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Colosionisation de la Palestine

Le sionisme déshumanise des millions de Palestiniens en les privant de leurs droits humains. D. R.

- Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral.
Discours sur le colonialisme. Aimé Césaire, 1950.

« Israël a le droit de se défendre, mais il doit éviter une réaction disproportionnée » ; « l’offensive de Tsahal ne doit pas être disproportionnée » ; « il doit faire preuve de mesure, de retenue », etc., etc.

C’est avec ces termes, puisés dans une novlangue du crime banalisé, que la « communauté internationale », comprendre euro-étasunienne, relayée en boucle par les cerbères médiatiques de l’idéologie régnante, a réagi aux tueries et destructions massives de l’Armée-Etat d’Israël dans sa « légitime » « action défensive », dite « bordure protectrice », contre les « Arabes » de Palestine en général, et de Ghaza en particulier.

Après cinquante jours de « légitime défense », l’Etat sioniste, un mixte militaro-théocratique, a assassiné 2200 personnes, dont 541 enfants et 250 femmes. Onze mille Palestiniennes et Palestiniens ont été blessés, brûlés, démembrés, handicapés à vie. 365 000 ont fui leurs habitations, dont 17000 ont été totalement détruites. Il faudra vingt ans pour reconstruire, et ce indépendamment de l’opération « Plombs durcis », dite de « légitime défense », elle aussi, qui sema mort et dévastations 22 jours durant .

Cela fait des lustres que ladite « communauté internationale », avant, pendant et après ces tueries et destructions planifiées, s’auto-satisfait et se contente, invariablement, d’inviter cette entité colonialiste « à éviter les réactions disproportionnées » dans sa « légitime défense ».

Une « légitime défense » assurée, dans l’enthousiasme jubilatoire, par des pilotes de bombardiers, tueurs professionnels, qui ont à leur tableau de chasse des milliers de Palestiniens, parmi lesquels des centaines d’enfants et de femmes .

A cette « communauté » se joint une direction de l’O.N.U, le plus souvent aux ordres et au service des puissants -U.S.A, France, Grande-Bretagne.

Révélatrice du soutien indéfectible de ces puissances, cette formule, dans son apparente sagesse, peut être ainsi lue : « D’accord pour vos bains de sang, mais faites-les avec mesure, et à proportion ».

Comme cela a été intimé aux « Arabes », alors que les Ghazaoui mourraient sous les bombes des sionistes, faisons « l’effort non pas de nier, mais de comprendre Israël dans ses réalités, ses contradictions, et son histoire ». En voici quelques aspects.

Le racisme israélien. « Il n’y a pas semblable chose aux Palestiniens, ils n’ont jamais existé ».

Cette position, expression d’un racisme tranquille et assumé, prononcée par Golda Meir en 1969, n’est-elle pas au cœur de la logique de « disproportion », dont a toujours fait preuve Israël ? Ne constitue-t-elle pas le socle de la politique, volontairement et irréductiblement colonialiste de cet Etat ?

Est-ce de l’antisémitisme juif, de l’anti judaïsme, de la judéophobie , de rappeler cela ?

L’incursion, même la plus abrégée, dans l’histoire colonialiste d’Israël fournit des exemples à profusion de cette « disproportion », et confirme, pleinement, sans que l’on ait à en forcer le trait, la terrifiante et ignoble sentence de Golda Meir.

Cette sentence qui fait écho à la formule fondatrice et programmatique du projet sioniste, « Une terre sans peuple, pour un peuple sans terre », matérialise le vol de la Palestine historique et le bannissement de huit cents mille Palestiniens, décidés et exécutés implacablement tout au long de la première moitié du vingtième siècle par les chefs sionistes, parmi lesquels Jabotinski, Weitz, Ben Gourion.

Dans ce même ordre d’idées, le même Ben Gourion, porté au firmament de la civilisation occidentale par les élites de celle-ci, déclarait en 1937 : « Les Arabes doivent partir mais il nous faut l’occasion propice pour le faire, une guerre par exemple ». Cette guerre unilatérale aura lieu en avril 1948 en application du plan Dalet élaboré par la Haganah sur ordre de Ben Gourion : terreur à grande échelle, bombardements, destruction des villages, arrestations de milliers de Palestiniens, assassinats, empoisonnement des puits , épandage de pesticides et d’herbicides sur les récoltes, etc.

La forfaiture est soutenue par les puissances impérialo-colonialistes. Objectif affirmé : expulser les Palestiniens par la force, et par tous les moyens, de leur patrie vers les pays arabes voisins.

Déjà, et bien avant la phase de la légitimation internationale de l’entité colonialiste, les institutions et les organisations sionistes, -civiles, religieuses et militaires- se déchaînent : meurtres ciblés, attentats, éradication de villages . Les conséquences attendues ont pour réalités la mort, l’exil, l’exode, l’assujettissement, l’oppression.
C’est sur les bases de cette absolue et enthousiaste politique de terreur, que se constitue l’Etat sioniste, en lieu et place de la patrie des Palestiniens.

Une fois le bannissement de centaines de milliers de Palestiniens vers les pays voisins, l’Etat sioniste se met à « gérer » la population palestinienne, présente sur quelques bouts de terre, comme un excédent, un rebut démographique, une population excédentaire, considérés comme « corps d’exception » . Des « corps d’exception » parqués, emmurés, dans des camps , des zones de déportation, que l’on peut mettre à mort manu militari. Toutes choses caractéristiques du système d’apartheid.

A cet égard, il n’ ya pas de hasard, cela explique les relations privilégiées, de grande amitié et de connivence, qu’ Israël a toujours entretenues avec l’Afrique du Sud dont le système politique nazi-fasciste, l’apartheid, se fondait sur les principes d’un peuple-un et pur et d’une supposée « race supérieure ». Notons que l’arsenal idéologique libéral a réussi l’exploit de découpler le racisme du fascisme, alors qu’il en est, historiquement et organiquement, une des idéologies fondatrices et nourricières.

A ce jour, la vie quotidienne des Palestiniens est rythmée par une politique d’apartheid : routes séparées, contrôles méprisants et humiliants quotidiens, plaques d’immatriculation spécifiques, expropriations de terres et de maisons, destruction et incendies de domicile, arrachage et destruction des champs d’oliviers, coupures d’eau, d’électricité, interdiction de circuler. A quoi s’ajoute, ultime sauvagerie, le déversement des excréments des colons. C’est ce que rapporte le courageux écrivain et journaliste britannique Johann Hari : « Une odeur remplit mes narines. C’est l’odeur de merde. A travers la Cisjordanie occupée-la rive ouest-, des eaux usées à l’état brut, sont pompées chaque jour des colonies juives et déversées tout droit sur les terres palestiniennes. Ces excréments pénètrent dans la nappe phréatique et les puits et deviennent du poison » .

A ce processus de spoliation et de prédation, prête main forte, systématiquement et naturellement, une vision du monde raciste, qui agit comme le lubrifiant idéologique nécessaire à la cohésion de la société israélienne. Dans le cas d’Israël, cette vision, partagée par sa population dans sa très grande majorité, est portée et défendue avec ardeur par les élites politico-militaires et religieuses. Les quelques propos qui suivent, puisés dans le répertoire raciste israélien, sont éloquents :

- Ehud Barak, ex-premier ministre israélien : "Les Palestiniens sont le produit d’une culture dans laquelle le mensonge est acceptable. La vérité est, pour eux, hors de propos" (Interview accordée à Benny Morris, The New York Review of books, 13 juin 2002) ;

- Moshe Katsav, ex-Président israélien : "Il y a une énorme différence entre nous [les juifs], et nos ennemis. Pas seulement dans la capacité, mais dans la morale *, la culture, le caractère sacré de la vie et la conscience. Ils sont nos voisins ici, mais c’est comme si à quelques centaines de mètres, il y avait un peuple qui n’appartenait pas à notre continent, à notre monde, qui appartenait véritablement à une autre galaxie" (Jerusalem Post, le 10 mai 2001).

- Moshe Yaalon, ex-chef d’Etat Major de l’armée israélienne : "Les Palestiniens sont une sorte de cancer. Il y a plusieurs manières de traiter le cancer. Certains pensent qu’il faut amputer des membres, mais moi, pour le moment, je me contente de leur faire une chimiothérapie". (en 2002)

- Heilbrun, président du comité pour la réélection du général Shlomo Lehat, maire de Tel-Aviv : "Nous devons tuer tous les palestiniens à moins qu’ils ne soient résignés à vivre en tant qu’esclaves" (octobre 1987)

- YItzchak Ginsburg, rabbin : « Eretz Israël est une véritable terre de vocation, la terre des fils d’Israël, celle où ne méritent d’habiter que ceux qui ont choisi d’être le peuple de Dieu et d’appliquer ses préceptes. Aujourd’hui, on a honte de dire que le peuple d’Israël est "une lumière pour les goys". On a peur de dire qu’un professeur arabe est moins intelligent qu’un professeur juif. C’est perçu comme du racisme, et on veut ainsi escamoter ce qui était clair pour les goys : ce sont les Juifs qui ont donné la morale et l’intelligence à tous les peuples. »

Le zoomorphisme israélien. L’identification des Palestiniens par l’animalité.

« Les palestiniens (sic) sont des bêtes qui marchent sur deux pieds ». Menahem Begin.

Si, « il n’ ya rien de semblable aux Palestiniens », selon Golda Meir, qu’est-ce qui pourrait alors leur ressembler, en plus d’être des « esclaves » et un « cancer, etc.?

A l’abaissement des Palestiniens, à leur infériorisation, s’ajoute, comme si le dispositif raciste ne suffisait pas, leur bestialisation. En effet, les Israéliens se feront adeptes du zoomorphisme, oubliant, sans doute, que les Allemands de confession juive en furent les victimes dans l’Allemagne nazie, et plus largement dans l’Europe fasciste.

L’antisémitisme, une vision du monde, un système et une pratique totalement fabriqués par la civilisation européenne, on ne le répétera jamais assez, s’est, entre autres, confondu avec l’exclusion des Juifs du monde des humains. Cette exclusion s’inspirait également de leur identification au monde animal, aux bêtes dites nuisibles, plus particulièrement. Pour préparer les esprits à l’innommable, et pour banaliser le crime, les nazis assignent les Juifs à ce que le monde animal, réellement, ou fantasmatiquement, a de plus abject, sordide, effrayant, infâme : reptiles, rat, cafard, cancrelat, criquet .

Notons que l’assignation de l’être humain à l’animalité, bien avant le fascisme et le nazisme, a été pratiquée, à l’échelle de tout un continent, le nôtre, par le concepteur de ces deux idéologies, le colonialisme occidental .

L’identification des Juifs par les nazis à l’animalité visait explicitement leur destruction. Nous savons ce qu’il en advint.

On aurait pu penser, au nom des leçons de l’Histoire, -dispensées à tout crin par l’Occident - que ces procédés de néantisation d’êtres humains seraient définitivement bannis.

Les « esprits » européens, qui se taisent encore aujourd’hui, à quelques rares exceptions, sur les crimes de l’Etat sioniste, acceptent ainsi que des descendants de ceux qui subirent cette abomination en Europe, fassent leur les méthodes nazies à l’endroit des Palestiniens .

Tenus par les élites militaro-politiques et religieuses israéliennes- premiers ministres, ministres, chefs d’état-major de l’armée, officiers généraux, rabbins-, leurs termes sont les exactes figures bestiales utilisées par les nazis.

Sous-hommes, les Palestiniens sont aussi des bêtes :

- « Les Palestiniens sont comme des cancrelats dans un bocal », (1979...), Rafaël Eitan, ex-chef d’état-major de l’armée israélienne, 1979 ?

- « Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pieds », « des criquets qui devraient être écrasés », Menahem Begin, ex-premier ministre, 1982).

- « Lorsque nous aurons colonisé le pays, il ne restera plus aux arabes que de tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille », (Rafaël Eitan ex-premier ministre israélien, New York Times, 14 avril 1983).

- « Les Palestiniens seront écrasés comme des criquets ... leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs », Yitzhak Shamir, ex-premier ministre, 1er avril 1988.

- « Les Palestiniens sont comme les crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent », Ehud Barak, ex-premier ministre, ex-ministre de la défense, Jerusalem Post du 30 avril 2000.

Cette identification au monde animal, Ehud Barak y ajoute le crocodile, tout comme le zoomorphisme des nazi-fascistes, classe les Palestiniens dans la catégorie des sales bêtes.

Fantasmes et imaginaire aidant, les insectes et les reptiles représentent ce qu’il ya de pire dans le monde animal. De plus la figure et le statut de sale bête, -criquets, cafards, - auxquels sont assignés les Palestiniens, renvoient à une nuisibilité, une inutilité ontologique.

La notion de « réaction disproportionnée » : une infamie.

Les faits que nous venons d’évoquer indiquent bien que la « disproportion », « les réactions disproportionnées » s’inscrivent dans la durée historique, inhérente à la nature sioniste de l’Etat d’Israël.

Dans un premier temps l’infamie se loge dans l’idée implicite qu’il existerait une réaction proportionnée.

La pratique de la réaction disproportionnée par Israël, n’est ni bavure, ni dérive, ou excès, inévitablement engendrés par l’engrenage militaire inhérent à toute guerre.

Dès lors les discours, convenus, de la « communauté internationale » sur les « réactions disproportionnées » des sionistes, première infamie, accréditent l’implicite d’une réaction proportionnée, et se donnent, deuxième infamie, pour ce qu’ils ont toujours été : une légitimation politico-diplomatique des guerres totales provoquées et menées par cet Etat.

L’implicite des discours contre « les réactions disproportionnées » réside dans l’acceptation du principe des massacres et des dévastations, mais à la seule condition qu’ils ne soient pas « disproportionnés ». Cela suppose, corrélativement, que soient fixés, définis, le contenu et les limites de ce que devrait être une réaction non « disproportionnée » aux yeux de ladite communauté internationale.

Pour le moment, et jusqu’à nouvel ordre, c’est l’Armée-Etat d’Israël, entité créée et dirigée par un personnel politique héritier des terroristes de la Haganah, de l’Irgoun, et des milices de Menahem Begin, un fasciste , qui est invitée, courtoisement, à définir et à fixer la bonne « disproportion », ou réaction proportionnée.

A partir de cette logique meurtrière, il n’est pas illégitime de demander à cette communauté, combien de morts, de blessés, de brûlés, d’infirmes Palestiniens, faudra-t-il, lors de chaque agression-dévastation, pour que la « réaction ne soit pas disproportionnée », et rendre ainsi acceptable, convenable une proportion de morts. Nous aurons ainsi à disposition une sorte de standard civilisé, bienséant, du crime et de la dévastation ?

Mieux, la communauté internationale pourrait élaborer, pourquoi pas, une fourchette statistique de tués palestiniens.

A l’intérieur de celle-ci, on s’interrogerait sur la proportion de bébés, d’enfants, d’adolescents, et de gamins jouant au ballon sur une plage « confondus » avec des « terroristes ».

Combien de personnes âgées, et parmi elles combien de grands-parents ? Combien de malades hospitalisés et de malades mentaux ?

Quelle proportion de jeunes adultes, et parmi eux celle de femmes et d’hommes ? Combien de célibataires et de jeunes fiancés ? Combien de couples mariés, avec ou sans enfants ?

Combien de travailleurs, de paysans, de chômeurs, de femmes au foyer, d’employés, de médecins, d’ambulanciers, d’enseignants ?

Combien d’écoles, de dispensaires, d’hôpitaux, de mosquées, d’équipements sportifs, de maisons, d’immeubles, de cafés ?

Quelle proportion pour les quelques lambeaux de champs d’oliviers, de citronniers, d’orangeraies, non encore volés ?

Quelle proportion acceptable de fleurs, de plantes, de chiens, de chats, de chèvres ?

Quelles armes devront être utilisées pour éviter des massacres « disproportionnés » ? Les F15 et F16, les hélicoptères Eurocopter et Apaches ? La bombe au phosphore blanc, ce nouveau napalm ? Les bombes à fragmentation, les grenades à sous-munition, les bombes à l’uranium appauvri, les drones tueurs, les navires de guerre, l’artillerie high-tech, etc., etc.?

Cette liste, que l’on pourrait décliner à l’infini, n’a pour but ici que de montrer le caractère terrifiant et criminel de cette formule.

Ce que ses utilisateurs de tous bords ne disent pas, et ne diront jamais, c’est que depuis le début de la colosionisation de la Palestine, c’est-à-dire le début du processus sans fin de soumission et de néantisation des Palestiniens, la disproportion a été, fut et reste consubstantielle à l’Armée-Etat d’Israël, elle fonde sa nature et sa réalité politique.

"Gouverner les races assujetties". Une vieille histoire.

Dans L’impérialisme. Origines du totalitarisme , ouvrage formidablement occulté, et pour cause , par les élites européennes, et tout autant par les thuriféraires européens de son œuvre, Hanna Arendt, qui s’est longtemps posée comme une sioniste de gauche , développe une remarquable et implacable analyse pour montrer et démontrer que le totalitarisme européen n’est rien d’autre que le produit intime, organique, fonctionnel, de l’impérialisme et du colonialisme.

A la lecture du texte de la philosophe, on constate que les aspects fondamentaux des politiques d’assujettissement et de néantisation des anciennes puissances colonialistes, sont bien présents, mutatis mutandis, dans la politique de l’Etat sioniste à l’égard des Palestiniens. Celles-ci fondent ce qu’il est convenu, conceptuellement, d’appeler la terreur colonialiste sioniste.

Tout commence le jour où les idéologues sionistes décidèrent, parallèlement au processus de spoliation des Palestiniens, de penser et considérer ces derniers comme une « race inférieure », et de s’assumer, ipso facto, quant à eux, en « race supérieure », qui plus est, légende et fatras primitifs religieux oblige, issue d’un « peuple élu » de Dieu. Cette politique, portée par les pseudos théories de la race et l’action d’une bureaucratie instrumentale criminelle, a été appliquée à l’identique sur les peuples d’Afrique, lorsque les Afrikaners d’abord, des Hollandais, -voir la note 15- puis de façon systématique les Britanniques, les Français, les Allemands, les Belges fabriquèrent des races inférieures, pour se sacrer et se consacrer, de facto, puis de jure, race maîtresse.

Le principe fallacieux de « peuple élu », -élection d’ordre divin-, induit en Israël une idéologie à part entière, pratiquée au quotidien, de la supériorité, identique à celle de « la race des élus » , sur les Arabes-Palestiniens, une « race » ontologiquement inférieure . Rappelons, tout de même, à la suite d’Eugène Enriquez, - Israël en est un exemple notoire, de même que l’idéologie de la pureté wahhabo-salafiste-, que « le racisme, rêve d’un peuple-un et pur, revenu à l’origine des temps », et « tend à maintenir une nation dans le vieux récit mythique de sa fondation qu’il suffirait de réactualiser ».

Système fondé sur une idéologie hégémonique, au sens gramscien, ce principe de supériorité est vécu comme un sens commun au sein de la société israélienne.

Donné comme un exemple de démocratie parlementaire par les Occidentaux, l’Etat d’Israël affirme dans les Règles d’éthique de son parlement qu’il est « l’Etat du peuple juif », et confirme ainsi explicitement sa nature raciste, puisqu’il en exclut, tous ceux qui ne sont pas Juifs, et singulièrement les « Arabes d’Israël » ?

Au nom de cette supériorité autoproclamée, issue d’une transcendance étrangère à l’essence humaine, et d’une politique expansionniste - les deux s’auto-engendrent- jamais démentie , Israël dans ses guerres totales contre les Palestiniens, s’autorise toutes les atrocités et tous les crimes - de guerre et contre l’humanité- inaugurés par le système impérialo-colonialiste au 19ème siècle, et poursuivis lors de la seconde guerre mondiale en Europe même, contre les Juifs, et d’autres populations, à l’exemple des Tziganes. Crimes, et pour être plus précis « massacres administratifs », comparables à ceux que ses indéfectibles alliés commirent sur notre continent et dans d’autres contrées du monde.

Ainsi Israël pratique, impunément, sur le territoire qu’il administre et sur ceux qu’il occupe, une sorte de « gouvernement des races assujetties » , privilège d’une supposée « race des seigneurs ».

Pour ne pas conclure.

Les représentations racistes, la bestialisation des Palestiniens, et par extension des Arabes, participent du registre et du legs impérialo-colonialiste occidental, lequel, comme l’a minutieusement démontré Hannah Arendt, a été la matrice du fascisme et du nazisme européens avec leurs cortèges d’horreurs et d’inhumanité.

Imbus, imprégnés, de ces valeurs liberticides et totalitaires, les sionistes ont naturalisé, au même titre que les colonialistes européens, la commission de crimes, d’assassinats sur les Palestiniens, mis au ban de l’humanité et assigné à l’animalité et la nuisibilité.

La complaisance politique, la bienveillance des gouvernements occidentaux, et des Etats-Unis d’Amérique , depuis de nombreuses années à l’endroit des organisations et des personnalités néo-nazies et néo-fascistes européennes, données aujourd’hui comme des patriotes par les médias et la sphère politique, banalisent et légitiment ces idéologies de la terreur et de la mort dont le cœur de cible reste l’ancien colonisé, l’ « Arabe », le « musulman », « supposé ou réel », imaginé et fantasmé, que les anciens oppresseurs colonialistes avaient « transformé » en « race inférieure ».

Ces idéologies ne se limitent plus aujourd’hui aux héritiers, légataires, militants et autres adeptes de la « bête immonde », des années trente et quarante du 20ème siècle. Elles métastasent des secteurs de plus en plus larges au sein des populations européennes, en particulier les couches populaires et les petites bourgeoisies, encouragées et vampirisées par les discours de leurs élites politiques et intello-médiatiques qu’elles reçoivent cinq sur cinq.

Ce climat de décomposition politique porté par une vaste alliance protéiforme, contribue à légitimer la barbarie sioniste. Il est une invitation pour plus de terreur, de massacres, de dévastations, argumentés et rationnalisés politiquement et juridiquement, contre les Palestiniens, « ces bêtes à deux pieds », ces « cafards », ces « criquets ».

Ecoutons M. Darwich :

A un tueur.
Si tu avais contemplé le visage de la victime
Et réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre
A gaz, tu te serais libéré de la raison du fusil
Et tu aurais changé d’avis : ce n’est pas ainsi qu’on retrouve une identité

Smaïl Hadj Ali.

Note de LGS : pour les notes et références, se reporter à la publication sur l’Algérie Patriotique.

»» http://www.algeriepatriotique.com/article/contribution-de-smail-hadj-a...
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