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Les dessous des relations américaines avec les Frères musulmans d’Egypte

Dans une interview télévisée avec l’ancien ambassadeur égyptien à Washington Nabil Fahmi sur la nature des relations entre les Frères musulmans et les Etats-Unis, celui-ci a dit que l’accueil réservé par la Maison blanche à l’adjoint du président égyptien pour les affaires étrangères Issam elHaddad constitue « un événement remarquable et porte en lui des indices sur la nature de cette relation ».

« Nous faisions de grands efforts pour organiser des rencontres entre les ministres égyptiens des affaires étrangères et les responsables américains, mais en vain », a-t-il rappelé, soulignant que « depuis 38 ans, aucun ambassadeur égyptien des Affaires étrangères n’est entré seul à la Maison Blanche pour rencontrer le président américain !

Ces propos reflètent la nature des liens solides tissés en une courte période entre les Américains et les Frères musulmans d’Egypte. Depuis 2006, 83 rencontres documentées et annoncées ont rassemblé les frères musulmans et l’administration US. Mais ce qui fut étonnant le plus c’était la tenue de ces réunions dans une grande discrétion.

Selon l’ancien rédacteur en chef du site « Ikhwan online » (ou Frères online), le site officiel des Frères musulmans, Abdel Jalil elSharnoubi, les rencontres entre ces deux parties se faisaient sous l’auspice de l’association américaine « Mass », qui sert de couverture à l’organisation internationale des Frères musulmans aux Etats-Unis.

De même ces rencontres se tenaient sous la couverture des centres de recherches et de journalistes étrangers, surtout que les Frères musulmans redoutaient de rencontrer des personnalités officielles par peur du régime tyrannique de Moubarak.

Cette peur a poussé les Frères musulmans à charger leur bureau à Londres d’effectuer les contacts avec les Américains. Le secrétaire adjoint du guide des Frères musulmans Khayrat elShater supervisait ainsi ces contacts et dirigeait le bureau de Londres, selon elSharnoubi. « C’est lui qui répondait aux interrogations des Américains même lorsqu’il était incarcéré » !.

Lors de ces rencontres, les Frères musulmans réitéraient devant les Américains qu’ils sont « une organisation qui récuse la violence, qu’elle est la plus représentative du peuple égyptien, qu’elle sortira victorieuse de tout scrutin démocratique dans le pays, et qu’elle n’est pas opposée à l’occident en général mais qu’elle est contre certaines politiques », rapporte-t-il, soulignant que les Américains se contentaient d’écouter sans afficher de position.

Juste après la révolution, les Frères musulmans (FR) ont réalisé que le dernier mot sera celui de Washington. Pratiquement, il est impossible d’instaurer un régime stable en Egypte sans la bénédiction US.

C’est ainsi que les FR ont formé un lobby fort à Washington pour défendre leurs intérêts, et ce, avant la présidentielle américaine. Issam elHaddad a joué le rôle majeur dans la résolution de la crise des ONG américaines en Egypte, une crise qui a explosé juste après la révolution.

D’après des sources américaines, elHaddad fut derrière la libération des employés américains dans ces ONG, ce qui a fait de lui un ami proche du secrétaire d’Etat adjoint US pour les affaires de la démocratie et des droits de l’homme Michael Bosner.

ElHaddad fut ensuite nommé par décret présidentiel « adjoint du président égyptien pour les affaires étrangères ».
Le nouveau lobby, connu par la presse américaine et dans les couloirs de la diplomatie américaine pour « le lobby islamique », a pris à sa charge la défense du régime des FR, et de promouvoir cette organisation comme étant représentative des islamistes modérés capables de défendre les intérêts américains dans la région. Toutefois, la mission de ce lobby islamique était de défendre le régime des Frères dans tous les pays du « printemps arabe », comme en Tunisie et en Libye, et non seulement en Egypte.

S’exprimant au quotidien libanais Assafir, le professeur de sciences politiques à l’université US « Roosevelt » David Farès a indiqué que les Frères musulmans sont parvenus dans un délai record à devenir l’un des groupes de pression les plus influents aux Etats-Unis.

Il a réussi à arracher un soutien américain au nouveau régime égyptien, malgré la solidité des liens entre Washington et l’armée égyptienne. Selon Farès, ceci n’aurait pas eu lieu sans l’aide de grandes compagnies de relations publiques américaines spécialisées dans ce domaine, comme « l’institut de l’association américaine » ou encore « Zenith consultation » et « laJamaa ».

Ce professeur a également cité le rôle majeur de certains conseillers de Barack Obama connus pour être proches des positions des Frères musulmans. Et de souligner le rôle majeur de l’ex-secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton dans le rapprochement des points de vue entre les Frères musulmans et l’administration US.

source : assafir

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=101009&cid=18&am...

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