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Ce ne sont pas trente pesos, ce sont trente ans…

Mon amie Sylvie R. Moulin est résidente au Chili depuis plus de 20 ans. Enseignante, universitaire, écrivaine, elle connaît le Chili dans tous les aspects de la diversité de sa population. Son témoignage, dans toute sa fraîcheur et sa sincérité issues de son vécu, est un témoignage de la réalité de ce que vit le peuple chilien actuellement. Jean-Michel Hureau

J’ai appris la nouvelle alors que je me trouvais au Costa Rica, par un appel téléphonique de ma fille qui se trouvait à Santiago et qui avait dû marcher trois heures pour rentrer chez elle en raison de la fermeture intempestive du métro. Hors contexte, cela peut sembler burlesque, et d’ailleurs, au départ, personne n’a très bien compris ce qui se passait, ni soupçonné les proportions qu’allaient prendre les affrontements en l’espace de quelques jours.

La semaine, il est vrai, avait été agitée. Tout avait commencé le lundi 14 octobre, lorsque le prix du billet de métro avait de nouveau monté. Durant les douze dernières années, il a augmenté de plus de 80%, et la part la plus significative de cette hausse a eu lieu en 2019. Il faut savoir que le métro de Santiago a trois tarifs selon les horaires, le plus élevé se situant entre sept et neuf heures le matin et dix-huit à vingt heures le soir, c’est-à-dire aux heures de pointe. Le transport urbain de Santiago se confirmait ainsi comme l’un des plus coûteux d’Amérique latine : d’après une enquête du journal argentin La Nación du 24 octobre, il constitue, après l’alimentation, la dépense la plus importante des familles chiliennes.

Les mouvements de protestation ne se sont pas faits attendre, d’autant que le contexte général était tendu. En effet, alors que l’effervescence grandissait de toutes parts en raison du prix des transports, une canalisation d’eau - qui s’était déjà rompue en 2016 - avait décidé d’exploser dans la commune de Providencia, affectant les déplacements de centaines d’usagers, mettant l’entreprise Aguas Andinas en très mauvaise posture et intensifiant le mécontentement. Inutile de dire que plus personne n’a parlé par la suite de cette canalisation fragile ni des inondations qu’elle avait provoquées !

Les habitués du métro, élèves de l’enseignement secondaire en tête, ont commencé par enjamber les tourniquets d’accès. Des heurts avec le personnel de sécurité se sont bientôt déclenchés, d’abord sur la ligne 1, qui est la plus importante et traverse la capitale d’est en ouest, puis sur toutes les lignes du réseau. Finalement, le vendredi 18 octobre, les manifestants ont décidé, pour exprimer leur exaspération, de s’asseoir au bord des quais en laissant pendre leurs jambes au-dessus des rails de manière à paralyser la circulation des rames.

Et c’est à ce moment que tout éclata. Les autorités gouvernementales décidèrent d’abord de boucler toutes les stations, obligeant les usagers à rentrer chez eux comme ils le pouvaient, puis de maintenir cette fermeture jusqu’au lundi, et finalement de déclarer « l’état d’urgence ». Un manque de sang-froid, lorsque l’on y pense : il s’agit là d’une mesure qu’un gouvernement ne prend qu’en cas de péril imminent et qui, décidée de manière hâtive, risque fort de créer une panique générale plutôt que de susciter le dialogue. Surtout dans un pays qui a déjà connu des tremblements de terre dévastateurs et vécu un coup d’état militaire suivi de dix-sept ans de dictature...

En fait, l’augmentation du prix du ticket de métro n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La tension était accumulée et ne cessait d’augmenter, pour des raisons diverses que nous allons voir plus loin, car les réactions des autorités laissaient souvent sentir qu’ils ne prenaient pas au sérieux les revendications qui se manifestaient pour ainsi dire quotidiennement dans la rue. Citons l’exemple de la solution, pour le moins maladroite, proposée par la ministre de l’économie : aller travailler plus tôt ou rentrer chez soi plus tard, de manière à profiter des horaires moins coûteux, sachant que cela n’entraînerait pas de rémunération additionnelle pour les usagers.

Les revendications fermentaient depuis longtemps et avaient alimenté des manifestations régulières au cours des dernières années. Tout d’abord le système imposé par les Administrations de Fonds de Pensions (AFP), qui permettent à leurs gestionnaires d’accumuler des fortunes tandis que les bénéficiaires ne reçoivent que des miettes insuffisantes pour mener une vie décente. Installé en 1982 en pleine dictature, ce principe de redistribution ne fait qu’accroître les différences sociales, mais il n’y a malheureusement pas moyen d’y échapper.

Le mécontentement se centre également sur le système de santé, toujours inégalitaire et caractérisé par un manque d’hôpitaux et de spécialistes, de sorte que les inscrits à FONASA (Fond National de Santé) se trouvent souvent sur des listes d’attente qui mettent leurs jours en danger. Je connais pour ma part deux personnes septuagénaires qui sont sur ces listes depuis deux ans, l’un pour une tumeur rénale, l’autre pour une prothèse des deux hanches. La solution qui leur est offerte : s’armer de patience. En bref, les études s’accordent à dire qu’au Chili, seulement 20% de la population peut s’assurer une attention médicale de qualité.

L’éducation ? Autre secteur de ségrégation. Demandant avant toute chose une éducation publique de qualité, et comme tant d’autres secteurs des salaires décents, le corps enseignant a été en grève une bonne partie de l’année sans arriver à se faire entendre. Autre « goutte d’eau », le ministère de l’éducation a annoncé, à partir de 2020, l’élimination de l’Histoire et de l’Education physique comme matières obligatoires pour les deux dernières années de secondaire. Quant à l’enseignement supérieur du Chili, il se situe parmi les plus chers du monde, au même niveau que le Royaume-Uni.

Parmi les causes de mécontentement se trouvent également la privatisation de l’eau, qui nous distingue elle aussi, tristement, du reste de la planète et constitue un autre héritage de la dictature. Un système qui permet que des chefs d’entreprises privées construisent leur fortune sur la gestion d’un bien national d’usage public. Tout cela culminant en une augmentation vertigineuse du coût de l’électricité cette dernière année, plus de 10%, et de nombreux scandales de corruption qui placent souvent le Chili à la une de l’actualité.

En résumé, bien qu’étant l’un des pays d’Amérique latine ayant le plus haut revenu par habitant, le Chili n’en reste pas moins celui de la plus grande inégalité sociale. Alors que dire lorsqu’au milieu du délire général, Ignacio Briones, ministre des Finances, déclarait froidement sur une chaîne de télévision le dimanche 3 novembre : « Toutes les inégalités ne sont pas injustes, toutes les inégalités ne sont pas mauvaises » ?

Cette explosion massive des dernières semaines, je l’ai vécue d’abord de l’extérieur du pays, par des témoignages directs, puis par les chaînes de télévision qui ont commencé à diffuser les informations minute par minute, sans faire preuve de discernement ni de l’objectivité que l’on serait en droit d’attendre d’elles en de telles circonstances, mais permettant tout de même de se faire une idée du chaos général.

La première erreur du Président, à mon sens et pour beaucoup d’analystes, fut de déclarer un couvre-feu et de mettre l’armée dans la rue. Chose à éviter absolument dans un pays qui a connu quarante-six ans plus tôt un coup d’état suivi d’une dictature militaire de dix-sept ans, l’une des plus sanglantes d’Amérique latine. Le 11 septembre, comme chaque année, des manifestations s’étaient déroulées en hommage aux victimes et aux disparus. Les gens se souviennent, les blessures ne sont pas guéries et ne le seront jamais...

Continuant dans le style Gaston Lagaffe, le Président Piñera déclara ensuite le pays « en guerre », quelques semaines seulement après l’avoir défini comme « une véritable oasis au milieu d’une Amérique latine convulsionnée », ajoutant que c’était « une démocratie stable, en pleine croissance ». (https://www.cooperativa.cl/noticias/pais). Faut-il aujourd’hui en rire ou en pleurer ? La gaffe n’a fait que s’ajouter à la liste, au côté de celles de l’épouse du Président qui, déroutée par les événements, a comparé les manifestants à des extra-terrestres, ce que personne ne lui a pardonné, d’autant plus que les enfants chiliens et comme beaucoup d’autres, s’apprêtaient à se promener dans les rues déguisés en monstres en célébration d’Halloween !

Tout cela est d’autant plus mal tombé que le Chili s’apprêtait à recevoir les principaux leaders mondiaux pour les sommets de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) et de la COP (Conférence des Parties). Les deux conférences furent tout simplement annulées le 30 octobre, décision que Piñera déclara « basée sur un sage principe de sens commun ».
Alors il a fallu accuser tout le monde et n’importe qui d’avoir provoqué cette explosion populaire : Castro, Maduro, Poutine, l’important était d’accuser quelqu’un et de ne pas reconnaître les erreurs. On a parlé de préparation de coup d’Etat, les astrologues s’en sont mêlés... A l’extérieur, les déclarations étaient prudentes et peu engagées, comme si personne ne comprenait bien ce qui se passait.

Entre temps, je suis revenue du Costa Rica. Un vol loin d’être rempli, l’arrivée à trois heures du matin dans un aéroport en état de léthargie, un retour au centre-ville dans un « transfer » (mini bus qui fonctionnent par quartiers) presque vide. J’habite dans la commune de Santiago, près du « Cerro Santa Lucia », colline verdoyante prisée des touristes, et de la Bibliothèque Nationale, à égale distance entre l’Université Catholique et l’Université du Chili. Un secteur bien tranquille, rempli de petits commerces sympathiques et de restaurants offrant toutes les spécialités du continent.

Ce matin-là, alors que les rues étaient encore désertes, je découvrais un spectacle apocalyptique, toutes les façades couvertes de graffiti, partout des restes de barricades et de tas d’ordures incendiés, plus un feu de circulation en fonctionnement, plus un arrêt de bus. En arrivant dans la rue San Isidro où j’habite, plus de station de métro, un centre médical et la pharmacie attenante complètement brûlés, des commerces de toutes tailles et de tous styles détruits. Arrivée devant l’entrée de mon bâtiment, j’ai remercié le chauffeur et me suis hâtée de rentrer chez moi, en état de choc.

En revanche, dans d’autres secteurs de la capitale, qui semblent réfugiés dans une bulle miraculeuse – du moins pour le moment, tous les commerces sont approvisionnés et fonctionnent sans histoires, les murs sont propres, la circulation fluide. Les communes de Providencia, Vitacura et Las Condes, entre autres, sont en dehors des événements. Si les habitants ne regardaient pas le journal télévisé du soir, ils ne soupçonneraient même pas ce qui se passe dans le pays. Je dis bien dans le pays, car si tout a commencé à Santiago, les manifestations se sont diffusées rapidement dans toutes les villes, depuis Iquique au Nord jusqu’à Punta Arenas au Sud.

Il s’est créé une sorte de psychose, une peur qui empoigne l’estomac et fait perdre le sommeil, mais il est difficile de définir cette peur et de dire ce que l’on craint. La violence bien sûr, parce que les manifestations commencent dans le calme et terminent par des attaques brutales des forces de l’ordre, avec bombes lacrymogènes et camions anti-émeute qui lancent des jets d’eau corrosive sur les manifestants. Les policiers chiliens sont connus pour leur brutalité, il y a eu des pertes de contrôle de part et d’autre, des manifestants qui ont perdu la vue à cause des gaz de défense lancés sur eux. Quand tout explose, c’est le tour des « infiltrés », sans idéologie, qui ne représentent aucune cause précise et détruisent pour le plaisir de la destruction. Au petit jour, les secteurs touchés semblent se réveiller d’un bombardement.
Chaque soir, vers vingt heures, se déclenche un « cacerolazo », concert de coups de cuillères sur des casseroles, une spécialité latino-américaine pour exprimer le mécontentement des participants, qui se poursuit jusqu’à ce que les acteurs se fatiguent ou que la police les disperse. La manifestation la plus impressionnante fut sans aucun doute celle du 25 octobre, qui s’est déroulée dans toutes les villes du pays, et a réuni dans Santiago seule 1 200 000 personnes selon les autorités, un record dans l’histoire du Chili. Un rassemblement qui fait frémir d’émotion. On peut toutefois se demander si les personnes qui descendent aujourd’hui dans la rue sont allées voter aux élections présidentielles de 2017, qui n’ont pas atteint 50% de suffrages exprimés.

J’ai participé pour ma part à plusieurs manifestations, mais deux d’entre elles resteront gravées dans ma mémoire. La première, c’était au Costa Rica, un rassemblement qui s’est formé devant l’ambassade du Chili, avec un « cacerolazo » bien sûr, et aussi une sorte de représentation théâtrale évoquant les sombres souvenirs de la dictature pour ensuite marcher jusqu’au siège de la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme. J’y ai rencontré des gens de tous les âges et de tous les styles, mais je me souviendrai toujours d’un couple de Chiliens qui s’était réfugié à San José peu après le coup d’état de 1973 et avait ensuite décidé de rester dans leur pays d’accueil. Jamais ils n’auraient pensé vivre de pareilles circonstances alors que tout semblait si tranquille...

La deuxième manifestation, c’était à mon retour à Santiago, le 1er novembre, la Marche des Femmes en Deuil, un cortège silencieux qui a suivi l’artère centrale de la ville depuis le métro Salvador jusqu’au palais présidentiel de la Moneda. Nos vêtements noirs accompagnés d’une fleur ou d’un foulard blanc exprimaient clairement leur message. Certaines femmes avaient un œil couvert pour évoquer les mutilations provoquées par les forces de l’ordre les jours antérieurs. Sur les trottoirs, les policiers étaient prêts à agir, espérant une petite faille pour justifier leur attaque. Mais ils n’ont pas eu cette chance...

Partout, il se crée des « cabildos », groupes informels qui se rassemblent au niveau de quartier pour commenter la situation qui les angoissent mais dont ils ne comprennent pas encore l’ampleur ni la portée. Ils sont directement inspirés d’une instance officielle de l’époque de la colonie qui était composée par les propriétaires de terrains auxquels le gouverneur demandait conseil sur certaines affaires publiques. Partout, des artistes sont descendus dans la rue, danseurs et chanteurs classiques du Théâtre Municipal, acteurs, musiciens en tout genre. Partout, la chanson El derecho de vivir en paz (Le droit de vivre en paix) composée en 1971 par Victor Jara, victime emblématique du coup d’Etat, à l’occasion de la guerre au Vietnam, puis actualisée sous la dictature et toujours reprise en symbole de liberté et de démocratie.

Ce mouvement est loin d’être terminé. Il s’agit d’une secousse profonde, un séisme qui a déjà fait des victimes et qui aura des répercussions énormes. Le gouvernement a cru qu’il lui suffirait de revenir en arrière sur l’augmentation du ticket de métro pour que les gens rentrent chez eux et se taisent. Il se rend compte aujourd’hui que le problème est beaucoup plus complexe, plus sévère, et qu’il ne s’est pas créé en quelques jours, ni même en quelques décennies. Il s’est creusé peu à peu une brèche profonde entre les deux extrêmes de la société et la classe moyenne est chaque jour plus vulnérable. Les Chiliens demandent un changement important dans plusieurs domaines, et surtout une nouvelle Constitution, car celle qui régit actuellement le pays date de 1980 et a été imposée sous la dictature par les militaires et leurs alliés civils...

On a parlé d’abord de la « Révolution des 30 pesos », mais maintenant la devise est : « Ce ne sont pas 30 pesos, ce sont 30 ans ».

Sylvie R. MOULIN

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