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Election présidentielle

Pour un printemps de joie

Contrairement à l’annonce de quelques chroniqueurs, le débat à onze n’a nullement été un concert cacophonique. Il y eut même des fulgurances qui m’ont lavé les oreilles jusqu’à interroger les raisons profondes de mon engagement.

Poutou a raison, il ne suffit pas de nouer la cravate pour mettre en accord la pensée avec la chose en question : je lui dois un poutou fraternel. Non ! il n’y a pas eu de cacophonie, au contraire, la verve des petits a permis de mieux entendre le discours rabâcheur de certains grands dont certains points convergents annoncent des matins de pluie. Pour deux d’entre eux, il faut réduire le nombre de parlementaires afin qu’ils travaillent mieux (sic) ; à première vue, la mesure est floue mais, très vite, elle passe à la netteté la plus inquiétante. Diminuer l’effectif des députés, c’est restreindre le nombre de circonscriptions, autrement dit de faire disparaître des territoires fertiles pour les plus faibles des représentations parlementaires. C’est une première atteinte à la démocratie, relayée par autre mesure macronesque de réserver quelques places à la société civile, cette instance sans contour, sans substance, qui serait le creuset de compétences salutaires. Mais qui va en établir les qualités et pour quoi faire ? Un indice pourtant, pas d’ouvriers ni de paysans dans la liste dressée ; pas de producteurs de richesses pourtant les mieux placés pour parler production et organisation du travail ; pas la moindre pensée en direction d’une proportionnelle ou d’un tirage au sort n’excluant personne (un aveu en somme mais qui ne nous apprend rien).

Pendant ce temps Trump trompe son monde et les frappes étasuniennes tombent sur la Syrie comme le signe d’une reprise de la politique immédiate d’où la connaissance par traces est exclue. L’enquête peut toujours venir ! En Guyane les Français protestent de n’être pas français et réclament l’égalité la plus élémentaire comme cela est rappelé sur les frontons des écoles, des écoles il est vrai qui manquent cruellement là-bas. Cette revendication frappe de plein fouet la campagne et l’éclaire singulièrement, car la liberté, l’égalité, la fraternité sont plus des horizons que des vérités matérielles. François Hollande, rate une fois encore le rendez-vous et demande la levée des barrages, il ne sait toujours pas qu’il est inaudible et parfois irresponsable : N’a-t-il pas traité la justice d’institution de lâcheté ? Une étrange manière qui, dans cette campagne, a fait tâche d’huile puisque François Fillon déclare qu’il est victime d’un assassinat politique orchestré par les juges et que Marine Le Pen menace les magistrats qui ne sont pas d’accord avec elle : ils auront des comptes à rendre ! Oui, la démocratie est en péril et cette campagne a des relents d’argent pourri. Voyez tous ceux qui ne résistent pas à l’aimantation Macron, ceux qui ont confisqué la démocratie depuis longtemps, en se donnant les moyens d’être nos maîtres oublieux d’un processus qui en fait des délégués. La liste, sans être exhaustive, est déjà éloquente : Robert Hue, Dany Cohn-Bendit, Emmanuel Valls, Jean-Yves Le Drian, François Bayrou, Alain Madelin dans le rôle de Judas, Gérard Collomb, Bernard Kouchner, Alain Minc, Jacques Attali, son agent, Pierre Bergé, Xavier Niel, Patrick Drahi, Jacques Séguéla, Vincent Bolloré et autres mouches attirées par la confiture comme les anciens membres du mouvement les jeunes avec Juppé. Une bien belle unité sans rivage

En vérité, Emmanuel Macron est le masque rieur de la dévastation turbocapitaliste telle que Edward Luttwak, conseiller de Georges Bush père, nous l’a annoncée en 1995 : nous sommes entrés dans une ère nouvelle, celle du turbocapitalisme . Oui, une ère qui se caractérise par l’accélération des changements structurels résultant de la diminution de la tutelle publique, de la mondialisation et de la tendance à la déréglementation. Cette forme de capitalisme augmente la productivité et plonge les individus dans l’insécurité. Emmanuel Macron n’a qu’une seule formule à la bouche, en vérité je vous le dis il faut nous adapter. Le nous est de trop puisqu’il vise essentiellement à baisser le coût du travail, la rémunération de ceux qui produisent réellement les richesses, ouvriers, paysans, artisans, par le truchement d’une réforme du Code du Travail que propose à l’identique François Fillon. Jamais n’est imaginée la diminution du coût du capital : les dividendes se portent bien, merci !

C’est le moment de se souvenir de Mai 68 où les accords de Grenelle ont abouti à une augmentation de 35% du SMIG. Une nouvelle répartition des richesses pourtant rejetée par la base qui poursuit la grève. La dissolution de l’Assemblée Nationale et de nouvelles élections législatives qui voient le 30 juin 1968 le triomphe des gaullistes de l’UDR (293 sièges sur 487) mettent un terme à la crise politique. Lorsque ma mère, ouvrière dans une usine d’imperméable, reçut son premier bulletin de salaire après les événements, elle en pleurera de rage et de bonheur. La même histoire pour mon voisin de rue, ouvrier à l’époque, qui me dit avoir pleuré en découvrant le premier bulletin après la lutte et sa satisfaction d’avoir manifesté et contribué à la Grève Générale. Mai 68 c’est beaucoup d’idées, de ruptures dans la parole et les gestes mais c’est aussi une singulière répartition des richesses.

Or, je constate que, depuis, les rapports de force s’inversant, cette répartition a volé en éclat au profit du monde de la finance et de ses auxiliaires politiques et médiatiques qui ont réussi à faire croire que la loi du marché serait une qualité supérieure de vie, alors qu’en réalité il ne s’agit que d’un nouveau dogme en quête d’améliorer sans cesse la seule productivité du capital, le plus froid des monstres froids. C’est vrai, l’heure est à l’élection présidentielle mais comment ne pas penser à la Grève Générale au moment où l’Organisation Internationale du Travail appelle à revaloriser les salaires dans le monde et à façonner un avenir du travail fondé sur des considérations d’humanité, de justice sociale et de paix.

Je n’ai pas envie de m’adapter à la sauce Macron qui ne connaît qu’un pays : celui de la finance, où seul importe l’immédiat qui entraîne évidemment l’oubli du passé, l’oubli d’un patrimoine culturel que le devoir d’un homme ou d’une femme politique est de connaître et de transmettre. Nous sommes tous des héritiers d’une singularité au croisement d’origines et de pratiques diverses, artistique, politique, sociale, en un mot issus d’un humus humain que nous pouvons appeler sans honte français, avec tout ce qu’il comporte de bien et de mal. Et Charles Aznavour, présenté comme le petit Arménien qui a révolutionné la chanson française, n’est pas tombé du ciel, il vient de cet humus sans lequel il n’aurait pas fait ce qu’il a fait.

Un humus pétrit par les gestes de héros du quotidien tel Hervé Pizzinat , proviseur du lycée Alexis de Tocqueville de Grasse qui, sans attendre la police, s’est porté à la rencontre du jeune Killian armé d’un fusil et qui, même après avoir reçu une balle (calibre 22), continua à parler avec lui refusant d’être évacué tant que tous les lycéens n’étaient pas en sécurité. Un humus alimenté par ceux qui mènent les combats contre l’affaiblissement du rural et pour le maintien de la qualité des services publics. Un humus où gît le corps et l’âme de la productrice de lait des Côtes-d’Armor qui s’est suicidée, pendue à une poutre de la salle de traite de son exploitation de Plumieux en laissant un message pour dire qu’elle était désolée mais qu’elle ne supportait plus la situation. Le prix du marché ne verse pas de larmes et meurt à petit feu une certaine conception de la vie ensemble : La vie s’en va !

Qui nous propose de l’en empêcher ? Pas Emmauel Macron ; pas François Fillon ; pas Marine Le Pen ; peut-être Jean-Luc Mélenchon avec un pacte majoritaire de gauche et sa vague d’insoumis, s’ils ne laissent pas de côté la Terre.

Les Trois Grâces Aglaé, Euphrosyne et Thalie ne sont pas candidates sinon je voterai pour elles qui ont le don de répandre la joie dans la nature et dans le cœur des humains.

Guy Chapouillié cinéaste 11 avril 2017

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