RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Omar Barghouti : « Un choix moral ». Le boycott d’Israël secoue Tel Aviv (Il Manifesto)










Il manifesto, mercredi 10 juillet 2007, Madrid.


Le directeur pour le commerce et les investissements de l’ambassade britannique à Tel Aviv a choisi les colonnes du quotidien Haaretz pour essayer de rassurer le gouvernement israélien. « Nous sommes conscients du choc et de la colère causés ici en Israël par les récentes tentatives de boycott de la part d’un groupe d’organisations britanniques - écrit Richard Salt. Le gouvernement britannique ne peut pas interférer dans leurs délibérations internes mais nous n’approuvons pas bien sûr des tentatives de boycotter Israël ». Le ministre des affaires étrangères hollandais, Maxime Verhagen, s’est fait par contre le porte-parole, il y a quelques jours, de ce qui est appelé « désinvestissement ». « J’attends que Riwal arrête de fournir des grues pour le mur », a déclaré Verhagen en citant, à l’appui de son « invitation » à la firme de Rotterdam, la résolution de la Cour internationale de justice qui, en 2004, a jugé que le mur est « illégal ». Nous avons discuté des perspectives de boycott avec Omar Barghouti, fondateur de la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, Pacbi (www.pacbi.Org), et conférencier au cours « Palestine/Israël : un pays, un état » qui s’est terminé vendredi à Madrid.



Comment se justifie le boycott contre l’Etat juif ?

Israël est un pays qui a violé plus de principes et de lois internationales que l’Afrique du Sud pendant l’apartheid. Le boycott est justifié par la violation de principes légaux (les résolutions des Nations Unies). Politiquement il met l’accent sur les droits, qui doivent être respectés par les deux communautés si on veut une solution juste au conflit. Un des outils les plus efficaces dans nos mains est la Convention de l’Onu contre l’apartheid. Exactement comme dans l’Afrique du Sud ségrégationniste, il y a en Israël des lois qui discriminent ouvertement les citoyens arabes de l’Etat. La plus importante est celle sur la propriété de la terre, qui n’attribue aucun contrôle sur cette dernière aux Palestiniens, en en confiant entièrement la gestion à l’Agence juive.


Quels résultats avez-vous obtenu jusque-là présent ?

Il n’y a que trois ans que nous avons commencé, mais les institutions et les groupes de la société civile internationale répondent très bien. La semaine dernière le Tgwu, un syndicat britannique de 80.000 adhérents, a voté une résolution très dure de boycott. Comme l’avait fait Unison, le principal syndicat (1,3 millions d’adhérents), ou le Cupe en Ontario (200 mille membres), qui est en train de préparer des cours pour éduquer ses adhérents au boycott, sans parler du Cosatu sud-africain qui s’est mobilisé en masse.


Quand il est mis au coin, Israël réagit durement.

Vous européens, vous oubliez que même l’Afrique du Sud, quand les campagnes de boycott sont devenues efficaces, a réagi en intensifiant sa répression contre ses citoyens noirs. Le monde à l’époque s’était demandé : peut-être vous faisons-nous du mal au lieu de vous aider dans votre lutte ? La réponse dans ce cas là fut : non, et nous continuerons jusqu’à à ce que aurons abattu le système de discrimination raciale. Le boycott est la pratique la plus morale et efficiente politiquement, parce qu’elle n’aliène pas la part humaine de la population, des deux côtés. Et de cette manière, elle prépare juifs Israéliens et Palestiniens à la coexistence pacifique.


Vous parlez de boycott, désinvestissement, sanctions (bds). Quelles sont les différences ?

On entend par désinvestissement le retrait d’investissements aux institutions ou entreprises qui soutiennent l’occupation. Toutes les entreprises israéliennes sont complices parce qu’elles font une discrimination dès le moment où, pour un travailleur, elles donnent la priorité à ceux qui ont servi dans l’armée., en excluant de cette façon la minorité palestinienne en Israël (1,2 millions de personnes) qui ne fait pas le service militaire. Les sanctions représentent le dernier degré et sont appliquées par les Etats et la communauté internationale.


Le boycott individuel fonctionne-t-il ?

Même ne pas acheter de fruits ou fleurs produits en Israël compte, et beaucoup. Pour les produits agricoles israéliens l’Ue représente un marché de milliards de dollars, et l’Etat juif a avec Bruxelles un traité d’association qui en fait quasiment un état membre. Les premières campagnes de boycott contre Pretoria commencèrent dans les années 50, mais avant de devenir un phénomène répandu il a fallu attendre 30 ans. Nous Palestiniens, nous sommes en train de faire beaucoup mieux.

Michelangelo Cocco

- Source : il manifesto www.ilmanifesto.it

- Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

- Appel aux Sanctions et au Boycott contre Israël, par ISM-France.

International Solidarity Movement est une organisation non gouvernementale palestinienne regroupant des pacifistes palestiniens et internationaux travaillant à promouvoir la lutte pour la liberté en Palestine et pour la fin de l’occupation israélienne. Nous utilisons des méthodes de résistance non violente et des actions directes pour affronter et dénoncer les Forces israéliennes d’occupation illégale, bras armé de la politique du gouvernement israélien.

En tant que groupe de soutien de l’ISM basé en France, nous voulons profiter de cette Semaine Internationale Contre le Mur d’Apartheid pour répondre à l’appel lancé par les 171 organisations palestiniennes afin de faire pression sur les institutions nationales et internationales pour qu’elles appliquent des embargos et des sanctions contre Israël et pour que nous imposions de larges boycotts contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de la lutte contre l’Apartheid. (...)
Comment agir ?

- Lire l’ article www.ism-france.org

- Boycott Israël : Texte adopté à l’unanimité par le congrès de l’UJFP du 4 et 5 mars 2006.

(...) Sur la campagne « BDS » (boycott, désinvestissements, sanctions), les délégués ont voté à l’unanimité pour prôner un boycott total des produits et services israéliens jusqu’à la fin de l’occupation.(..)
Pour conclure, l’UJFP appelle à pratiquer BDS (...) et refuse l’idée d’un boycott sélectif qui se limiterait aux produits et services provenant des territoires occupés.

- Lire l’ article www.ujfp.org

Israël/Palestine à Madrid : « La solution des deux états est morte, un seul état pour tous », par Michelangelo Cocco.


Israël : voyage en terre promise. Promise pour qui ? par Pierre Stambul.

Il faut en finir avec l’Etat d’Israël et le sionisme, par Danielle Bleitrach.

URL de cet article 5259
  

Même Thème
Boycott d’Israel. Pourquoi ? Comment ?
Nous avons le plaisir de vous proposer cette nouvelle brochure, conçue pour répondre aux questions que l’on peut se poser sur les moyens de mettre fin à l’impunité d’Israël, est à votre disposition. Elle aborde l’ensemble des problèmes qui se posent aux militants, aux sympathisants, et à l’ensemble du public, car les enjeux de la question palestinienne vont bien au-delà de ce que les médias dominants appellent le "conflit israélo-palestinien". Dans le cadre de la campagne internationale BDS (Boycott (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Je n’accepte plus ce que je ne peux pas changer. Je change ce que je ne peux pas accepter.

Angela Davis

Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
43 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
19 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.