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Auteur : André LACROIX

Après le Tibet, place au Xinjiang pour discréditer la Chine

André LACROIX

Maintenant que le soufflé des immolations de fanatiques tibétains est retombé et que l’étoile du 14e dalaï-lama a perdu de son éclat, voilà qu’apparaît un nouvel abcès de fixation sur les flancs du géant chinois : le Xinjiang, arrivé en tête du "hit parade" du "China bashing" devant le Tibet, Taïwan, Hong Kong et même le coronavirus.

Des légendes trompeuses On se souvient de la photo qui a fait le tour du monde, au printemps 2008, de soldats chinois déguisés en moines tibétains pour provoquer des émeutes sanglantes. En fait, comme l’a révélé Michel Collon dès le 3 avril sur le site Investig’Action, la photo n’avait rien à voir avec les émeutes sanglantes du 14 mars 2008 et leur répression : elle avait déjà été publiée en ... 2003 et montrait des soldats ayant servi de figurants dans un film, déguisés, effectivement, en moines bouddhistes, ces derniers, les vrais, refusant d’apparaître dans des films. Parmi tous les « grands » journaux, il n’y eut que La Croix, le 30 avril, pour révéler la mystification. Il faudra attendre huit ans pour que Pierre Haski himself en fasse de même dans L’Obs du 2 nov. 2016... Faudra-t-il attendre 2028 pour que la presse officielle consente à reconnaître que nombre de photos qui envahissent les médias à propos des « atrocités » commises par les Chinois au Xinjiang sont aussi des montages ? Exemples : un (...) Lire la suite »
Du moment que les victimes sont en Chine et que les terroristes sont Ouïghours...

Le terrorisme anecdotique : nouveau concept universitaire

André LACROIX

Le mardi 4 août 2020 au matin, j’ai failli avaler mon café de travers en entendant déclarer sur les ondes de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) que la situation au Xinjiang « a créé des tensions très importantes qui ont amené les Ouïghours à se soulever à plusieurs reprises, souvent de façon locale et de façon anecdotique. Mais ces soulèvements ont été qualifiés par l’État chinois d’actes terroristes. » De qui sont ces propos ? De Mme Vanessa Frangville, titulaire d’un doctorat en études chinoises de l’Université Lyon 3 et maître de conférences et titulaire de la chaire d'études chinoises à l'ULB (Université libre de Bruxelles).

Appeler un chat un chat La qualification d’actes terroristes n’est pas due à l’État chinois ; elle découle de l’examen des faits. Voyons ce qu’en dit SciencesPo (Center for International Studies) : « En 2013-2014 la Chine a fait face à une vague d’attentats sans précédent sur son territoire. Parmi les plus importantes attaques, on retient un attentat suicide à la voiture piégée sur la place Tiananmen à Pékin le 28 octobre 2013 qui a fait deux morts et 40 blessés, une attaque au couteau à la gare de Kunming (capitale du Yunnan) le 1er mars 2014 qui a fait 31 morts et plus de 140 blessés, une valise piégée à la gare d’Urumqi (capitale du Xinjiang) le 30 avril 2014 qui a fait trois morts et 79 blessés, ou encore un double attentat suicide à la voiture piégée sur un marché à ciel ouvert d’Urumqi le 22 mai de la même année qui a fait 31 morts et 94 blessés. Ces attaques ont toutes été perpétrées par des militants ouïghours, et certaines d’entre elles ont été revendiquées par le Parti islamique du Turkestan (PIT), (...) Lire la suite »

Les Verts européens, l’extrême droite et la Chine : Philippe Lamberts ne répond plus

André LACROIX

* Le 6 juin, je faisais part à une trentaine de responsables écologistes (français et belges) de ma perplexité en apprenant que, dans leur guerre contre la Chine, des Verts allemands se retrouvaient dans le même camp que l’agitateur populiste Steve Bannon, aux côtés de gens peu recommandables comme, par exemple, Gerolf Annemans (du Vlaams Belang)… * Réaction immédiate et courroucée de Philippe Lamberts, premier vice-président du groupe écologiste au Parlement européen. * Vous trouverez ci-dessous : - 1) mon interpellation, - 2) la réaction de Philippe Lamberts, - 3) ma réponse, - 4) … un silence assourdissant – qui m’autorise à rendre public ce trop bref échange.

1) Mon interpellation à une trentaine de personnalités écologistes (6 juin, 9 h 02) Chère Madame, cher Monsieur, L’article ci-dessous, tiré de “german-foreign-policy” (*), traduit par un de mes amis, nous apprend que des Verts allemands seraient en train de flirter avec Steve Bannon jusqu’à partager avec lui une odieuse campagne de “China bashing”. J’ose espérer qu’aucun(e) d’entre vous ne partage ce point de vue et que vous vous désolidariserez publiquement de cette dérive. Sur Hong Kong, je me permets de vous recommander l’article ci-joint, dû à la plume de Lionel Vairon(**), sinologue et ancien diplomate français. Avec l’expression de ma meilleure considération, André Lacroix auteur de la traduction Mon combat pour un Tibet moderne. Récit de vie de Tashi Tsering (éd. Golias, 2010) et de l’essai Dharamsalades. Les masques tombent (éd. Amalthée, 2019) (*) document disponible sur demande (**) idem 2) La réaction de Philippe Lamberts (6 juin, 12 h 30) Cher Mr. Lacroix, en politique comme dans la vie, je (...) Lire la suite »
Il avait couvert un faux dans Libération, diffamé LGS dans Rue89, il est chroniqueur sur France Inter et il préside RSF qui tenta de nous faire censurer.

Le coronavirus et la Chine. Lettre ouverte à Reporters sans Frontières

André LACROIX

Le 24 mars, j’ai reçu un courriel de Daniel Bastard contenant un communiqué de presse de RSF intitulé « Si la presse chinoise était libre, le coronavirus ne serait peut-être pas devenu une pandémie ». Le 25 mars et le 26 mars, j’ai reçu, de la part de Cédric Alviani, un autre texte de RSF intitulé « Ces héros de l’information que la Chine a étouffés ».

Chers Messieurs Bastard et Alviani, Que les autorités chinoises aient commis des fautes lors du surgissement inopiné d’un nouveau virus, nul ne le conteste, en particulier le gouvernement de Pékin qui a déjà décidé de demander des comptes aux autorités de la métropole de Wuhan et de la province du Hubei. Vous profitez de ces événements dramatiques pour condamner sans appel un régime qui ne vous plaît pas. L’indignation à géométrie variable est une constante chez RSF. Vous êtes bien les héritiers de votre fondateur et ancien secrétaire général, le peu recommandable Robert Ménard dont l’engagement à RSF a été suivi par l’accession à la mairie de Béziers grâce au soutien de Marine Le Pen. Que le nouveau secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, ait déclaré se désolidariser de Ménard en 2006, cela ne l’a pas empêché, en 2019, d’aller chercher le Prix Dan David à Tel Aviv, dans un pays où l’on peut se permettre d’assassiner des journalistes palestiniens. Quant à l’ineffable Pierre Haski, votre président, dont les (...) Lire la suite »
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« Quand le Tibet s’éveillera » passé au crible. Alexandre Adler : un curieux expert

André LACROIX

Le célèbre historien et journaliste, Alexandre Adler, spécialiste des relations internationales, a publié début 2020 aux éditions du Cerf son 28e livre, dont le titre rappelle évidemment "Quand la Chine s’éveillera", l’essai fameux d’Alain Peyrefitte paru il y a presque un demi-siècle. Le livre d’Adler fera-t-il date comme celui de Peyrefitte ? C’est peu probable, car, même s’il nous donne sur la question tibétaine un éclairage pour le moins original, il pèche par de nombreux défauts de forme et de fond. On pourra en trouver une critique détaillée dans : http://tibetdoc.org/index.php/religion/bouddhisme-tibetain-dans-le-mon.... Ci-dessous, une version raccourcie, sans aucune note de bas de page.

Un livre indigeste, bâclé et bourré d’erreurs Le livre est mal écrit. En plus de nombreuses fautes d’orthographe, le style est embrouillé : phrases kilométriques, parfois incompréhensibles. « Soyez obscur, on vous croira profond », telle semble la devise d’Alexandre Adler. Pire, l’ouvrage regorge d’affirmations contestables (j’en ai relevé six), voire d’erreurs pures et simples (j’en ai relevé huit). Ça va d’une prétendue supériorité économique et intellectuelle du vieil Empire du Japon sur la Chine (p. 10) à une imaginaire reconnaissance du Tibet par les Nations unies (p. 15) en passant par des dates complètement farfelues. Pas une seule note de bas de page et pas une seule référence bibliographique ! C’est la règle pour les romans. Mais pour un essai présenté en 4e de couverture comme « rigoureux », cela laisse rêveur. Tout se passe comme si le lecteur n’avait qu’à avaler, comme à la radio ou à la télé, des anecdotes et des déclarations assenées avec brio. Mais, n’en déplaise aux consommateurs pressés, le (...) Lire la suite »

Confucius ou dalaï-lama ? L’ULB a choisi.

André LACROIX

L’ULB (Université Libre de Bruxelles) a cessé sa collaboration avec l’Institut Confucius. Selon les autorités universitaires, « cette collaboration était considérée comme pauvre, voire handicapante. L’intérêt décroissant de professeurs pour des collaborations à travers l’Institut, le faible retour sur investissement en temps, ressources humaines et logistiques de la part de l’ULB, l’absence de transparence dans le choix des enseignants et des projets financés constituaient autant de sources d’interrogation » (1). En résumé, « Trop peu de retombées et d’activités académiques » (2). Quand on creuse un peu, on s’aperçoit que les raisons avancées pour cette rupture sont plutôt des prétextes que de véritables motifs.

L’ULB court derrière la VUB Le déclencheur de cette décision est à chercher sans doute du côté de la VUB (Vrije Universiteit Brussel), le pendant flamand de la francophone ULB. « Le 10 décembre dernier, le directeur de l’Institut Confucius de la VUB se voyait interdire de visa pour l’espace Schengen suite aux soupçons d’espionnage qui pesaient contre lui » (3). Même si « l’homme nie les faits qui lui sont reprochés » (4), l’occasion était belle pour la VUB − dans le contexte actuel schizophrénique de l’Europe partagée entre son intérêt vital de coopérer avec la vaste Chine et des sentiments antichinois mal déguisés en défense des « droits de l’homme » à la sauce atlantiste − de montrer qu’elle ne transigeait pas avec son idéal de libre examen, allergique à toute influence communiste. À une question parlementaire sur la présence d’espions chinois à Bruxelles, Koen Geens, le ministre belge de la défense avait, dans sa réponse le 4 décembre dernier, affirmé que « la Chine dispose d’un nombre important de structures qui (...) Lire la suite »
La « découverte », par un processus divinatoire, du futur dalaï-lama dans le corps d’un enfant

Le dalaï-lama plus catholique que le pape

André LACROIX

« La Chine n’a aucune légitimité à choisir le prochain Dalaï-Lama », tel est le titre d’une longue interview donnée à « La Libre Belgique » du 18 octobre 2019 (1) par Lobsang Sangay, « Premier ministre » du « gouvernement tibétain en exil ». Nous ne relèverons pas ici les accusations et autres procès d’intention, émaillant cette interview, que lui et son mentor répètent en boucle à l’encontre de la Chine. Nous ne commenterons pas non plus ses aveux assez pathétiques de la détérioration des soutiens à la « cause tibétaine », ni l’accusation de despotisme formulée par ses troupes, ni la perte du procès en diffamation intenté contre l’« Administration centrale tibétaine » par Penpa Tsering, son ancien représentant à Washington (2). Limitons-nous à la question évoquée dans le titre et aux comparaisons qu’elle inspire avec d’autres religions, notamment le catholicisme.

Ce que dit Lobsang Sangay « En 2007, le gouvernement chinois a décrété que toutes les réincarnations devaient être certifiées par le Parti communiste chinois. Vous n’êtes un lama authentique que quand le PCC vous a émis le certificat. Il a ainsi reconnu 1 300 lamas réincarnés. Récemment, en juillet, des journalistes indiens sont allés au Tibet et sont revenus avec le même gros titre : la Chine sélectionnera le prochain Dalaï-Lama et l’Inde ne doit pas interférer sous peine de conséquences. Nous avons donc adopté une résolution unanime. Premièrement, nous voulons le retour de notre maître spirituel. Deuxièmement, les leaders religieux sélectionnent leur propre réincarnation, leur propre successeur. La Chine ne peut pas interférer, il s’agit d’une question de liberté religieuse. Troisièmement, la Chine, qui a détruit nos monastères et découragé le bouddhisme ces 60 dernières années, n’a aucune légitimité ni aptitude à choisir le prochain Dalaï-Lama. » Tolérance sous contrôle Ainsi donc, d’après Lobsang Sangay en (...) Lire la suite »

Bad Gones et Free Tibet

André LACROIX

Lors du match de football entre l’Olympique Lyonnais (OL) et le Football Club de Nantes du dimanche 24 septembre 2019, les Bad Gones, club de supporters de l’équipe locale, ont réalisé un « tifo » géant représentant le « drapeau tibétain ». Ils voulaient ainsi protester contre la programmation de ce match à 13 h 30, décidée par la Ligue de Football Professionnel (LFP) afin de le mettre en valeur en Chine où le championnat français est assez prisé. Comme on pouvait s’y attendre, France-Tibet s’est délecté de cet incident.

Qui sont ces Bad Gones ? « Bad Gones » est le nom d’un club de supporters de l’OL, fondé en 1987 et fort d’environ 6 000 membres, qui ces dernières années s’est illustré par des comportements détestables. Dans Le Monde du 24/09/2018, Maxime Goldbaum raconte qu’à l’occasion d’un match OL-OM (Olympique de Marseille), ces Bad Gones ont « distribué dans les tribunes un tract dépeignant la ville et les supporteurs de Marseille en des termes peu amènes, voire racistes (...) Ils y appellent notamment à se mobiliser contre la vérole sudiste (...) » Quelques jours auparavant, après la rencontre Manchester City-OL, « encore un salut nazi parmi les supporters lyonnais », pouvait-on lire en titre d’un article de Bertrand Enjalbal dans l’édition du 20/09/2018 de Rue89Lyon du 19/09/2018. Ce n’était, hélas, pas une première : « Le 15 mars 2018, continue l’article, un policier avait été violemment lynché par des hooligans lyonnais. Durant le match, l’UEFA avait par ailleurs constaté des saluts nazis, des symboles nazis et (...) Lire la suite »

Liu Xiaobo : le scotome occidental

André LACROIX

« Liu Xiaobo, l’homme qui a défié Pékin », tel est le titre d’un reportage et d’un livre que Pierre Haski a consacrés à celui qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2010 (1). Aucun téléspectateur, aucun lecteur, doué de sentiments humains, ne peut rester insensible à la destinée de Liu Xiaobo, cet intellectuel chinois que son opposition au régime a mené plusieurs fois en prison ; finalement libéré, il est mort d’un cancer en 2017. On peut aussi légitiment apprécier ses efforts pour que ne soit pas effacée de la mémoire chinoise la tragédie de Tian’anmen. On aurait aimé toutefois que le journaliste Pierre Haski mentionne à tout le moins, quitte à le contester, le point de vue du gouvernement chinois sur le célèbre dissident, devenu une icône du « monde libre ».

Un soft power encore balbutiant Certes, Pékin a manqué de subtilité médiatique en interdisant à Liu Xiaobo de recevoir son Nobel de la Paix. L’épisode de la chaise vide a eu un effet déplorable sur l’image de la République populaire de Chine. Si elle avait mieux maîtrisé l’art de la communication, elle aurait permis à Liu Xiaobo de venir à Oslo chercher son prix, tout en fournissant au monde un argumentaire mettant en cause l’impartialité du jury du Nobel, très en phase avec l’Oncle Sam, et contestant à Liu Xiaobo ses mérites de faiseur de paix. Cet argumentaire était pourtant à portée de la main, comme l’a montré le chercheur américano-canadien Barry Sautman qui, en collaboration avec l’anthropologue Yan Hairong, a écrit dans The Guardian, un article décoiffant, intitulé : « Les supporters du Nobel Liu Xiaobo savent-ils réellement ce qu’ils soutiennent ? » (2). En voici quelques extraits principaux (les intertitres sont de moi). Liu Xiaobo n’était pas un champion de la paix « (...) [Liu Xiaobo] a approuvé (...) Lire la suite »

Arte : d’indécrottables préjugés !

André LACROIX

Spectateur régulier de la chaîne ARTE, j’espérais beaucoup du documentaire diffusé le 27 novembre, ainsi présenté dans la presse quotidienne : « À l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le réalisateur Claus Kleber, par ailleurs présentateur vedette de la ZDF, procède à un inventaire et dresse un état des lieux soulevant des questions complexes. Car si ce texte, rédigé en 1948 suite aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale, ambitionnait de s’appliquer à tous les citoyens du monde, il reflète néanmoins une vision occidentale. Ainsi, les valeurs de la culture islamique ou encore les normes sociales asiatiques constituent aussi des clés nécessaires pour appréhender nombre de crises et conflits actuels. Comment, dès lors, concilier des conceptions des droits humains parfois très éloignées, selon les cultures, des principes que les Occidentaux souhaitaient universels ? »

Une telle annonce laissait entrevoir un documentaire passionnant. La déception a été grande chez les téléspectateurs qui ont eu le courage de regarder jusqu’au bout cette émission d’une heure et demie, brouillonne et bavarde, ne répondant que très partiellement au programme annoncé (1). Si l’on peut comprendre que, dans le contexte actuel d’islamophobie, « les valeurs de la culture islamique » aient été passées au bleu, en revanche on était en droit d’attendre une mise en perspective de la Déclaration de 1948 et notamment le rappel que ce texte fondamental ne concernait pas seulement les droits individuels (liberté d’expression, d’association, de religion), mais également les droits sociaux (nourriture, santé, éducation). Seules allusions à ces droits sociaux : un professeur de Shanghai revendiquant comme priorité l’éradication de la pauvreté et le rappel de la sortie de la misère de 600 millions de Chinois ; une infirmière kényane parcourant les villages pour inculquer les principes du contrôle des (...) Lire la suite »
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