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L’assignation à l’animalité des Palestiniens par les élites dirigeantes israéliennes. Une vieille histoire… sioniste

Pour justifier l’écrasement des Ghazaoui, le ministre israélien de la défense a déclaré le 09 octobre 2023, que « les Palestiniens étaient des animaux humains »

Pour justifier l’écrasement des Ghazaoui, le ministre israélien de la défense a déclaré le 09 octobre 2023, que « les Palestiniens étaient des animaux humains ». Ces propos ont provoqué indignation et colère chez les citoyens du monde qui ont su garder leur humanité, face au délire et au déluge de propagande anti-palestinien, anti-arabe et anti-musulman du système médiatique hégémonique occidental.

En vérité, la déclaration de ce ministre ne fait que confirmer, s’il en était besoin, ce que nous avons appelé, dans un texte (1) publié en 2015, le zoomorphisme des Palestiniens par les élites racistes israéliennes. Nous en reproduisons ici, la partie qui traite de cette ignominie, en gardant bien à l’esprit cette proposition paradigmatique d’Aimé Césaire :

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral ».

Le zoomorphisme israélien. « Les palestiniens (sic) sont des bêtes (2) qui marchent sur deux pieds ». Menahem Begin (3)

S’« il n’ y a rien de semblable aux Palestiniens », selon Golda Meir (4), qu’est-ce qui pourrait alors leur ressembler, en plus d’être des « esclaves », un « cancer, des « sous-hommes » ? « Des bêtes » ?

À l’abaissement et à l’avilissement des Palestiniens, à leur infériorisation, au nom d’une supériorité autoproclamée, s’ajoute, comme si le dispositif raciste ne suffisait pas, leur bestialisation par les élites israéliennes, et forcément par une population, qui adhère et pratique, tout autant, cette assignation à l’animalité du peuple palestinien.

En effet, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dès le début (5) du processus de domination, de spoliation et d’oppression des Palestiniens, les sionistes se font adeptes du zoomorphisme pour parler des Palestiniens, oubliant, sans aucun doute, que les Allemands de confession juive en furent les victimes dans l’Allemagne nazie, dans un premier temps, puis plus largement les Juifs européens dans une Europe nazifiée.

L’antisémitisme – concept, système et pratique -, qui, on ne le répétera jamais assez, est une sinistre invention de l’Occident européen, s’est, entre autres, confondu, dans le cadre de l’idéologie nazie, avec l’exclusion criminelle des Juifs du monde des humains.

Cette exclusion, s’est également appuyée sur leur assignation à l’animalité, et plus particulièrement aux bêtes dites nuisibles. Pour préparer les esprits à l’innommable, et pour banaliser le crime, les nazis identifieront, systématiquement et systémiquement, les Juifs à un monde animal, réellement, ou fantasmatiquement, abject, effrayant, infâme, immonde : reptiles, rat, cafard, criquets (6), et autres insectes.

Ouvrons une parenthèse pour rappeler que l’assignation de l’être humain à l’animalité, bien avant le fascisme et le nazisme, a été pratiquée, dès le XIXe siècle, à l’échelle de tout un continent, l’Afrique, par le géniteur de ces deux idéologies, le colonialisme occidental.

L’assignation criminelle des Juifs à l’animalité, à la bestialité par les nazis visait explicitement un but : leur élimination. C’est ce qu’il advint.

On aurait pu penser, espérer, au nom des leçons de l’Histoire, dispensées à tout crin par un Occident donneur de leçons, mais toujours mauvais élève, que ces procédés de fabrication et de représentation d’êtres humains bestialisés, seraient définitivement bannis.

Les « esprits » Occidentaux, qui se taisent encore aujourd’hui, à quelques rares exceptions, sur les crimes de l’Etat sioniste acceptent, ainsi que la grande majorité des descendants de ceux qui subirent cette abomination nazie en Europe, les méthodes nazies d’avilissement, d’animalisation dès lors qu’il s’agit de Palestiniens (7).

Tenus par les élites militaro-politiques, étatiques, et religieuses israéliennes – premiers ministres, ministres, chefs d’état-major de l’armée, officiers généraux, rabbins, journalistes, etc-, leurs termes pour décrire les Palestiniens sont identiques en tous points à ceux que les nazis utilisèrent pour avilir et criminaliser leur communauté. En voici quelques exemples :

- « Les Palestiniens sont comme des cancrelats dans un bocal », (1979...), Rafael Eitan, ex-chef d’état-major de l’armée israélienne, 1979.
- « Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pieds », « des criquets qui devraient être écrasés », Menahem Begin, ex-premier ministre, 1982.
- « Lorsque nous aurons colonisé le pays, il ne restera plus aux arabes que de tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille », (Rafael Eitan ex chef d’état-major et ex-vice-Premier ministre israélien, New York Times, 14 avril 1983).
- « Les Palestiniens seront écrasés comme des criquets, leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs », Yitzhak Shamir, ex-premier ministre, 1er avril 1988.
- « Les Palestiniens sont comme les crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent », Ehud Barak, ex-Premier ministre, ex-ministre de la défense, Jerusalem Post du 30 avril 2000.

Cette identification au monde animal, tout comme le zoomorphisme des nazi-fascistes, classe les Palestiniens dans la catégorie des sales bêtes.

Fantasmes et imaginaire aidant, les insectes et les reptiles représentent ce qu’il y a de pire dans le monde animal. De plus la figure et le statut de sales bêtes, -criquets, cafards, rats, etc, - auxquels sont assignés les Palestiniens, renvoient à une nuisibilité, une inutilité ontologique. Et comme les nuisibles, ils doivent être exterminés.

C’est que laisse entendre explicitement le ministre de la défense israélien, membre comme Netanyahou, du parti Likoud, héritier du parti Herout fondé par Begin(8) , dont Albert Einstein, et d’autres intellectuels, disaient de lui « qu’il prônait la doctrine d’un État fasciste.

Notes.
1. La colosionisation de la Palestine, août 2015, https://www.legrandsoir.info/colosionisation-de-la-palestine.html Le Grand Soir.

2. Voir à ce propos, « Chant de leur propre épouvante », 2014, Smaïl Hadj Ali,
http://palestine-solidarite.org/chant.smail_hadj-ali.070315.

3. Sur Begin, voir L’État des tueurs volontaires, Cf. L’Etat des tueurs volontaires, http://www.protection-palestine.org, août 2006, Smaïl Hadj Ali

4.La colosionisation de la Palestine, août 2015, https://www.legrandsoir.info/colosionisation-de-la-palestine.html Le Grand Soir

5. Voir « Chant de leur propre épouvante », Smaïl Hadj Ali,
http://palestine-solidarite.org/chant.smail_hadj-ali.070315

(6) Les criquets sont considérés comme un fléau divin dans la Bible et l’Ancien Testament.

(7) Nous avons pu consulter une étude publiée par le site du Musée du judaïsme, traitant de la bestialisation des juifs par les nazis, mais aussi de « l’antisémitisme des Arabes ». Paille et poutre, car à aucun moment cette étude ne signale les discours racistes et zoomorphes des dirigeants d’Israël sur les Palestiniens. Ce n’était probablement pas l’objet de cette étude !
https://www.google.com.br/search?q=mus%C3%A9e+du+judaisme&

(8) Netanyahou, et son ministre de la Défense, sont les dignes héritiers de Menahem Begin, qu’Albert Einstein et Hannah Arendt avaient qualifié de fasciste en 1948 dans une pétition publiée par le New York Times, lors d’un voyage aux États-Unis de celui qui était responsable « d’un parti qui prône ouvertement la doctrine de l’Etat fasciste », selon cette pétition. Ce parti, le Herout, créé par Begin en 1948, et dont le Likoud, enfanté par le même Begin, qui fut le commanditaire de l’assassinat en 1948 de 254 villageois de Deir Yassine, a pris le relais en 1973. Cf. L’Etat des tueurs volontaires, http://www.protection-palestine.org, août 2006.

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