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Somalie : Famine et Misère (Countercurrents)

Une fois de plus le monde est le témoin d’une catastrophe épouvantable en Somalie et dans d’autres parties de la corne de l’Afrique que certains journalistes appellent désormais "la corne de la faim".

La famine qui a frappé cette région a déjà causé la mort de 29 000 enfants somaliens de moins de cinq ans dans les trois derniers mois. 12 millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire. L’ONU a réclamé 2,4 millions de dollars étasuniens à ses membres. Moins de la moitié de cette somme a été réunie à ce jour.

Nous pouvons tous faire bien davantage pour aider le peuple de Somalie et la région. Les pays riches, en particulier, ont l’obligation morale de venir en aide aux Somaliens qui meurent de faim dans de grandes souffrances. Pour les musulmans riches, les douloureuses épreuves des Somaliens —qui sont aussi des musulmans— ont une signification spéciale car c’est le mois du Ramadan pendant lequel les musulmans du monde entier jeûnent chaque année du matin au soir. Si un des objectifs de ce jeûne est de développer l’empathie envers les pauvres et les affamés, la catastrophe en Somalie offre aux riches l’opportunité de contribuer généreusement au programme d’aide alimentaire de l’ONU.

A ce propos, il est significatif que les personnes et les communautés ordinaires aient répondu à la catastrophe qui frappe les Somaliens avec une solidarité très impressionnante. Un écolier ghanéen de 11 ans, Andrew Adansi-Bonnah, a lancé une campagne pour réunir 20 millions de cedis ghanéens (environ 13 millions de dollars) pour "sauver les enfants somaliens de la faim." Une organisation caritative de Gaza en Palestine a nommé sa campagne "De Gaza : Main dans la main pour sauver les enfants de Somalie." Quand un peuple qui a des moyens d’existence si limités et qui est parmi les plus pauvres de la terre est prêt à faire des sacrifices pour un autre peuple encore plus malheureux que lui, cela donne de l’espoir en l’humanité.

Tout en manifestant notre solidarité avec les peuple somalien dans la tourmente, nous devons aussi nous interroger sur les racines de la famine. La sécheresse sur laquelle les médias ont insisté est certes une des causes. Mais ce n’est pas la seule. La Somalie n’a pas de gouvernement qui fonctionne. pendant la plus grande partie des dernières 20 années depuis l’éjection du président Said Barre, elle n’a connu que l’anarchie et le désordre. Si elle avait un gouvernement qui prenait les choses en main, il n’y aurait peut-être pas eu de famine d’une telle envergure. Au milieu des années 1970, il y a eu aussi une longue sécheresse en Somalie mais elle n’avait pas provoqué une famine générale car le gouvernement avait réagi rapidement.

La famine en Somalie est aussi due en partie à l’intervention et l’ingérence étrangères incessantes dans ses affaires internes. sous le prétexte du programme de l’ONU d’intervention humanitaire, les USA ont essayé d’orientation la politique inter-clans de la Somalie en 1992 et 1993. C’est la potentiel en pétrole de la Somalie, qui serait une des deux raisons de cet interventionnisme, l’autre serait l’importance géostratégique de la Corne de l’Afrique. L’intervention des USA a échoué misérablement et provoqué encore plus de chaos.

Après le double bombardement des Ambassades de Tanzanie et du Kenya en 1998 et l’épisode du 11 septembre, les USA ont mis encore un fois le doigt dans le gâteau somalien. Ils ont fourni leur soutien au Gouvernement Fédéral de Transition (GFT) pour endiguer la popularité croissante des tribunaux de l’Union Islamique (CUI). Les CUI avaient en fait réussi à établir un gouvernement relativement stable en 2006 qui a garanti l’ordre et le respect des lois pendant une courte période. Mais les USA avec la collaboration du gouvernement éthiopien a renversé le groupe islamique sous le prétexte qu’il était lié à al-Qaeda. Ce qui restait des CUI a formé un mouvement de guérilla massif qui contrôle de larges pans du pays et a même pris le contrôle de la plus grande partie de la capitale, Mogadishu, en mai 2009. La guerre civile qui fait rage actuellement gêne considérablement l’acheminement des produits alimentaires vers les personnes qui meurent de faim.

La livraison de la nourriture a été entravée encore davantage par un blocus imposé auparavant pas les USA et l’ONU sur les territoires contrôlés par un des surgeons militants des CUI, Al-Shabaa. Al-Shabaad a à son tour empêché l’aide des ONG étrangères de parvenir dans ses bastions de peur d’en perdre le contrôle. Inutile de dire que les pauvres et les affamés sont les victimes de cette lutte pour le pouvoir.

La Somalie met en évidence la nécessité pour les nations d’avoir un gouvernement qui soit en capacité de prendre soin de sa population sans être, en même temps, manoeuvré par des puissances étrangères.

Chandra Muzaffar

Dr. Chandra Muzaffar est président du Mouvement International pour un Monde Juste (JUST) et professeur d’études globales à l’Université Sains en Malaisie.

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/muzaffar160811.htm

Traduction : Dominique Muselet

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