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Thème : Sport

Football, nationalisme et double langage

André LACROIX

Comme annoncé le 8 octobre 2017 dans l’article https://www.legrandsoir.info/foot-et-fantasmes.html , se tient actuellement à Londres, organisée par la ConIFA (Confédération des fédérations de football indépendantes), une « Coupe du monde » regroupant des équipes issues de minorités, d’exilés ou d’autonomistes. Pour la petite histoire, l’équipe des exilés du Tibet a perdu, 3-0, son premier match, contre l’Abkhasie. L’essentiel n’est pas là.

Qu’est-ce que la ConIFA ? La ConIFA est une association qui additionne des pommes et des poires : des exilés (comme les Tibétains de la diaspora), des morceaux d’États (comme l’Île de Man, la Kabylie ou le Darfour), des États pas tout à fait reconnus (comme la Transnistrie), d’anciens royaumes (comme la Franconie), des provinces historiques (comme la Rhétie), des peuples antiques (comme les Araméens), une création populiste récente (la Padanie), des minorités (comme les Roms, les Rohingyas ou les Hongrois hors Hongrie), soit des communautés aux revendications variées : tantôt culturelles, voire folkloriques (Comté de Nice, Archipel d’Heligoland, etc.), tantôt autonomistes, voire indépendantistes (Sahara occidental, Groenland, Ossétie du Sud, Abkhazie, etc.). Bref, un terrain idéal pour la rencontre de tous les fantasmes identitaires et nationalistes (voir l’article de Timothée Vilars Chauvinisme et bouts de ficelle dans L’OBS du 22/06/2015). Avant son départ pour Londres, l’« équipe nationale des (...) Lire la suite »

Foot et fantasmes

André LACROIX

Faisant écho à la dépêche de Dharamsala du 1er septembre 2017, le site France-Tibet du 15 septembre 2017 nous apprend que « l’équipe nationale des exilés tibétains » va jouer dans la Coupe du Monde de Football 2018 organisée par la ConIFA (Confédération des associations de football indépendantes).

La ConIFA (côté face) La ConIFA, fondée en 2013, se définit comme une association sans but lucratif, représentant des nations et des peuples non représentés, des dépendances, des États non reconnus, des autonomistes, des minorités et des Apatrides qui ne sont pas affiliés à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). Quand on sait que des entités aussi lilliputiennes que les Îles Féroé, les Principautés d’Andorre et du Liechtenstein, la République de Saint-Marin et le rocher de Gibraltar peuvent participer aux rencontres officielles organisées par l’UEFA (Union des associations européennes de football), branche européenne de la FIFA, on comprend que le Groenland, par exemple, ou l’Île de Man acceptent mal d’en être exclus et qu’ils soient donc heureux de participer malgré tout à un tournoi international, sous l’égide de la jeune et prometteuse ConIFA. Si l’on en croit son président, le Suédois Per-Anders Blind, la ConIFA nourrit un « projet de paix » (« a peace project ») : « Nous avons la (...) Lire la suite »

Communiez !

Yann FIEVET
Il parait que les Français ont besoin de se retrouver. C’est François Hollande qui nous l’a dit le 10 juillet dernier, quelques heures avant la finale de l’Euro 2016 de football qui allait opposer la France au Portugal. En fait, le Président de la République parlait à l’imparfait dans l’entretien qu’il donna ce jour-là au Journal du Dimanche : « Les Français avaient besoin de se retrouver. » Il espérait tellement la victoire de l’équipe de France qu’il n’était pas question d’en douter ne serait-ce qu’un bref instant. Il espérait surtout que cette victoire serait aussi la sienne et pourrait ainsi marquer le début de la remontée de sa cote de popularité si dégradée. Raté ! Les Bleus ont perdu, le Portugal les a vaincu. Cependant, il restait encore le Tour de France cycliste – certes devenu très ennuyeux – et les Jeux de Rio en août pour que les Français puissent se retrouver de nouveau. Mais, que signifient ces retrouvailles que le Sport aurait le grand mérite de provoquer ? Il s’agit probablement de tous regarder (...) Lire la suite »

Euro 2016 : Appel à la mobilisation générale

Jérôme HENRIQUES
"Voici venuuuuu le teeeeeemps des rires et des chaaaaants .... ". Finies les histoires de migrants qui coulent en méditerranée (comme on dit, dans la vie, faut savoir mener sa barque), de pauvres qui s'accrochent à leur boulot (ce qui, vu leur salaire, est quand même assez mesquin) ou de bobos-écolos qui s'opposent au bétonnage de leur cambrousse (eh les gars, on n'est pas dans "la petite maison dans la prairie" !), voici venu le temps de l'Euro 2016. Dehors donc les Noirs, les Rouges et les Verts, place à nos Bleus. On va enfin pouvoir se retrouver autour de nos vraies valeurs : le culte du fric, l'esprit du fight et l'exaltation autour du drapeau. D'ailleurs, rien de tel qu'un chant de supporters (sorte de Marseillaise en version "revival") pour se mettre dans l'ambiance : "Quoi ! Des hordes étrangèèèreees ! Viendraient jusque dans nos chaumièèèreees ! Chanter leurs hymnes d'estrangers ! Marchooooons ! Marchooooons ! Piétinooons ces enculéééés ! ... ". D'après les sociologues, l'organisation (...) Lire la suite »
Nous gagnons en un mois ce que vous ne gagnerez pas en une vie

Les footballeurs vous remercient

R.G

Les footballeurs vous remercient pour votre formidable aptitude à les soutenir quotidiennement et à encourager fanatiquement des joueurs qui, l’année prochaine, joueront chez l’adversaire parce qu’ils seront mieux payés.

Ils vous remercient également de les comprendre lorsqu’ils demandent une revalorisation salariale et apprécient votre soutient lorsqu’ils simulent ou s’en prennent aux arbitres... Mais vous-même, parfois vous devriez aussi vous poser des questions sur certains résultats de matchs ou décisions arbitrales... Évidement, le plus important c’est que votre équipe gagne ! Les footballeurs se moquent des droits de l’homme et des autres en général, non seulement ils ne boycotteront pas un match en Israël, mais ils iront jouer sans problème la coupe du monde au Qatar dont les stades sont construits par des demi-esclaves et où les morts se ramassent à la pelle. Au delà de ça, ils savent pertinemment que vous même, vous ne vous posez aucune question sur la provenance de l’argent qui circule dans ce sport, le plus important, c’est que votre équipe fasse partie des meilleures ! Les footballeurs se régalent à l’idée que vous appréciez la pub qu’ils font pour des marques célèbres. Ils se réjouissent que vous acceptiez (...) Lire la suite »

Jean-Emmanuel Ducoin. Bernard, François, Paul et les autres…

Bernard GENSANE

Rédacteur en chef du quotidien L’Humanité, Jean-Emmanuel Ducoin est l’un des meilleurs chroniqueurs du cyclisme français actuel. Je cite régulièrement son blog dans ma revue de presse de Radio Mon Païs. Il fut proche de Laurent Fignon, de Cyrille Guimard et, pour ce présent et remarquable ouvrage, a quelque peu côtoyé Bernard Hinault.

Né en 1966, Ducoin avait donc 19 ans lorsque Hinault remporta son cinquième et dernier Tour de France en 1985. Le jeune homme va accompagner cette épopée dramatique (Hinault se blessa durement au visage dans l’étape de Saint-Etienne) en compagnie de son grand-père, groupie de François Mitterrand, alors que lui, militant communiste lucide, ne passe rien aux socialistes qui ont fait le choix de “ L’Europe, l'Europe, l'Europe ” (comme disait De Gaulle) contre les intérêts des classes populaires. On l’a compris : ce livre sur le cyclisme s’inscrit – comme on dit – dans un contexte social et politique qui n’a guère changé depuis, celui de la prise en main de la politique mondiale par le capitalisme financier. Longwy s'effondre, le savoir-faire sidérurgique français disparaît à jamais. La classe ouvrière lorraine meurt à moyen feu sous un gouvernement de gauche, sous l’autorité de Louis Schweitzer (petit-neveu d’Albert Schweitzer et de Charles Munch, cousin de Jean-Paul Sartre, mais ceci est une autre histoire), (...) Lire la suite »
Bartali : "Juste parmi les nations".

Jean-Paul Vespini. Gino le Juste

Bernard GENSANE
Jean-Paul Vespini. Gino le Juste. Bartali, une autre histoire de l’Italie. Toulouse, Editions Le Pas d’Oiseau, 2014 L’historien Jean-Paul Vespini a écrit une bonne quinzaine de livres sur le cyclisme. Cet ouvrage consacré à Gino Bartali tranche sur le reste de sa production en ce qu’il nous propose une histoire de l’Italie, celle des années fascistes et de l’après-guerre, par le biais de cette biographie consacré au cycliste de légende. Bartali fut très discret sur cet aspect fondamental de son existence : au risque de sa vie, il joua un rôle réel dans la résistance au fascisme et contribua à sauver plusieurs centaines de Juifs, d’où son accession (post mortem) au rang de « Juste parmi les nations ». Profondément catholique, proche de Pie XII, il entra dans l’ordre du Carmel à l’âge de 20 ans. Il refusa par ailleurs de porter la chemise noire, contrairement à la majorité des cyclistes professionnels de l’époque. Aujourd’hui, le sport professionnel est conditionné, écrasé par le capitalisme financier et (...) Lire la suite »

La CAN oui peut-être mais pas trop non plus !

Salim METREF
Que ceux qui pourraient sombrer dans la déprime et la mélancolie à propos de l’organisation de cette coupe d’Afrique des nations de 2017 qui ne nous a pas été attribuée se rassurent. C’est un non-événement malgré les fortes attentes des aficionados et des accros de la balle ronde. Ce n’est pas non plus l’ouragan ni la tempête car ce qui compte aujourd’hui n’est pas d’être influent dans les instances dirigeantes du football africain où même mondial dont tout le monde connaît les arcanes et le fonctionnement. Ni de recourir à la diplomatie pour le devenir car le noble usage de cette dernière est bien plus utile ailleurs surtout lorsque l’on sait aussi que la seule arme qui compte en termes de lobbying sportif est semble-t-il sonnante et trébuchante. Ni d’appréhender et de disséquer ce non-événement sous le prisme étroit des bisbilles entre responsables du sport en Algérie et encore moins de dire que l’Algérie s’effondre où tomberait de haut. Ce qui compte n’est pas non plus de devenir une grande nation du (...) Lire la suite »
Les Femen, passe, mais un sportif....

Mahiedine l’enchanteur

Guy Chapouillié

Il court, il saute, Mahiedine l’enchanteur. Il se joue des obstacles avec la grâce de ceux qui ne craignent pas la pesanteur. Devant mon écran de télévision, j’ai l’impression de changer d’état et de m’élever avec lui tellement sa manière me séduit.

C’est à ce moment là un athlète splendide, fier, audacieux, ambitieux, joueur, frondeur, une humanité d’homme qui n’a pas manqué, avant la course, d’encourager, de recharger son partenaire Yoann Kowal pour lui permettre de vivre sa plus belle soirée d’athlète amoureux : « Nous allons faire le travail disaient-ils tous les deux » en marchant dans la rue sous les caméras de France Télévision. L’idée m’est alors venue que nous avions là un des plus grands coureurs de l’histoire du demi-fond français. Et puis, avant d’affronter la dernière ligne droite, il retire son maillot, comme la mise à nu de celui qui n’a rien à cacher ; il ne gène personne, il n’a bousculé aucun de ses concurrents et les Espagnols sont loin, battus sur la piste, en toute vérité sportive. Mahiedine ne jette pas son maillot. Il le prend d’abord entre les dents pour franchir le dernier obstacle avant de le serrer précieusement contre son coeur et franchir la ligne d’arrivée le sourire moqueur d’un homme au sommet de son art. Il y a du panache (...) Lire la suite »

La Coupe du Monde de Foot, l’économie et les gens de la planète folle.

Samuel MOLEAUD
Ca y'est, c'est le Grand Soir. Comme tous les quatre ans. Il est bien rare que tout le monde connaisse la date et l'heure du Grand Soir. Je ne parle pas des élections, ni de la Révolution silencieuse qui germe chez tous les indigènes de la République, mais bien malheureusement du football. Cet événement sportif qui n'en finit pas de faire exploser les profits du Capital est souvent vu par l'économie comme un choc de demande positif qui accélère l'investissement des entreprises et la consommation des individus, stimulant de la croissance économique. Pour la plupart des gens, il rapproche les peuples et installe une dynamique festive qui permet d'oublier les turpitudes et les marasmes de la vie quotidienne. C'est vrai que lorsqu'une vingtaine de gladiateurs millionnaires et délinquants fiscaux s'effarouchent sur une pelouse, le populo oublie un peu la crise, le chômage, la précarité, le crédit sur la kangoo, sur la maison ou le stress au travail. On oublie aussi les dépenses faramineuses d'un (...) Lire la suite »
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