RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Une vie palestinienne a-t-elle de la valeur ?

Le 8 juin, les médias occidentaux ont titré sur la libération de 4 otages à Gaza. Une fois encore, les médias dominants ont publié des reportages sur l’accueil de ces otages, les montrant comme des personnes avec leurs affects et ceux de leurs proches, quand les Palestiniens sont toujours des nombres.

L’UJFP mesure la souffrance que peuvent représenter 8 mois de détention avec la peur permanente de mourir, y compris d’être tué par l’armée de son propre pays.

Ces mêmes médias ont été bien discrets sur les « dommages collatéraux » de cette libération : l’armée a investi la zone surpeuplée du camp de Nuseirat en tirant sur tout ce qui bougeait. Le bilan est effroyable, il y a 210 morts et plusieurs centaines de blessés, femmes et enfants en grande majorité.

Un journaliste qui a envie de faire son travail sans nécessairement reprendre les éléments de langage d’une armée génocidaire, peut obtenir aisément les images de ce carnage. Des dizaines de corps dans les rues, des voitures et des bâtiments qui brûlent, des mares de sang à l’entrée du seul hôpital encore en état d’un peu fonctionner. Il peut avoir, comme nous, les témoignages d’une population civile terrorisée, n’ayant aucun endroit où s’abriter, sans défense et essayant de sauver les blessés. La compassion des médias dominants et des dirigeants du monde occidental est décidément à géométrie variable.

Ce n’est certainement pas en notre nom que l’armée israélienne a massacré des réfugiés dans une école de l’UNRWA le 6 juin. Et pas non plus en notre nom que plus de 200 civils viennent d’être assassinés sous nos yeux.

Nos médias ont fièrement déclaré que « les otages étaient en bonne santé ». Tiens donc, malgré la famine et le manque d’eau à Gaza, ils ont pu manger et se laver ? Alors que leurs geôliers sont des « terroristes » qui sont morts sans les exécuter ?

Les prisonniers palestiniens en Israël sont-ils aussi bien traités ? Marwan Barghouti a été sévèrement battu. Walid Daqqa est mort le 7 avril dernier après 39 ans de détention et un cancer non soigné. Les journalistes pourraient enquêter sur le « Guantanamo israélien ». La prison de Sde Teiman en plein désert à 30 km de Gaza est un lieu de torture, d’humiliations, de passages à tabac. Des images de prisonniers attachés les yeux bandés pendant des jours ont été publiées. Ça intéresse peu nos médias. Israël est une démocratie, n’est-ce pas ?

Pendant ce temps, en Cisjordanie, les agressions quotidiennes contre la population civile perpétrées conjointement par l’armée et les colons se multiplient. En réaction, le gouvernement des États-Unis, celui qui arme les génocidaires et empêche leur condamnation au Conseil de Sécurité, vient de déclarer « terroriste » le groupe palestinien « La Fosse aux Lions » que les agences de presse désignent comme un « groupe terroriste ». Ce groupe s’attaque à des colonies déclarées illégales selon le Droit international.

L’UJFP dénonce le massacre de la population civile palestinienne. Les médias et les gouvernements qui criminalisent la résistance palestinienne et ferment les yeux sur les meurtres quotidiens portent une lourde responsabilité.

La Coordination nationale de l’UJFP le 9 juin 2024

Photo : le camp de réfugiés de Nuseirat le 9 juin après l’opération de l’armée israélienne (ASHRAF/AMRA/ANADOLU/AFP)

»» https://ujfp.org/une-vie-palestinienne-a-t-elle-de-la-valeur/
URL de cet article 39667
  

Même Thème
PALESTINE
Noam CHOMSKY, Ilan PAPPE
La question palestinienne est représentative de ce qui ne tourne pas rond dans le monde. Le rôle des États occidentaux et l’accord tacite de diverses institutions en font un cas très particulier de la politique actuelle. Les trois dernières offensives militaires d’envergure menées par Israël contre Gaza, entre 2008 et 2014, ont fait des milliers de morts du côté palestinien et donné lieu à de nouvelles expropriations de terres en Cisjordanie. Ces guerres de conquête israélienne ont ravivé, chez les (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« L’ennemi n’est pas celui qui te fait face, l’épée à la main, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos ».

Thomas Sankara

"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux" (Republik)
Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur (...)
11 
Appel de Paris pour Julian Assange
Julian Assange est un journaliste australien en prison. En prison pour avoir rempli sa mission de journaliste. Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006 pour permettre à des lanceurs d’alerte de faire fuiter des documents d’intérêt public. C’est ainsi qu’en 2010, grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, WikiLeaks a fait œuvre de journalisme, notamment en fournissant des preuves de crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont utilisé ces (...)
17 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
69 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.