Thème Liban

Liban 2005-2015 : d’une « révolution » colorée à l’autre

Ahmed BENSAADA
En 2011, en pleine effervescence sur la place Tahrir, on questionna Srdja Popovic sur les activités de formations révolutionnaires de centre CANVAS (Center for Applied Non Violent Action and Strategies) qu’il dirige à Belgrade. Il s’empressa de répondre, non sans une petite pointe de fierté : « Nous travaillons avec 37 pays. Après la révolution serbe, nous avons eu cinq succès : en Géorgie, en Ukraine, au Liban et aux Maldives ». Dans son empressement, il avait juste oublié de mentionner le (…)

Réfugiés palestiniens. L’inconditionnel espoir de retour

Capitaine Martin
Les camps de réfugiés palestiniens au Liban se voulaient à l’origine temporaires, comme tous les camps de réfugiés. Les Palestiniens qui fuyaient la violence faisant suite à la création de l’État d’Israël espéraient naturellement retourner un jour sur la terre, pas si lointaine, qu’ils avaient quittée. Aujourd’hui, quelque 450.000 réfugiés sont officiellement enregistrés auprès de l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA - United Nation (…)

La cocotte qui tue.

Anatole BERNARD
Ici Beyrouth ! Nous sommes le samedi 8 mars 2014 à 14 heures et, depuis pas mal de temps, des femmes et des hommes convergent en direction du Musée National, lieu de départ de la manifestation de protestation des femmes Libanaises contre la violence ordinaire qui les tue et les minore ainsi que pour la mise en place d’une loi qui leur donnera enfin les mêmes droits qu’aux hommes. Pendant ce temps, je découvre que rien n’a changé en France. François Hollande a le même ministre des (…)

Moyen-Orient : chronique d’un chaos ordinaire

Chems Eddine CHITOUR
Encore une fois l’actualité se rappelle à nous. Nous savons tous que le chaudron syrien est toujours en ébullition mais on avait espéré qu’à l’approche de Genève, la situation allait se calmer de part et d’autre. Dans ce Proche et Moyen-Orient livré à tout vent avec la situation peu enviable de la Libye, les convulsions du pouvoir en Égypte, voilà que le Liban se met de la partie. Sur son sol en effet, plusieurs attentats qui ont des commanditaires différents et qu’au final ce sont les (…)

L’honneur de Kamel Mohanna

Richard LABÉVIÈRE
L’humanitaire mène à tout à condition d’en sortir… C’est le triste constat de la trajectoire des chevaliers blancs de l’ingérence humanitaire, des mondes sans frontières, des indignations sélectives et des trahisons politiques. A 20 ans, militants de l’Union des étudiants communistes (UEC) ; à trente, membres de Médecins sans frontière (MSF) ; à soixante, ministres ou diplomates avant de finir dans les affaires, notamment africaines… les héros archétypiques des bons sentiments ont, pour la (…)

Entretien avec la secrétaire-générale adjointe du Parti communiste libanais Marie Nassif-Debs

Solidarité Internationale PCF
Le PCL a, dès le début de la crise syrienne, adopté une position qui repose sur trois refus, et une affirmation : Non à la solution militaire prônée par le régime, non à la guerre civile communautaire défendue par l’opposition salafiste, non à toute intervention étrangère, oui à une solution politique interne reposant sur des changements radicaux. 1 – Quelle est l’analyse du Parti communiste libanais (PCL) sur les origines des troubles en Syrie ? Marie Nassif-Debs : Pour comprendre (…)

Lettre ouverte du général Michel AOUN à l’Union européenne

Michel AOUN
Le général Michel Aoun, ancien commandant en chef de l’armée libanaise, ancien premier ministre du Liban, longtemps exilé à Paris, est aujourd’hui président du Courant Patriotique Libre et membre de la Coalition dite du 8 mars aux côtés du Hezbollah. Je m’adresse à vous au nom de cette culture européenne dont je me sens si proche et dont je partage les valeurs et les principes. J’ai été choqué par la décision de l’Union européenne d’inscrire l’aile militaire du Hezbollah sur la liste (…)

Liban / Syrie : Une manœuvre « secrète » déjouée en moins de 24 heures !

Amin HOTEIT
Lorsque le porte-parole des « Ennemis de la Syrie », réunis à Doha, a déclaré que des « décisions secrètes » [1] avaient été prises et qu’elles seraient rapidement mises à exécution pour le rétablissement de l’« équilibre militaire » [2] entre l’État syrien et ceux qu’ils ont délégués sur le terrain pour concrétiser leurs projets par la violence et le terrorisme, la grande question tournait autour de la nature de ces décisions censées leur permettre d’atteindre leurs objectifs illégaux… La (…)

Liban : Tripoli transformé en champ de bataille,

Robert FISK
De violents combats entre alaouites et sunnites ont transformé Tripoli en champ de bataille, et amené la guerre syrienne à domicile. Il est sous le choc, sanglé sur son lit à l’hôpital Nini, enveloppé dans des bandages, avec deux bouteilles d’analgésiques qu’on lui injecte dans le corps. Il conduisait sa moto, jeudi soir, depuis Badawi après la rue de la Syrie - une artère bien nommée qui sépare les deux quartiers belligérants de Tripoli : Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen - d’où est venu le (…)

Sur la ligne de front de la bataille pour les villages libanais syriens.

Firas Choufi
Du côté syrien du bassin du fleuve Assi, l’on trouve 15 villages à majorité libanaise et 20 autres qui sont mixtes. Ces localités sont devenues une zone de bataille depuis que les combattants de l’opposition tentent de prendre contrôle de la région. Il y a peu encore les médias grouillaient de rapports à propos de batailles entre le Hezbollah et des combattants de l’opposition dans les villages du bassin du fleuve Assi (Orontes), où résident approximativement 30 000 citoyens libanais. (…)

Fauteurs de guerre en Syrie, fauteurs de troubles au Liban (et vice versa)

MOUNADIL AL DJAZAàRI
Le Moyen Orient est décidément une région compliquée et la situation en Syrie nous le rappelle une fois de plus. En effet, il est clair qu’ en l’absence d’ingérences étrangères, le conflit armé dans ce pays serait déjà terminé depuis longtemps et n’aurait certainement pas pris la dimension qu’on lui connaît aujourd’hui. Le régime de l’actuel président serait peut-être tombé sous des formes de pression populaire classiques : manifestations, grèves, journaux clandestins ou semi-clandestins (…)

Tripoli, abcès de fixation de la guerre contre la Syrie

Pierre Khalaf
Journalistes et analystes parlent du 14ème round de violences à Tripoli avec une amère résignation. Rien que pour la journée de dimanche, pas moins de six personnes sont mortes et une quarantaine ont été blessées, ce qui porte à 20 le nombre de tués, dont deux enfants, depuis le début des combats, mardi dernier. Des combats à la mitrailleuse et aux roquettes ont éclaté dans les quartiers pauvres de Bab al-Tebbané et Jabal Mohsen. La recrudescence des combats intervient alors qu’un (…)