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Ce que les médias ne vous diront pas sur Cuba-épisode 1 : le système de santé

Cuba, plus grande île des Caraïbes, est souvent l’objet de vastes débats entre partisans de la Révolution de 1959 et ceux la rejetant catégoriquement. Depuis des années, ce sont ces derniers qui ont une large audience dans les médias. Ainsi dès lors qu’il est question de Cuba c’est presque uniquement pour entendre des nouvelles négatives ou des critiques sur tel ou tel aspect du pays. Mais, à chaque fois, ces commentaires omettent des données essentielles dont, la première d’entre elles, le blocus imposé par les Etats-Unis qui frappe l’île depuis les années 60 et qui est toujours en vigueur malgré l’opposition de tous les pays du monde à l’ONU (exceptés Israël et les Etats-Unis).

Dans ce combat journalistique des temps modernes il faut que chacun puisse avoir les bonnes informations. Ainsi, sans ignorer les problèmes à Cuba, et sans affirmer que tout est parfait là-bas, quelques vérités doivent être rétablies. Ce sera le but et l’objectif de cette série d’articles qui comportera dix épisodes sur des thèmes bien précis. Actualité oblige le premier épisode est consacré au système de santé cubain [les missions de solidarité cubaine à l’étranger seront traitées dans un article à part consacré à la solidarité*].

La Constitution de 1976 mentionne dans son article 49 que : « Chacun a droit aux soins et à la protection de sa santé. L’État garantit ce droit :

– par la prestation de l’assistance médicale et hospitalière gratuite, dans le réseau des installations de service médical rural, polycliniques, hôpitaux, centres prophylactiques et de traitement spécialisé ;

– par la prestation de soins dentaires gratuits ;

– par le développement des plans d’information sanitaire et d’éducation à la santé, les examens médicaux périodiques, la vaccination générale et autres mesures préventives des maladies. À ces plans et activités coopère toute la population par l’intermédiaire des organisations sociales et de masse. »

La Constitution de 2019 réaffirme ce droit essentiel notamment dans l’article 72 : « La santé publique est un droit de toutes les personnes, l’État ayant la responsabilité de l’État de garantir l’accès, la gratuité et la qualité des services de soins, de protection et de rétablissement. L’État, pour rendre ce droit réel, met en place un système de santé à tous les niveaux, accessible à la population, et développe des programmes de prévention et d’éducation auxquels contribuent la société et les familles. La loi définit la façon dont sont prêtés ces services. »

Dès la victoire de la Révolution cubaine en 1959, la santé va être considérée comme l’une des priorités de l’Etat. Aujourd’hui, les résultats de Cuba sont salués par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). A tel point que Fidel Castro fut, en 1998, le premier chef d’Etat à recevoir la médaille d’or de la Santé pour tous décernée par l’OMS.

Batista renversé, les nouveaux dirigeants mettent le système de santé dans le giron de l’Etat. Des centre de soins, ainsi que des centres pour les personnes âgées sont construits. En 1959, Cuba ne compte alors que 6 000 médecins, dont 3 000 qui vont fuir l’île. Depuis les choses ont bien changé. Entre 1959 et 2016, Cuba avait formé près de 110 000 médecins, dont 11 000 rien qu’en 2012. Aujourd’hui, Cuba possède l’un des meilleurs taux de médecins pour 1 000 habitants au monde (8,2 pour 1 000 en 2017 selon les chiffres de la Banque mondiale). L’île compte aujourd’hui 76 000 médecins, 15 000 dentistes et 89 000 infirmières. Elle compte aussi plus de 160 hôpitaux, 452 polycliniques et 24 facultés de médecine. Pour l’année 2014, l’OMS précisait que la part du PIB consacrée au système de santé était de 11,1%. Globalement elle se situe autour des 10%.

A Cuba, la santé est un droit. C’est aussi un devoir. Des campagnes de préventions sont ainsi menées à partir de 1959 et, à l’école, les enfants sont sensibilisé à l’hygiène et au sport. Ainsi en 2004 un programme de recensement des jumeaux a été mené (95% d’entre eux ont été répertoriés) afin de prévenir et d’anticiper l’apparition de maladies, et d’étudier l’hérédité génétique. De plus, si l’espérance de vie était de 60 ans en 1959, elle était en 2016, d’après les chiffres de l’OMS, de 77 ans pour les hommes, et de 81 ans pour les femmes. En 2019 elle était de 79,5 ans, soit une espérance comparable aux pays les plus développés. En France, selon l’INSEE, elle était, en 2019, de 79,8 ans pour les hommes et de 85,7 ans pour les femmes. L’île compte d’ailleurs une assez grande part de centenaires, près de 2 070 en 2019, pour une population totale de 11,2 millions d’habitants (soit 0,18 pour 1 000 habitants). En comparaison le Japon, pays infiniment plus riche que Cuba, possède 70 000 centenaires pour une population de 126,2 millions d’habitants (0,55 pour 1 000).

Cuba, premier dans bien des domaines

En 1959 la mortalité infantile était de 60 pour 1 000 à Cuba. Toujours d’après les chiffres de la Banque mondiale, la mortalité infantile était, en 2018 de 4 pour 1000. En comparaison elle était de 3 pour 1 000 en France, de 6 pour 1 000 aux Etats-Unis, de 9 pour 1 000 en Argentine, de 12 pour 1 000 en Colombie, de 50 pour 1 000 à Haïti, de 14 pour 1 000 à Grenade et de 8 pour 1 000 aux Bahamas. D’ailleurs, Cuba est, selon les données de l’UNICEF, le seul pays d’Amérique latine à avoir éradiqué la malnutrition infantile sévère.

En 1965 est créé le Centro nacional de investigaciones cientificas (l’équivalent du CNRS français). C’est également au cours de cette année que Cuba devient le premier pays latino-américain à légaliser l’avortement. Il faudra attendre 2012 pour qu’un second pays, l’Uruguay, en fasse de même.

En 2015, l’OMS confirme que Cuba est le premier pays du monde à éliminer la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Les chercheurs cubains travaillent sur plusieurs médicaments. Pour cela ils disposent du groupe Biocufarma, une entité publique créée en 2012. En ce moment, l’antiviral Interferon alpha2b, de technologie cubaine et de production chinoise, est utilisé dans plusieurs pays comme traitement contre l’épidémie du Covid-19. Un autre est, par exemple, développé afin de lutter contre le cancer du poumon.

Une école spécialisée : l’ELAM

L’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) fut fondée par Fidel Castro le 15 novembre 1999, à la suite de l’Ouragan Mitch. Elle est destinée à former des médecins du monde entier, y compris des Etats-Unis. Chaque année, près de 1 000 étudiants l’intègrent. En tout ce sont plus de 29 630 médecins, provenant d’une centaine de pays différents, qui ont été formés par l’ELAM depuis sa création.

Pour la plupart des étudiants étrangers, les études sont gratuites. Le gouvernement octroie même une bourse comprenant les frais de scolarité, le logement (en dortoir) mais aussi trois repas par jour ainsi que les manuels, en espagnols, l’uniforme, quelques articles de toilettes de base, une literie et 100 pesos par mois.

Le but de l’école n’est pas de former des médecins étrangers pour Cuba. Mais elle permet à des jeunes ne pouvant suivre des études de médecine dans leur propre pays de venir obtenir un diplôme dans le but, ensuite, de retourner chez eux et de soigner leurs populations, y compris dans des zones où les médecins locaux refusent d’aller et où certaines populations sont parfois totalement privées de soins.

Toutes ces données doivent être comprises en intégrant deux choses. La première c’est que Cuba est toujours sous blocus américain. Un blocus que Donald Trump ne souhaite pas abolir malgré la pandémie, pas plus qu’il ne souhaite d’ailleurs assouplir les sanctions visant l’Iran ou le Venezuela. La deuxième c’est que Cuba reste un pays pauvre et une île des Caraïbes. Il conviendrait ainsi de comparer Cuba non pas avec les pays occidentaux développés mais avec des pays présentant des caractéristiques similaires (comme Haïti). Néanmoins les progrès de Cuba en terme de santé sont tels que l’île a su se hisser au rang des grandes puissances de ce monde dans ce domaine là.

* Quelques données néanmoins sur la solidarité cubaine dans la lutte contre le Covid-19 avant l’épisode qui sera consacré aux missions internationalistes des médecins cubains. A ce jour, des milliers de professionnels de la santé sont déployés dans des pays pour faire face à la pandémie du Covid-19. Par exemple, Cuba a envoyé plus de 50 médecins en Italien, une brigade au Nicaragua, près de 140 en Jamaïque, 5 à Grenade, ou encore près de 500 à Buenos Aires, en Argentine. D’autres devraient arriver en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Cuba fournit également l’antiviral Interferon alpha2b, de technologie cubaine et de production chinoise pour lutter contre le virus. Des dizaines de pays en auraient déjà demandé aux autorités.

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