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OGM , Organismes Générant des Malentendus ? Suite d’ arguments.

23 septembre 2003 - La polémique sur les OGM rebondit aujourd’hui (La Croix du 04-09-03, p.11 et du 19-09-03, p.9) à l’occasion d’une nouvelle opération d’arrachage de plants OGM.

Des chercheurs prestigieux fulminent contre ces campagnes répétées d’arrachage des plants à vocation pharmaceutique, ce qui retarde les bienfaits des nouvelles thérapies et met la France en infériorité dans la compétition scientifique internationale. Ces essais ayant reçu les autorisations légales nécessaires, on est donc en présence d’infractions caractérisées.

On comprend facilement cette colère si on admet que les cultures d’OGM en plein champ ne présentent pas de risques majeurs. Mais en est-il bien ainsi ? Sur cette question déjà plus précise on voit s’affronter le camp de « pro » et le camp des « anti ».

Pour les pro-OGM, cette absence de risque grave est une évidence. Pour les anti-OGM, la certitude est opposée : le danger des OGM cultivés en plein champ est perçu comme majeur et il faut s’y opposer malgré les lacunes de la loi sur ce point.

Comment un affrontement aussi passionné entre gens réputés instruits est-il possible sans que l’on constate aucun progrès et sans que le moindre dialogue prenne un tant soit peu consistance entre les deux camps ?

Un premier constat, c’est que l’information utilisée dans chacun des deux camp y tourne en rond, sans nuance et sans interrogation, et surtout sans qu’aucun argument utilisé dans un camp puisse être seulement entendu dans l’autre. Ayant des amis estimés dans les deux camps, j’en ai fait l’expérience, attristante je l’avoue.

La raison de cette situation caricaturale me paraît tenir dans le fait que les deux groupes ne vivent pas sur la même planète. Les « pro » se sentent impliqués personnellement dans la marche de la société, éventuellement avec des responsabilités importantes. Ils sont sensibles aux équilibres financiers, et surtout ils raisonnent à l’horizon des gestionnaires, qui dépasse rarement cinq ans. Pour eux, toute nouvelle technique est prometteuse de progrès et les risques inhérents doivent être pris en faisant confiance à nos possibilités d’adaptation. Les « anti », eux, raisonnent sur un horizon beaucoup plus lointain, vingt ans et plus, et ont plus rarement des responsabilités liées au moyen terme. Surtout, ils sont indifférents aux considérations financières et ont souvent choisi un mode de vie moins « technicisé », plus proche de la nature. Ils sont conscients de notre dépendance vis à vis de la terre, de la fragilité de notre planète et du pouvoir de nuisance de l’être humain d’aujourd’hui.

On pourrait espérer que les deux approches se complètent et que les acquis des uns servent aux autres, mais ce que l’on observe, ce sont deux systèmes de pensée étanches l’un à l’autre, chacun ayant son réseau d’information bien spécifique, où ce qui est auto-censuré dans l’un circule librement dans l’autre ; et réciproquement. Et chacun des deux « mondes » a sa cohérence propre, consolidée par la censure qui s’est installée tout naturellement sur l’information qui gêne.

Comment en sortir ? Comment faire communiquer ces deux mondes étanches l’un à l’autre ? Et déjà , comment se situer honnêtement face à ces deux positions si inconciliables ?

Sans a priori au départ, donc « pro-OGM », je suis devenu « anti-OGM en plein champ » après avoir entendu de nombreux témoignages. Et dans l’espoir (naïf ?) de rendre à cet affrontement l’allure d’un débat loyal, j’ai sélectionné les faits qui m’ont paru avoir quelque chance de « passer la barrière », soit parce qu’ils viennent du camp des « pro » eux mêmes, soit par leur caractère objectif et contrôlable pour peu qu’on cherche honnêtement à y voir plus clair. Voici donc ces faits.

DES FAITS CONSTATES ET VERIFIABLES

1) Les végétaux OGM se propagent tout seuls, ... et envahissent tout.

1.1 « Le maïs transgénique (Star-Link) empoisonne la filière agricole aux Etats-Unis » et « Pour Avantis, il n’est pas facile d’enrayer la propagation du Star-Link » (Courrier International N° 531 du 04-01-03, page 45).

1.2 Les membres de la Biotechnology Industry Organisation se sont engagés, en octobre 2002, à « éviter de planter du maïs transgénique dans les Etats grands producteurs de cette céréale... » (Courrier International N°630 du 28-11-02, citant des extraits du Wall Street Journal). Le but ? Stopper le conflit entre OGM céréaliers et OGM pharmaceutiques, au sein même des Etats Unis !

1.3 « Au Canada, aucun producteur ne peut fournir un colza sans OGM et dans le Saskatchewan, les agriculteurs ont demandé que la colza transgénique soit reconnu comme polluant  » (témoignage d’un agriculteur canadien, entendu personnellement en janvier 03).

1.4 « Il n’y a pratiquement plus de colza biologique au Canada, du fait de ces contaminations ... » (Rapport de la Soil Association, association de promotion de l’agriculture biologique au Royaume Uni - 2002).

2) Les « essais » dont on parle n’ont pas pour but d’étudier les risques pour la santé.

2.1 « Aucun contrôle sanitaire conséquent n’a jamais été réalisé sur les consommateurs d’OGM, animaux ou humains » (Jacques TESTARD, rapporté dans le bulletin ATTAC de janvier 03).

2.2 « L’Agence française de sécurité alimentaire des aliments (AFSSA) a rendu sa copie en janvier dernier. A sa lecture, un constat s’impose : l’évaluation des risques demeure des plus lacunaires  » et « Les effets à long terme, eux, ne sont pratiquement pas évalués » (QUE CHOISIR N° 394 - juin 2002).

2.3 « les effets secondaires, hormonaux, neurologiques, immunitaires, sont les parents pauvres des tests de toxicité ». (Gilles-Eric SERALINI, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen, expert en OGM pour le gouvernement français).

2.4 « Les 200 échantillons de sang, de lait et de viande de vaches nourries au maïs transgénique sont toujours congelés et « en attente », faute de crédit mais aussi de protocole pour les analyser  » (Attac St. Marcellin - janvier 03)

2.5 « Les insecticides contenus dans ces plantes (OGM tolérants à un herbicide) ne sont pas homologués comme les autres , et ne subissent pas de tests toxicologiques approfondis  » (Source CRII-GEN, cité dans Le Monde 22-11-02)

2.6 « L’évaluation des risques sur la santé publique et l’environnement est amputée pour des raisons économiques et financières, pour breveter le vivant le plus vite possible » ( Gilles-Eric SERALINI, expert en OGM).

3) Les risques sont réels et personne ne sait les évaluer. La loi n’a pas encore reconnu ces risques. Ce sont donc les citoyens qui devront les assumer .

3.1 « Aucun assureur ne veut couvrir le risque des cultures d’OGM ». (Jacques TESTARD, rapporté dans le bulletin ATTAC de janvier 03).

3.2 « Il semble impossible de faire l’économie d’une réflexion juridique sur la responsabilité des acteurs économiques qui décident d’opter pour la filière OGM. A défaut, les risques éventuels découlant de ces expériences de culture devraient être assumées par la société toute entière  » (Question écrite d’André VALLINI, député de l’Isère à l’Assemblée Nationale, 24-03-03)

4) Des pressions sont exercées pour faire taire les opposants.

4.1 « Le problème est que nombre de questions importantes n’ont pas fait l’objet de recherches. Il faut dire que les chercheurs en sont dissuadés. C’est pourtant compliqué d’utiliser la génétique pour manipuler la complexité du vivant » (Charles BENBROOK, ancien secrétaire de l’académie des sciences pour l’agriculture aux Etats-Unis, La Croix du 25-06-03, p.3)

5) L’opacité sur les OGM s’organise officiellement.

5.1 La « Commission du génie bio moléculaire » joue un rôle stratégique : c’est là que sont débattues les autorisations d’essais d’OGM en plein air. C’est là aussi que se jouent les autorisations de commercialiser de nouveaux OGM en cas de levée du moratoire. A partir de 1998, les comptes rendus des réunions de cette commission étaient devenus publics. Depuis le 10 juin 03 , c’est officiel, ils sont SECRETS ! (Gilles-Eric SERALINI, membre de la Commission.)

Arrivés à ce stade, deux positions seulement nous sont offertes :

- soit on admet que ces informations sont toutes tendancieuses et on les balaye d’un revers de manche.

Pour les tenants de cette position, les choses sont simples et claires : les arracheurs d’OGM sont des illuminés malfaisants qu’il faut neutraliser en s’appuyant sur la loi. C’est la position officielle.

- soit, et c’est là ma conviction, on reconnaît que quelques-unes au moins reflètent la réalité et on réalise que les OGM cultivés en plein champ présentent un risque réel bien que non identifié avec précision, mais risque majeur en raison de son irréversibilité et du fait qu’il concerne l’ensemble de la planète.

Je propose aux « Pro OGM » d’envisager sérieusement l’hypothèse que ce risque est réel ! Si on admet, l’espace d’un raisonnement, cette hypothèse, certains arguments s’inversent alors :

- Ceux qui portent atteinte au bien d’autrui ne sont plus les arracheurs d’OGM mais bien les semeurs d’OGM en plein champs !

Rappelons nous l’affaire de la myxomatose ! Un médecin australien avait introduit la maladie chez les lapins de son terrain, sur sa propriété ! Et qui en a payé le coût ? La planète s’en est remise, c’est vrai, mais avec les OGM nous sommes à une toute autre échelle ! Et au delà des « coûts », qui peut prévoir les dégâts irrémédiables ? Faut-il attendre une résistance aux antibiotiques ? Qui donc a la propriété de l’équilibre biologique de la planète ?

- Ceux qui agissent malgré les lacunes de la loi sont les vrais défenseurs de la société, lorsque la loi ne joue pas son rôle parce qu’elle est à la remorque de l’événement.

L’attitude des « défenseurs de la loi » se comprend dans l’absolu car la justice doit se baser sur des faits et non des suppositions. Mais aujourd’hui, les faits vont plus vite que la loi, et s’ils entraînent des dégâts irréversibles et majeurs, ne faut-il pas garder à l’esprit la raison d’être de la loi (assurer la vie en société) et adapter nos (bons) principes aux situations nouvelles ? Il y a, bien sûr, un risque grave à anticiper l’évolution de la loi. Ce risque, certains ont le courage de le prendre. Si le futur proche nous montre qu’ils ont eu raison, nous devrons tous leur en être reconnaissants.

- Le refus de l’usage inconsidéré du principe de précaution, bien que respectable, ne tient pas devant un tel risque.Peser honnêtement les risques (pour qui ?) et les avantages (pour qui ?) reste une exigence absolue. Avec ce que l’on sait déjà , accepter des essais d’OGM en plein champs, ce serait prendre un risque d’une ampleur inconnue, et à coup sûr irréversible. Aucun état lucide n’a le droit de courir ce risque, et surtout pas « pour rester dans la course » ! Pour quel enjeu devrait-on courir à la catastrophe ?

- Arguer d’entrave à la liberté de la recherche est inconséquent lorsqu’on a la conviction que cette même recherche va provoquer de nouvelles calamités... contre lesquelles on lancera, à grands frais, de nouvelles recherches une fois que le mal sera fait ! Qui va payer cette inconséquence ? Réponse : la société, c’est à dire nous et nos enfants ! Si on reconnaissait ce risque, on s’y prendrait autrement.

- - - - FIN DE L’HYPOTHESE - - - -

Toutefois, pour rester en prise avec la question du jour, j’invite chacun à approfondir l’information suivante : Le maïs transgénique arraché dans la nuit du 16 Août 03 sur la commune de Clémensat (Puy - de-Dôme) était destiné à produire un médicament pour lutter contre les troubles digestifs, l’un des symptômes majeurs de la mucoviscidose, mais pas du tout à guérir la mucoviscidose elle-même. De plus, les troubles digestifs en question peuvent être prévenus par d’autres médicaments connus (une lipase gastrique produite à partir de porcs). L’intérêt du maïs transgénique consistait dans ce cas à produire un médicament moins coûteux.

Questions subsidiaires : Cet enjeu justifie t’il l’indignation que l’on nous sert aujourd’hui ?

Et surtout, la présentation des faits dans la presse est-elle honnête ?

Bien entendu, il y d’autres considérations sous-jacentes à ce débat, notamment économiques et même géopolitiques, et qui constituent vraisemblablement l’essentiel des motivations réelles. Ce qui explique sans doute le caractère figé de ce conflit.

Mais je crois que tout citoyen a le devoir de commencer par y voir clair avant de se laisser entraîner dans les luttes partisanes. Ici, la question déterminante est bien celle de juger si nous sommes ou non en face d’un risque écologique majeur. Tout le reste devrait rester secondaire, y compris et surtout nos intérêts catégoriels. C’est sans doute beaucoup demander mais c’est la condition à remplir pour être en vérité avec soi-même et avec les valeurs dont on se réclame.

Luc Marniquet.

www.local.attac.org/attac38/

Courriel : attac.stmarcellin@laposte.net.ns

Les véritables dangers des OGM


Par Dominique Mourlane, membre du conseil d’administration d’ATTAC et
animateur de la commission OGM.

Article paru dans l’Humanité édition du 25 septembre 2003.

Après la tribune de Gilles Mercier, publiée jeudi 18 septembre, il est
nécessaire de lever quelques ambiguïtés.

En effet, les entreprises agrosemencières productrices d’organismes génétiquement modifiés (OGM) tentent d’imposer en force les OGM en France, à travers une pétition qui vient d’être rendue publique à Paris ces derniers jours.

Cette pétition vise à répondre à une autre pétition, cette fois-ci lancée par des scientifiques et des chercheurs de Montpellier durant cet été, qui posait le problème de la manière suivante : " Nous avons aussi pris conscience qu’au-delà de la recherche, les OGM constituaient une véritable machine de guerre commerciale pour certains groupes multinationaux visant à contrôler totalement les paysans et l’agriculture de la planète, en les rendant dépendants, par le biais de brevets, de ce qui a toujours été gratuit : la biodiversité génétique. Ces comportements montrent clairement l’utilisation qui risque d’être faite des résultats de nos propres recherches, si la société et les pouvoirs politiques, ensemble, ne définissent pas les moyens d’en garder le contrôle."

La dernière livraison des Dossiers de l’environnement de l’INRA (n§ 23, de juillet 2003, page 164) nous apprend également que " l’utilisation de plantes génétiquement modifiées (OGM ou PGM) pour la résistance à un herbicide facilite a priori les pratiques extensives par la simplification du travail du sol ; cependant, elle induit de nombreux problèmes agronomiques tels que le contrôle des repousses, la élection d’adventices tolérantes, le contournement des résistances variétales monogéniques, l’apparition d’hybrides " invasifs ", l’éviction accrue des " petites espèces " indispensables à la diversification, la maîtrise des contaminations génétiques.

Des résultats récents semblent montrer que la simplification des pratiques sur les parcelles est plus que compensée par la complexité et le coût des pratiques d’isolement et de prévention indispensables aux bordures de celles-ci. Quant aux plantes génétiquement modifiées pour l’expression de la toxine entomopathogène de Bacillus thuringiensis (1), elles présentent, pour la préservation de la diversité biologique, un double inconvénient lié aux limites de la spécificité d’action de cette toxine, d’une part, et au risque accru de la sélection de souches de ravageurs résistants, d’autre part ".

ATTAC n’est pas contre la recherche sur les OGM. Nos interrogations portent sur la place des OGM dans la panoplie de l’exploitation capitaliste. Je veux rappeler à Gilles Mercier une simple phrase de Karl Marx (chapitres XIV et XV du Capital, tirée d’un entretien avec W. Thomson) : " Le savant et l’ouvrier productif sont complètement séparés, et la science au lieu d’augmenter, entre les mains de l’ouvrier, les forces productrices de celui-ci et de l’en faire profiter, est presque toujours dirigé contre lui. La connaissance devient un instrument qui peut se séparer du travail et même lui être opposé. "

Malheureusement, certains scientifiques restent enfermés dans la science sans voir les conséquences sociales de celle-ci.

Je ne répondrai ni au nom de la Confédération paysanne, ni au nom de José Bové, mais lorsqu’il est question du démontage du McDo de Millau, il est important de remettre cette action dans son contexte.

Les États-Unis cherchaient à nous imposer le boeuf aux hormones, et afin de nous contraindre, ils nous imposaient des sanctions sur les productions françaises, dont le roquefort.

Tout le monde sait bien que ce combat était autre chose que la simple défense d’un intérêt personnel ou local, il était lié aux règles de l’OMC, combat que mène ATTAC, la Confédération paysanne, mais aussi le CGT, chacun à sa manière.

La destruction des cultures et des essais d’OGM en plein champ, même si ATTAC n’appelle pas à ce type d’action, se décide dans le cadre d’un débat démocratique qui a lieu le plus souvent entre plusieurs organisations locales. La destruction des cultures d’OGM a été et est encore un excellent moyen de faire connaître cette problématique spécifique : les OGM, une technologie au service du capital, sans apport humain, social, environnemental efficace.

Nous pouvons effectivement constater aujourd’hui que presque aucune recherche scientifique n’est parvenue à préciser la nocivité ou non des OGM sur la santé humaine, mis à part l’étude d’ingestion de pommes de terre transgéniques par des rats, mise en ouvre par Arpad Pusztaï, étude qui a conduit à montrer des dégénérescences de l’appareil digestif chez cet animal. Ce scientifique anglais a été sanctionné et ses travaux dénigrés.

Il n’y a aucun résultat scientifique, car aucune étude sur les conséquences pour la santé humaine, voire animale n’a été faite.

La dernière étude en France remonte à deux ans et portait sur l’alimentation de bovins par des tourteaux de soja transgénique. Après les prélèvements sanguins, les crédits ont été gelés, ne permettant pas à l’étude d’aller plus loin. Pourquoi ?

En revanche, tous les moyens sont donnés pour permettre l’exploitation économique de recherches aléatoires sur des phénomènes (" chimères ") non encore élucidés dans leur complet développement.

Aujourd’hui, nous sommes convaincus de la nocivité des OGM sur l’environnement, nous sommes convaincus que la barrière des 400 mètres (autour des essais en plein champ) est illusoire et que la pollution est réelle.

Il est surprenant d’apprendre par exemple qu’un seul pied de chanvre cultivé illicitement est capable de polluer les semences d’un champ de chanvre licite situé à 30 kilomètres (article du Monde daté de mercredi 17 septembre 2003). L’appréciation de la distance de la barrière de nocivité ne serait donc pas la même en fonction des intérêts en jeu ?

La position d’ATTAC sur la recherche est simple, même si elle mérite d’être encore formalisée et étoffée dans des textes : une recherche fondamentale publique, avec des moyens publics, transparente et sous contrôle citoyen.

Sachez enfin qu’un nombre important de scientifiques travaillent avec nous au sein de la commission OGM pour élaborer notre réflexion. J’invite ceux qui le souhaitent à venir dialoguer avec nous et à travailler sur ce sujet. Ils se rendront compte que, contrairement à ce que veut faire croire une certaine presse, nous n’avons rien contre la science, au contraire, nous croyons en une science au service de
l’humain.

(1) Le bacille de Thuringe est une bactérie qui produit une protéine toxique utilisée en agriculture comme insecticide. L’ADN de cette bactérie a été introduit par manipulation dans la carte génétique de certaines céréales et plantes cultivées, dans l’objectif de les immuniser contre les insectes.

Dominique Mourlane, %Attac St-Marcellin.

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OGM : des scientifiques sortent du champ ? ou des scientifiques qui se foutent de notre gueule !

Tous les scientifiques ne sont pas d’accord sur les destructions de cultures OGM en plein champ. Certains semblent demander au gouvernement des mesures coercitives plus draconiennes. Ils sortent sans hésiter du champ de la science, vers quoi ?
Plus de 1 500 chercheurs français ont publié, jeudi 18 septembre 2003, une pétition dénonçant les destructions d’essais de plantes transgéniques, en réaction aux 19 fauchages réalisés cet été.

Le texte de cette pétition dit de ces essais en plein champ : "Ils ont reçu toutes les autorisations nécessaires et sont réalisés dans des conditions qui ne font courir aucun risque ni à l’homme ni à l’environnement".

On sait que les scientifiques évoluent aux confins du connu et qu’ils ont généralement horreur d’affirmer imprudemment.

Ils émaillent volontiers leurs propos de "dans l’état actuel des connaissances" et autres formules de précautions qui réfèrent au questionnement qui caractérise une attitude de chercheur : toujours laisser une place à cet inconnu que l’on côtoie quotidiennement et dont on ne connaît pas les limites.

Lire l’ article www.monde-solidaire.org/article.php3?id_article=661

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J’ai fait de l’expérimentation agronomique . . .

Bonjour à tous (aux scientifiques, aux pseudo scientifiques et aussi aux apprentis scientifiques !!)

Je ne peux que réagir violemment aux propos de ce texte ( ci-dessus ) qui se fait l’avocat du diable !

Je m’explique, j’ai fait de l’expérimentation agronomique sur différentes cultures en plein champ en travaillant pour 3 firmes agrochimiques mondialement connues que je ne dénoncerait pas aujourd’hui.

Dans mon travail j’ai eu l’occasion de suivre des parcelles, plein champ j’ insiste, où des colza OGM avaient été mis en place 2 ans auparavant.

Il faut savoir qu’un essai OGM est suivi seulement pendant 3 ans après récolte et pendant ce suivi le service de la protection des végétaux, rattaché à l’état, et la chambre d’agriculture effectuent des contrôles, faits tant bien que mal souvent car tout le monde s’en fout.

Le problème c’est que les repousses de colza on ne s’en débarrasse pas facilement même en arrosant copieusement le sol de désherbant total. Il fallait donc dissimuler assez rapidement ces ennuyeux témoins avant les contrôles. Que c’est il passé dans ce champ par la suite ?? Y a t il eu mélange d’un nouveau colza avec de nouvelles repousses ??? Je vous laisse imaginer le reste ...

Alors que l’on ne viennent pas me dire que les études sont bien encadrées, personnellement je ne suis pas contre la recherche et les OGM , mais pour l’instant on joue à l’apprenti sorcier et il existe bien un risque de mélange dans la nature.

Pourquoi la recherche est elle de plus en plus financée par ces multinationales ??? On utilise comme argument la diminution des pesticides et des engrais alors que c’est leur principal business, franchement vous croyez que ce sont la de magnifiques actes désintéressés ? Vu comment fonctionnent ces sociétés permettez moi d’en douter !!

Pourquoi certains en ont assez que l’on fasse n’importe quoi avec la nature et détruisent des champs OGM ??? .... Peut être sont-ils tout simplement plus informés que d’autres !!

Salutations,

Px. L

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Les Anglais refusent d’être les cobayes des OGM
Alexandre Piquard

Pour Blair, lever le moratoire va s’avérer coton. Les Britanniques suivent avec attention depuis juin dernier le débat national "GM Nation ?" conçu pour sonder l’opinion publique anglaise sur l’épineuse question des organismes génétiquement modifiés.

Après 675 réunions publiques et l’analyse de plus de 36 000 questionnaires écrits, les auteurs de l’étude gouvernementale dressent un constat accablant : 86 % des britanniques n’aiment pas l’idée de manger des OGM et 91 % estiment qu’ils ont des effets néfastes pour l’environnement ! C’est un camouflet de plus pour le Premier ministre Tony Blair sur le dossier. Il ne lui sera pas facile de donner son feu vert à la commercialisation des OGM avant la fin de l’année, comme prévu.

93 % des Anglais consultés estiment que les effets des OGM sur la santé ne sont pas assez connus, 85 % pensent que les OGM bénéficieront plus aux producteurs qu’aux citoyens, 93 % croient que cette technologie est menée par la recherche du profit plutôt que l’intérêt public. Enfin, 54 % voudraient qu’on ne cultive jamais de plantes transgéniques au Royaume-Uni.

Les conclusions de la consultation officielle lancée par le gouvernement en juin 2003 sont sans appel.

Ce sondage public sans précédent a été financé par le gouvernement anglais mais mené par une équipe pluridisciplinaire indépendante présidée par un professeur de l’université de Cambridge. Les résultats, rendus publics le 24 septembre, ont fait l’objet d’une importante couverture médiatique en Angleterre. 2 900 000 connexions, 20 000 personnes consultées Le fer de lance de la consultation "GM Nation ?" est un site http://www.gmpublicdebate.orgqui a reçu 2,9 millions de connexions en six semaines. 70 000 questionnaires y ont été téléchargés, 36 000 remplis et renvoyés, ainsi que plus de 1200 courriels et courriers.

20 000 personnes ont été consultées au cours des 675 réunions publiques. Si le principe de la consultation n’est pas aussi incontestable qu’un referendum, la presse et les commentateurs s’accordent à dire que le rapport est bien représentatif de l’opinion publique anglaise.

Pour étudier les vues de la "majorité silencieuse", les sondeurs ont réuni des volontaires en petits groupes, après s’être assurés qu’ils n’étaient pas fondamentalement contre les OGM. Las ! Les interrogés se sont révélés de plus en plus hostiles à cette technologie à mesure qu’ils prenaient connaissance du dossier, expliquent les auteurs de l’étude.

Toutes les associations de lutte contre les OGM se sont bien sûr félicitées des résultats obtenus et de l’embarras dans lequel ils mettent le gouvernement anglais. Sensible aux pressions américaines, Tony Blair cherche à faire lever, avant la fin de l’année, le moratoire sur l’importation et la culture des OGM décidé par l’Union européenne en 1999. En juillet dernier, les eurodéputés ont levé le dernier obstacle à une prochaine autorisation des OGM sur le territoire des 15, en adoptant une législation réglementant leur étiquetage. Blair, de plus en plus isolé Mae-Wan Ho, directrice de l’ONG anglaise Institute of Science in Society (I-sis) , décrit la nouvelle donne : "Le gouvernement espérait que l’opinion publique changerait d’avis... http://www.i-sis.org.uk

Mais il va maintenant avoir du mal à passer outre l’avis de la population. Elle ajoute : "Blair et sa ministre de l’environnement sont plus isolés sur la question. Les parlementaires qui sont contre les OGM oseront plus facilement prendre position."

"GM Nation ?" arrive après la publication, en juillet, de l’étude économique coûts-bénéfices menée par une cellule ministérielle puis des conclusions des experts de la GM Science Review.

La Strategy Unit, une cellule d’études prospectives rattachée directement à Tony Blair, a conclu que l’économie britannique risquait de pâtir de la commercialisation des cultures OGM et jugeait ce nouveau marché inadapté aux besoins des consommateurs. http://www.transfert.net/

Les experts de la GM Science Review ont de leur côté expliqué qu’il n’y avait "aucun argument scientifique pour interdire toutes les récoltes et produits OGM", sans pour autant leur donner un feu vert. Les conclusions de ce groupe d’experts mandatés par le gouvernement sont contestées, notamment par un contre-panel "indépendant" de scientifiques et chercheurs renommés, monté par I-sis. http://www.indsp.org

Ils ont rendu public cette semaine leur propre rapport réfutant les arguments du panel gouvernemental sur l’innocuité des OGM.http://www.indsp.org Des études d’impact jamais menées "Nous avons rappelé les risques potentiels que posent les OGM, ainsi que les nombreuses questions qui restent sans réponse explique Mae-Wan Ho, qui participe au panel. Nous avons listé une série de cinq expériences scientifiques qu’il faudrait impérativement mener pour pouvoir affirmer que la culture des OGM est sans danger. Nous avons mis au défi le gouvernement de les mener, sans obtenir de réponse..."

Le panel indépendant souligne par exemple qu’aucune étude sérieuse n’a été réalisée pour évaluer l’impact de la nourriture OGM sur des humains. Il pointe aussi le risque de transfert "horizontal" de gènes de plantes vers d’autres espèces, créant des OGM non maîtrisés. Ou encore les dégâts environnementaux que causent les OGM à durée de vie limitée, tels que "Terminator", qui utilisent des "gènes-suicide" qui stérilisent les plantes mâles tout en étant transmissibles d’une espèce vivante à une autre.

Il ne reste officiellement qu’un seul jalon avant que le gouvernement ne décide s’il autorise ou non la commercialisation des OGM. Le 16 octobre, un dernier rapport gouvernemental sera publié, rendant compte de tests en plein champs menés pendant quatre ans pour évaluer les effets des puissants pesticides auxquels les OGM résistent. Un vent de révolte civil pourrait se lever "D’après les fuites qui nous sont parvenues, ces résultats ne seront pas bons non plus, bien que les critères d’évaluation soient indulgents, pronostique Mae Wan Ho, du panel de scientifiques d’I-Sis. L’opinion publique est très remontée sur cette affaire et on peut craindre un vent de révolte civile si Blair décide de commercialiser les OGM comme si de rien n’était."

Parmi les hommes politiques britanniques, Tony Blair est le plus ferme avocat des OGM. Proche des Etats-Unis (une conversation avec le président Clinton serait à l’origine de sa conversion au transgénique), son rôle en Europe est stratégique à l’heure où les gouvernements des Quinze envisagent une levée du moratoire, déjà planifiée par Bruxelles.

Face à la fronde anti-OGM dans son propre pays, Tony Blair pourra se défausser sur la Commission européenne en cas de levée - très probable - du moratoire. Au risque de perdre un peu plus le soutien de l’opinion publique britannique, qui a désormais choisi son camp.

Si jamais Tony devait céder à l’opinion et se dissocier unilatéralement de la levée européenne du moratoire, il pourrait plaider le principe de protection de la santé publique de ses concitoyens. Mais on en est pas encore tout à fait là ...

Alexandre Piquard http://www.transfert.net/au55



Le site du débat national "GM Nation ?" : http://www.gmpublicdebate.org

Le rapport de la consultation "GM Nation ?", en .pdf 266 Ko :
http://www.gmpublicdebate.org/docs/

Un rapport gouvernemental anglais doute de l’intérêt économique des OGM
(Transfert.net) : http://www.transfert.net/a9122

Le Parlement européen supprime le dernier obstacle à la levée du moratoire
sur les OGM (Transfert.net) : http://www.transfert.net/a9064

GM Science Review, panel scientifique "officiel" :
http://www.gmsciencedebate.org.uk

Independent Science Panel, "non-officiel" :
http://www.indsp.org

Mise en ligne par Louison le 1er octobre 2003

[Source : www.monde-solidaire.org

A lire + + : Contre-information importante sur OGM médicamenteux après le reportage de France 2 mettant en scène un enfant atteint de mucoviscidose face aux faucheurs.

L’Espagne contaminée par les OGM... Va-t-on laisser la même catastrophe se produire en France ? Greenpeace.

Photos

1] Semences manipulées pour créer un insecticide toxique.

2] 11 septembbre 2003 : Greenpeace stoppe le premier chargement de maïs transgénique entrant au Mexique depuis l’entrée en vigueur, du Protocole de Carthagène, traité international autorisant les Etats à rejeter les OGM.

3] Action de Greenpeace devant un entrepôt de soja Cargill destiné à l’ alimentation de volailles industrielles.

Photos : www.greenpeace.org


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