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Parlons encore de privilégiés

LE PSG : le Pognon Sainte Gangrène

Jadis le football se jouait dans les cours de récré et les prairies verdoyantes des villes et villages. On s’entraînait après le turbin. Les sous ? Ils étaient comptés. Le « staff », comme l’on dit aujourd’hui, totalement bénévole, et en avait même souvent de sa poche... Le maillot, on le lavait à la maison.

Je n’ai été que quelques mois un médiocre arrière-droit de l’équipe junior de l’Union Sportive Bastidienne. L’USB reposait sur le dévouement popu de mordus du cuir, instituteurs, ouvriers du textile. Parmi les joueurs, on trouvait de tout... y compris des « bourrins ». Ils étaient bons, eux, les Taillade, les Rouanet, les Molina, les Ribas... Ils avaient même joué la Gambardella. Au village, les fils de pauvres tapaient dans le ballon et les fils de péseux dans la balle de tennis. Les bourges, çà ne se mélange pas. Le match du dimanche, on en parlait toute la semaine. Contre Mazamet ou Saint-Amans, villes de droite, contre Lavelanet, Cazères, les crampons taclaient souvent bas. Tradition oblige. La lutte des classes passait par les semelles ! Le club était municipal...

Aujourd’hui le foot se joue à la Bourse,au tapis vert. A ceci près qu’une addition de « mercenaires » ne fait pas forcément une équipe, ni des structures, ni un projet sportif, ni un esprit de club.... Comme tout un chacun (panem et circenses, ou reproduction de la force de travail ?), j’ai regardé « le match du siècle » : PSG le qatari contre Real MADRID du président Florentino Pérez, magnat du BTP. Ce président, comme son pote jadis, Santiago Bernabeu, sent le « franquisme pas mort », « héritier » de grandes familles qui s’enrichirent avec le franquisme, et le travail esclave de milliers de prisonniers politiques. Bilan : nouvelle humiliation après la déroute de « la remontada », une correction 6-1 flanquée par le FC Barcelone. Ce soir, Ronaldo : impérial, « salaire » et autres primes, contrats Mercato, faramineux, indécent « tot aquò »... et grand talent.
Le PSG a été livré par des marchands à un fonds « souverain » (faut-il en rire ?) d’investissement qatari, le Qatar Sports Investments. Nom de code de l’opération ? « Oryx ». Une sorte de gazelle à cornes droites. A droite toutes ! Pauvre animal ! L’émir du Qatar a donc acheté en 2011 le PSG pour 69 millions de dollars, (estimé à cent millions) comme j’achète ma baguette tous les matins chez Mimi. Sarkozy, président, avait fait de l’opération un objectif d’affichage politicien. Ils sont comme çà... Ils vendent la France, les Versaillais d’aujourd’hui, et en plus, ils s’en croient honorés. A chacun ses saints. « Collabos » et fiers de l’être les « vendepatrias », les « capitulards ».

Objectif des Qataris ? Gagner coûte que coûte le « siège », « pays hôte du « Mundial » 2022, et avant, remporter la Ligue des Champions pour servir de cache sexe à une pétromonarchie qui ne sent pas que le pétrole, une peu ragoutante monarchie de droit divin (SVP !), accusée en juin dernier, par ses voisines (des modèles d’éthique), l’Arabie Saoudite (bien placée pour savoir), l’Egypte, les Emirats Arabes Unis, etc. (toutes des démocraties d’appellation contrôlée), accusée (répét.) de financer « le terrorisme »... Tiens, tiens, tiens. C’est du joli. Les Messieurs propres. Doha s’achète une respectabilité. Une société gère le club pour le compte du prince héritier et compte (répét.) sur les bonnes manières et le sourire de l’homme de confiance du prince à Paris, Nasser Al-Khelaïfi. Le prince n’est pas chiche. Il raffole de la pêche au gros ; cette année le surdoué Brésilien Neymar, recruté une fortune, et son papa argentivore, pour le fun, l’image, la comm. En une journée, combien d’années de SMIG ? Ce Neymar est un fabuleux artiste du ballon, et, en coulisses, pas modeste pour deux sous. Aux dents longues. Les sous, les sous, c’est sûr... Il dicte ses quatre volontés : je veux que tu recrutes un tel un tel... Limogez-moi ce basque d’entraîneur... ! Je fais ce qui me passe par les c. dit-on en espagnol. Le PSG est devenu le NSG, le Neymar Saint Germain, la cour du roi... Etre surdoué ne donne pas tous les droits. Mais qu’importent les valeurs ! Vous pouvez devenir comme lui, lance-t-on, mêlant morgue et cynisme, aux gamins de banlieue.

Côté jardin, la monarchie achète à Paris le trop plein d’armes. Macron à peine élu s’y précipita... 28 hélicos MH90 vendus ; et quelques Rafale supplémentaires (plus de 3 millions de dollars). Faut-il vous les envelopper ? L’OTAN a besoin que le Qatar, ce maillon de la chaîne, soit solide. Le reste n’est que mise en scène, esbroufe, poudre aux yeux. Il paraît même que, lorsqu’on est riche, on peut acheter un « Mundial »... !

Et après tout cela, les cheminots seraient des privilégiés...

Jean ORTIZ

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Recueil d’interventions d’une vingtaine d’auteurs latino-américains et européens réunis à Pau en avril 2007 pour un colloque portant sur l’éthique dans la pratique et la pensée d’Ernesto Che Guevara, une pensée communiste en évolution, en recherche, qui se transforme en transformant, selon les intervenants. Quatrième de couverture On serait tenté d’écrire : enfin un livre sur le Che, sur la pensée et la pratique d’Ernesto Guevara, loin du Che désincarné, vidé d’idéologie, doux rêveur, marchandisé, (...)
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Les années 60 étaient bien plus qu’une période dans un siècle qui touche à sa fin. Avant toute chose, elles ont été une attitude face à la vie qui a profondément influencé la culture, la société et la politique, et a qui a traversé toutes les frontières. Un élan novateur s’est levé, victorieux, pour submerger toute la décennie, mais il était né bien avant cette époque et ne s’est pas arrêté depuis. (...)

Avec une animosité obstinée, certains dénigrent encore cette époque - ceux qui savent que pour tuer l’histoire, il faut d’abord lui arracher le moment le plus lumineux et le plus prometteur. C’est ainsi que sont les choses, et c’est ainsi qu’elles ont toujours été : pour ou contre les années 60.

Ricardo Alarcon,
président de l’Assemblée Nationale de Cuba
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