Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes


A com[plot], com[plot] et demi

L’autre jour je discutais avec un gars que je connais un peu, avec qui l’on discute parfois politique. Je venais de lire un article sur « Legrandsoir.info », que je voulais lui faire lire, à propos de l’horreur qui se produisait à Mossoul, en Irak.

Aussitôt qu’il a vu d’où venait l’article, il a tout de suite cessé la discussion en émettant cette sentence définitive : « ah oui, je connais « Le Grand Soir », c’est un site complotiste ». Il ajouta qu’ils étaient pro-chavez et pro-russe, et fin de la discussion.

Il ne lisait pas les articles de ce site, ni celui-ci ni les autres. Comment pouvait-il le savoir ?

C’est qu’une fois un site estampillé « complotiste », les gens pensent que ceux qui les lisent sont eux-mêmes des complotistes. Ou qu’il leur suffirait de lire un des articles de ce site pour basculer subitement du côté obscur.

Prenons le cas du Venezuela. Pour être honnête j’avoue n’y connaître rien, mais comme la situation commence à devenir assez tendue je me dis qu’il faudrait que j’en sache un peu plus. Je lis des articles sur « lemonde.fr », j’écoute France Inter et je tape sur google. A première vue il semble que Maduro a pété les plombs, qu’il y a eu plus de 100 morts (parmi les manifestants ?) et qu’il est en train de mettre en place une dictature dans son pays. Je n’aime pas les dictatures et je suis donc contre Maduro.

Si je m’arrête là j’ai tout bon, je suis du bon côté de la barrière idéologique. Mais si je commence à regarder sur « Le Grand Soir », ou sur « Les Crises », je me rends compte que le discours est totalement différent. On parle de l’extrême-droite vénézuélienne, de manipulations en provenance des Etats-Unis, de violences exercées non contre les manifestants mais contre les forces de l’ordre.

Si je m’arrête là je deviens un complotiste, alors que pour ma part je me considérerais plutôt à ce stade comme un mec perdu, dans le flou, dans le doute.

Quand en France des casseurs se battent avec les forces de l’ordre et qu’il y a « bavure » les seconds crient à la répression sauvage tandis que les premiers hurlent à la provocation. Quand une Assemblée Constituante est élue en Tunisie les premiers glorifient la démocratie et les seconds crient à la manipulation. Tandis qu’au Venezuela c’est le contraire.

Qui croire dans tout ça ? Je ne connais personne au Venezuela, je ne lis ni l’espagnol ni l’anglais. Que le « successeur » d’un chef de gouvernement devienne petit à petit un dictateur ne m’étonne pas, mais que les Etats-Unis fomentent des déstabilisations politiques dans un pays étranger ne m’étonne pas non plus. Ce ne serait pas la première fois, dans un cas comme dans l’autre.

La seule chose que je puisse dire à propos du Vénézuela est que la situation est explosive, et que je ne sais ni qui croire ni pour qui prendre parti. Je n’en sais rien, tout simplement.

Alors maintenant le complot. Enfin le « complotisme ». Désormais toute parole qui diffère un tant soit peu de la parole officiellement admise est suspectée de complotisme. Nous enjoignant à faire comme dans toute dictature de la pensée : hurler avec les loups.

Pour autant n’ai-je pas le droit de m’interroger sur ce que je lis dans les journaux, ou sur ce que j’entends à la radio ? La propagande n’a-t-elle jamais utilisé les médias pour abuser le peuple ? Les complots n’existent-ils pas ? Lorsque l’on sait qu’une grande majorité de la presse française appartient à des milliardaires dont les intérêts sont quelques peu « divergents » de ceux du peuple (je peux le dire parce que je l’ai entendu sur France Inter), il me paraît sain d’entendre plusieurs points de vue auprès de différentes sources, pour pouvoir exercer ensuite librement mon esprit critique.

Je ne sais pas si le Vénézuela est victime d’un complot organisé par les Etats-Unis, ou part l’extrême-droite ou qui encore, ni s’il est victime d’un complot organisé par Maduro pour établir une dictature. Mais je sais que les deux sont possibles, et qu’on ne saura la vérité que très longtemps après que des drames se seront déroulés.

Au bout du compte cela finit toujours comme cela. Un nouveau dictateur prendra la place du précédent, et un nouveau complot suivra le précédent. Pendant ce temps des gens auront souffert, se seront battus et seront morts. Toujours la même chose.

Celui qui comme moi veut s’informer correctement aujourd’hui ne le peut pas, car la Vérité n’existe pas. Mais refuser de vouloir regarder ou écouter les autres points de vue que ceux « autorisés » mérite tout de même réflexion : que craignent-ils ? croient-ils qu’il existe un complot qui ferait qu’en lisant « Le Grand Soir » Big Brother vous prenne pour Winston Smith ? Croient-ils que Le Grand Soir est financé par les Russes, les Vénézuéliens ou autres pour faire tomber la France et les Etats-Unis ? Mais c’est croire au complot que d’avoir peur du complot !

Le plus terrible dans tout ça, c’est qu’il faille sans cesse se défendre d’être un « complotiste » alors qu’on essaie juste de s’informer. Des complots il y en a plein les films, les séries, les livres, et l’Histoire humaine en est recouverte. Des petits, des grands, des moyens,utilisés par les uns contre les autres et réciproquement, depuis toujours…

Le problème ce n’est pas qu’il y ait des complots, mais de savoir qui les organise. Ce qu’il faudrait savoir aussi c’est pourquoi, et pour quoi ils sont organisés. Et c’est pour cela qu’il faut une information fiable. Et tous les journalistes honnêtes vous le diront, un seul point de vue ne suffit pas.

Caleb Irri http://calebirri.unblog.fr

URL de cet article 32186
   
Même Thème
Bernard Klein. Les expressions qui ont fait l’histoire. Paris, E.J.L. 2008
Bernard GENSANE
Ce qu’il y a d’intéressant avec les phrases historiques, c’est que, souvent, elles n’ont pas été prononcées par les personnes à qui on en a attribué la paternité. Prenez la soutière (je sais, le mot "soutier" n’a pas de féminin, mais ça ira quand même) du capitalisme américain qui siège au gouvernement français, Christine Lagarde. Elle a effectivement, lors de la flambée du prix des carburants, conseillé au bon peuple d’utiliser le vélo plutôt que la voiture. Mais la reine Marie-Antoinette, qui a tant fait (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération.

James Freeman Clarke


L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
19 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.