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Avec un rectificatif par l’auteur

Lettre à Blanche Gardin

Vite fait, parce que j'ai pas que ça à foutre...

Chère Mme Gardin,

Dans une vidéo cinglante, vous rendez public votre refus de participer à la prochaine saison de l’émission LOL, Qui rit Sort sur Amazon Prime. Je ne connais pas ce programme, n’ayant pas la télévision, mais j’en ai vu quelques extraits sur le Net. Sur le principe de la télé-réalité, plusieurs personnalités du spectacle sont enfermées ensemble et doivent tout faire pour se faire rire dans le but de rester la dernière ou le dernier à n’avoir pas ri.

Vous expliquez votre refus de deux manières :

D’abord, vous reprochez à Amazon non seulement un cachet trop élevé (200 000 euros) mais aussi le fait que seuls 50 000 euros sur ces 200 000 seraient reversés à une association caritative en cas de victoire. Au-delà du fait qu’on ne vous oblige pas à garder les 150 000 restants sur votre compte bancaire, ce motif m’est complètement indifférent. Mais alors complètement.

Ensuite, et c’est là selon moi que le bât blesse, vous arguez du fait qu’Amazon ou l’un de ses nombreux sous-traitants délocalisé en Chine profiterait du travail forcé auquel seraient soumis les Ouïghours du Xinjiang.

J’imagine que vous n’avez jamais mis un pied dans cette superbe région de la Chine et que vous n’avez aucunement l’intention d’y aller, ne serait-ce que pour vérifier par vous-même. Non, il vous est plus confortable de répéter une chose en pensant que celles et ceux qui vous l’ont soufflée à l’oreille sont dignes de confiance. Se pose d’emblée la question de votre crédulité.

Mais soit. Admettons. Vous n’êtes qu’une artiste après tout, vous avez certainement peu de temps à consacrer à la vérification des faits que vous faites circuler en masse parmi votre large audience qui vous croira sur parole.

D’où vient donc cette rumeur que les médias français régurgitent à intervalle régulier ? Comme vous, Madame Gardin, aucun ni aucune de ces journalistes ne s’est rendue sur place pour enquêter, pour voir ou observer si cette rumeur avait un semblant de réalité. Enfin, il y en a qui s’y sont collés comme Maxime Vivas qui l’a même fait par le passé au sein d’une délégation de journalistes français, mais si leur relation des choses qu’ils ont vues va à contre-courant d’une narrative anti-chinoise (anti-communiste), on répand sur eux les pires calomnies et on les dépeints comme des agents du PCC.

Alors oui, d’où vient réellement cette rumeur ? Car c’est effectivement une rumeur. Elle en a toutes les caractéristiques en tout cas. Elle n’existe qu’à l’état de on-dit, sans preuves tangibles que l’esclavage au Xinjiang existe. Vous savez, comme cette rumeur devenue la Une de Libération sur le supposé génocide des Ouïghours que le rapport de l’ONU (et la réalité sur place) a démenti, mais qui pourtant n’a pas provoqué le moindre début de mea culpa ou de correctif dans la presse française.

Cette désinformation ne vient pas du cerveau léthargique de quelque journaliste dont les fesses sont irrémédiablement vissées au fauteuil sur lequel il ou elle passe le plus clair de son temps. Elle provient en réalité d’une officine états-unienne nommée Tech Transparency Project, sise à Washington (le toutou en laisse n’est jamais loin du maître), liée à d’autres plus larges, comme l’Open Society Foundations de Georges Soros. Bref, comme vous pouvez le voir, et j’espère que ça vous rassurera, des gens et des institutions de toute confiance...

Faisons tout de même l’effort de consulter le site de la TTP, et notamment la page où sont publiés les articles sur un prétendu travail forcé des Ouïghours, par exemple celui-ci, intitulé Apple face à une nouvelle loi américaine ciblant le travail forcé ouïghour. À la lecture de cet article, on se rend compte que les sources de toutes les allégations de travail forcé (et de génocide) proviennent du gouvernement américain. Absolument toutes. Voilà pour la confiance.

Mme Gardin, je n’irai pas plus loin. Mais je m’étonne que votre seul critique des méthodes d’Amazon soit fondée sur ces allégations lointaines et douteuses, quand vous et moi savons avec certitude que cette entreprise a en France des pratiques délétères pour ses employés, mais dont le bien-être et les conditions de travail et de salaire indignes, malgré leur réalité indéniable, ne sont vraisemblablement pas grand-chose à vos yeux.

Mme Gardin, cela fait hélas de vous et à votre insu, j’en suis sûr, l’idiote utile d’Amazon.

Votre tentative de vous donner bonne conscience est donc un échec.

Bien à vous.

Xiao PIGNOUF

RECTIFICATIF DE L’AUTEUR 29 AVRIL 2023

Comme quoi vite fait rime avec mal fait

Chère Blanche Gardin,

Un aimable commentateur m’a fait remarquer que je m’étais partiellement fourvoyé. Je l’en remercie.

En effet, j’ai réagis un peu trop vite à une vidéo en ignorant l’entièreté du message que vous avez écrit sur Facebook (qu’à ma décharge, je ne fréquente plus).

Je vous ai accusée dans ma lettre de ne pas prendre en considération les conditions de travail des employés français d’Amazon.

J’avais tort.

Je vous fais mes excuses.

Par contre, je maintiens mes critiques sur votre mention des camps de concentration chinois et du travail forcé des Ouïghours qui sont des mensonges que votre popularité contribue à répandre.

Bien à vous,

Xiao Pignouf

URL de cet article 38634
  

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