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Auteur : Viktor DEDAJ

Julian Assange et notre droit de savoir : défendu par le métier, combattu par la profession.

Viktor DEDAJ
« Lorsque dénoncer un crime est traité comme un crime, c'est que vous êtes dirigés par des criminels » Edward Snowden « Si vous n'avez pas suivi de près l'affaire Julian Assange/Wikileaks, tout ce que vous croyez savoir sur cette affaire est probablement faux ». Cette phrase, qui sert d'introduction à toutes mes interventions, n'a jamais été aussi vraie. Jugez-en : la manifestation se déroule à Londres, le 2 septembre 2019, devant le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni. Sur une estrade dressée pour l'occasion, Roger Waters, le co-fondateur du groupe Pink Floyd, et légende vivante de la scène musicale internationale, livre un mini-concert acoustique en solidarité avec Julian Assange, en interprétant notamment le célébrissime « Wish You Were Here » (J'aimerais que tu sois là). En temps « normal », un tel événement, people à souhait, aurait attiré l'attention de tous les médias, et les foules avec. Mais aucun média institutionnel n'en fera état, ni avant, ni pendant, ni après. Sans jeu de mots, le (...) Lire la suite »

Cette nuit, à Cuba, un autre ami est parti.

Viktor DEDAJ
Il faisait nuit noire à la Havane. Comme souvent en cette période spéciale, l'électricité se faisait rare et son absence péniblement remarquer. Et il y a quelque chose de particulièrement imposant, pour ne pas dire solennel, lorsqu'une grande ville se recroqueville sur elle-même en attendant l'aube. On en arrivait presque à chuchoter entre nous pour ne pas troubler le silence ponctué par quelques rares aboiements. Et le silence d'une ville à l'arrêt n'est pas celui d'une campagne ou d'un désert. Ce silence là est un intrus. Comme une respiration trop longue au milieu d'un concert. On se retient d'applaudir, parce qu'on sait que ce n'est pas fini. Et on retient son souffle, parce qu'on sait que ce pays n'a pas dit son dernier mot. C'est par une telle nuit que j'ai rencontré Ibrahim. * * * La maison est une bizarrerie architecturale. Elle a la forme d'un bateau – le rez-de-chaussée est la « coque », ponctuée de fenêtres-hublots, et le premier étage fait office de « pont » - et elle est posée comme (...) Lire la suite »

France : la population sous couvre-feu (ou comment écrire un article à la manière de...)

Viktor DEDAJ

Lorsque les médias écrivent sur Cuba sans mentionner le blocus, je me suis demandé à quoi ressemblerait un article « à la manière de » sur la France, sans citer le mot « C-o-v-i-d ». A quelque chose comme ça :

de notre envoyé spécial à Paris « Paris sera toujours Paris » chantait Maurice Chevalier. Mais aujourd’hui, sur les Champs Elysées, la foule qui se bousculait jadis sur les larges trottoirs a cédé la place à quelques rares passants – généralement masqués. Magasins aux rideaux baissés, théâtres clos, restaurants fermés… La Ville des Lumières offre un spectacle d’abandon. Comment en est-on arrivé là ? Enquête. « On n’en peut plus », nous confie S., un étudiant croisé dans une file d’attente devant un bureau de tabac. Il exprime une frustration qui semble être largement partagée par la population. « On ne peut plus sortir, on ne peut plus se distraire. On n’a plus de vie. » A ses côtés, un monsieur plus âgé acquiesce. « On est en train de gâcher leur jeunesse. Moi, personnellement, je m’en fiche. A mon âge, je suis vacciné ». Quelques murmures parcourent la file, qui avance lentement. Dans la rue, une voiture de police roule au pas. C’est la troisième que nous croisons en une demi-heure. Devenues omniprésentes depuis la (...) Lire la suite »

Avis aux journalistes : Cuba n’est pas une histoire de famille mais de résistance

Viktor DEDAJ
Vu dans la presse : "Cuba : après 62 ans à la tête de l'État, la famille Castro quitte le pouvoir" (France24) Non, pas la "famille" Castro, mais le leader de la révolution cubaine et son second, qui se trouve être un de ses frères. Raul n'était pas n'importe quel "membre de la famille". Raul était présent à l'assaut de la Moncada. Raul était en exil au Mexique. Raul était à bord du Granma. Raul a combattu dans la Sierra Maestra. Si Fidel avait la moindre légitimité, Raul en avait autant. Mais ces journalistes, qui parlent de "famille Castro", seraient en mal de nommer d'autres membres de la "famille Castro" (eh oui, il y a d'autres - frères et soeurs) qui auraient occupé l'espace politique cubain. Tiens, après avoir passé 30 ans à étudier et/ou suivre Cuba, je suis incapable de vous dire qui était l'épouse de Fidel. Ce n'était pas un secret, c'est juste que... ben... on s'en fiche, quoi. Pas de "First Lady" à la noix, si vous voyez ce que je veux dire. Mais "famille Castro", ça claque, et ça donne un (...) Lire la suite »
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Julian Assange et la loi de la relativité générale

Viktor DEDAJ
Si je ne devais retenir qu'un seul indice du niveau de déchéance intellectuelle et éthique de la classe dirigeante dans son ensemble, des médias dans leur écrasante majorité, et même des progressistes dont le qualificatif devrait être impérativement précédé de « pseudo », c'est en observant leur attitude dans l'affaire Julian Assange. Plus précisément, en comparant leurs arguments avec le traitement subi par Assange, et la punition extrême qu'il encourt. En admettant sans broncher tous leurs arguments, et je dis bien tous sans exception (même s'ils sont tous, sans exception, basés sur des mensonges), il reste quand même un mystère : comment font-ils pour faire cohabiter dans leurs esprits les reproches qui lui sont faits avec la sévérité du sort qui lui a été réservé ? Quel crime aurait-il commis qui mériterait 175 ans de prison, et peut-être la peine de mort (même si les autorités américaines jurent sur leurs grands dieux que jamais au grand jamais...) A ceux-là, je dis : « Julian Assange est un violeur. (...) Lire la suite »

Cuba sous embargo - paroles cubaines sur le blocus

Viktor DEDAJ
Instauré depuis 1962 par les États-Unis après un échec de l’invasion de l’île, le blocus non seulement pourrit la vie des Cubains mais constitue également une véritable insulte à la communauté internationale, laquelle, dans sa quasi totalité, le condamne chaque année à l’ONU depuis près de trente ans. Cette négation de la souveraineté des États et cette sanctification du droit d’ingérence par l’asphyxie constitue l’un des plus grands scandales de tous les temps. Dans le carnet de bord qu’il tient tout en réalisant ses interviews sur le blocus, Viktor Dedaj s’exprime sans langue de bois, décrit cette île qui n’est ni un paradis ni un enfer mais respirerait tellement mieux sans les pressions de son puissant voisin. Il montre aussi comment Cuba résiste, tout en donnant au monde entier l’exemple de la dignité et du courage. Préface de Maurice Lemoine Voir ici : (...) Lire la suite »

"Extraterritorialité" vs "Compétence universelle" (au cas où vous vous poseriez la question)

Viktor DEDAJ
Au cas où vous vous poseriez la question : c'est quoi la différence entre une prétendue "extraterritorialité" de la loi (comme les Etats-Unis contre Julian Assange) et une "compétence universelle", comme lorsque l'Espagne a poursuivi le général Pinochet pour crimes de torture ? La compétence universelle consiste pour une juridiction (un Etat) à se déclarer "compétente" pour poursuivre certains crimes, notamment les crimes contre l'humanité. La juridiction "assume" le rôle de justicier pour des crimes commis hors de sa juridiction mais relevant du droit international. (A noter que cette compétence universelle est déclarée et non pas présumée.) Il ne s'agit pas - dans le cas de l'Espagne - d'étendre sa juridiction mais de se déclarer compétent pour poursuivre des violations du droit international. C'est la reconnaissance du droit international et une forme de mise en pratique de celui-ci. Pratiquement à l'inverse, l'extraterritorialité n'est pas la reconnaissance du droit international mais une (...) Lire la suite »

Qu’est-ce que le vrai journalisme ?

Viktor DEDAJ
Un proche m'a demandé "si je voulais devenir un vrai journaliste, crois-tu que je devrais entrer dans une école de journalisme ?". Voici ma réponse : "Il fut un temps où, de temps en temps, des étudiants en journalisme m'interviewaient sur les "médias alternatifs". Les entretiens se terminaient toujours par une déclaration de l'un d'entre eux, dans le style "Je viens de réaliser que j'ai perdu deux ans de ma vie". Ta question me semble être du genre : "Si je voulais être un vrai philosophe, à quelle religion devrais-je me convertir ?" Qu'est-ce que le vrai journalisme ? Essentiellement - à notre époque - un acte de déconstruction et de rétro-ingénierie d'une activité profondément idéologique créée par l'homme. Ces écoles t'apprendront comment construire un train, qui conduira éventuellement quelqu'un à Auschwitz. Il n'y a malheureusement aucune école pour t'apprendre à le faire sauter." Le vrai journalisme, aujourd'hui, ici, maintenant, c'est œuvrer à faire sauter ces trains. Parler de journalisme (...) Lire la suite »

« WikiLeaks a ridiculisé la presse "mainstream" »

Viktor DEDAJ

Extrait d’une (longue) interview accordée à Drapeau Rouge (Belgique) - #82

[...] Le DR.- « Last but not least », vous savez bien qu'il y a des moments dans l'histoire où les grands enjeux se résument en un destin, en un symbole. C'est le cas de Julian Assange qui est, depuis un bon moment, un locataire presque permanent de votre site. Que vous inspire son dossier ? Comment voyez-vous l'issue de l'ignoble répression qu'il subit pour avoir osé exercer son droit d'informer ? V.D.- Dans la foulée des attentats du 11/9 et des guerres impérialistes qui ont suivi, on a assisté à un ralliement de la presse internationale aux « guerres contre le terrorisme ». Elle ne faisait même plus semblant et se laissait embarquer (embedded journalism) avec les troupes d'invasion. La narrative occidentale devint une chape de plomb et tous ceux qui n'étaient pas « avec nous » étaient « contre nous »… Mais en 2010, un organe de presse d'un genre nouveau, appelé WikiLeaks, est apparu sur la scène internationale et a sérieusement brisé ce schéma narratif et a même ridiculisé la presse « mainstream (...) Lire la suite »

Surprise : ils viennent de déplacer les "lignes rouges"...

Viktor DEDAJ
Ceux qui me connaissent savent (j'espère) que je ne suis pas très partisan de l'argument pour défendre Assange qui consiste à dire qu'après Assange, ils s'en prendront aux autres. Mon argument était (est ?) que "les autres" ne se sentent pas concernés par le cas Assange car, contrairement à Wikileaks et Julian Assage, ils savent parfaitement qu'ils ne franchiraient jamais les lignes rouges... Mais voilà que oh surprise. Au vu des arrestations, tirs de flash ball, violences en tous genres exercés ces derniers jours sur les journalistes américains, notamment ceux des "grand médias" institutionnels, on constate qu'ils n'ont pas franchi les lignes rouges mais que ce sont les lignes rouges qui les ont franchis. Désormais, plus de reportages en direct sur les "bavures" policières, plus de forces de l'ordre filmées en pleines exactions. Tout ce que ces "journalistes" aimaient tant - la mise en images de leur propre "courage" et "dévouement" - vient d'être marqué d'une cible. Vous ne vouliez pas (...) Lire la suite »
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