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Auteur : Jean-Luc MELENCHON

L’apprentissage : une nouvelle rente pour l’exploitation des jeunes

Jean-Luc MELENCHON

Macron se sert de la crise pour faire avancer sa vision néolibérale de la société. son plan de relance n’en est pas un. Il se situe dans la continuité de la politique de l’offre menée depuis Hollande. Cela consiste à déverser sur les entreprises, et plus particulièrement les grandes, des milliards d’euros sans contreparties.

C’est le cas du plus gros morceau de ce plan : une baisse de 20 milliards d’euros sur des impôts payés par les entreprises servant au financement des services publics locaux. Quand on gratte le vernis de la communication, tout est sur le même moule. Ainsi, le gouvernement prévoit de faire un chèque de 5000 euros à toutes les entreprises qui embauchent un apprenti mineur et de 8000 euros pour celles qui embauchent un apprenti majeur. Même les plus grosses boîtes du CAC 40 peuvent toucher cette nouvelle aide à condition qu’elles aient au moins 5% d’apprentis. À la clef, donc, encore de l’argent public pour les entreprises. Mais aucune garantie n’est demandée par exemple sur l’embauche en CDI à la fin du contrat d’apprentissage. Cette aide crée donc un effet d’aubaine. Des patrons embaucheront un apprenti là où ils auraient choisi un contrat classique sans ce gain financier. Cette mesure colle en tout cas avec l’appétence des libéraux et du patronat pour l’apprentissage à tout prix comme méthode de (...) Lire la suite »

Défendre l’UNEF, c’est lutter contre l’obscurantisme

Jean-Luc MELENCHON

"...l’offensive a commencé sur un plateau de radio. En matinale sur « Europe-1 » l’intervieweuse entreprend la présidente de l’UNEF. Elle ne traite pas le scandale de la condition sociale étudiante actuelle mais les groupes de parole internes que le syndicat étudiant organise pour les victimes de discriminations racistes ou sexistes. Incontestablement c’est un bon coup médiatique et un buzz facile à enflammer... "

Défendre l’UNEF, c’est lutter contre l’obscurantisme mardi 23 mars 2021 L’attaque contre l’UNEF, jusqu’au point de réclamer sa dissolution est à mes yeux une impressionnante démonstration de l’efficacité de la nouvelle tactique de combat de l’extrême droite en France. Ce courant n’est pas résumé par la seule organisation d’extrême droite qu’est son parti dominant le RN. Il s’agit d’une mouvance large qui inclut de nombreux acteurs dans des sphères de différentes nature, depuis des médias jusqu’à des « intellectuels indépendants » type Onfray, des journalistes de plateau, en passant par toute la gamme des partis, groupes, associations communautaristes, et ainsi de suite. La ligne d’offensive se déploie depuis les confins les plus obscurs de groupuscules extrémistes jusqu’aux cœur des organisations traditionnelles en passant par tous les intermédiaires et les canaux possibles. Je pense ici au rôle particulier des prétendus « républicains » qui habillent leur racisme anti-musulman de grands mouvements de cape (...) Lire la suite »
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18€ pour aller aux urgences ?

Jean-Luc MELENCHON

Intervention de Jean-Luc Mélenchon le 20 octobre 2020 à l’Assemblée nationale sur la décision du gouvernement de mettre en place un forfait de 18 euros pour toute personne qui se rendrait aux urgences sans être ensuite hospitalisée. Le président du groupe « La France insoumise » a dénoncé une punition pour les pauvres qui n’auront pas les moyens et les périphéries qui manquent de médecins. Il a aussi appelé à faire une Sécurité sociale unique qui nous fasse économiser le coût des mutuelles privées. Voici la retranscription de son intervention :

« Je me présente à cet instant sur un seul et unique thème, en opposition à la création du « forfait patient urgences ». Je ne sais pas si tous les collègues ont bien remarqué cette nouveauté mais je voudrais ici dire à quel point elle nous choque et combien nous la condamnons. Désormais, TOUS les patients devront payer un forfait de 18 euros pour leur passage aux urgences – forfait réduit parfois à 8 euros – y compris les personnes invalides, les cancéreux, les diabétiques, les malades du sida, les personnes épileptiques, les femmes enceintes – heureusement, il y a un amendement du rapporteur pour les retirer de cette liste. Les seules exceptions sont les malades du Covid-19 et les victimes du terrorisme. Tout le monde devra payer 18 euros dans le cas où il serait établi que la présence de ces personnes aux urgences ne nécessiterait pas ensuite le passage en hospitalisation. Ça vaut la peine de se demander pourquoi une décision pareille est prise. On le devine : pour désengorger, dit-on, les urgences. (...) Lire la suite »
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La Bolivie comme nouvelle aube

Jean-Luc MELENCHON
L’élection présidentielle en Bolivie a vu la victoire dès le premier tour du candidat d’Evo Morales. Fin foudroyante de huit mois de gouvernement d’illuminés bible en main, d’arrogance du proconsul des États-Unis, d’insultes contre les indiens et de pillage des biens de l’État. Cette politique a eu raison des candidats amis du putsch qui a expulsé Evo Morales et martyrisé les membres de son gouvernement et leur famille. Je n’ironiserai pas trop sur l’échec des médias pro-putsch en France qui avaient sagement relayé tous les éléments de langage des agences d’influence nord-américaines. Ceux-là tombent de l’arbre après les résultats dont la validité est reconnue par tout le monde. Tout le monde inclus par les putschistes eux-mêmes, sans parler de la très suspecte OEA qui avait cautionné le putsch et les mensonges contre Evo Morales et ses amis. On était mieux informé en lisant les journaux des EU ces temps derniers sur ce sujet plutôt que les bulletins paroissiaux de l’atlantisme en France. Ce qui me frappe dans (...) Lire la suite »
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L’Europe et Guaido désavoués par la droite au Venezuela

Jean-Luc MELENCHON
Bizarrement, on n’interroge plus trop les Insoumis sur le Venezuelaaaaa ces temps-ci. Tant de journalistes semblaient pourtant si friands et spécialistes de son actualité politique il y a quelques mois. Ils auront donc perdu leur intérêt. Quel dommage. Il se passe pourtant des choses. Le 31 août dernier, 110 individus peu recommandables condamnés à des peines de prison ont bénéficié d’une grâce présidentielle. Le journal Le Monde parle de « prisonniers politiques » libérés. C’est son appréciation. Mais l’honnêteté oblige à reconnaitre que ces hommes et femmes ont été reconnues coupables de sérieuses charges dont la participation à des manifestations violentes, l’appel à un soulèvement armé contre le gouvernement, la participation à des tentatives de coups d’État et l’appel à l’invasion de leur propre pays par une armée étrangère. Quel État dans le monde ne sanctionne pas de tels actes ? la justice française a mis quelque 700 gilets jaunes en prison pour moins que cela. Ce n’est pas la première fois que la (...) Lire la suite »

Guerre des juges, insurrection policière : l’autorité de l’État s’effondre

Jean-Luc MELENCHON

Les prétendues « forces de l’ordre » créent un désordre bien particulier porteur d’un message factieux bien spécifique.(...) Dans l’ambiance de décomposition de l’État qui prévaut à cette heure ? La guerre des juges est l’autre face de la médaille de l’insurrection policière.

Nuit après nuit, des policiers en armes et gyrophares en feu se rassemblent en manifestations interdites. À l’Arc de Triomphe, à la Concorde, autant de lieux interdits parce qu’ils sont à proximité de l’Élysée. Ils ne viennent là que pour menacer le pouvoir central du pays. On peut penser beaucoup de mal de ce pouvoir comme c’est mon cas. Mais il est le pouvoir d’une nation libre. On ne peut accepter qu’il soit menacé par des gens en armes qui sont censés maintenir l’ordre républicain du pays. Puis les mêmes vont devant de la maison de la radio. Pour menacer des journalistes. On peut penser beaucoup de mal du parti-pris gouvernemental souvent ridicule des organes d’information de l’État. Mais on ne peut accepter que les questions qu’il pose se règlent par l’intimidation et la menace physique armée. Au demeurant le message veut porter loin : il est adressé ainsi à tous les organes de presse, à tous ceux qui écrivent ou publient d’une façon ou d’une autre. Cette volonté de s’ériger par la force en juge de (...) Lire la suite »

La vie n’est pas une partie de Scrabble.

Jean-Luc MELENCHON

Libération a publié son analyse de mes prises de position sur l’actualité des violences policières et racistes en France. Cette analyse intègre des éléments de réponses que j’avais faites à l’occasion d’une courte interview. Je vous propose ici la publication des questions et des réponses initiales en intégrale car cet entretien m’a paru utile et stimulant. Il m’a permis de mettre en mots mes convictions sur le sujet.

Depuis vos débuts en politique, vous avez toujours fait la bagarre contre le racisme, aujourd’hui j’ai le sentiment que vous allez encore plus loin dans les mots, notamment lors de votre discours à Strasbourg durant la présidentielle, estimez-vous que votre regard a changé sur le racisme et les violences policières ? Les crimes se sont additionnés. Comme tout le monde je préférais croire qu’il s’agissait d’actes isolés et que notre indignation publique serait dissuasive. La mort d’Adama Traoré a été pour moi un moment clef. J’ai compris que je participerai a un déni dangereux si je me tenais dans la circonspection habituelle en faisant confiance par principe. Cette confiance a été abusée trop de fois. Elle a permis d’étouffer la critique, d’abaisser la vigilance et de faciliter l’impunité au détriment de l’exigence républicaine. Puis les comportements des autorités dans les perquisitions qui m’ont été infligées, la répression sanglante des gilets jaunes et des manif retraites ne m’ont plus laissé le choix. La (...) Lire la suite »

Agir en politique

Jean-Luc MELENCHON

Concrètement et au présent, chaque jour les méthodes de régime autoritaire se déploient dans presque tous les pays et singulièrement là où le néolibéraux dirigent. La théorie du choc décrite par Naomie Klein fonctionne sous nos yeux jusqu’aux formes extrêmes qui s’observent au Brésil ou aux EU et dans combien de pays d’Afrique, au sud du Sahara.

La révolution citoyenne et le moment Les événements que nous vivons, considérés du point de vue des prises de conscience politiques qui s’opèrent dans le grand nombre, ne peuvent pas être séparés des séquences qui les ont précédés. L’influence de l’action des gilets jaunes et de leurs méthodes, les mobilisations de la période de la réforme des retraites, tout cela forme un labour qui prend sa place dans l’état d’esprit du présent. Il en va de même d’ailleurs sous bien des latitudes et des pays. Mais le plus important est que la direction dans laquelle les peuples se dirigeront nous confortent dans ce que nous avons appris de la théorie de l’ère du peuple et de la révolution citoyenne. Oui, c’est bien par les réseaux collectifs, par l’urbanisation et par la globalisation que la crise est née et qu’elle s’est propagée. Et, partout, d’ici peu, devant la faillite concrète des pouvoirs en place c’est la volonté d’autocontrôle, cette essence de la citoyenneté active, qui sera la ligne de déploiement des événements (...) Lire la suite »
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Covid-19, détresses respiratoires....

Nationalisation de Luxfer ou la prison

Jean-Luc MELENCHON

Je continue mes enquêtes pour savoir comment organiser la planification des moyens sanitaires pour faire face à l’épidémie s’il fallait qu’on s’en occupe demain. Ici, j’entre dans du chaud. Très chaud. La brique de base pour faire face aux détresses respiratoires. Les bouteilles d’oxygène médical.

Ça faisait déjà plusieurs jours que j’avais prévu ce contact. Aujourd’hui j’ai pu joindre Axel Peronczyck au téléphone. C’est le délégué CGT de l’entreprise Luxfer. Il a 26 ans. Il est au top niveau de son métier : titulaire d’un DUT et d’une licence professionnelle de maintenance. Un bac pro plus 3, un de cette élite professionnelle qui produit les objets les plus sophistiqués du pays. Celui-là, avec ses 132 collègues, et les 27 intérimaires qui les aidaient, produisaient des bouteilles d’oxygène médical. Oui, en ce moment, ce n’est pas rien d’en avoir sous la main dans les circonstances extrêmes. Bien sûr, je suppose que vous avez déjà tous vu des gens sous assistance respiratoire déambuler avec un petit sac dans lequel il y a une bonbonne d’oxygène médical. Vous avez vu aussi des pompiers porter sur leur dos une bouteille d’oxygène avant d’entrer dans les vapeurs, les fumées et le feu. Ou quand vous avez vu quelqu’un monter en détresse respiratoire dans une ambulance. C’est toujours la même petite bouteille. (...) Lire la suite »
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Coronavirus : la révolution qu’il faut accomplir

Jean-Luc MELENCHON
Discours prononcé à l’Assemblée nationale le dimanche 22 mars 2020 On vous l’a dit, nous ne voterons pas ce texte. En conscience, nous pensons que c’est notre devoir après en avoir délibéré entre nous 17 députés insoumis. Car nous ne croyons pas que les mesures qu’il contient soient à la hauteur de la situation telle que nous l’analysons. Avant de résumer nos raisons, je voudrais dire une fois de plus quel est notre principe d’action dans ce moment. Nous sommes une opposition et une force de proposition et nous le resterons en toutes circonstances. Dans une démocratie, l’opposition contribue à l’intérêt général par ses solidarités, mais aussi par ses critiques. Celle-ci permette de ne jamais oublier le postulat fondamental de la démocratie et de la raison : en toutes situations un autre chemin possible. C’est pourquoi le droit et le devoir de la majorité est évidemment de prendre les décisions qui lui paraissent nécessaires et d’exiger que celles-ci soient appliquées. Mais le droit et le devoir d’une (...) Lire la suite »
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