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Auteur : André LACROIX

Sur les Ouïghours comparés aux Tibétains, lettre à un ami sceptique

André LACROIX

Un ami très cher m’a écrit le 18/12/2020 : « Si je te suis sans problème sur le Tibet, j’ai beaucoup plus de mal à le faire sur les Ouïghours. Rien de ce que tu m’as donné à lire ne m’a paru même à moitié aussi convaincant que ce que tu m’as fourni sur le Tibet. » Voici ma réponse.

Cher N, Je comprends ton scepticisme, mais je ne le partage pas. Pendant des années, j’ai cru comme tout le monde que le Tibet était victime d’un triple génocide : physique, culturel et démographique. Il a fallu que j’aille sur place et que je me documente sérieusement pour me rendre compte que ces accusations ne tiennent pas la route. « Si l’Europe et les USA ont menti sur le Tibet (...), écrit Emmanuel Wathelet (1), il est possible que les mêmes mentent sur le Xinjiang. » C’est même probable : maintenant que l’aura du dalaï-lama est en train de pâlir, ne fallait-il pas s’attendre à l’apparition d’un nouvel abcès de fixation sur les flancs du géant chinois ? Je ne crois pas être « complotiste » en constatant que les « révélations » sur le sort des « pauvres » Ouïghours tombent à point nommé pour détourner l’attention sur le fait que les EU sont en train de perdre leur leadership mondial au profit d’une Chine qui a retrouvé son antique prestige d’Empire du Milieu (2). Un peu d’esprit critique montre à suffisance (...) Lire la suite »
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Pax Romana et Pax Americana, Pax Sinica et question tibétaine

André LACROIX

En guise de réaction à mes chroniques sur le Tibet, une amie de longue date m’a proposé d’écouter l’émission « Soudain le Talmud ! Pourquoi l’Empire n’admettra jamais le tiqqun » par Ivan Segré (émission du 1er mars 2015 toujours disponible sur le Net ; durée : 19 min 28 s). Il y est question d’une discussion talmudique sur l’attitude de la communauté juive du IIe siècle de notre ère face au pouvoir de l’Empire romain. Mon amie m’invitait ainsi, je suppose, à une comparaison entre la politique impériale romaine vis-à-vis des juifs et la politique chinoise vis-à-vis de Tibétains. C’est l’occasion pour moi revenir sur un rapprochement entre deux mondes qui me tiennent à cœur, le monde juif et le monde tibétain, plus subtilement, j’espère, que le médiatique et omniscient Alexandre Adler (1).

Rome et la Judée Pour bien comprendre ce dont parle Ivan Segré, il faut d’abord définir le mot tiqqun, signifiant dans la tradition talmudique réparation, restitution, rédemption, ce qui recouvre en grande partie la conception juive de la justice sociale. La pratique du tiqqun est destinée à rendre le monde habitable. Pour beaucoup d’historiens, voire la majorité, il apparaît que cette habitabilité du monde a été largement garantie par la Pax Romana. Mais dans la Judée du IIe siècle, cette conviction selon laquelle Rome serait l’instrument du tiqqun faisait l’objet de controverses, comme on peut le voir en comparant la position de trois célèbres érudits de la Torah : Rabbi Yehouda, Rabbi Yosse et Rabbi Shimon. Avec un talent incontestable de de la narration vivante, Ivan Segré rapporte la réponse donnée à cette question sensible par ces trois experts, comme s’il s’était agi d’un débat télévisé. Pour Rabbi Yehouda, la réponse est oui : rempart contre la barbarie, Rome a apporté le marché (et la paix qui (...) Lire la suite »
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La sinophobie rampante d’Arte

André LACROIX

Ce n’est pas la première fois que la chaîne Arte accrédite par son aura prestigieuse des préjugés antichinois largement répandus en Occident (1). En voici deux nouveaux exemples fournis par ses présentateurs vedettes, Claude Askolovitch et Élisabeth Quin.

Un rapprochement injustifiable Le billet de Claude Askolovitch dans le « 28 minutes » d’Arte du 30 octobre était consacré à l’examen gynécologique intempestif, subi à l’aéroport de Doha par des femmes suspectées d’avoir mis au monde un bébé et l’avoir abandonné. En partant de ce scandale, de ce viol sexiste, Claude Askolovitch, toujours prompt à dénoncer avec sensibilité les injustices, s’insurge à juste titre contre notre complaisance face au Qatar qui s’autorise tous les droits (achat de la Coupe du monde, servage des ouvriers étrangers, propagation du terrorisme islamiste, etc.) Mais quel mouche le pique de terminer sa philippique par l’évocation des ... Ouïghours, des Tibétains et des Hongkongais !? Alors que la Chine a vaincu l’archaïsme sexiste, qu’elle combat le terrorisme islamiste et qu’elle a sauvé de la misère 700 millions d’habitants ! Comment expliquer cet amalgame Chine-Qatar sinon par une paranoïa collective ? Après le bêlement politico-médiatique « Venezuela-a-a-a », place au tube « (...) Lire la suite »

Après le Tibet, place au Xinjiang pour discréditer la Chine

André LACROIX

Maintenant que le soufflé des immolations de fanatiques tibétains est retombé et que l’étoile du 14e dalaï-lama a perdu de son éclat, voilà qu’apparaît un nouvel abcès de fixation sur les flancs du géant chinois : le Xinjiang, arrivé en tête du "hit parade" du "China bashing" devant le Tibet, Taïwan, Hong Kong et même le coronavirus.

Des légendes trompeuses On se souvient de la photo qui a fait le tour du monde, au printemps 2008, de soldats chinois déguisés en moines tibétains pour provoquer des émeutes sanglantes. En fait, comme l’a révélé Michel Collon dès le 3 avril sur le site Investig’Action, la photo n’avait rien à voir avec les émeutes sanglantes du 14 mars 2008 et leur répression : elle avait déjà été publiée en ... 2003 et montrait des soldats ayant servi de figurants dans un film, déguisés, effectivement, en moines bouddhistes, ces derniers, les vrais, refusant d’apparaître dans des films. Parmi tous les « grands » journaux, il n’y eut que La Croix, le 30 avril, pour révéler la mystification. Il faudra attendre huit ans pour que Pierre Haski himself en fasse de même dans L’Obs du 2 nov. 2016... Faudra-t-il attendre 2028 pour que la presse officielle consente à reconnaître que nombre de photos qui envahissent les médias à propos des « atrocités » commises par les Chinois au Xinjiang sont aussi des montages ? Exemples : un (...) Lire la suite »
Du moment que les victimes sont en Chine et que les terroristes sont Ouïghours...

Le terrorisme anecdotique : nouveau concept universitaire

André LACROIX

Le mardi 4 août 2020 au matin, j’ai failli avaler mon café de travers en entendant déclarer sur les ondes de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) que la situation au Xinjiang « a créé des tensions très importantes qui ont amené les Ouïghours à se soulever à plusieurs reprises, souvent de façon locale et de façon anecdotique. Mais ces soulèvements ont été qualifiés par l’État chinois d’actes terroristes. » De qui sont ces propos ? De Mme Vanessa Frangville, titulaire d’un doctorat en études chinoises de l’Université Lyon 3 et maître de conférences et titulaire de la chaire d'études chinoises à l'ULB (Université libre de Bruxelles).

Appeler un chat un chat La qualification d’actes terroristes n’est pas due à l’État chinois ; elle découle de l’examen des faits. Voyons ce qu’en dit SciencesPo (Center for International Studies) : « En 2013-2014 la Chine a fait face à une vague d’attentats sans précédent sur son territoire. Parmi les plus importantes attaques, on retient un attentat suicide à la voiture piégée sur la place Tiananmen à Pékin le 28 octobre 2013 qui a fait deux morts et 40 blessés, une attaque au couteau à la gare de Kunming (capitale du Yunnan) le 1er mars 2014 qui a fait 31 morts et plus de 140 blessés, une valise piégée à la gare d’Urumqi (capitale du Xinjiang) le 30 avril 2014 qui a fait trois morts et 79 blessés, ou encore un double attentat suicide à la voiture piégée sur un marché à ciel ouvert d’Urumqi le 22 mai de la même année qui a fait 31 morts et 94 blessés. Ces attaques ont toutes été perpétrées par des militants ouïghours, et certaines d’entre elles ont été revendiquées par le Parti islamique du Turkestan (PIT), (...) Lire la suite »

Les Verts européens, l’extrême droite et la Chine : Philippe Lamberts ne répond plus

André LACROIX

* Le 6 juin, je faisais part à une trentaine de responsables écologistes (français et belges) de ma perplexité en apprenant que, dans leur guerre contre la Chine, des Verts allemands se retrouvaient dans le même camp que l’agitateur populiste Steve Bannon, aux côtés de gens peu recommandables comme, par exemple, Gerolf Annemans (du Vlaams Belang)… * Réaction immédiate et courroucée de Philippe Lamberts, premier vice-président du groupe écologiste au Parlement européen. * Vous trouverez ci-dessous : - 1) mon interpellation, - 2) la réaction de Philippe Lamberts, - 3) ma réponse, - 4) … un silence assourdissant – qui m’autorise à rendre public ce trop bref échange.

1) Mon interpellation à une trentaine de personnalités écologistes (6 juin, 9 h 02) Chère Madame, cher Monsieur, L’article ci-dessous, tiré de “german-foreign-policy” (*), traduit par un de mes amis, nous apprend que des Verts allemands seraient en train de flirter avec Steve Bannon jusqu’à partager avec lui une odieuse campagne de “China bashing”. J’ose espérer qu’aucun(e) d’entre vous ne partage ce point de vue et que vous vous désolidariserez publiquement de cette dérive. Sur Hong Kong, je me permets de vous recommander l’article ci-joint, dû à la plume de Lionel Vairon(**), sinologue et ancien diplomate français. Avec l’expression de ma meilleure considération, André Lacroix auteur de la traduction Mon combat pour un Tibet moderne. Récit de vie de Tashi Tsering (éd. Golias, 2010) et de l’essai Dharamsalades. Les masques tombent (éd. Amalthée, 2019) (*) document disponible sur demande (**) idem 2) La réaction de Philippe Lamberts (6 juin, 12 h 30) Cher Mr. Lacroix, en politique comme dans la vie, je (...) Lire la suite »
Il avait couvert un faux dans Libération, diffamé LGS dans Rue89, il est chroniqueur sur France Inter et il préside RSF qui tenta de nous faire censurer.

Le coronavirus et la Chine. Lettre ouverte à Reporters sans Frontières

André LACROIX

Le 24 mars, j’ai reçu un courriel de Daniel Bastard contenant un communiqué de presse de RSF intitulé « Si la presse chinoise était libre, le coronavirus ne serait peut-être pas devenu une pandémie ». Le 25 mars et le 26 mars, j’ai reçu, de la part de Cédric Alviani, un autre texte de RSF intitulé « Ces héros de l’information que la Chine a étouffés ».

Chers Messieurs Bastard et Alviani, Que les autorités chinoises aient commis des fautes lors du surgissement inopiné d’un nouveau virus, nul ne le conteste, en particulier le gouvernement de Pékin qui a déjà décidé de demander des comptes aux autorités de la métropole de Wuhan et de la province du Hubei. Vous profitez de ces événements dramatiques pour condamner sans appel un régime qui ne vous plaît pas. L’indignation à géométrie variable est une constante chez RSF. Vous êtes bien les héritiers de votre fondateur et ancien secrétaire général, le peu recommandable Robert Ménard dont l’engagement à RSF a été suivi par l’accession à la mairie de Béziers grâce au soutien de Marine Le Pen. Que le nouveau secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, ait déclaré se désolidariser de Ménard en 2006, cela ne l’a pas empêché, en 2019, d’aller chercher le Prix Dan David à Tel Aviv, dans un pays où l’on peut se permettre d’assassiner des journalistes palestiniens. Quant à l’ineffable Pierre Haski, votre président, dont les (...) Lire la suite »
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« Quand le Tibet s’éveillera » passé au crible. Alexandre Adler : un curieux expert

André LACROIX

Le célèbre historien et journaliste, Alexandre Adler, spécialiste des relations internationales, a publié début 2020 aux éditions du Cerf son 28e livre, dont le titre rappelle évidemment "Quand la Chine s’éveillera", l’essai fameux d’Alain Peyrefitte paru il y a presque un demi-siècle. Le livre d’Adler fera-t-il date comme celui de Peyrefitte ? C’est peu probable, car, même s’il nous donne sur la question tibétaine un éclairage pour le moins original, il pèche par de nombreux défauts de forme et de fond. On pourra en trouver une critique détaillée dans : http://tibetdoc.org/index.php/religion/bouddhisme-tibetain-dans-le-mon.... Ci-dessous, une version raccourcie, sans aucune note de bas de page.

Un livre indigeste, bâclé et bourré d’erreurs Le livre est mal écrit. En plus de nombreuses fautes d’orthographe, le style est embrouillé : phrases kilométriques, parfois incompréhensibles. « Soyez obscur, on vous croira profond », telle semble la devise d’Alexandre Adler. Pire, l’ouvrage regorge d’affirmations contestables (j’en ai relevé six), voire d’erreurs pures et simples (j’en ai relevé huit). Ça va d’une prétendue supériorité économique et intellectuelle du vieil Empire du Japon sur la Chine (p. 10) à une imaginaire reconnaissance du Tibet par les Nations unies (p. 15) en passant par des dates complètement farfelues. Pas une seule note de bas de page et pas une seule référence bibliographique ! C’est la règle pour les romans. Mais pour un essai présenté en 4e de couverture comme « rigoureux », cela laisse rêveur. Tout se passe comme si le lecteur n’avait qu’à avaler, comme à la radio ou à la télé, des anecdotes et des déclarations assenées avec brio. Mais, n’en déplaise aux consommateurs pressés, le (...) Lire la suite »

Confucius ou dalaï-lama ? L’ULB a choisi.

André LACROIX

L’ULB (Université Libre de Bruxelles) a cessé sa collaboration avec l’Institut Confucius. Selon les autorités universitaires, « cette collaboration était considérée comme pauvre, voire handicapante. L’intérêt décroissant de professeurs pour des collaborations à travers l’Institut, le faible retour sur investissement en temps, ressources humaines et logistiques de la part de l’ULB, l’absence de transparence dans le choix des enseignants et des projets financés constituaient autant de sources d’interrogation » (1). En résumé, « Trop peu de retombées et d’activités académiques » (2). Quand on creuse un peu, on s’aperçoit que les raisons avancées pour cette rupture sont plutôt des prétextes que de véritables motifs.

L’ULB court derrière la VUB Le déclencheur de cette décision est à chercher sans doute du côté de la VUB (Vrije Universiteit Brussel), le pendant flamand de la francophone ULB. « Le 10 décembre dernier, le directeur de l’Institut Confucius de la VUB se voyait interdire de visa pour l’espace Schengen suite aux soupçons d’espionnage qui pesaient contre lui » (3). Même si « l’homme nie les faits qui lui sont reprochés » (4), l’occasion était belle pour la VUB − dans le contexte actuel schizophrénique de l’Europe partagée entre son intérêt vital de coopérer avec la vaste Chine et des sentiments antichinois mal déguisés en défense des « droits de l’homme » à la sauce atlantiste − de montrer qu’elle ne transigeait pas avec son idéal de libre examen, allergique à toute influence communiste. À une question parlementaire sur la présence d’espions chinois à Bruxelles, Koen Geens, le ministre belge de la défense avait, dans sa réponse le 4 décembre dernier, affirmé que « la Chine dispose d’un nombre important de structures qui (...) Lire la suite »
La « découverte », par un processus divinatoire, du futur dalaï-lama dans le corps d’un enfant

Le dalaï-lama plus catholique que le pape

André LACROIX

« La Chine n’a aucune légitimité à choisir le prochain Dalaï-Lama », tel est le titre d’une longue interview donnée à « La Libre Belgique » du 18 octobre 2019 (1) par Lobsang Sangay, « Premier ministre » du « gouvernement tibétain en exil ». Nous ne relèverons pas ici les accusations et autres procès d’intention, émaillant cette interview, que lui et son mentor répètent en boucle à l’encontre de la Chine. Nous ne commenterons pas non plus ses aveux assez pathétiques de la détérioration des soutiens à la « cause tibétaine », ni l’accusation de despotisme formulée par ses troupes, ni la perte du procès en diffamation intenté contre l’« Administration centrale tibétaine » par Penpa Tsering, son ancien représentant à Washington (2). Limitons-nous à la question évoquée dans le titre et aux comparaisons qu’elle inspire avec d’autres religions, notamment le catholicisme.

Ce que dit Lobsang Sangay « En 2007, le gouvernement chinois a décrété que toutes les réincarnations devaient être certifiées par le Parti communiste chinois. Vous n’êtes un lama authentique que quand le PCC vous a émis le certificat. Il a ainsi reconnu 1 300 lamas réincarnés. Récemment, en juillet, des journalistes indiens sont allés au Tibet et sont revenus avec le même gros titre : la Chine sélectionnera le prochain Dalaï-Lama et l’Inde ne doit pas interférer sous peine de conséquences. Nous avons donc adopté une résolution unanime. Premièrement, nous voulons le retour de notre maître spirituel. Deuxièmement, les leaders religieux sélectionnent leur propre réincarnation, leur propre successeur. La Chine ne peut pas interférer, il s’agit d’une question de liberté religieuse. Troisièmement, la Chine, qui a détruit nos monastères et découragé le bouddhisme ces 60 dernières années, n’a aucune légitimité ni aptitude à choisir le prochain Dalaï-Lama. » Tolérance sous contrôle Ainsi donc, d’après Lobsang Sangay en (...) Lire la suite »
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