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Auteur : Jean-Luc MELENCHON

Guerre des juges, insurrection policière : l’autorité de l’État s’effondre

Jean-Luc MELENCHON

Les prétendues « forces de l’ordre » créent un désordre bien particulier porteur d’un message factieux bien spécifique.(...) Dans l’ambiance de décomposition de l’État qui prévaut à cette heure ? La guerre des juges est l’autre face de la médaille de l’insurrection policière.

Nuit après nuit, des policiers en armes et gyrophares en feu se rassemblent en manifestations interdites. À l’Arc de Triomphe, à la Concorde, autant de lieux interdits parce qu’ils sont à proximité de l’Élysée. Ils ne viennent là que pour menacer le pouvoir central du pays. On peut penser beaucoup de mal de ce pouvoir comme c’est mon cas. Mais il est le pouvoir d’une nation libre. On ne peut accepter qu’il soit menacé par des gens en armes qui sont censés maintenir l’ordre républicain du pays. Puis les mêmes vont devant de la maison de la radio. Pour menacer des journalistes. On peut penser beaucoup de mal du parti-pris gouvernemental souvent ridicule des organes d’information de l’État. Mais on ne peut accepter que les questions qu’il pose se règlent par l’intimidation et la menace physique armée. Au demeurant le message veut porter loin : il est adressé ainsi à tous les organes de presse, à tous ceux qui écrivent ou publient d’une façon ou d’une autre. Cette volonté de s’ériger par la force en juge de (...) Lire la suite »

La vie n’est pas une partie de Scrabble.

Jean-Luc MELENCHON

Libération a publié son analyse de mes prises de position sur l’actualité des violences policières et racistes en France. Cette analyse intègre des éléments de réponses que j’avais faites à l’occasion d’une courte interview. Je vous propose ici la publication des questions et des réponses initiales en intégrale car cet entretien m’a paru utile et stimulant. Il m’a permis de mettre en mots mes convictions sur le sujet.

Depuis vos débuts en politique, vous avez toujours fait la bagarre contre le racisme, aujourd’hui j’ai le sentiment que vous allez encore plus loin dans les mots, notamment lors de votre discours à Strasbourg durant la présidentielle, estimez-vous que votre regard a changé sur le racisme et les violences policières ? Les crimes se sont additionnés. Comme tout le monde je préférais croire qu’il s’agissait d’actes isolés et que notre indignation publique serait dissuasive. La mort d’Adama Traoré a été pour moi un moment clef. J’ai compris que je participerai a un déni dangereux si je me tenais dans la circonspection habituelle en faisant confiance par principe. Cette confiance a été abusée trop de fois. Elle a permis d’étouffer la critique, d’abaisser la vigilance et de faciliter l’impunité au détriment de l’exigence républicaine. Puis les comportements des autorités dans les perquisitions qui m’ont été infligées, la répression sanglante des gilets jaunes et des manif retraites ne m’ont plus laissé le choix. La (...) Lire la suite »

Agir en politique

Jean-Luc MELENCHON

Concrètement et au présent, chaque jour les méthodes de régime autoritaire se déploient dans presque tous les pays et singulièrement là où le néolibéraux dirigent. La théorie du choc décrite par Naomie Klein fonctionne sous nos yeux jusqu’aux formes extrêmes qui s’observent au Brésil ou aux EU et dans combien de pays d’Afrique, au sud du Sahara.

La révolution citoyenne et le moment Les événements que nous vivons, considérés du point de vue des prises de conscience politiques qui s’opèrent dans le grand nombre, ne peuvent pas être séparés des séquences qui les ont précédés. L’influence de l’action des gilets jaunes et de leurs méthodes, les mobilisations de la période de la réforme des retraites, tout cela forme un labour qui prend sa place dans l’état d’esprit du présent. Il en va de même d’ailleurs sous bien des latitudes et des pays. Mais le plus important est que la direction dans laquelle les peuples se dirigeront nous confortent dans ce que nous avons appris de la théorie de l’ère du peuple et de la révolution citoyenne. Oui, c’est bien par les réseaux collectifs, par l’urbanisation et par la globalisation que la crise est née et qu’elle s’est propagée. Et, partout, d’ici peu, devant la faillite concrète des pouvoirs en place c’est la volonté d’autocontrôle, cette essence de la citoyenneté active, qui sera la ligne de déploiement des événements (...) Lire la suite »
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Covid-19, détresses respiratoires....

Nationalisation de Luxfer ou la prison

Jean-Luc MELENCHON

Je continue mes enquêtes pour savoir comment organiser la planification des moyens sanitaires pour faire face à l’épidémie s’il fallait qu’on s’en occupe demain. Ici, j’entre dans du chaud. Très chaud. La brique de base pour faire face aux détresses respiratoires. Les bouteilles d’oxygène médical.

Ça faisait déjà plusieurs jours que j’avais prévu ce contact. Aujourd’hui j’ai pu joindre Axel Peronczyck au téléphone. C’est le délégué CGT de l’entreprise Luxfer. Il a 26 ans. Il est au top niveau de son métier : titulaire d’un DUT et d’une licence professionnelle de maintenance. Un bac pro plus 3, un de cette élite professionnelle qui produit les objets les plus sophistiqués du pays. Celui-là, avec ses 132 collègues, et les 27 intérimaires qui les aidaient, produisaient des bouteilles d’oxygène médical. Oui, en ce moment, ce n’est pas rien d’en avoir sous la main dans les circonstances extrêmes. Bien sûr, je suppose que vous avez déjà tous vu des gens sous assistance respiratoire déambuler avec un petit sac dans lequel il y a une bonbonne d’oxygène médical. Vous avez vu aussi des pompiers porter sur leur dos une bouteille d’oxygène avant d’entrer dans les vapeurs, les fumées et le feu. Ou quand vous avez vu quelqu’un monter en détresse respiratoire dans une ambulance. C’est toujours la même petite bouteille. (...) Lire la suite »
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Coronavirus : la révolution qu’il faut accomplir

Jean-Luc MELENCHON
Discours prononcé à l’Assemblée nationale le dimanche 22 mars 2020 On vous l’a dit, nous ne voterons pas ce texte. En conscience, nous pensons que c’est notre devoir après en avoir délibéré entre nous 17 députés insoumis. Car nous ne croyons pas que les mesures qu’il contient soient à la hauteur de la situation telle que nous l’analysons. Avant de résumer nos raisons, je voudrais dire une fois de plus quel est notre principe d’action dans ce moment. Nous sommes une opposition et une force de proposition et nous le resterons en toutes circonstances. Dans une démocratie, l’opposition contribue à l’intérêt général par ses solidarités, mais aussi par ses critiques. Celle-ci permette de ne jamais oublier le postulat fondamental de la démocratie et de la raison : en toutes situations un autre chemin possible. C’est pourquoi le droit et le devoir de la majorité est évidemment de prendre les décisions qui lui paraissent nécessaires et d’exiger que celles-ci soient appliquées. Mais le droit et le devoir d’une (...) Lire la suite »

Sous le masque du coronavirus

Jean-Luc MELENCHON
Les épidémies sont de vieilles compagnes de l’Histoire humaine. Elles ont toutes été le résultat de la mondialisation, c’est-à-dire du fait que, si loin que l’on remonte dans le temps, les êtres humains se sont toujours déplacés et ils ont donc transporté avec eux d’un endroit vers l’autre les microbes auxquels ils avaient eux-mêmes survécu. On connaît le terrible impact des maladies transportées par les conquistadors sur le monde des Indiens d’Amérique. Il explique aussi comment les populations nomades de tous les continents ont pu être exterminées par les sédentaires survivants des maladies qu’ils avaient contractées. Car on estime que les premières grandes épidémies sont le résultat de la promiscuité avec les animaux domestiqués. Dans le Nouveau Monde, les virus transportés par les Espagnols venaient de la domestication du porc et des vaches. En général, on sait que sur 2 500 virus capables de tuer l’homme 1 400 viennent des animaux. Naturellement ce n’est pas de leur faute. De nos jours aussi les récentes (...) Lire la suite »
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Les paysans roulés dans la farine. Ils sont contents ?

Jean-Luc MELENCHON

Le salon de l’agriculture s’est tenu à Paris du 22 février au 1er mars. Je ne souscris pas au modèle productiviste qui y était majoritairement présenté, même si je sais que des paysans bio s’y sont également rendus.

Les représentants de l’agriculture chimique vont profiter de cette occasion pour refuser bruyamment toute réduction des pesticides. Pourquoi se gêneraient-ils : ça marche. À Noël, Macron et son gouvernement ont tranché pour des zones tampons de protection des habitations de l’épandage des pesticides. On peine a croire que ce ne soit pas un gag ! Il s’agit d’une zone de.... trois mètres. Et cette semaine, Macron a confirmé qu’il avait tout simplement renoncé à l’interdiction du glyphosate quoique cancérigène : « pas tenable », selon lui. On se souvient des numéros des députés LREM avec des trémolos dans la voix quand ils nous chantaient les mérites de leur politique « sans précédent » sur le sujet. Mais le salon pourrait aussi être l’occasion de parler de la condition sociale des paysans. Et de le faire sans les habituelles pleurnicheries surjouées qui se moquent de la détresse réelle de centaines de milliers de paysans ! Car leur exemple revient souvent dans la bouche des défenseurs de la réforme des retraites. (...) Lire la suite »

BlackRock : les raisons de la détestation

Jean-Luc MELENCHON

Des militants écologistes qui envahissent le siège parisien de BlackRock, le siège du plus grand fond de pension du monde : ces images vont marquer le début de cette nouvelle semaine. Le but était de dénoncer la responsabilité de la finance dans la crise climatique mais le choix de la cible marque une convergence avec la bataille sociale contre la retraite à points.

Évidemment, les macronistes et leurs relais médiatiques vont immédiatement s’en servir pour expliquer que les manifestants écolos, les syndicalistes, les gilets jaunes, les insoumis et tout ses opposants sont des sauvages violents par nature et qu’il n’y a pas lieu de discuter avec. Je m’empresse de dire que je ne suis pas partisan de la violence dans la mobilisation. Mais je refuse aussi de faire la morale à qui que ce soit. Je préfère essayer d’expliquer ce qui cause un tel niveau de rage contre cette entreprise. BlackRock, qui est-ce ? C’est un géant du capitalisme financiarisé. Un fond de pension qui gère 7 000 milliards de dollars d’actifs. Soit trois fois le PIB de la France et 23 fois le budget de son État. Avec les deux plus gros autres fonds de pension de Wall Street, ils forment les « big three ». Les masses d’argent entre les mains de ces mastodontes sont supérieures à la richesse totale produite en une année par la Chine. En France, BlackRock exerce son influence au sein d’un nombre (...) Lire la suite »

Sanders a gagné en Iowa ! Une hirondelle et c’est le printemps.

Jean-Luc MELENCHON

Bernie Sanders a gagné la première primaire en Iowa qui s’est tenue ce mardi 4 février 2020. Désormais, on dispose des résultats sur 97% des bureaux de votes. Sanders a bien recueilli 26,5% des voix contre 25% pour le candidat arrivé second. Il a laissé loin derrière le rival que l’officialité du Parti Démocrate a voulu imposer pendant des mois, l’ancien vice-président Joe Biden.

Cet ex vice-président d’Obama ne réunit que 13,7% des voix. En nombre de délégués qui représenteront chacun des candidats à la convention du parti démocrate qui choisira le candidat à la présidentielle, Bernie Sanders arrive à égalité avec Pete Buttigieg. Ils auront chacun 11 délégués. C’est donc un excellent résultat pour Sanders qui, en novembre était encore donné dans les sondages en troisième position derrière Warren et Biden. Le journal « Le Monde », organe de l’officialité française proche des milliardaires Démocrates comme la famille Clinton, avait fait tout son possible pour suivre les consignes d’invisibilisation de Sanders et de super promotion pour Elisabeth Warren. La chaîne C8 avait aussi mis le paquet pour Warren. C’est dire ! Naturellement c’est un hasard rédactionnel. Sur place aux USA, le parti médiatique avait déjà compris que la vague en vue était ample. Il fallait passer a autre chose. Elisabeth Warren, ex-républicaine milliardaire ne faisait pas son office de division des voix de gauche. Du (...) Lire la suite »
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Retraites, congé pour décès d’enfant, immobilier, MEDEF, Mali...

La semaine de la lutte de longue durée

Jean-Luc MELENCHON

L’interminable conflit de la réforme des retraites ne dure que du fait du prince. On le sait. Ce qui était moins donné d’avance, c’est l’incroyable résistance dans la durée de tant de catégories sociales. Toute la situation dès lors fonctionne comme une immense école de formation. Les gens les plus éloignés de toute réflexion politique entrent dans le sujet en explorant et en consultant tous les arguments. Il est rare qu’ils en restent aux seuls aspects techniques du sujet. Le thème des retraites devient bien vite le déclencheur d’une pensée plus large sur la société et le sens de la vie.

Le régime Macroniste a provoqué un déplacement culturel de masse. La domination des fadaises néolibérales est close de façon frappante. D’amples secteurs de la société ont pris conscience des limites du « chacun pour soi » comme mode gestion de la vie en société. Ne pas croire que cela soit aussi abstrait qu’il y parait. L’épisode du refus des jours de congés pour le décès d’un enfant en dit plus long qu’un simple aveu de cruauté imbécile de la part des robots de « En Marche ». À vrai dire, nous pensions tous que la mesure « passerait comme une lettre à la poste ». Le refus nous surpris les premiers. Comme les arguments macronistes étaient parlants ! Et comme l’indignation le fut tout autant. Les sondeurs perpétuels de l’Élysée donnèrent l’alerte. Certes, le revirement de Macron et du régime surligne le coup que le régime vient de se donner. Mais il lui sera moins coûteux que de persister et de rester jusqu’à la fin du mandat avec l’image terrible de ces faces de pierre qui refusaient de « se payer de bons sentiments (...) Lire la suite »
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