ersatz de culture chaque jour plus indigent. Car il faut toujours se souvenir que l’objectif majeur du nazisme (ne nous y trompons pas, il s’agit bien du retour du nazisme) est la destruction du savoir belle-lettristique, comme les chefs d’œuvre français, qui sont l’âme de la génialité de notre pays, "Nous la purgerons de ce poison !" C’est ce que déclare un officier nazi à Werner,dans Le Silence de la mer, de Vercors (6).

Pour le commun des mortels, et notre humanité en général, cette involution est une tragédie, voire sa mort psychique. Pour nos dirigeants, pour la plupart simples marionnettes du pouvoir financier (7), et qui sont nombreux à être entraînés dans ce tsunami par leur déséquilibre, c’est un crime. La palme de la perle revient certainement à notre souveraine oripeau(x)ienne auto-élue Ursula von der "La Hyène" la bien surnommée, qui a déclaré, jeudi 2 février, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky :  "D’ici au 24 février, exactement un an après le début de l’invasion, nous avons l’intention de mettre en place le dixième paquet de sanctions (...) Aujourd’hui, la Russie paie un lourd tribut car nos sanctions érodent son économie et la font reculer d’une génération." (8) C’est vrai qu’à l’inverse, et tout le monde le dit, l’Union Européenne s’en sort particulièrement bien. Mais Cruella ("Comme c’est bon d’être de retour à Kiev !") von Der’ des der’s (c’est vrai que si elle a lieu, ce sera la dernière...) est talonnée de près par Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, dont la dernière métaphore délirante est aussi un cas d’école. Promettant à l’Ukraine des armes "plus lourdes et plus modernes", il a déclaré : "Les armes sont le chemin vers la paix. Cela peut sembler paradoxal, mais la seule façon de parvenir à un accord négocié est de convaincre le Président Poutine qu’il ne gagnera pas sur le champ de bataille". Bien que l’on comprenne ce qu’il veuille dire "Nous devons faire plier la Russie en fournissant plus d’armes à l’Ukraine", on se demande par quel tortueux chemin il en est arrivé à cette expression absurde dans l’antilogie "Les armes sont le chemin vers la paix". Parce qu’à la place du discours mensonger et hypocrite classique (hélas !) mais complètement ancré dans la réalité, et qui suscitait le dialogue, nous avons ici un discours figé par l’image du corps noyée en elle-même et qui constitue une réalité émiettée par des métaphores délirantes. Un délire qui écrase le dialogue.

En d’autres termes, nous avons affaire à des fous furieux.

L’explication alambiquée de Stoltenberg ne fait rien à l’affaire, d’autant qu’elle poursuit dans l’émiettement : que Poutine "ne gagnera pas sur le champ de bataille" fait singulièrement penser que Stoltenberg admet que Poutine est en train de gagner sur tous les autres fronts, ce qui est le cas. D’aucuns diront que c’est une manière de dire... cela peut l’être dans une conversation de bistro, et encore, mais un dirigeant ou un diplomate a l’obligation de faire coïncider parfaitement ses propos avec la réalité (cf. Lavrov ou Maria Zakharova). Pour Stoltenberg, la réalité est devenue un vertige, et l’éventualité d’une victoire russe plus encore. Voila le spectacle que nous offre l’impératrice autoproclamée de l’Union Européenne et le chef d’une alliance de plusieurs états, dont des puissances nucléaires.

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock, quant à elle, s’est exprimée ainsi lors d’une conférence en Allemagne :  "Nous menons une guerre contre la Russie, et non les uns contre les autres." Il y eut en Allemagne quelques manifestations clairsemées contre cette abomination. En France, qui suit le même chemin que l’Allemagne, malgré les clameurs effarouchées de Macron (tout en fournissant de nouveaux canons CAESAR à l’Ukraine), quelques centaines de personnes ont protesté (sur 67 millions d’habitants...)

De toute façon, la surenchère semble de mise : d’après Bloomberg (9), le service juridique de l’Union Européenne a déclaré qu’en vue de la reconstruction de l’Ukraine, l’utilisation des avoirs gelés (33,8 milliards d’euros séquestrés) de la Russie était légale, sous certaines conditions, en particulier que ces avoirs devront être rendus à la Russie "à un certain moment". Comme nous savons que pour l’Union Européenne et les EU, la guerre ne doit se terminer que par la défaite de la Russie et par un Traité de Versailles puissance mille, ce "certain moment" doit laisser rêveurs les Russes qui savent depuis longtemps qu’ils ne sont pas près de revoir cet argent (qu’ils le récupèrent ailleurs est un autre sujet). Le "un certain moment" après une victoire de la Russie est une option qui n’existe pas pour ce fascinant service juridique.

De telles déclarations par des dirigeants européens dans la situation actuelle sont de véritables crimes et il est inadmissible qu’ils puissent rester à leur poste. Mais il est vrai qu’une horde de "young leaders" piaffent après le pouvoir et qu’ils seront sans doute bien pire (si nous existons encore...). On se demande vraiment si les peuples se rendent compte à quel point nos dirigeants vivent un vertige où la réalité a disparu. Leurs soi-disant chefs, comme Macron et Scholz, ne sont pas en reste, déclarant tout et son contraire selon le moment et l’interlocuteur, suivant les vents méphitiques dominants. On ne peut pas dire qu’ils pataugent sur un sol très ferme, qui tient plus de la pente savonneuse.

Pour nombres d’entre nous, qui n’avons pas de bunker clé en main gorgé de victuailles de chez Fauchon et de nanards netflix pour nous accueillir, la réalité se chargera sans doute elle-même très bientôt de nous rappeler sa tangibilité, par missiles interposés.

Devant de telles considérations, revenant au texte cité au début de cet article, l’exposition qu’un seul côté de cette tragédie, même en s’appuyant sur une respectable tradition philosophique et juridique qu’accompagnent d’agréables figures de style, fussent-elles séculaires, est finalement assez frustrant. Cela n’empêchera jamais (et pourra même encourager, vu sa séduisante innocuité – dont la vocation, par définition, est de faire du surplace) ceux dont le but est d’aliéner sciemment une population pour mieux la circonscrire.

Il est probable que cette manière de voir soit le prix que nous payions pour l’héritage marxiste qui ne veut voir en l’être humain qu’un être social. Marx était beaucoup moins communiste et révolutionnaire que Rousseau, Robespierre, Saint-Just ou Marat (10) qui eux, n’ont jamais occulté la transcendance qui illuminait leur humanité. Leur influence sur la révolution bolchévique est certainement, et heureusement, beaucoup plus importante qu’il n’est admis.

Il est important de rehausser qu’il ne s’agit pas ici de retrouver l’individu, mais bien l’être humain dans son Unicité.

Car l’individu est partie prenante du mouvement individualiste, un concept inventé par l’impérialisme anglo-saxon, où l’individu appréhende uniquement pour lui-même tous les biens matériels qui doivent être partagés par tous. Ce concept d’individu est un concept fasciste qui n’a rien à voir avec celui de l’être humain dans son Unicité que nous devons promouvoir et retrouver (mais qui a tout à voir avec l’effervescence d’extrême droite actuelle, axée sur la "liberté sacré" de l’individu, particulièrement flagrante dans ses dénonciations contre les politiques sanitaires liés à la crise du covid). Il est important de toujours garder à l’esprit ce péril de l’individualisme, car c’est un piège dans lequel on tombe facilement.

Le Un, dans le sens du Un de Lacan, que nous devons retrouver, concentre et crée la concrétude de l’être humain en lui-même, en éliminant tout genre de dispersion, de contradiction, d’ambigüité psychiques, et de conflit de lui avec lui-même. Par ce conflit interne, sans élément réel qui fonde la réalité broyée par le vertige, beaucoup de nos contemporains mettent au même plan l’évidence de la modération et de la volonté de paix avec le soutien au bellicisme et à la violence, au nazisme qui ressurgit et à la guerre par procuration de l’Otan contre la Russie en Ukraine, lorsque celle-ci envoie tous ses hommes à la boucherie. Et lorsqu’ils sentent la troisième guerre mondiale qui vient, c’est davantage le résultat de leur déséquilibre mental que de leur raisonnement, de leur sagesse et de leur méditation (Lacan déclara un jour qu’il aurait aimé être un peu psychotique afin de pouvoir mieux sentir les choses à venir...)

Quid du psychisme ? Quid de la méditation ? Quid du doute ? Quid de la mise à l’épreuve indispensable, par sa propre pensée, des vérités imposées par autrui ? Quid de la vie spirituelle ? Quid de la solitude et du recueillement ? Quid de l’acte de parole ? Quid de l’acte de lecture et de la Lectio Divina ? Quid du dialogue avec les grands auteurs (et avec soi-même – son âme selon Saint Augustin) par la lecture des chefs-d’oeuvre ?

Pour illustration, je recommande vivement l’extraordinaire dernier chapitre de l’ouvrage Pastiches et mélanges, de Marcel Proust, intitulé "Journées de lecture". Tout y est dit.

L’auteur y allie virtuosité littéraire et profonde réfléxion philosophique.

Marcel Proust reprend en particulier dans ce texte cette pensée majeure de Descartes, selon laquelle c’est l’être humain lui-même qui crée la vérité des choses par sa pensée, sa méditation, sa réflexion. La vérité des choses n’est jamais présentée par autrui, elle est toujours constituée par l’être humain lui-même. Lorsque la vérité est apportée par autrui, si elle n’est pas réfléchie par soi-même, cette vérité est toujours mensongère.

Car Descartes avait écrit avant Proust ce qui devait être la première règle de sa Méthode :

"(...) ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle."

Une pensée laquelle, selon André Bridoux, organisateur de l’édition de 1949 de la Pléiade "a toute la valeur d’un principe éminemment révolutionnaire".

Voilà bien la terreur des puissants. (11)

PS : et puis si on pouvait oublier Carl Schmitt, cela rendrait l’atmosphère quand même plus respirable...

(1) https://www.legrandsoir.info/le-licite-l-obligatoire-et-l-interdit.html

(2) Voir le très perturbant acquittement d’un crs éborgneur.
https://www.legrandsoir.info/paris-le-crs-eborgneur-definitivement-acquitte.html

(3) Voir l’hallucinant inventaire des monuments érigés à la gloire du nazisme par les gouvernements successifs depuis 2014 en Ukraine, pays où, comme on le sait, "il n’y a pas de néonazisme", ou bien dans lequel "c’est un phénomène très marginal".

https://www.legrandsoir.info/monuments-aux-collaborateurs-nazis-en-ukraine.html

Un phénomène marginal encouragé par un gouvernement en place est signe que ce gouvernement tend vers la marginalité. Or, quelle peut être l’unique manière de fonctionner d’un gouvernement marginal (ou composé de marginaux) ?

La dictature.

(c’est une équation que l’on peut aussi, malheureusement, aisément appliquer aux pays européens et en particulier à la France...)

(4) Grisou "La démocratie, expression majeure de la névrose".

On y lit, en particulier :

(...) Le peuple est l’addition de l’Un + Un + Un + Un... qui signifie la singularité de chacun. Nier cette singularité de chacun, c’est considérer d’emblée le peuple comme une masse, dont la caractéristique est d’être amorphe (sans forme). C’est alors la forme de chacun que l’on nie, la forme de pensée de chacun, la forme de discours de chacun, la forme du choix et de l’acte mis en œuvre de chacun, et finalement, en détruisant la forme, on nie l’éthique de la connaissance de chacun (de la réalité de soi et de ses prochains). Qu’on se le dise, on ne fait pas la révolution avec la masse amorphe, mais avec le peuple conscient de l’addition de ses singularités. (...)

(5) Aux Mardis de l’Essec, le 18 mai 2021, l’ex-premier ministre Edouard Philippe déclara :

(... ) En 2017 on fait les ordonnances travail. Moi je me dit « ça va être terrible, parce-que je me souviens de la loi travail deux ans avant [...] On fait les ordonnances travail et ça passe ! On fait la réforme de la SNCF. On met fin aux statuts et on ouvre la concurrence. On s’attend à des blocages complets... Et on ne les a pas tant que ça. Y’a des grèves et tout... mais ça passe !

On dit qu’on va pouvoir rentrer dans les université dans l’enseignement supérieur ; sur le fondement d’une orientation sélective. Si vous avez suivi l’actuaIité politique de ces 30 dernière années, vous savez que c’est une bombe. Bon. On le fait. Y’a des universités qui sont occupées. On les désoccupe. Et ça passe ! (...)

L’extrait vidéo
La conférence complète (pour les courageux ou les masochistes)

(6) Le Silence de la mer - extraits :

(...) « Pourquoi aimé-je tant cette pièce ? dit-il pensivement. Elle n’est pas si belle, – pardonnez-moi !... » Il rit : « Je veux dire : ce n’est pas une pièce de musée... Vos meubles, on ne dit pas : voilà des merveilles... Non...Mais cette pièce a une âme. Toute cette maison a une âme. »
Il était devant les rayons de la bibliothèque. Ses doigts suivaient les reliures d’une caresse légère.
— « ... Balzac, Barrès, Baudelaire, Beaumarchais, Boileau, Buffon... Chateaubriand, Corneille, Descartes, Fénelon, Flaubert... La Fontaine, France, Gautier, Hugo... Quel appel ! » dit-il avec un rire léger et hochant la tête. « Et je n’en suis qu’à la lettre H !... Ni Molière, ni Rabelais, ni Racine, ni Pascal, ni Stendhal, ni Voltaire, ni Montaigne, ni tous les autres !... » Il continuait de glisser lentement le long des livres, et de temps en temps il laissait échapper un imperceptible « Ha ! », quand, je suppose, il lisait un nom auquel il ne songeait pas. « Les Anglais, reprit-il, on pense aussitôt : Shakespeare. Les Italiens : Dante. L’Espagne : Cervantès. Et nous, tout de suite : Gœthe. Après, il faut chercher. Mais si on dit : et la France ? Alors, qui surgit à l’instant ? Molière ? Racine ? Hugo ? Voltaire ? Rabelais ? ou quel autre ? Ils se pressent, ils sont comme une foule à l’entrée d’un théâtre, on ne sait pas qui faire entrer d’abord.

(...) – J’ai vu ces hommes victorieux. (...) — Je leur ai parlé. » (...) — Ils ont ri de moi. (...) Pourquoi supposez-vous que nous avons fait la guerre ? Pour leur vieux Maréchal ? » Ils ont encore ri : « Nous ne sommes pas des fous ni des niais : nous avons l’occasion de détruire la France, elle le sera. Pas seulement sa puissance : son âme aussi. Son âme surtout. Son âme est le plus grand danger. C’est notre travail en ce moment : ne vous y trompez pas, mon cher ! (...) Mais nous guérirons l’Europe de cette peste ! Nous la purgerons de ce poison ! » Ils m’ont tout expliqué, oh ! ils ne m’ont rien laissé ignorer. Ils flattent vos écrivains, mais en même temps, en Belgique, en Hollande, dans tous les pays qu’occupent nos troupes, ils font déjà le barrage. Aucun livre français ne peut plus passer, — sauf les publications techniques, manuels de dioptrique ou formulaires de cémentation... Mais les ouvrages de culture générale, aucun. Rien ! (...) — Rien, rien, personne ! » Et comme si nous n’avions pas compris encore, pas mesuré l’énormité de la menace : « Pas seulement vos modernes ! Pas seulement vos Péguy, vos Proust, vos Bergson... Mais tous les autres ! Tous ceux-là ! Tous ! Tous ! Tous ! »
Son regard encore une fois balaya les reliures doucement luisant dans la pénombre, comme pour une caresse désespérée.
— Ils éteindront la flamme tout à fait ! cria-t-il. L’Europe ne sera plus éclairée par cette lumière ! (...)

Vercors Le silence de la Mer (1942).

La lecture du journal de Maurice Thorez manifeste également de cette soif de culture, qu’elle soit de l’époque (écrivains communistes, ouvrages soviétiques) ou du passé, avec les classiques. On y peut lire dans l’introduction :

(...) Un autre fait essentiel est l’omniprésence des livres. Au jour le jour, Thorez fait part de ses lectures. Les livres l’accompagnent dans son quotidien ; la soif de savoir ne le quitte jamais. Son monde est celui d’un mouvement ouvrier où le militant doit apprendre toujours et encore. Il suit en cela une vieille tradition remontant au XIXe siècle, celle des premiers partis socialistes qui reprenaient la formule de Bacon : « Le pouvoir c’est le savoir, le savoir c’est le pouvoir. » (...)

Maurice Thorez Journal 1952-1964.

(7) Se souvenir de la déclaration de Pepe Mujica, ancien président de l’Uruguay, lors d’un entretien à la télévision brésilienne : "Nous, les dirigeants, sommes assis à la pointe du fauteuil..." (sous-entendu : sur une fesse, car celui-ci est déjà largement occupé)

(8) https://www.lemonde.fr/international/live/2023/02/02/guerre-en-ukraine-en-direct-a-la-veille-d-un-sommet-ue-ukraine-a-kiev-bruxelles-annonce-une-nouvelle-aide-militaire-de-500-millions-d-euros_6160207_3210.html

(9) https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-01-26/eu-sees-legal-grounds-to-use-seized-russian-central-bank-assets

(10) Pour ceux qui s’étonnent de voir "l’effroyable", le "terroriste" et "pustuleux" Jean-Paul Marat, créateur de L’Ami du Peuple, dans cette liste, je conseille la lecture de différents textes présentés sur l’excellent site Notre Histoire La lutte pour un monde meilleur, site trilingue (anglais, français, allemand).

(11) On lit dans "Journées de lecture" de Marcel Proust :

(...) ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n’est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir communication d’une autre pensée, mais tout en restant seul, c’est-à-dire en continuant à jouir de la puissance intellectuelle qu’on a dans la solitude et que la conversation dissipe immédiatement, en continuant à pouvoir être inspiré, à rester en plein travail fécond de l’esprit sur lui-même.

(...) Et c’est là, en effet, un des grands et merveilleux caractères des beaux livres (et qui nous fera comprendre le rôle à la fois essentiel et limité que la lecture peut jouer dans notre vie spirituelle) que pour l’auteur ils pourraient s’appeler « Conclusions » et pour le lecteur « Incitations ». Nous sentons très bien que notre sagesse commence où celle de l’auteur finit, et nous voudrions qu’il nous donnât des réponses, quand tout ce qu’il peut faire est de nous donner des désirs. Et ces désirs, il ne peut les éveiller en nous qu’en nous faisant contempler la beauté suprême à laquelle le dernier effort de son art lui a permis d’atteindre. Mais par une loi singulière et d’ailleurs providentielle de l’optique des esprits (loi qui signifie peut-être que nous ne pouvons recevoir la vérité de personne, et que nous devons la créer nous-même), ce qui est le terme de leur sagesse ne nous apparaît que comme le commencement de la nôtre, de sorte que c’est au moment où ils nous ont dit tout ce qu’ils pouvaient nous dire qu’ils font naître en nous le sentiment qu’ils ne nous ont encore rien dit.

(..) Or, il existe certains esprits qu’on pourrait comparer à ces malades et qu’une sorte de paresse ou de frivolité empêche de descendre spontanément dans les régions profondes de soi-même où commence la véritable vie de l’esprit. Ce n’est pas qu’une fois qu’on les y a conduits ils ne soient capables d’y découvrir et d’y exploiter de véritables richesses, mais, sans cette intervention étrangère (la lecture, c’est moi qui souligne), ils vivent à la surface dans un perpétuel oubli d’eux-mêmes, dans une sorte de passivité qui les rend le jouet de tous les plaisirs, les diminue à la taille de ceux qui les entourent et les agitent (...)

Vous pouvez trouver Pastiches et Mélanges ICI.
André Dussolier fit une lecture magistrale de "Journées de lecture" sous le titre de "Sur la lecture".

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C.S. Lewis, 1942

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