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Auteur : Jean-Luc MELENCHON
Covid-19, détresses respiratoires....

Nationalisation de Luxfer ou la prison

Jean-Luc MELENCHON

Je continue mes enquêtes pour savoir comment organiser la planification des moyens sanitaires pour faire face à l’épidémie s’il fallait qu’on s’en occupe demain. Ici, j’entre dans du chaud. Très chaud. La brique de base pour faire face aux détresses respiratoires. Les bouteilles d’oxygène médical.

Ça faisait déjà plusieurs jours que j’avais prévu ce contact. Aujourd’hui j’ai pu joindre Axel Peronczyck au téléphone. C’est le délégué CGT de l’entreprise Luxfer. Il a 26 ans. Il est au top niveau de son métier : titulaire d’un DUT et d’une licence professionnelle de maintenance. Un bac pro plus 3, un de cette élite professionnelle qui produit les objets les plus sophistiqués du pays. Celui-là, avec ses 132 collègues, et les 27 intérimaires qui les aidaient, produisaient des bouteilles d’oxygène médical. Oui, en ce moment, ce n’est pas rien d’en avoir sous la main dans les circonstances extrêmes. Bien sûr, je suppose que vous avez déjà tous vu des gens sous assistance respiratoire déambuler avec un petit sac dans lequel il y a une bonbonne d’oxygène médical. Vous avez vu aussi des pompiers porter sur leur dos une bouteille d’oxygène avant d’entrer dans les vapeurs, les fumées et le feu. Ou quand vous avez vu quelqu’un monter en détresse respiratoire dans une ambulance. C’est toujours la même petite bouteille. (...) Lire la suite »

Coronavirus : la révolution qu’il faut accomplir

Jean-Luc MELENCHON
Discours prononcé à l’Assemblée nationale le dimanche 22 mars 2020 On vous l’a dit, nous ne voterons pas ce texte. En conscience, nous pensons que c’est notre devoir après en avoir délibéré entre nous 17 députés insoumis. Car nous ne croyons pas que les mesures qu’il contient soient à la hauteur de la situation telle que nous l’analysons. Avant de résumer nos raisons, je voudrais dire une fois de plus quel est notre principe d’action dans ce moment. Nous sommes une opposition et une force de proposition et nous le resterons en toutes circonstances. Dans une démocratie, l’opposition contribue à l’intérêt général par ses solidarités, mais aussi par ses critiques. Celle-ci permette de ne jamais oublier le postulat fondamental de la démocratie et de la raison : en toutes situations un autre chemin possible. C’est pourquoi le droit et le devoir de la majorité est évidemment de prendre les décisions qui lui paraissent nécessaires et d’exiger que celles-ci soient appliquées. Mais le droit et le devoir d’une (...) Lire la suite »

Sous le masque du coronavirus

Jean-Luc MELENCHON
Les épidémies sont de vieilles compagnes de l’Histoire humaine. Elles ont toutes été le résultat de la mondialisation, c’est-à-dire du fait que, si loin que l’on remonte dans le temps, les êtres humains se sont toujours déplacés et ils ont donc transporté avec eux d’un endroit vers l’autre les microbes auxquels ils avaient eux-mêmes survécu. On connaît le terrible impact des maladies transportées par les conquistadors sur le monde des Indiens d’Amérique. Il explique aussi comment les populations nomades de tous les continents ont pu être exterminées par les sédentaires survivants des maladies qu’ils avaient contractées. Car on estime que les premières grandes épidémies sont le résultat de la promiscuité avec les animaux domestiqués. Dans le Nouveau Monde, les virus transportés par les Espagnols venaient de la domestication du porc et des vaches. En général, on sait que sur 2 500 virus capables de tuer l’homme 1 400 viennent des animaux. Naturellement ce n’est pas de leur faute. De nos jours aussi les récentes (...) Lire la suite »
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Les paysans roulés dans la farine. Ils sont contents ?

Jean-Luc MELENCHON

Le salon de l’agriculture s’est tenu à Paris du 22 février au 1er mars. Je ne souscris pas au modèle productiviste qui y était majoritairement présenté, même si je sais que des paysans bio s’y sont également rendus.

Les représentants de l’agriculture chimique vont profiter de cette occasion pour refuser bruyamment toute réduction des pesticides. Pourquoi se gêneraient-ils : ça marche. À Noël, Macron et son gouvernement ont tranché pour des zones tampons de protection des habitations de l’épandage des pesticides. On peine a croire que ce ne soit pas un gag ! Il s’agit d’une zone de.... trois mètres. Et cette semaine, Macron a confirmé qu’il avait tout simplement renoncé à l’interdiction du glyphosate quoique cancérigène : « pas tenable », selon lui. On se souvient des numéros des députés LREM avec des trémolos dans la voix quand ils nous chantaient les mérites de leur politique « sans précédent » sur le sujet. Mais le salon pourrait aussi être l’occasion de parler de la condition sociale des paysans. Et de le faire sans les habituelles pleurnicheries surjouées qui se moquent de la détresse réelle de centaines de milliers de paysans ! Car leur exemple revient souvent dans la bouche des défenseurs de la réforme des retraites. (...) Lire la suite »

BlackRock : les raisons de la détestation

Jean-Luc MELENCHON

Des militants écologistes qui envahissent le siège parisien de BlackRock, le siège du plus grand fond de pension du monde : ces images vont marquer le début de cette nouvelle semaine. Le but était de dénoncer la responsabilité de la finance dans la crise climatique mais le choix de la cible marque une convergence avec la bataille sociale contre la retraite à points.

Évidemment, les macronistes et leurs relais médiatiques vont immédiatement s’en servir pour expliquer que les manifestants écolos, les syndicalistes, les gilets jaunes, les insoumis et tout ses opposants sont des sauvages violents par nature et qu’il n’y a pas lieu de discuter avec. Je m’empresse de dire que je ne suis pas partisan de la violence dans la mobilisation. Mais je refuse aussi de faire la morale à qui que ce soit. Je préfère essayer d’expliquer ce qui cause un tel niveau de rage contre cette entreprise. BlackRock, qui est-ce ? C’est un géant du capitalisme financiarisé. Un fond de pension qui gère 7 000 milliards de dollars d’actifs. Soit trois fois le PIB de la France et 23 fois le budget de son État. Avec les deux plus gros autres fonds de pension de Wall Street, ils forment les « big three ». Les masses d’argent entre les mains de ces mastodontes sont supérieures à la richesse totale produite en une année par la Chine. En France, BlackRock exerce son influence au sein d’un nombre (...) Lire la suite »

Sanders a gagné en Iowa ! Une hirondelle et c’est le printemps.

Jean-Luc MELENCHON

Bernie Sanders a gagné la première primaire en Iowa qui s’est tenue ce mardi 4 février 2020. Désormais, on dispose des résultats sur 97% des bureaux de votes. Sanders a bien recueilli 26,5% des voix contre 25% pour le candidat arrivé second. Il a laissé loin derrière le rival que l’officialité du Parti Démocrate a voulu imposer pendant des mois, l’ancien vice-président Joe Biden.

Cet ex vice-président d’Obama ne réunit que 13,7% des voix. En nombre de délégués qui représenteront chacun des candidats à la convention du parti démocrate qui choisira le candidat à la présidentielle, Bernie Sanders arrive à égalité avec Pete Buttigieg. Ils auront chacun 11 délégués. C’est donc un excellent résultat pour Sanders qui, en novembre était encore donné dans les sondages en troisième position derrière Warren et Biden. Le journal « Le Monde », organe de l’officialité française proche des milliardaires Démocrates comme la famille Clinton, avait fait tout son possible pour suivre les consignes d’invisibilisation de Sanders et de super promotion pour Elisabeth Warren. La chaîne C8 avait aussi mis le paquet pour Warren. C’est dire ! Naturellement c’est un hasard rédactionnel. Sur place aux USA, le parti médiatique avait déjà compris que la vague en vue était ample. Il fallait passer a autre chose. Elisabeth Warren, ex-républicaine milliardaire ne faisait pas son office de division des voix de gauche. Du (...) Lire la suite »
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Retraites, congé pour décès d’enfant, immobilier, MEDEF, Mali...

La semaine de la lutte de longue durée

Jean-Luc MELENCHON

L’interminable conflit de la réforme des retraites ne dure que du fait du prince. On le sait. Ce qui était moins donné d’avance, c’est l’incroyable résistance dans la durée de tant de catégories sociales. Toute la situation dès lors fonctionne comme une immense école de formation. Les gens les plus éloignés de toute réflexion politique entrent dans le sujet en explorant et en consultant tous les arguments. Il est rare qu’ils en restent aux seuls aspects techniques du sujet. Le thème des retraites devient bien vite le déclencheur d’une pensée plus large sur la société et le sens de la vie.

Le régime Macroniste a provoqué un déplacement culturel de masse. La domination des fadaises néolibérales est close de façon frappante. D’amples secteurs de la société ont pris conscience des limites du « chacun pour soi » comme mode gestion de la vie en société. Ne pas croire que cela soit aussi abstrait qu’il y parait. L’épisode du refus des jours de congés pour le décès d’un enfant en dit plus long qu’un simple aveu de cruauté imbécile de la part des robots de « En Marche ». À vrai dire, nous pensions tous que la mesure « passerait comme une lettre à la poste ». Le refus nous surpris les premiers. Comme les arguments macronistes étaient parlants ! Et comme l’indignation le fut tout autant. Les sondeurs perpétuels de l’Élysée donnèrent l’alerte. Certes, le revirement de Macron et du régime surligne le coup que le régime vient de se donner. Mais il lui sera moins coûteux que de persister et de rester jusqu’à la fin du mandat avec l’image terrible de ces faces de pierre qui refusaient de « se payer de bons sentiments (...) Lire la suite »
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Venezuelaaaaaa : « Le Monde » ne nous informe pas

Jean-Luc MELENCHON

Le journal Le Monde a, sur la politique latino-américaine, une ligne éditoriale totalement alignée sur la droite du parti Démocrate des États-Unis d’Amérique et les agences d’influence diverses qui entourent cette fraction du pouvoir aux États-Unis. C’est bien son droit. S’il prévenait ses lecteurs de ce parti-pris ce serait mieux. Ceux-ci méritent de savoir qu’ils ne sont pas informés mais orientés dans ce domaine.

Ainsi de l’entretien très étrange que le quotidien consacre au putchiste Juan Guaido. Je mets le lien pour que tout le monde puisse profiter du niveau intellectuel des arguments de ce personnage déchu. Mais après lecture, une question reste : pourquoi le grand quotidien ne dit-il pas à ses lecteurs que ce monsieur n’est plus président de l’Assemblée nationale depuis le mois de janvier dernier ? En effet la droite anti-chaviste a choisi un autre candidat et l’a élu dans une assemblée où les Chavistes sont minoritaires. Ils l’ont fait parce qu’au Venezuela, comme dans tous les pays du monde, personne n’aime les politiciens qui appellent les forces étrangères à intervenir dans leur pays et les sanctions commerciales à être renforcées alors que le peuple souffre déjà cruellement des menaces de l’une et de la réalité de l’autre. Rendre compte de ce qui se passe au Venezuela pour aider à comprendre nécessite au cas présent de se demander pourquoi Juan Guaido n’est arrivé a rien en dépit du « soutien » et de la (...) Lire la suite »
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Nouveau : les retraités paieront les crises économiques.

Jean-Luc MELENCHON

Mercredi 29 janvier 2020

Depuis qu’il a surgi comme modèle dominant, le capitalisme est un système économique instable. Entre la fin du dix-neuvième siècle et le milieu du vingtième siècle, il a connu une crise tous les trente ans en moyenne. Depuis lors, dans la période contemporaine, c’est une crise tous les dix ans. Elles se traduisent par une gigantesque destruction de capital et une anémie parfois prolongée de l’activité. Dans ces contextes, les filets sociaux de la protection sociale fonctionnent comme des amortisseurs contre-cycliques distribuant du pouvoir d’achat d’où l’activité peut repartir. Dans la période contemporaine, celle du capitalisme financier, les politiques économiques visent à étendre le champ du marché en réduisant celui des services publics et de la solidarité sociale. Les secousses des crises financières se propagent donc plus profondément dans le tissu des peuples concernés. L’objectif de la finance est de marchandiser tout ce qui peut l’être. Les prestations sociales sont un ensemble juteux. Le système (...) Lire la suite »

Macron crée un droit de censure policière sur les sites internet

Jean-Luc MELENCHON
Mercredi 22 janvier, la majorité LREM a adopté en seconde lecture la proposition de loi Avia visant soi-disant à lutter contre la haine sur internet. En juillet dernier, j’avais défendu une motion de rejet contre ce texte. En effet, derrière des intentions apparement louables, il ouvre la possibilité de pratiques dangereuses sur les réseaux sociaux, notamment la censure privée. Déjà, l’intervention des multinationales du numérique dans la vie politique est une réalité. En 2019, Facebook avait coupé la canal WhatsApp de Podemos en pleines élections générales en Espagne. En 2018, un changement dans l’algorithme de recherche de Google aux Etats-Unis avait pénalisé grossièrement les sites internet de gauche et anti-impérialistes. Mais la seconde version de ce texte comporte une disposition plus grave encore. Le gouvernement a utilisé ce texte pour donner à la police un pouvoir arbitraire et absolu de censure sur internet. Et cela sans crier gare et en dernière minute ; il a proposé un amendement incroyable. (...) Lire la suite »
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