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Venezuela - Il y a eu quelques échauffourées à la frontière, et quoi d’autre ?

Le coup de l’’aide humanitaire’ d’hier à la frontière colombo-vénézuélienne avait quatre objectifs :

1. Violer la frontière et ouvrir ainsi un passage qui pourrait par la suite être utilisé pour l’envoi d’armes et de combattants,

2. Pousser l’armée et la police vénézuéliennes à déserter en grand nombre,

3. Prouver au monde extérieur que l’idiot utile*, Guaido, qui s’est autoproclamé président, a un large public et peut donc être légitimement soutenu,

4. Justifier de nouvelles mesures contre le Venezuela.

L’objectif n° 1 n’a manifestement pas été atteint. Quelques centaines de jeunes hommes ont attaqué la Garde nationale vénézuélienne qui avait fermé la frontière. Il y a eu quelques tentatives pour faire passer de force des camions ’d’aide’. L’idiot utile, Guaido n’était nulle part en vue. Cela s’est soldé par une petite escarmouche. On a distribué à quelques attaquants violents de l’essence pour qu’ils fassent des cocktails Molotov pour attaquer les gardes et mettre le feu aux camions ’d’aide’. On le voit dans cette vidéo. La bagarre s’est poursuivie (vidéo) jusqu’à minuit environ, mais ni les attaquants ni l’aide n’ont franchi la frontière.

Les gros titres du New York Times et Guaido ont affirmé qu’une partie de l’’aide’ était passée du Brésil au Venezuela :

Une partie de l’aide du Brésil perce le blocus du Venezuela, mais une violence meurtrière éclate

Au paragraphe 17 de son article, le NYT reconnaît que son titre est mensonger :

Mais samedi soir, les camions sont restés bloqués à la frontière, selon Jesús Bobadillo, un prêtre catholique de Pacaraima, la ville frontalière du Brésil.

Le rédacteur en chef de l’antenne de Bloomberg au Venezuela a confirmé que l’’aide’ n’était jamais entrée dans le pays :

Patricia Laya @PattyLaya - 16h31 - 23 février 2019

Une note importante de notre reporter à la frontière brésilienne @SamyAdghirni : bien que l’aide soit techniquement sur le territoire vénézuélien, elle n’a pas franchi les contrôles de sécurité ni la douane.

De même, les efforts pour inciter les forces de sécurité vénézuéliennes à déserter ont largement échoué. Une poignée de fantassins de la Garde nationale sont passé en Colombie. Mais la Garde nationale a tenu bon, même sous une pluie de pierres et de flammes, et les unités ont fait preuve d’une grande discipline pour prendre et tenir leurs positions. L’armée vénézuélienne reste fermement du côté de l’État.

Cette ridicule opération d’’aide’ n’a pas contribué à renforcer la légitimité du Guaido. Défiant une ordonnance du tribunal, Guaido a quitté le Venezuela et est entré en Colombie. S’il y revient un jour, il ira en prison. La grande mobilisation à l’intérieur et à l’extérieur du Venezuela qu’il avait promise n’a absolument pas eu lieu. La mêlée au poste frontière n’a servi qu’à démontrer que ses partisans sont un gang de voyous sans foi ni loi.

Guaido a également perdu la légitimité juridique qu’il avait. Il avait revendiqué la présidence le 23 janvier en vertu de ce paragraphe de l’article 233 de la Constitution vénézuélienne :

Lorsqu’un président élu devient définitivement indisponible avant son investiture officielle, une nouvelle élection au suffrage universel et au scrutin direct a lieu dans les 30 jours consécutifs. En attendant l’élection et l’investiture du nouveau Président, le Président de l’Assemblée nationale assume la présidence de la République.

Déjà, le Président élu n’a jamais été ’définitivement indisponible’. Et même s’il l’avait été - et que donc l’article 233 s’appliquait - Guaido avait 30 jours pour organiser de nouvelles élections. Les 30 jours sont passés et Guaido n’a même jamais réclamé des élections. Il n’a dont pas respecté lui-même le paragraphe de la Constitution sur lequel il fondait son (illicite) prétention à la présidence.

Tout ce qui précède ne diminuera en rien la volonté des États-Unis de ’changer le régime’ du Venezuela. Mais cela affaiblira certainement le soutien à Guaido dans le pays ainsi que son statut international. Il devient clair qu’il n’est rien d’autre qu’une coquille vide.

Le dernier objectif du coup d’hier était de justifier les mesures à venir pour ’changer le régime’ du Venezuela, quelles qu’elles soient. Cet objectif n’a jamais été remis en question aux Etats-Unis où tous les médias et politiciens américains ont tout de suite soutenu les plans de Trump et entériné le bobard de l’’aide humanitaire’ :

Bernie Sanders @SenSanders - 18:47 utc - 23 février 2019

Le peuple vénézuélien traverse une grave crise humanitaire. Le gouvernement Maduro doit donner la priorité aux besoins de sa population, permettre l’entrée de l’aide humanitaire dans le pays et s’abstenir de toute violence contre les manifestants.

Voilà ce qui a été répondu à juste titre à ce faux socialiste :

Roger Waters @rogerwaters - 22:27 utc- 23 février 2019

Réponse à @SenSanders

Bernie, tu te fous vraiment du monde ! Si tu adhères à la rhétorique de Trump, Bolton, Abrams, Rubio, sur ’l’intervention humanitaire’ et tu te rends complice de la destruction du Venezuela, tu ne peux pas te considérer comme un candidat crédible à la présidence des Etats-Unis. A moins que tu ne sois, en fait, le parfait larbin des 1 %.

Quand la journée s’est terminée, Guaido et ses maîtres-chiens américains ont publié des déclarations qu’ils avaient probablement écrites avant même que leur coup ’d’aide’ n’échoue :

Juan Guaidó @jguaido - 2:33 utc - 24 fév 2019

Traduit de l’espagnol

Les événements d’aujourd’hui m’obligent à prendre une décision et à indiquer officiellement à la communauté internationale que nous devons garder ouvertes toutes les options pour parvenir à la libération de ce pays qui lutte et continuera à se battre.

L’espoir est né et ne mourra pas, Venezuela !

Pour avancer sur notre chemin, je rencontrerai lundi nos alliés de la communauté internationale, et nous continuerons à mener des actions à l’intérieur du pays. Les pressions internes et externes sont essentielles à la libération.

L’espoir est né et ne mourra pas !

Marco Rubio @marcorubio - 2:43 utc - 24 fév 2019

Marco Rubio a retweeté Juan Guaidó

Après les discussions de ce soir avec plusieurs dirigeants de la région, il est maintenant clair que les terribles crimes commis aujourd’hui par le régime Maduro ont ouvert la porte à diverses actions multilatérales potentielles qui n’étaient pas sur la table, il y a seulement 24 heures.

Le vice-président américain Mike Pence arrivera en Colombie demain pour dire à Guaido comment procéder. Ils parleront sans doute surtout de la manière de lancer une campagne de sabotage et une guérilla de basse intensité au Venezuela. Tous deux feront certainement du tort au pays et à sa population, mais il est peu probable qu’ils atteignent leur objectif de ’changement de régime’.

La propagande mensongère du secrétaire d’État Mike Pompeo prépare déjà des attaques plus larges :

Secrétaire Pompeo @SecPompeo - 3:25 utc- 24 fév 2019

Des agents cubains attaquent le peuple du #Venezuela à la demande de Maduro. L’armée vénézuélienne doit faire son devoir, protéger les citoyens du pays et empêcher les marionnettistes de La Havane d’affamer des enfants. #EstamosUnidosVE

The Economist spécule sur les conséquences d’une intervention militaire au Venezuela, comme ils appellent leurs guerres d’agression. Il n’est pas (encore) convaincu que c’est la bonne solution dans l’immédiat, mais il pense que c’est probablement la seule façon de ’changer le régime’ :

Les étrangers ont tendance à minimiser l’engagement idéologique de certains forces armées. (...) Il y a beaucoup d’armes entre les mains des milices pro-régime. Le Venezuela a une tradition de guérilla.

Une invasion américaine serait donc très risquée. Ce serait également contre-productif, car cela priverait un nouveau gouvernement de légitimité et relancerait l’anti-impérialisme dans toute l’Amérique latine alors que le principal enjeu est la défense de la démocratie. Oui, Cuba intervient au Venezuela, et il ne semble pas que Maduro partira pacifiquement. Néanmoins, maintenir le front politique le plus large possible contre lui reste la meilleure option.

Les prochaines mesures que prendront les États-Unis auront pour objectif d’’affaiblir’ leur cible en vue d’une invasion à venir. Elles comprendront d’autres mesures visant à rendre le Venezuela ingouvernable et à affamer son peuple jusqu’à ce qu’il se soumette. Une mesure possible, même si elle est juridiquement injustifiable, est un blocus maritime et aérien. La phase d’’affaiblissement’ prendra plusieurs mois, voire des années, avant d’aboutir à des changements notables sur le terrain. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il y aura une nouvelle intervention. Le moment choisi dépendra de l’influence qu’elle pourrait avoir sur la popularité de Trump dans son pays.

Lancer une guerre contre le Venezuela l’aiderait-il à se faire réélire ou la guerre devra-t-elle attendre qu’il ait obtenu un second mandat ?

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

Note :

* Random Guyaido dans le texte.

»» https://www.moonofalabama.org/2019/02/venezuela-there-was-a-riot-at-th...
URL de cet article 34631
   
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Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État - et c’est pareil dans les autres pays européens - s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à -dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an et nous ruine année après année. Ce sujet devrait être au coeur de tout. Au lieu de cela, personne n’en parle.

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