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Un navire international va sillonner les eaux palestiniennes pour s’assurer que les droits de l’homme y sont respectés

Civil Peace Service Gaza :

Mercredi 20 avril, l’Oliva, un navire de surveillance des droits de l’homme affrété par une équipe internationale prendra la mer à partir de la ville de Gaza. L’équipage du Service de la Paix Civile qui sera composé de citoyens espagnols, étasuniens, italiens et belges, accompagnera les pécheurs de Gaza dans les eaux palestiniennes. Les violations au droit international seront constatées et enregistrées. Les données relevées et les enregistrements vidéos effectués seront diffusés.

Vittorio Arrigoni, le militant des droits de l’homme assassiné s’était investi dans la préparation de ce projet et c’est la raison pour laquelle il y aura une commémoration à la fin de la conférence de presse. Comme Vik avait aussi participé au choix du nom du navire et avait souhaité qu’il ne porte pas le nom d’une personne, il s’appellera "Oliva" comme il l’avait souhaité et la mission sera aussi effectuée comme il l’aurait souhaité.

Le lancement d’Oliva, un bateau à moteur blanc de 8 mètres de long, marquera le début de la mission du Service de la Paix Civile dans les eaux palestiniennes. Depuis l’opération Cast Lead (Plomb durci) l’accès aux territoires de pêhe a été unilatéralement limité par Israël à 3 miles nautiques. Selon les accords d’Oslo la limite des eaux territoriales est 20 miles et cette réduction drastique a provoqué la surexploitation des territoires de pêche et la destruction des stocks de poissons. Les pêcheurs risquent d’être tués par balle, de voir leurs bateaux et leur matériel de pêche confisqués et d’être arrêtés par la marine israélienne qui lance régulièrement des attaques et des incursions dans les eaux palestiniennes.

Selon le Comité International de la Croix Rouge presque 90% des 4000 pêcheurs de Gaza vivent maintenant en dessous du seuil de la pauvreté, les pauvres vivant avec un revenu de 190 à 100 dollars et les très pauvres (50% d’entre eux en 2008) avec moins de 100 dollars par mois.

Le lancement de l’Oliva est une réponse à cette situation d’extrême vulnérabilité. De nombreuses organisations internationales soutiennent cette initiative en coopération avec des organisations locales comme le centre palestinien des droits de l’homme, les comités de coordination des luttes populaires, les comités de l’union des agriculteurs et l’association de pêche et de sports marins.

La situation humanitaire de Gaza qui s’est détériorée régulièrement depuis le début de l’occupation israélienne en 1967, s’est fortement aggravée dans les dix dernières années. Depuis le début de la Seconde Intifada en 2000 jusqu’à l’escalade actuelle de la violence, les Israéliens ont condamné, par tous les moyens en leur pouvoir, le 1,6 million d’habitants de Gaza -dont plus de la moitié sont des enfants- à une situation d’extrême vulnérabilité.

Le plan fallacieux de désengagement -décidé et mis en oeuvre unilatéralement par Israël- n’a pas permis aux Gazaouis d’échapper au contrôle israélien dans les aspects fondamentaux de leur vie c’est à dire l’accès à la terre cultivable et aux réserves de poissons et le droit de se déplacer librement sur le territoire de la bande de Gaza. En 2007, après la victoire du Hamas aux élections législatives de 2006, Israël a imposé un blocus sans précédent sur la terre, la mer et l’espace aérien de Gaza qui a transformé le territoire en prison à ciel ouvert.

Le 27 décembre 2008, sans sommations, les forces israéliennes se sont mises à bombarder sauvagement la bande de Gaza dans un opération dont le nom de code était Cast Lead. Selon les chiffres cités par le bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 1440 Palestiniens ont été tués en trois semaines dont 431 enfants et 114 femmes. Et 5380 Palestiniens ont été blessés [1]. Pendant presque un mois, la population de Gaza a subi des bombardements israéliens incessants. Ces attaques, qui ne visaient pas seulement des cibles militaires mais aussi des infrastructures civiles et des secteurs très peuplés, constituent un cas de punition collective en violation flagrante des Conventions de Genève. La destruction de vies, d’installations médicales et éducatives de première importance et de propriétés privées a laissé Gaza dans une situation vraiment désespérée, qui n’a pas pu être surmontée à cause des restrictions drastiques qui lui sont toujours imposées par Israël.

Après l’attaque illégale et meurtrière sur la Flottille de la Liberté, Israël a annoncé en juin 2010 une série de mesures visant à "alléger" les restrictions. Cependant, comme le note l’OCHA dans son dernier rapport, ces mesures n’ont pas apporté d’amélioration notable à la vie des gens à cause des restrictions vitales qui sont maintenues [2]. Six mois après l’annonce des mesures, l’entrée de matériel de construction n’atteignait que 11% du niveau qu’elle avait avant le blocus. Et l’augmentation infime des importations de nourriture a été annulée par l’augmentation des prix. En février 2011, selon les projections de l’OCHA dans son édition mensuelle du Humanitarian Monitor, près de 54% des familles de Gaza ne savaient pas ce qu’elles allaient manger et selon la UNRWA le chômage avait atteint le score stupéfiant de 45,5% [3].

Le contrôle israélien sur les ressources vitales de Gaza a aussi été institué sur la mer. Les eaux territoriales palestiniennes ont été progressivement réduites de 20 miles nautiques selon les accords d’Oslo aux 3 miles nautiques que la marine israélienne impose aujourd’hui par les armes. Cette limitation a encore aggravé les difficultés de l’industrie de la pêche de Gaza qui faisait vivre 4000 personnes à la fin de 2010 [4].

A Gaza, la plus grande partie des profits de la pêche vient traditionnellement de la sardine. Mais comme les bancs de sardines se trouvent au-delà de la limite des 3 miles nautiques, leur pêche a baissé de 72% [5]. Si l’on considère que les poissons adultes se trouvent aussi principalement au delà de cette limite, la pêche dans la zone autorisée est forcément infiniment moins abondante et qui plus est elle détruit les nouvelles générations de poisson menaçant de la sorte la reproduction et la pérennité des réserves poissonnières déjà surexploitées. De plus, les pannes fréquentes d’électricité, le manque de carburant et le manque de pièces détachées causés par le siège israélien de Gaza mettent en danger l’environnement marin et la survie des pêcheurs en empêchant le bon fonctionnement des usines de traitement des eaux usées qui traitent chaque jour d’énormes quantités d’eaux usées sur les côtes de Gaza.

Selon le centre Al Mazan des droits de l’homme basé à Gaza, à cause de cette détérioration les pêcheurs forment un des groupes les plus pauvres de Gaza ; à la fin de 2010, 90% d’entre eux vivaient sous le niveau de la pauvreté, pour 50% en 2008 [6].

En plus d’avoir à se contenter de pêches de plus en plus maigres, les pécheurs sont constamment menacés par les forces armées israéliennes déployées dans les eaux territoriales palestiniennes. Selon les rapports d’Al Mazan, entre mai 2009 et novembre 2010 l’armée israélienne a attaqué 53 fois les pécheurs. Deux pêcheurs ont été tués et au moins sept blessés ; 42 pêcheurs, dont deux enfants, ont été arrêtés et 17 bateaux de pêche ont été confisqués et détruits avec leur équipement et leurs filets.

Les attaques israéliennes ont pour but de restreindre l’accès des pêcheurs palestiniens à la mer, leur lieu de travail. Selon Oxfam, en pratique, l’accès est parfois restreint par les forces militaires israéliennes à seulement un mile nautique, ce qui représente 15% des eaux territoriales palestiniennes [7]. Les attaques contre les pêcheurs constituent une des innombrables violations du droit international auxquelles se livre Israël dans la bande de Gaza. Les attaques israéliennes violent le droit des pêcheurs à la vie, à la sécurité et à la sauvegarde personnelle. Le harcèlement des pêcheurs et la destruction de leurs biens -leurs ports, leurs bateaux et leur matériel de pêche- constituent de graves violations des droits de l’homme et du droit humanitaire. Les forces israéliennes intensifient périodiquement leurs attaques : selon OCHA, les forces navales israéliennes ont ouvert le feu sur des bateaux palestiniens à six occasions différentes rien qu’entre le 16 et le 29 mars.|8]

Pour consulter l’original : http://www.uruknet.info/?p=m76936&hd=&size=1&l=e

Traduction : D. Muselet

1.UN OCHA, Field Update on Gaza from the Humanitarian Coordinator : 3-5 February 2009 (pdf)

2.UN OCHA, "Special Focus : Easing the Blockade, Assessing the Humanitarian Impact on the population of the Gaza Strip", March 2011 (pdf)

3.UN OCHA, Monthly Humanitarian Monitor, February 2011 (pdf) ; UNWRA’s representative statement, February 2011 (link)

4.Al Mezan Center for Human Rights, "Fact Sheet:Gaza Fishermen : Life with Poverty, Harassment and Suffering", November 2010 (pdf)

5.UN OCHA, "Fact sheet:Farming without Land, Fishing without Water : Gaza Agriculture Sector Struggles to Survive", May 2010 (pdf)

6.Al Mezan Center for Human Rights, "Fact Sheet:Gaza Fishermen : Life with Poverty, Harassment and Suffering", November 2010 (pdf)

Oxfam, weekly update, 30 January- 5 February 2011 (pdf)

7.UN OCHA, "Protection of civilians weekly report 16-29 March 2011″ (pdf)


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