Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Partage du travail ou « réduction du temps de travail », ce n’est pas la même chose !

"Loi El Khomri, précarité à vie, cette société là, on n’en veut pas !"

Tel était le mot d’ordre au printemps dernier...

Un nouveau "printemps" approche, avec la présidentielle, et la précarité a continué de s’installer, déjà avec le passage en force de la Loi El Khomri, et aujourd’hui, la seule perspective "sociale" qui nous est officiellement présentée dans ces élections est celle du "revenu universel", c’est à dire une institutionnalisation définitive de la précarité, et en fait, de la misère qui va avec.

Dès sa première "étape" la mise en place du programme de Benoît Hamon implique la suppression de nombreux droits sociaux existants, mais qui n’auront plus leur équivalent dans le "revenu universel", notamment et de façon flagrante pour les familles monoparentales, réduites à vivre en tout et pour tout avec le montant du seul "revenu universel" indépendamment du nombre d’enfant à élever !

Ce n’est donc pas le prétendu "partage des richesses" qui nous est proposé, et encore moins, celui du travail, mais simplement celui de la misère et du chômage.

Un peu d’histoire sociale... Remontons en Septembre 1996... Un peu plus de 20 ans, déjà...

Le temps de travail était alors à 39 heures... (Suite aux "efforts" de Mitterrand en 1982...), ...La perspective des 35 heures était à l’horizon 2000...

Voici donc, en septembre 1996, ce qu’écrivait le Réseau AC !-Agir contre le chômage et la précarité" (*), qui semble encore exister de nos jours, du reste... :

"La réduction du temps de travail", une histoire ancienne

En 1896, en France, un salarié travaillait en moyenne 2 913 heures par an, la population active occupée était de 20,6 millions de travailleurs. L’économie employait donc 60,1 milliards d’heures de travail humain.

En 1991, un salarié travaillait en moyenne 1 537 heures par an. La population active occupée était de 22,2 millions de travailleurs. L’économie n’utilisait donc plus que 34,1 milliards d’heures de travail humain.

Si les salariés d’aujourd’hui travaillaient 2 913 heures par an comme en 1896, la population active occupée ne serait que de 11,7 millions. Dans ce cas, la France compterait 10,5 millions de chômeurs de plus."

Aujourd’hui, les 35 heures sont une réalité déjà ancienne et carrément remise en cause...

Le chômage n’a cessé de progresser, et le retour au plein emploi est déclaré impossible par de prétendus "spécialistes", "experts", "économistes", etc...

Par rapport à la réduction du temps de travail historiquement constatée, AC ! osait prétendre ceci :

"C’est la réduction de près de la moitié de la durée du travail qui a créé ces dix millions d’emplois."

Si cela était la vérité, pourquoi la nouvelle réduction du temps de travail a-t-elle accru le chômage...?

La réalité est évidemment tout autre : le capitalisme crée plus d’emploi qu’il n’en détruit seulement en période de forte croissance, et alors que la réduction du temps de travail va avec l’augmentation de la productivité.

Dans la période de crise actuelle, il y a longtemps que l’augmentation de la productivité, qui s’est pourtant encore accrue, ne compense plus la faiblesse de la "croissance", quasi nulle.

C’est pourquoi la simple réduction du temps de travail, effectuée de manière arbitraire, à 35, 32, voire 30 heures, ne peut pas mener mécaniquement à un réel partage du travail.

Accouplée à un système de "revenu universel", elle ne peut mener qu’à un accroissement de la précarité, par une baisse généralisée des salaires, une stagnation, et même très certainement, une remise en cause du SMIC, déjà effective à travers les emplois "uberisés" !

La véritable leçon à tirer de la "réduction du temps de travail" en régime capitaliste, c’est précisément qu’elle n’a rien à voir avec le principe du "partage du travail" ! "Réduction du temps de travail" et "partage du travail" sont en réalité deux notions très différentes.

Le partage du travail, destiné à réduire, et même à supprimer le chômage et la misère, est, quant à lui, tout à fait incompatible avec le capitalisme.

En effet, le partage du travail n’a de sens que si une fois le partage du travail effectué, il en ressort pour tout le monde un niveau de vie décent, et en tout cas, supérieur au seuil de pauvreté.

Cela signifie que le produit du travail ainsi partagé, tant en biens qu’en services, correspond aux besoins sociaux réels des travailleurs et de leurs familles, ainsi qu’aux besoins sociaux de ceux qui sont en retraite ou dans l’incapacité de travailler.

Dans ce cas, les critères de productivité et même de "rentabilité", n’ont plus le même sens. Leur influence ne concerne alors plus que la durée totale du travail à partager...

La durée moyenne hebdomadaire du travail n’est plus fixée de manière arbitraire à 39, 35, 32 heures, voire 30 heures ou moins, mais simplement en fonction de la durée totale du travail à partager pour satisfaire les besoins sociaux essentiels et biens réels, définis démocratiquement.

Cela s’appelle le socialisme, au véritable sens du terme, et non pas de l’ersatz que nous subissons encore, ni même de ce miroir aux alouettes que constitue le piège qui nous est tendu par Benoît Hamon.

La question actuelle du candidat unique de la "gauche sociale" n’est toujours pas celle d’une voie au socialisme, car aucun ne parle d’un réel partage du travail, au delà d’une éventuelle "réduction du temps de travail", qui ne mène à rien, sinon à plus de chômage et de misère, même et surtout avec un "revenu universel" qui entérinera définitivement la précarité, l’"uberisation", et partant de là, la réduction drastique des droits sociaux encore actuellement existants.

Dans la mesure où la question ne porte plus que sur la sauvegarde hypothétique de ces droits, il est clair que c’est le candidat Hamon qui doit se retirer en faveur du candidat Mélenchon.

Mais l’avenir du mouvement social n’existe réellement qu’autour des revendications pour un réel partage socialiste du travail :

  • Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.
  • Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.
  • Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.
  • Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.
  • Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc...
  • Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

Pierre Grindsable, sur FRONT des LAïCS

( *30 Septembre 1996 : http://www.ac.eu.org/spip.php?article40 )

A savoir : cet article clos la série des mises à jour sur la pétition,

https://www.change.org/p/adress%C3%A9e-%C3%A0-tous-les-candidats-de-gauche-r%C3%A9cup%C3%A9rant-ce-slogan-en-2017-abolir-enfin-la-loi-el-khomri

pétition qui sera prochainement fermée.

Le débat de fond, concernant les questions économiques sur la loi de la valeur, la valeur-travail, le partage du travail, se poursuit néanmoins sur les blogs qui ont relayé cette pétition, rapidement rendue caduque par le débat sur le RU :

FRONT des LAïCS https://frontdeslaics.wordpress.com/

SOLYDAIRINFO https://solydairinfo.wordpress.com/

TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE : https://tribunemlreypa.wordpress.com/

AGORAVOX http://www.agoravox.fr/auteur/luniterre

VIVE LA RÉVOLUTION http://mai68.org/spip/

Actuellement, cet article, publié initialement sur FRONT des LAïCS : https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

est déjà repris également sur :

SOLYDAIRINFO : https://solydairinfo.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE : https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/02/16/partage-du-travail-ou-reduction-du-temps-de-travail-cest-pas-la-meme-chose/

»» https://tribunemlreypa.wordpress.com/
URL de cet article 31543
   
Même Thème
Le « populisme du FN » un dangereux contresens, d’Annie Collovald et Guerre aux chômeurs ou guerre au chômage, d’Emmanuel Pierru
DIVERS
Récemment apparues, les éditions du Croquant, issues d’une dissidence des héritiers de Pierre Bourdieu, publient des ouvrages riches, au coeur des problèmes sociaux actuels et offrant un regard juste et pertinent. Deux d’entre eux ont particulièrement retenu notre attention : Le « populisme du FN » un dangereux contresens A travers cet ouvrage, Annie Collovald a voulu déconstruire et remettre en cause le terme de « populisme » qui sert aujourd’hui d’explication au succès électoral du Front national. (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Ceux qui n’ont pas le courage de lutter devraient au moins avoir la décence de se taire.

José Marti


« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
97 
Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
21 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.