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L’insoutenable bruit du claquement des tongs de la pensée anticommuniste.

C’est elle qui a ouvert les hostilités. Je m’en souviens comme si c’était hier.

Il faisait beau ce jour là , comme tous les jours d’ailleurs, là où nous avions décidé de faire une petite escapade histoire d’examiner sous d’autres coutures cette terre étrangère et pourtant hospitalière. Confortablement installés sur un banc, près d’un port, nous avions entamé le lot de victuailles emportés expressément à cet effet. Sous un beau ciel bleu, bleu à vous dégoûter du bleu, et pour une raison qui n’appartenait qu’à elle, c’est à dire à une femme, elle a lancé la première salve par un classique, mais ô combien éprouvé, "Tu sais quel est ton problème, Viktor ?"

Instinctivement mon cerveau s’est mis en état d’alerte maximum. J’ai fait un léger mouvement de la tête dans sa direction avec un "Hum ? Tu dijais ?" avec cet air faussement distrait que nous savons si bien prendre, nous les hommes, lorsqu’il s’agit de gagner quelques précieuses secondes, le temps de préparer les défenses.

(Check list : répliques cinglantes ? "Prêtes". Incompréhension feinte ? "Parée". Mauvaise foi ? "En position". Excuses bidon ? "A vos ordres !". Parfait. Premier essai : )

- "echcuje-moi, ch’étais en train de réfléjir à quelque choje". (Tout semblait en état de marche).

Elle, inconsciente des ajustements subtils qui venaient de se produire, a poursuivi sur sa lancée : "Ton problème, il est que tu es trop radical, trop extrémiste, communiste quoi". Mince, ce n’était plus une escarmouche entre garde-frontières mais une déclaration de guerre. Dans mon cerveau, 500 milliards de neurones se sont arrêtés de respirer en même temps tandis que mes yeux se détachaient des courbes avenantes savamment exposées sous une jupe affriolante qui dandinait innocemment à quelques mètres de là . Dans les profondeurs les plus obscures de mon crâne, même la partie la plus reptilienne de mon cerveau a interrompu un instant ses divagations obscènes pour se joindre à la clameur qui montait. "Hein ?!?" ai-je exclamé à l’unisson.

Il faut dire que j’avais du mal à répondre car j’avais encore la bouche pleine d’une déraisonnable bouchée entamée dans les bords capitonnés d’un sandwich kebab. Avec l’haleine plus chargée qu’une houri de la Mer Rouge transportant des armes et du haschich, j’ai réussi à articuler péniblement :

- Echtrémiste ? Communicht ? Cha veut dire quoi, cha ?

Elle a hésité un instant avant de répondre, révisant ses ongles à la recherche d’une inspiration décisive, replaçant quelques mèches qui n’avaient pas bougé depuis leur dernier brushing à Paris puis, rassurée par l’expression toute empreinte de bonhomie que j’avais pris soin d’afficher pour la circonstance, elle a enfoncé le clou :

- T’es toujours en train de râler contre les injustices, les enfants qui meurent de faim, contre Bush, les sionistes, à soutenir des dictatures comme Cuba, etc, etc. Quand finiras-tu par accepter le monde tel qu’il est ?

Elle avait oublié que j’avais les clés de la voiture de location dans ma poche. C’est ainsi que, quelques instants plus tard, tandis que je les abandonnais toutes les deux, elle et ma galanterie, ses gestes désordonnés dans le rétroviseur se disputaient la palme du ridicule à l’insupportable bruit du claquement de ses tongs sur l’asphalte.

Plus tard, m’étant enfin auto-réconcilié avec la solitude, j’ai décidé de finir l’après-midi sur la plage, en attendant de répondre à l’invitation à dîner lancée de manière un peu inconsciente par ses parents.

La combinaison de la mer et du sable agit sur moi comme une drogue, inévitablement. C’est du à quoi, à votre avis ? Les ions qui imprègnent l’air ? Le bercement du ressac ? Dans une vie antérieure, j’étais peut-être un flibustier, un corsaire ou un pirate... ou peut-être le capitaine (abandonné, ohé, ohé) d’un galion battant pavillon dans les mers inconnues à la recherche d’une quelconque Mésopotamie inhabitée à envahir, à conquérir, à piller, à détruire puis à démocratiser. Ou peut-être tout simplement un crabe.

Un crissement de pas m’a tiré de ces euphoriques rêveries. Une divine créature s’approchait, moitié vahiné, moitié la femme du copain. L’heure de mon massage sans doute. Et à voir son regard, le massage s’annonçait plus thaïlandais que berrichon. J’ai instinctivement rentré le ventre. Puis elle m’a susurré "C’est 8 euros le matelas, 10 si vous prenez un parasol". Evidemment, je n’avais pas un rond sur moi.

Finalement j’aime bien aussi m’asseoir sur les rochers. La rusticité de l’assise et le naturel du décor favorisent les retrouvailles avec soi-même, avec Gaia, et même avec le confort de ces poufs des années 70 remplis de billes de polystyrène et que l’on méprisait tant il y a encore cinq minutes à peine.

« Extrémiste », « radical ». Il paraît que si vous contrôlez le vocabulaire, vous contrôlez le débat. Ca donne à réfléchir. Alors réfléchissons.

Contrôlez le vocabulaire, vous contrôlez le débat.

Aujourd’hui, comme chaque jour, environ 10.000 enfants sont morts de faim ou de maladies curables. Si vous trouvez que ça fait beaucoup pour un 21eme siècle débarrassé de l’Histoire et des cocos, attention, vous filez un mauvais coton.

Il n’y a pourtant pas plus d’extrémisme ou de radicalisme à réclamer un monde mieux organisé et plus juste qu’à exiger le port d’une ceinture de sécurité dans un véhicule. Je trouve qu’il y a plus d’extrémisme à supporter le défilement continu de ces chiffres obscènes sans trouver à redire, sans citer un seul responsable à comparaître, sans y lire la moindre logique dans le système donc de culpabilité chez ceux qui s’en réclament.

La propagande ambiante a crée cette illusion que le socialisme (et donc ses partisans) est « responsable » de ses erreurs ou errements ou insuffisances alors que le capitalisme (et donc ses partisans) n’est responsable de rien - puisqu’il ne serait que l’expression d’un système « naturel » qui passe son temps - outrecuidance totale - à qualifier tout ce qui bouge de « radical » ou « extrémiste ».

Qu’y a-t-il donc de si « radical » à plonger - même tout habillé - dans un lac pour tenter de sauver quelqu’un de la noyade - même si on ne nage pas aussi bien qu’on le croyait ? Que signifie cette « radicalité » par rapport à l’attitude infiniment plus extrémiste et « criminelle » qui consiste à observer impassible la scène en poussant des soupirs d’agacement avec son hors-bord soigneusement amarrée à proximité ?

En réalité, plus on est « raisonnable » et « pragmatique », plus la critique du capitalisme se doit d’être radical. Mais peut-on pour autant qualifier ceux qui le critiquent de radical ? Lancer une bouée, éteindre une incendie, partager une gourde d’eau au milieu du désert, n’ont jamais constitué des actes « radicaux ». Alors pourquoi la redistribution des richesses, l’organisation de la société autrement que par des « lois de l’offre et la demande » le seraient-elles ?

Le « naturel » du capitalisme est distillé cent fois par jour, simplement par le vocabulaire employé dans les médias. Je ne m’en lasse pas de souligner comment les médias martèlent le « régime communiste » de La Havane ou le « régime populiste » de Caracas, mais jamais le « régime capitaliste » de Washington. Dans les médias, le capitalisme n’est jamais un régime, le capitalisme « est », tout simplement, et flotte quelque part, là , au-dessus de nous.

Contrôlez le vocabulaire, vous contrôlez le débat.

Du coup, votre syndicaliste local et adhérent à un parti communiste, celui qui s’expose parce que vous êtes au fond trop lâche, se verra « criminaliser par association ». Ben voyons.

La chute du Mur qui tombe à pic

Autour de moi, la commémoration de la chute du Mur de Berlin bat son plein. Mur de Berlin par ci, Mur de Berlin par là . Interview de celui qui l’a fait tomber « en premier », de celui qui l’a franchi « en premier ». Un allemand de l’ex-RDA raconte sa misérable vie à l’époque où il roulait en Trabant. Je suppose que cela sous-entend qu’il roule désormais en Mercedes. Du n’importe quoi au pire que ça, on aura tu vu et tout entendu : dans le Nouvel Observateur de cette semaine, on présente un pot de pâte à tartiner en vogue dans l’ex-RDA « comme du Nutella, mais avec trop de noisettes ». Eh oui : il n’y a que le capitalisme qui sache fabriquer du Nutella avec juste ce qu’il faut de noisettes… et il faut assurément au minimum sortir d’une école supérieure de commerce pour exhiber un tel talent innovateur. D’ailleurs, vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais les communistes ne savent même pas construire un mur qui tienne debout.

Le Mur de Berlin, construit en 1961, est tombé en 1989. Il n’aura donc tenu « que » 28 ans. Pour la légendaire « qualité allemande », vous repasserez. 28 ans, c’est le temps qui est passé depuis l’élection de Mitterand (eh oui, comme le temps passe vite). Dans une perspective historique (celle qui sert de justification aux commémorations non-stop), 28 ans, c’est à peu près l’équivalent d’une nouvelle paire de rideaux dans le salon. « Alors ? ». Ca jure avec le papier peint. « T’es sûre ? ». Oui. « OK, on l’enlève ». Et voilà . Pour un mur censé séparer deux civilisations, ça fait court. Quant à l’« empire » soviétique, il n’aura duré que 70 ans. Pas terrible pour un « empire ».

Et il faudrait, sur cette expérience là , tirer un bilan définitif, plier bagages et déposer les armes aux pieds de ceux qui nous ont concocté ce monde-ci, sans même parler de celui qui s’annonce si on n’y met un frein sérieux ?

Les communistes n’aiment pas le Golf

L’appartement de ses parents était cossu, avec vue sur la baie de Rio, dans le genre d’immeuble où il faut montrer une bonne grosse patte blanche à des uniformes avant de pouvoir prétendre à l’exercice d’une pression sur le bouton de l’ascenseur.

L’accueil fut tellement simple et décontracté que même la bonne est sortie de la cuisine. On me proposa un fauteuil au cuir plus doux que les fesses d’un bébé. Le confort était tel que je suis entré dans cette sorte de béatitude que connaissent les pauvres qui s’imaginent devenir riches et en concluent que ce n’est pas aussi terrible qu’on voulait bien le dire dans les réunions du Parti.

- Alors, Viktor, tu as visité la ville ?

Oui, j’ai fait un tour dans le métro. « Ah ? Il y a un métro à Rio ? » Vu le bruit qu’ils ont fait toute la nuit sous la fenêtre de ma chambre d’hôtel, je suppose qu’ils l’ont construit dans la nuit.

J’en rigolais encore lorsque j’ai commis l’irréparable. Sans doute rassuré par l’ambiance « vas-y que j’te fais mon numéro de charme », j’ai baissé la garde et j’ai posé nonchalamment sur l’accoudoir du fauteuil le magazine que je venais d’acheter l’après-midi même et qui affichait en couverture un fier portrait du Che. Oui, oui, « le » Che.

Le paternel de la casa posa son doux regard bleu sur l’objet du délit que j’avais imprudemment exhibé. Une pause. Un soupir. Un raclement de gorge plus tard et : « Tu es communiste ? ».

A cet instant, j’aurais juré que tous les mendiants de Rio avaient cessé d’agiter leurs sébiles en même temps que les bateaux de la baie qui faisaient Tûûûûût s’étaient interrompus au milieu de la note. Quant à moi, je faisais de mon mieux pour imiter une statue de sel.

Dans le couloir, des claquements de tongs se rapprochaient. Moi, je me suis re-concentré sur ma situation en essayant de me rappeler combien de temps j’avais tenu ma respiration la dernière fois que je me suis retrouvé au fond d’une baie avec deux parpaings en guise de sandales. Alors j’en ai appellé à mon sens légendaire de la répartie : « je ne sais pas, mais je suppose que pour des gens comme vous, je suis effectivement ce que vous appelleriez un communiste ».

Le claquement de tongs s’arrêta. « Oh, je connais ce monsieur » dit-elle en montrant le magazine. Elle fit demi-tour, clac, clac, clac et revint quelques instants plus tard, clac, clac, clac, en portant un t-shirt vert fluo avec l’inscription jaune fluo « Let’s Party ! » (faisons la fête) et juste en dessous, le visage du Che. « Sympa, non ? » A ce stade, mon imitation d’une statue de sel commençait à prendre fière allure.

- J’avais un ami au country-club, reprit-il, avec qui je jouais au golf. Il était colonel de l’armée brésilienne dans les années 60. Il me racontait comment il emmenait les communistes en hélicoptère au-dessus de la mer et… (il fait le geste de jeter un mégot au loin) "et voilà " (en français dans le texte).

(Hum… et si j’arrêtais de respirer pour accentuer l’effet de statue de sel ? Ce serait parf...)

- Et toi, Viktor, tu joues au golf ? me sortit-il de nulle part.

Léger sursaut. Ben non… je ne joue pas au golf.

- J’en étais sûr ! Je ne sais pas ce que vous avez, vous les communistes, contre le golf !

Chacun son histoire. Chacun ses histoires.

« Le plus grand crime depuis la deuxième guerre mondiale a été la politique étrangère des Etats-Unis. »
Ramsey Clark
Ministre de la Justice des Etats-Unis sous la présidence de Lyndon Johnson

Chacun son histoire. Chacun ses histoires. Je n’attends pas des médias capitalistes une commémoration pour des centaines de milliers de camarades assassinés de sang froid et dans le silence médiatique total dans les montagnes de l’Amérique centrale. Je n’attends pas des médias une commémoration des 300.000 à 500.000 membres du PKI liquidés en trois mois en Indonésie juste avant les élections qu’ils allaient gagner. Je n’attends pas des médias capitalistes une commémoration de l’effondrement des murs du Palais de la Moneda. Je n’attends pas des médias capitalistes une commémoration du Timor Oriental.

Non, je n’attends rien des médias capitalistes. Ils font trés bien le travail qu’on leur demande. La preuve : vous qui me lisez (à quelques rares exceptions) vous êtes gênés et mal à l’aise par mon usage répété du mot "capitaliste". Comme si je sortais des entrailles de la terre avec la voix d’Arlette Laguiller. Vous auriez préféré "libéral", ou quelque chose comme ça, n’est-ce pas ? C’est fou ce qu’ils ont réussi à vous conditionner...

En attendant, je commémorerai à ma manière la Managua rouge et noire, le toit de l’ambassade US à Saigon et ces chiens de Yankees en train de fuir par hélicoptère. Et si j’ai un sourire au coin des lèvres tous les 1er janvier depuis 1959, c’est bien à cause d’un barbu, mais ce n’est pas le père Noël.

Je ricanerai lorsqu’on m’opposera les crimes de Khmers « Rouges » car je me rappellerai que ce sont les soldats Vietnamiens (communistes, donc) qui ont renversé ces fous furieux de Khmers en 1979. Et que ce sont les Etats-Unis, de Carter à Reagan, qui ont soutenu ces Khmers « rouges » (tout comme ils ont soutenu les Taliban avant de changer d’idée). Ce qui me fait poser la question : pourquoi les Khmers Rouges figurent-il dans « Le Livre Noir du Communisme » alors que leur place est autant dans le « Livre Noir du Capitalisme » ? Juste parce qu’ils avaient le mot « rouge » dans leur nom ? C’est vous dire la profondeur de l’analyse des histrions du communisme.

Je sourirai en mon for intérieur lorsque j’entendrai Kouchner blatérer encore une fois de plus sur « l’ingérence humanitaire », car je reverrai les troupes cubaines (communistes, donc) partir à la défense de l’Afrique dans les années 70 puis se retirer en n’emportant avec elles que leurs morts. Nelson Mandela en a déclaré qu’il s’agissait du seul et unique cas d’une armée qui est intervenue sur le continent pour effectivement aider un peuple (déclaration de N. Mandela au journal Granma, Juillet 91).

"Aujourd’hui, comme chaque jour, 200 millions d’enfants dormiront dans la rue. Pas un seul n’est cubain" clame fièrement, et à juste titre, un panneau à la Havane. "Qu’est-ce que tu veux que ça nous fasse ?" lui rétorquent les partisans d’un marché libre et non entravé, "parce que nous ce qu’on veut savoir c’est combien coûte un iPhone là -bas". Pauvres types. La fin du monde serait là devant leur porte qu’ils en oublieraient d’appeler les pompiers, trop occupés qu’ils seraient à comparer leurs portables.

Pourtant, 10.000 morts par jour (pour ne parler que de ceux-là ), c’est 73 millions depuis la chute du mur de Berlin. Tous les 50 ans, près de 200 millions. Ce ne sont pas là des chiffres de « fatalités », des chiffres « d’accidents », des chiffres de « si on avait su » ou de chiffres « qu’est-ce qu’on peut y faire ? ». Ce sont des chiffres « vous le savez », des chiffres « vous pourriez le résoudre assez facilement  », des chiffres « c’est moins compliqué que d’envahir un pays, inventer de nouvelles armes ou envoyer un homme sur la lune ». Ce sont des chiffres « on s’en fout » et/ou des chiffres « qu’ils crèvent ». C’est, dans le meilleur des cas et défendu par le meilleur des avocats de la mauvaise foi, un cas de non-assistance à personne en danger.

Certes, la part de responsabilité de l’individu dans chacune de ces morts est infime. Mais une part de responsabilité, aussi infime soit-elle, multipliée par 200 millions fait de chaque défenseur de ce système pas loin d’un assassin à part entière.

Les partisans du capitalisme auront un minimum de crédibilité lorsqu’ils exigeront à haute et intelligible voix l’abolition de la durée légale du travail (idée contre-productive socialiste). Les partisans du capitalisme auront un minimum de crédibilité lorsqu’ils refuseront de partir en vacances en « congés payés » (invention incitant à la fainéantise socialiste). Les partisans du capitalisme auront un minimum de crédibilité lorsqu’ils déclineront une augmentation de salaire obtenue par une grève menée par un syndicat (action dommageable socialiste). Ah, si les augmentations n’étaient accordées qu’à ceux qui font grève... On verrait alors se retourner plus de vestes qu’à un Congrès du PS.

Mais ils ont eu tellement peur avec le « communisme » qu’ils ont accepté quelques concessions ces dernières décennies dans quelques pays stratégiques. Mais, comme on dit, « chassez le naturel et… »

A présent, certains parlent d’assimiler le communisme au nazisme. A examiner les alliances qui se sont nouées avant, pendant et après la guerre contre le nazisme, la formule capitalisme = nazisme serait infiniment plus proche de la réalité. Et tout le grand patronat français de l’époque ne me contredirait pas et les 20 millions de morts soviétiques sur le front de l’Est m’approuveraient en silence. Communisme = nazisme ? On se demande alors par quel miracle les rues en France portent des plaques au nom de « Gabriel Péri » et non de « Goering ». Par masochisme, peut-être ?

Ce qui ne « les » empêche pas d’insister pour faire lire la lettre de Guy Môquet dans les écoles. Seulement voilà  : si l’histoire dans les écoles était correctement enseignée, les élèves comprendraient assez vite que ceux qui réclament aujourd’hui la lecture de cette lettre auraient plus que probablement fait partie hier des dénonciateurs du jeune Guy. Car il y a bien plus de communistes qui sont morts pour la « liberté » que d’habitants de Neuilly.

Peut-être suis-je trop optimiste, mais j’y vois une bonne nouvelle car, après tout, leur fébrilité à vouloir effacer toute trace de ce qui fut leur plus grande résistance pourrait signifier tout simplement que leur peur est revenue.

Alors capitalistes, vous pouvez agiter vos principes (violés hors caméras), vos lois économiques (risibles de naïveté), tous ces trucs que vous invoquez pour vous donner un petit vernis moralisateur et camoufler votre véritable nature, vous pouvez même réécrire l’histoire et noircir tous les tableaux, moi en tous cas, je suis sûr et certain d’au moins d’une chose : je n’ai jamais entendu crier « vive le capitalisme » devant un peloton d’exécution nazi.

Viktor Dedaj
Tous les chemins mènent à Rome, ouais, sauf si on les prend en sens inverse.

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