RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

La peur des USA de perdre sa suprématie est dangereuse pour la survie de l’humanité

La Guerre Froide de Trump/Navarro contre la Chine

Ça devient moche, extrêmement moche.

Ça ressemble de plus en plus à une guerre, du moins à une nouvelle guerre « froide » idéologique.

Mais dans l’ombre du COVID-19, elle passe presque inaperçue.

Le cavalier aveugle, qui déteste la Chine intuitivement, sans presque rien en savoir, mène le peloton, poussant son Président dans une confrontation avec le pays le plus peuplé de la Terre. Il s’appelle Peter Navarro.

Non pas que le Président soit « innocent ». Sous son impulsion, la Maison Blanche est devenue un havre de bigoterie, de sentiments racistes anti-chinois. Elle était déjà convertie en siège mondial de la lutte contre les systèmes socialistes, beaucoup plus logiques et humains.

Les feux rouges d’alerte clignotent. Tous les indicateurs sont dirigés vers le bas ; économiques, sociaux, ainsi que médicaux. Des navires de guerre américains sont régulièrement déployés, près de Taïwan et de la Mer de Chine Méridionale.

Et les insultes, les terribles insultes, fusent.

Trump et Navarro insultent la Chine publiquement, sans aucune honte. Ils salissent la nation qui, il y a quelques mois à peine, était seule, face à un ennemi inconnu, qui s’est battu et a payé un lourd tribut, mais qui a rapidement vaincu la pandémie, sur l’ensemble de son vaste territoire.

Tout cela est fait sans honte et avec arrogance.

Le monde entier regarde. Une partie dans l’incrédulité et l’indignation, et l’autre dans la léthargie et la soumission, comme toujours.

Le 19 avril 2020, le New York Post a rapporté :

« Le conseiller commercial de la Maison Blanche, Peter Navarro, a appelé dimanche la Chine à prouver qu’un laboratoire de Wuhan n’a joué aucun rôle dans la pandémie de coronavirus – et a accusé la nation d’accumuler des équipements de protection individuelle et de tirer profit de l’épidémie.

Navarro a pris la Chine pour cible dans l’émission « Sunday Morning Futures » de Fox News, accusant le pays d’avoir pris plusieurs mesures qui ont aggravé la crise actuelle et « entraîné la mort de nombreuses personnes dans le monde ».

« Tout d’abord, le virus a été engendré en Chine. Ensuite, ils ont caché le virus derrière le bouclier de l’Organisation Mondiale de la Santé. La troisième chose qu’ils ont faite, c’est qu’ils ont accumulé des équipements de protection individuelle et maintenant ils en retirent des bénéfices », a déclaré Navarro ».

Le Président américain Trump, suivant peut-être les conseils de Navarro, a déjà coupé tous les financements de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une mesure inimaginable, étant donné que le monde est en pleine guerre contre le virus, et que l’OMS est en première ligne. Mais l’OMS est accusée de « collusion avec la Chine », que cette administration considère de plus en plus comme son plus grand adversaire.

Un jour plus tard, le 20 avril 2020, Reuters a publié un rapport sur l’accusation de Peter Navarro contre la Chine pour avoir dissimulé des données sur le COVID-19 :

« L’une des raisons pour lesquelles ils ne nous ont peut-être pas laissé entrer et ne nous ont pas donné les données sur ce virus plus tôt, c’est qu’ils font la course pour obtenir un vaccin et qu’ils pensent que c’est juste une course commerciale compétitive, c’est une proposition commerciale pour qu’ils puissent vendre les vaccins au monde entier », a déclaré Navarro à Fox Business Network.

« Mais nous allons les battre. Nous allons les battre grâce au leadership du Président Trump. Nous allons les battre parce que le HHS a déjà cinq entreprises en course », a déclaré Navarro, en référence au Ministère américain de la Santé et des Services Sociaux ».

Les attaques contre la Chine frisent l’hystérie. Trump et ses conseillers semblent être complètement désespérés.

Ce désespoir extrême, cette peur de perdre la mainmise sur le pouvoir, partout dans le monde, est extrêmement dangereux pour la survie de l’humanité.

La Chine, mais aussi la Russie, ont fait preuve d’une extrême patience. Ils ont recours à la diplomatie, au lieu de recourir aux menaces et aux insultes. Ils observent le comportement des dirigeants américains avec un certain amusement, comme si c’était le comportement d’un enfant gâté qui piquait une crise de colère. Mais leur patience a des limites. Lorsque l’attitude des États-Unis commencera à nuire à la vie des citoyens chinois ou russes, ils seront contraints d’agir. Et les États-Unis poussent, comme si, paradoxalement, l’affrontement était la seule chance de survie pour eux.

Et ils poussent, provoquent, sur tous les fronts : de la Mer de Chine Méridionale et de Taïwan à Hong Kong, du Venezuela à l’Iran, de l’insulte à la Chine et à la Russie, à une étrange bataille déjà en cours sur le front du COVID-19.

Une égratignure, une petite erreur dans les eaux territoriales iraniennes ou dans la Mer de Chine Méridionale, et la paix fragile peut partir en fumée.

Le monde a toléré, avec inquiétude mais avec tolérance, le comportement agressif de Washington, pendant des années et des décennies. Mais aujourd’hui, avec la confusion du COVID-19 et l’effondrement économique et financier mondial imminent, presque tous les pays sont extrêmement nerveux. Le monde n’est plus le même qu’il y a un an à peine. Trump, Navarro et les autres membres de leur « camp » devraient être très attentifs s’ils veulent éviter une tragédie mondiale.

Malheureusement, ils ne semblent pas chercher à éviter un conflit. Ils essaient d’en provoquer un, par tous les moyens !

***
Vous ne pouvez pas appeler la Chine, un pays qui a été attaqué le premier par le coronavirus, et qui l’a vaincu, seul et avec beaucoup de détermination et de sacrifice, « un pays qui a infecté le monde », ou « un pays qui profite de la crise ». Ce serait insensé, incorrect et tout à fait vulgaire.

Au contraire, la Chine a aidé la quasi-totalité du monde à lutter contre cette pandémie. Elle a également rapidement partagé son expertise et aidé les nations les plus touchées, en leur fournissant des conseils et du matériel médical inestimable.

Des déclarations telles que celles du conseiller commercial de la Maison Blanche Peter Navarro appelant la Chine à prouver qu’un laboratoire de Wuhan n’a joué aucun rôle dans la pandémie de coronavirus, sont extrêmement irresponsables et dangereuses, et pourraient facilement se retourner contre les États-Unis.

De nombreux experts du monde entier pensent en fait que ce sont les États-Unis qui ont apporté le virus en Chine. Plus tôt, le porte-parole du Ministère chinois des Affaires Étrangères, Zhao Lijian, a tweeté une des théories, qui affirme que c’est l’Armée Américaine qui a apporté le nouveau coronavirus à Wuhan.

Mais finalement, les responsables chinois ont décidé de ne pas pointer du doigt Washington, du moins pour l’instant, car il s’agit de sujets extrêmement explosifs et d’une époque exceptionnellement dangereuse.

Mais les États-Unis ont interprété à tort ces mesures sages et conciliantes du gouvernement chinois et du Parti Communiste comme une faiblesse. Ils ont renversé la situation et ont lancé la plus basse série d’attaques idéologiques imaginables, évidemment convaincus de leur invincibilité.

Finalement, Washington a franchi toutes les limites. Et il est devenu presque certain que ses salves de propagande ne resteront pas sans réponse.

***
Les attaques contre la Chine sont injustes et racistes.

Elles sont aussi extrêmement arrogantes, sentent la suprématie culturelle et le complexe de supériorité.

Le monde occidental en général, et les États-Unis en particulier, ont apporté la mort et la destruction à des centaines de millions d’êtres humains, partout dans le monde. Washington n’a pas de mandat moral pour faire la leçon à un pays de notre planète, en particulier à la Chine, qui n’a pas d’histoire d’impérialisme ou de préjudice à l’humanité.

« Cacher des faits », ou utiliser la guerre chimique et biologique, sont des méthodes en accord avec Washington et sa « politique étrangère ». La Chine n’a jamais eu de tels comportements.

Il suffit de se rappeler l’Indochine, l’Irak, Cuba et bien d’autres endroits, pour voir de quoi Washington est capable.

Trump et Navarro ignorent tout de la Chine. Le manque de connaissance de Navarro sur le pays qu’il ne cesse de calomnier et de provoquer a été mis en évidence même par d’innombrables membres du milieu universitaire américain (par ailleurs obéissant).

Pour Trump et Navarro, la Chine est le punching-ball politique et économique le plus pratique. Elle est gouvernée par le Parti Communiste, elle connaît un grand succès, tant économique que social. Et elle doit son succès à l’enthousiasme et au travail acharné de son peuple, pas au colonialisme ou à l’impérialisme, pas au pillage d’autres nations. Elle offre donc un modèle alternatif totalement nouveau à notre planète.

En résumé : pour les néoconservateurs et les suprémacistes occidentaux, la Chine est le plus grand cauchemar.

***
La vieille théologie idéologique fondamentaliste de l’Occident se lit : « Si vous ne pouvez pas rivaliser avec elle, salissez-la ; détruisez-la ! »

À l’heure actuelle, il ne s’agit même plus de prétendre qu’il y ait une quelconque équité ou « objectivité ». La façon dont Washington se comporte n’a rien à voir avec les préoccupations de notre monde et des personnes qui l’habitent.

Tout est brutal et mal élevé. Il s’agit de domination, de ne pas perdre cette domination.

Trump, Bolton, Pompeo, Navarro, Bannon... beaucoup d’autres. Ce sont les croisés d’aujourd’hui. Des combattants pour la race blanche, et la « culture » occidentale de l’expansionnisme. Leurs actions ne sont pas souvent définies de cette manière. Mais il n’y a guère de façon plus honnête de décrire ces individus.

***
Ce qui se passe autour de nous n’a pas pour but de sauver des vies. La lutte contre le COVID-19 est devenue une guerre idéologique, et non une guerre pour la survie de millions d’êtres humains.

Encore et toujours, la Chine, la Russie ainsi que Cuba ont clairement démontré leur position. Leurs avions ont apporté l’espoir et l’aide dont ils avaient désespérément besoin. Des Italiens reconnaissants ont chanté l’hymne national chinois. De nombreux Américains ont commencé à prêter attention aux ponts aériens humanitaires russes. Cuba a envoyé ses légendaires brigades médicales dans certaines des régions les plus durement touchées du monde.

La réponse de l’Occident ? Un cynisme ingrat et répugnant. Même certains reporters italiens ont choisi d’écrire des articles sarcastiques mettant en cause l’altruisme russe et chinois.

Les politiciens américains n’ont pas tardé à contester le fait que l’aide russe à New York était totalement gratuite, ou du moins à moitié gratuite, dans certains cas.

Alors que Trump arrachait les livraisons de matériel médical chinois à destination de l’Allemagne et d’autres pays, dans des aéroports de transit en Thaïlande et ailleurs ; alors qu’il essayait de soudoyer littéralement une société pharmaceutique allemande, afin qu’elle produise le vaccin du COVID-19 exclusivement pour les États-Unis, alors que l’UE ne manifestait aucune solidarité avec l’Italie et d’autres membres au moment où cette solidarité était la plus nécessaire, la Chine, la Russie et Cuba faisaient preuve de grâce sous la pression, se comportant comme des êtres humains, comme des membres responsables de la communauté internationale.

C’est précisément cela, ce contraste énorme entre deux systèmes mondiaux, à l’heure des grandes crises mondiales, qui a dû être couvert par Washington, afin que, Dieu nous en préserve, le monde ne remarque pas que quelque chose ne va pas dans le régime impérialiste nord-américain et européen, et son capitalisme extrême et fondamentaliste.

Mais des gens comme Navarro ou Trump ne peuvent plus voir le monde d’une autre manière, seulement à travers le paradigme des profits, du contrôle et de la supériorité. Au lieu de nettoyer leur propre maison et d’améliorer leur régime, ils préfèrent salir et attaquer ceux qui construisent un monde bien meilleur.

***
Nous ne sommes toujours pas sûrs du danger réel que représente le COVID-19. Nous ne pouvons pas calculer avec précision le taux de mortalité, ni la propagation de la pandémie. Nous ne pouvons que deviner combien de millions de vies seront ruinées par la chute de l’économie mondiale.

Mais nous savons ce qu’un affrontement entre les États-Unis et la Chine ou entre les États-Unis et la Russie pourrait entraîner.

Nous savons également sur quoi comptent les nouveaux combattants de la Guerre Froide de Washington : que Pékin et Moscou (mais aussi Téhéran, et d’autres) accepteront n’importe quoi ; que pour sauver la planète, ils feront toujours marche arrière, en essayant de désamorcer les tensions avec l’Occident. Après tout, c’est ce qui s’est passé jusqu’à présent.

Mais les limites sont franchies.

Les récentes déclarations, les insultes proférées par Trump et Navarro, accusant la Chine de propager le virus, voire de le fabriquer dans ses laboratoires, poussent Pékin trop loin. C’est comme défier la logique, puis cracher au visage des véritables victimes, et de ces héros qui ont combattu et sont morts au front à Wuhan, pour leur ville, leur pays et le monde.

De tels mensonges, de telles insultes ne pourront jamais être pardonnés.

Quelle est la prochaine étape ? Washington peut maintenant imposer d’autres sanctions insensées, puis amener sa marine en Mer de Chine Méridionale, ou près de Taiwan, et continuer à financer les émeutiers à Hong Kong... Et attention ! Trump et son peuple jouent avec le feu. Ils ne sont pas tout-puissants, plus maintenant. Encore quelques semaines et ils pourraient hériter de la tempête, une tempête si terrible, qu’elle pourrait faire passer même le COVID-19 pour une brise.

Andre VLTCHEK

Source : https://journal-neo.org

Traduit par Réseau International

»» https://reseauinternational.net/la-guerre-froide-de-trump-navarro-cont...
URL de cet article 36070
   
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI

Même Auteur
Point de non-retour
Andre VLTCHEK
LE LIVRE : Karel est correspondant de guerre. Il va là où nous ne sommes pas, pour être nos yeux et nos oreilles. Témoin privilégié des soubresauts de notre époque, à la fois engagé et désinvolte, amateur de femmes et assoiffé d’ivresses, le narrateur nous entraîne des salles de rédaction de New York aux poussières de Gaza, en passant par Lima, Le Caire, Bali et la Pampa. Toujours en équilibre précaire, jusqu’au basculement final. Il devra choisir entre l’ironie de celui qui a tout vu et l’engagement de (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« Il faut prendre à César tout ce qui ne lui appartient pas. »

Paul Eluard, Notes sur la poésie, GLM, 1936

Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
68 
« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
22 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.