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Thème : Sécurité Sociale

Interdire l’hôpital aux non-vaccinés, ou la fin du monopole de la sécurité sociale. Enfin !

Éric VERHAEGHE

La loi Macron qui se prépare devrait interdire l’accès des non-vaccinés aux hôpitaux, « sauf en cas d’urgence » affirme l’article 1 (2e alinéa). Cette mesure constitue une déflagration en termes de respect des droits humains les plus élémentaires, difficile à imaginer dans une démocratie comme la France. Concrètement, un malade du cancer, un diabétique, un porteur d’une infection de longue durée, ne pourra plus se faire soigner normalement dans son hôpital habituel, sauf à accepter d’être vacciné. Les conséquences à long terme de cette mesure inique seront immenses sur la mortalité des Français et sur l’espérance de vie moyenne, sans commune mesure avec le nombre de décès peut-être évités du fait de la vaccination générale. Surtout, cette mesure remet totalement en cause le « contrat social » de 1945 et le principe même de la sécurité sociale, dont le monopole ne survivra pas. Voici pourquoi.

Interdire l’hôpital aux non-vaccinés devrait avoir une conséquence douloureuse sur le monopole de la sécurité sociale. Ce point n’a pas été clairement vu par Emmanuel Macron, mais il s’agit là d’un effet boomerang redoutable qui devrait percuter de plein fouet le motif officiel de la « protection » des Français qui a servi à justifier cette mesure de ségrégation. Interdire l’hôpital aux non-vaccinés : quelle mauvaise idée ! Dans l’avalanche d’éléments de langage couvrant les non-vaccinés de sarcasmes, une disposition a fait l’objet de peu de commentaires, mais elle constituera pourtant, le moment venu, si elle est maintenue dans le projet de texte qui est présenté aujourd’hui au Conseil des Ministres, un poison aussi rapide que violent pour le gouvernement et pour l’ensemble de l’édifice de la protection sociale en France. Il s’agit de l’interdiction qui sera faite aux non-vaccinés d’accéder aux hôpitaux et, plus généralement, aux établissements accueillant des personnes vulnérables, hors « cas d’urgence ». On (...) Lire la suite »
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La cotisation, c’est du salaire

Damien ASTIER
Entendre dire par le directeur général de l’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) que cette dernière « joue un rôle moteur dans la relance avec les exonérations de cotisations sociales » fait toujours mal aux oreilles. Même si l’entretien, publié dans la Tribune*, était à la base peu suspect de tendance communiste ou anarcho-syndicaliste. L’Urssaf est l’organisme responsable de la collecte des cotisations sociales – patronales comme salariales, cette distinction étant purement formelle – versées par les entreprises et qui sont ensuite affectées aux différentes branches de la sécurité sociale. Or rappelons que ces cotisations sociales ne constituent pas des charges, dont les entreprises, voire les salariés, porteraient le poids, mais du salaire. En effet, dans la répartition primaire de la valeur entre capital (profits) et travail (salaires) inhérentes à notre économie capitaliste, les cotisations concernent la part travail. Il s’agit de salaire (...) Lire la suite »

Hausse du SMIC : l’arnaque de la droite

Damien ASTIER

Guillaume Pelletier, jeune libéral incarnant la relève chez « Les Républicains », clame partout son intention d’augmenter le SMIC pour relancer l’économie. Venant de la droite, une telle idée interpelle et l’on se dit qu’elle cache quelque chose. Rentrons dans le détail...

Un mensonge Comment Pelletier compte-t-il s’y prendre ? En commençant par baisser ce qu’il appelle les « charges », c’est à dire supprimer les cotisations sociales. Or les cotisations sociales, loin d’être des charges, font partie intégrante du salaire : elles alimentent en temps réel les caisses de sécurité sociale qui à leur tour reversent ces cotisations aux travailleurs sous différentes formes selon leur situation professionnelle, familiale, ou de santé. Les cotisations sociales servent ainsi à payer : Les salaires de l’ensemble des personnels hospitaliers, Les pensions des retraités, véritable salaire continué, Les indemnités salariales des chômeurs et travailleurs en arrêt maladie, Les allocations familiales qui sont un complément de salaire pour les parents. Ces cotisations sociales (salariales ou patronales, peu importe, cette distinction étant purement fictive) constituent donc du salaire. Certes pas le salaire net que touche le salarié à la fin du mois, mais DU salaire (la part du brut) (...) Lire la suite »

18€ pour aller aux urgences ?

Jean-Luc MELENCHON

Intervention de Jean-Luc Mélenchon le 20 octobre 2020 à l’Assemblée nationale sur la décision du gouvernement de mettre en place un forfait de 18 euros pour toute personne qui se rendrait aux urgences sans être ensuite hospitalisée. Le président du groupe « La France insoumise » a dénoncé une punition pour les pauvres qui n’auront pas les moyens et les périphéries qui manquent de médecins. Il a aussi appelé à faire une Sécurité sociale unique qui nous fasse économiser le coût des mutuelles privées. Voici la retranscription de son intervention :

« Je me présente à cet instant sur un seul et unique thème, en opposition à la création du « forfait patient urgences ». Je ne sais pas si tous les collègues ont bien remarqué cette nouveauté mais je voudrais ici dire à quel point elle nous choque et combien nous la condamnons. Désormais, TOUS les patients devront payer un forfait de 18 euros pour leur passage aux urgences – forfait réduit parfois à 8 euros – y compris les personnes invalides, les cancéreux, les diabétiques, les malades du sida, les personnes épileptiques, les femmes enceintes – heureusement, il y a un amendement du rapporteur pour les retirer de cette liste. Les seules exceptions sont les malades du Covid-19 et les victimes du terrorisme. Tout le monde devra payer 18 euros dans le cas où il serait établi que la présence de ces personnes aux urgences ne nécessiterait pas ensuite le passage en hospitalisation. Ça vaut la peine de se demander pourquoi une décision pareille est prise. On le devine : pour désengorger, dit-on, les urgences. (...) Lire la suite »
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On a tous sur soi la carte du parti

Floreal

À chacun de juger s’il a « en lui quelque chose de Tennessee », comme le chantait jadis Johnny Hallyday : ce qui est sûr en tout cas, c’est que tous les Français, y compris les anticommunistes les plus sots, portent sur eux sans s’en douter la carte du Parti communiste français !

Oh, il ne s’agit pas de celle du PCF-PGE actuel qui, sur bien des sujets (adhésion à la « construction européenne » et ralliement irréversible à l’ « eurocommunisme » obligent) tourne le dos au grand PCF ouvrier, patriote et marxiste-léniniste qui fut le fer de lance de la Résistance armée et des conquêtes de la Libération. Il s’agit, si l’on veut, de la carte du parti communiste idéal, celui dont le mot d’ordre impérissable, qui définit même d’après Marx le « mode de répartition » propre au communisme et s’énonce ainsi : « de chacun selon les moyens, à chacun selon ses besoins ». Ce mot d’ordre est en effet celui de la Sécurité sociale à la française telle que l’institua Ambroise Croizat, député communiste du Chemin de l’honneur et secrétaire national de la CGT-Métallos. Emprisonné durant la guerre, Croizat fit partie du gouvernement de la Libération et on lui doit aussi – excusez du peu ! – les retraites par répartition, le code du travail, les comités d’entreprise et la généralisation des conventions collectives de (...) Lire la suite »
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Salaire brut, salaire net

Philippe ARNAUD
J'ai entendu ce qui suit au journal de France 2 de 13 h présenté par Marie-Sophie Lacarrau : C'est une bonne nouvelle pour les salariés de cette entreprise. Ce mois-ci, une ligne disparaît sur leur fiche de paie : les cotisations pour l'assurance chômage, qui représentait une ponction de 0,95% sur le salaire brut. Un gain de pouvoir d'achat. La centaine de salariés découvre la nouveauté, accompagnée d'une note explicative de leur employeur, pour leur permettre de mieux déchiffrer leur bulletin de salaire. "J'ai une différence de 40 euros, je suis ravi de voir que j'ai un peu plus d'argent sur ma fiche de paie à la fin du mois", explique Hugo Benoit, l'un des salariés de l'entreprise. Une hausse de salaire qui peut varier d'une dizaine à une centaine d'euros selon le poste occupé. Promesse de campagne d'Emmanuel Macron pour doper le pouvoir d'achat des Français, la fin des cotisations salariales s'est faite en deux temps. Les cotisations pour l'assurance maladie avaient disparu en janvier, celles (...) Lire la suite »

Cotisations sociales et enfumage

Philippe ARNAUD
J'ai entendu, sur France 2 et France 3 (comprimée au milieu d'un hommage hypertrophié à Charles Aznavour) cette annonce : aujourd'hui 1er octobre, le salaire net des salariés du privé va augmenter par suppression de la cotisation chômage. Les salariés au SMIC, par exemple, vont voir leur salaire net augmenter de 17,36 euros par mois. Comment un journaliste peut-il prononcer une telle phrase sans se poser de questions, sans regimber, sans envoyer paître son rédacteur en chef ? Remarque 1. La cotisation chômage n'est pas une indemnité de guerre versée à un pays ennemi qui s'appelle Assurance chômage. La vocation de la cotisation chômage n'est pas de disparaître dans un trou sans fond mais de revenir au salarié lorsque celui-ci perd son emploi. Remarque 2. Du fait que la cotisation chômage repose sur le principe de la mutualisation, la somme que touche le salarié devenu chômeur est très supérieure à ces 14 euros mensuels. C'est le principe même de la mutualisation : être un grand nombre à payer de (...) Lire la suite »

"Quand le journalisme tousse, la démocratie s’enrhume" : une idée de remède inspirée du modèle de la Sécu.

Cyrille MARTIN
Sondage après sondage cette opinion se confirme : beaucoup de français estiment que les médias font mal leur travail. Ils ne remplieraient pas bien leur rôle de quatrième pouvoir, celui de garde-fou surveillant les autres pouvoirs, rouage indispensable au bon fonctionnement d'une démocratie. Moi-même, réalisateur de documentaires de critique des médias, je partage cet avis sur ce secteur en crise. Les journaux sont généralement déficitaires faute d'abonnés ou d'achats au numéro en kiosque, et la précarisation des journalistes les pousse trop souvent à s'autocensurer, par peur de “faire de vagues” ou de gêner les annonceurs publicitaires qui colmatent ces déficits. Pour autant je crois que cette situation n'est pas une fatalité car les bons journalistes sont nombreux, et des solutions existent. Rappelons-nous qu'en 1945 le droit à la santé est devenu effectif pour tous les français, grâce à la création de la Sécurité Sociale. Faut-il s'inspirer de cet exemple pour faire en sorte qu'une bonne information (...) Lire la suite »
« Cotiser selon ses moyens. Recevoir selon ses besoins »

Avis de décès anticipé

PERSONNE
Nous avons l’immense douleur de vous faire part de la disparition prochaine, programmée de notre tendre et généreuse « amie du genre humain ». Malgré ses 71 ans, elle est encore dynamique, fringante, encore jeune d’esprit. Mais ses jours sont comptés. Ô guerre [économique] ! Ô sacrifices ! Ô privatisation ! N’a-t-elle donc tant vécu que pour cette régression ? À vouloir s’endormir sur les « acquis sociaux », On devient oublieux de nos « conquis sociaux ». Comme beaucoup, elle souffre de ce que l’on appelle, par pudeur, une longue maladie. Il est à parier que cette dernière ne sera pas reconnue comme une maladie professionnelle à l’instar de tant d’autres. Patriarcat oblige, c’est l’État qui décide arbitrairement au nom du père, au nom du Capitalisme. On l’a accusée de tous les maux, d’être trop coûteuse, trop dépensière (un mensonge répété finit par devenir une « vérité » admise). Mais c’est oublier un peu vite tous les services qu’elle a rendus à tous, sans exclusive (contrairement à ce qui se passe ailleurs et (...) Lire la suite »
Avec les « cons qui... », adieu les « conquis sociaux »

« Le progrès social est une création continue »

PERSONNE

C’est au programme du CMR (Cénacle des Marcheurs de la République ; c’est simple, c’est l’antithèse du CNR) : « Pour votre sécurité, vous aurez moins de Liberté. Pour votre pouvoir d’achat, vous aurez moins de Sécu. » Libre à chacun de choisir son camp : cela s’appelle le libre arbitre...

On est toujours le con aux yeux de l’autre, mais, n’empêche, le comportement de certains, de beaucoup de mes contemporains m’exaspère. Comme des perroquets, ils répètent, radotent les mots entendus, diffusés à l’envi : c’est du psittacisme. Le coût, les charges. Le coût du travail, les charges sociales. Non ! Y en a marre ! Non ! Les cotisations sociales ne sont pas des charges. Non ! Le travail n’est pas un coût pour l’employeur. Oui ! Les cotisations sociales sont des salaires différés dans le temps. Oui ! Le travail est générateur de biens, de services qui contribuent au métabolisme de la société et qui sont en plus sources de profits selon le principe marxiste de la plus-value (basé sur une idée de John Francis Bray). La question n’est pas combien coûte le travail, mais combien il rapporte ! Alors quand j’entends des concitoyens, qui n’ont pas grand chose de citoyens, se réjouir de la possible suppression des cotisations sociales pour les heures supplémentaires, je repense à Antonio Gramsci : « (...) Lire la suite »
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