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Thème : Libéralisme/Néolibéralisme

Pourquoi il faut signer l’arrêt de mort du néolibéralisme (The Guardian)

Joseph E. STIGLITZ

Depuis des décennies, les États-Unis et d’autres états mènent une politique de libre échange qui a échoué de façon spectaculaire.

Quel type de système économique apporte le plus de bien-être au genre humain ? Cette question est devenue centrale aujourd’hui, car après 40 ans de néolibéralisme aux États-Unis et dans d’autres économies avancées, nous savons ce qui ne fonctionne pas. L’expérience néolibérale – réduction de l’impôt des riches, déréglementation des marchés du travail et des produits, financiarisation et mondialisation – a été un échec spectaculaire. La croissance est plus faible que pendant le quart de siècle qui a suivi la seconde guerre mondiale et elle n’a favorisé le plus souvent que ceux qui sont tout en haut de l’échelle. Après des décennies de revenus stagnants, ou même en baisse pour ceux qui se trouvent en dessous d’eux, il faut signer le certificat de décès du néolibéralisme et l’enterrer. Au moins trois grandes propositions politiques alternatives existent actuellement : le nationalisme d’extrême droite, le réformisme de centre gauche et la gauche progressiste (le centre-droit représentant l’échec néolibéral). Mais, à (...) Lire la suite »

Le libéralisme déchaîné, les multinationales et les pigeons

Julien

Gagner toujours plus d’argent, réduire au maximum les coûts de production, profiter de la crédulité des consommateurs. Les multinationales, qui ont massivement recours aux pratiques libérales induites par le capitalisme et la mondialisation, savent très bien faire.

À tous les prêtres et croyants de cette nouvelle religion qu’est le libéralisme à tout crin : non, la privatisation massive, telle que soufflée par les plus grands organes financiers de la planète, n’est absolument pas la réponse à apporter à nos maux actuels. Chômage, inégalités fiscales et sociales, conditions de vie parfois indécentes, voire une pauvreté qui commence à toucher de plus en plus d’habitants au sein des pays développés. Tout cela découle (en partie) du tournant majeur, dans l’histoire de l’économie, qu’ont représenté les années 1980 ; des vagues de libéralisation et, à l’inverse, d’abandon par l’État de pans entiers de l’économie, laissant « libre » cours à l’individualité et au profit totalement irraisonné. Sans transition aucune, qu’ont en commun, à présent, la grande distribution, l’énergie, et les nouvelles technologies ? À première vue, pas grand-chose. Si ce n’est d’être toutes les trois incontournables, pour une grande partie de la population mondiale, qui se nourrit, se chauffe et communique. Mais (...) Lire la suite »

L’inéluctable destin du néolibéralisme

Yann FIEVET

Les laudateurs du néolibéralisme ne tarissent pas d’éloges à l’encontre de ce mode particulier de gestion de l’économie capitaliste et des sociétés qui le portent. Par l’extension toujours plus large de son périmètre et de la liberté de ses acteurs le Marché est paré de toutes les vertus.

Il serait le plus à même de générer la Richesse, de répondre au mieux aux besoins des individus et de l’Humanité, de contenir raisonnablement les inégalités socio-économiques. Le quidam moyen qui n’a pas eu le courage de lire les cogitations profondes des théoriciens patentés du néolibéralisme – tels Hayek ou Friedman – mais garde les yeux ouverts sur l’actualité du monde qui l’entoure, peine à croire à ces promesses énoncées voilà soixante ans au moins et savamment entretenues depuis. On lui répond qu’il est trop impatient, que les efforts nécessaires pour parvenir à tous ces bienfaits n’ont pas encore été suffisants, que cela ne serait qu’une question de temps. L’observateur critique reprend alors la parole pour poser une question faussement naïve : pourquoi le temps du néolibéralisme rime-t-il avec toujours plus d’autoritarisme ? Il est peut-être temps de prendre vraiment conscience que le néolibéralisme n’est pas qu’une simple rénovation du libéralisme économique forgé au XIXe siècle. Le vertige alors pourrait (...) Lire la suite »
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Histoire de ta bêtise

François Bégaudeau
PREFACE D’abord comme il se doit j’ai pensé à ma gueule. Quand en novembre les Gilets jaunes sont apparus pile au moment où Histoire de ta bêtise venait de partir à l’imprimerie, j’ai d’abord craint pour le livre. J’ai croisé deux fois les doigts : une première fois pour que ce mouvement capote vite et ne change rien à la carte politique que le livre parcourt ; une second fois pour que, tant qu’à durer, il n’aille pas jusqu’à dégager Macron et sa garde macronienne. Pas avant le 23 janvier 2019, date de publication. Après, oui, avec plaisir, avec joie. Vers fin février. Mi-mars, allez. Le temps que le livre ait sa petite vie. Le 15 mars l’insurrection, et d’ici là 50000 livres vendus + le prix Romain Bardet du meilleur essai. La superstition paye. Le pouvoir a tenu bon. Macron et la bourgeoisie qu’il incarne et sert sont toujours d’actualité. Tu occupes le terrain, mieux que jamais. Tu as sauvé ce livre qui ne t’aime pas. Mieux : tu l’as justifié. Ton attitude devant ce mouvement lui a offert une (...) Lire la suite »

La fable du libéralisme qui sauve le monde

Bruno GUIGUE
En Occident, le libéralisme passe pour une doctrine indépassable. Pur produit du génie européen, il serait à l’origine des merveilleuses prouesses dont se vantent les sociétés développées. Mais l’idéologie dominante ne se contente pas de lui attribuer toutes les vertus à domicile. Elle lui prête aussi un rayonnement sans frontières. A croire ses adeptes les plus enthousiastes, les recettes libérales sauvent le monde ! Un éditorialiste français, par exemple, peut affirmer lors d’un débat télévisé - sans être contredit - que « le libéralisme a éradiqué la pauvreté en Chine ». Devant une telle assurance, la raison défaille. Comment convaincre des croyants aussi fanatisés qu’une doctrine prônant la libre concurrence et prohibant l’intervention de l’État dans l’économie, en Chine, est une denrée introuvable ? On y voit en revanche un Etat souverain dirigé par le parti communiste et chargé de planifier le développement à long terme du pays. Un Etat fort qui s’appuie sur un secteur privé florissant, certes, mais aussi sur un (...) Lire la suite »
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Macron, le Médiocrate.

ANTICONS - Observatoire du néo-conservatisme
Réformateur, pragmatique et efficace, il est “l’homme que nous attendions”, nous laissent entendre des responsables des grands médias. Intellectuellement, il fut très proche du philosophe Paul Ricoeur, nous rabâchent ses admirateurs. Dès 2014, Attali annonçait : » Macron sera président en 2017″, « Nous avons élu un oiseau très rare ! » nous dit Kouchner. » Il a résisté pendant quelques secondes à la poignée de main Donald Trump » commente Christophe Barbier. “L’échange est ferme, viril mais correct, et hisse la France au niveau de l’Amérique » garantit l’éditocratie. « Macron c’est moi, en mieux » certifie Sarkozy. « Il est mi-Kennedy, mi-Alcibiade » écrit BHL toujours bien inspiré (Alcibiade fut condamné à l’exil et Kennedy mourut assassiné). Pour Alain Minc, “Macron, c’est Bonaparte Premier consul”. Alain Juppé « partage en grande partie » la vision d’Emmanuel Macron. Valéry Giscard d’Estaing “distribue des bons points” à Macron. Bref, cet échantillon de louanges dithyrambiques indique à quel point Emmanuel Macron est (...) Lire la suite »

Le macronisme comme faute de goût

Yann FIEVET
Notre monarque est cultivé, clame-t-on un peu partout. En comparaison de ses deux prédécesseurs, c’est indéniable. Les contrastes encouragent l’admiration. Il affiche indiscutablement une culture livresque, celle qu’acquièrent les individus doués d’une grande capacité d’ingurgitation cognitive et qui ont eu de surcroît la chance de croiser parfois sur leur route quelques brillants esprits. Pour la culture patiemment forgée à la rencontre profonde des choses et des êtres, rencontre qui ajoute au livresque l’intelligence du discernement vrai et la sensibilité nécessaire à la bonne compréhension du monde, il faudra repasser. Emmanuel 1er a cependant des excuses à faire valoir : une existence trop dorée ne favorise certes pas la stimulation du sensible. Trois faits observés au royaume de France en ces temps troublés de la médiacratie exacerbée vont nous permettre d’illustrer la trompeuse confusion. La première incongruité est tombée lors du dernier salon du livre à Paris le mois dernier. Le Souverain que l’on (...) Lire la suite »
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L’utilisation idéologique de Hannah Arendt pour favoriser la résignation (Sinistra in Rete)

Salvatore BRAVO

On sent bien aujourd’hui que les théories et théoriciens néo-libéraux sont usés, et qu’ils ne convainquent plus – raison de plus pour l’industrie culturelle et les chiens de garde de l’enseignement pour nous bombarder de ces références. Mais, en même temps, il y a un besoin de renouvellement, et à ce besoin obéit le regain d’intérêt pour Karl Marx : il ne s’agit bien sûr pas de chercher chez lui une aide théorique pour comprendre l’impasse catastrophique dans laquelle nous nous trouvons, mais de faire entrer Marx lui-même dans le lit de Procuste du libéralisme (c’était le but du film signé par Raoul Peck, Le Jeune Karl Marx). Hannah Arendt est une actrice stratégique puisqu’elle est une des vaches sacrées du néo-libéralisme et qu’elle donne une interprétation consternante de mauvaise foi ou de bêtise de Marx. C’est ce que montre cet article.

L'époque idéologique par antonomase, c'est précisément l'époque actuelle, où le 'on-dit' médiatique nous annonce, à son de trompe, que les idéologies sont mortes. De ce postulat on déduit que nous vivons à l'époque de l'objectif, la vérité a été dévoilée, il est donc inutile de se porter au-delà de l'horizon actuel. Marx nous aide, avec ses coups d'épée dialectiques et son appareil conceptuel à ne pas tomber dans le piège idéologique : toute production culturelle est conditionnée par la structure et, en raison de ce conditionnement obligé, a pour but d'en occulter l'historicité. La production culturelle est interne aux rapports (Verkehr) de production. Le succès actuel de la pensée de Hannah Arendt devrait faire soupçonner que ce succès, malgré la philosophe, est entièrement interne à une attitude idéologique du turbo-capitalisme : c'est l'une des formules de l'adaequatio ad rem. L'œuvre de Hannah Arendt assimile, dans une seule catégorie interprétative, le Totalitarisme, aussi bien l'expérience soviétique que (...) Lire la suite »

Tête haute tête baissée

Yann FIEVET
Les hommes – et les femmes – du Président, tout comme le Président soi-même, gouvernent la tête haute. Ils sont pétris de certitudes, sont convaincus que leurs prédécesseurs n’ont pas su ou pas voulu aller assez loin dans « les réformes indispensables à la France », sont persuadés que le moment de faire le grand bond en avant est enfin arrivé et que demain l’Histoire pourrait leur reprocher d’avoir failli face à ce grand dessein qui leur incombe. A aucun moment ils ne se demandent si d’autres voies que celles qu’ils entendent faire emprunter au pays seraient plus propices à suivre face aux nombreux périls du temps. Leur frénésie de réformes en profondeur est confortée par un Parlement massivement et béatement acquis à la cause présidentielle. Tout va passer à la moulinette gestionnaire ou sous le prétexte de l’Etat d’urgence : le statut des fonctionnaires, le baccalauréat, la protection des salariés, le droit d’asile et à l’hospitalité, l’hôpital public, la démocratie locale et la démocratie tout court, le droit (...) Lire la suite »
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Démantèlement de la SNCF : avec 30 ans de retard, Macron va-t-il répéter les mêmes erreurs que les Britanniques ?

Olivier Petitjean

Le gouvernement envisage d’accélérer la libéralisation du rail et la transformation, sinon le démantèlement, de la SNCF. Les recettes proposées sont les mêmes que celles qui ont été appliquées aux autres entreprises publiques, de France Télécom à EDF, et qui n’ont bénéficié ni aux salariés ni aux usagers. L’exemple de la libéralisation des chemins de fer britanniques, initiée dans les années 1990 et marquée par une succession de faillites et de scandales, devrait pourtant inciter à la prudence. Au Royaume-Uni, un mouvement pour la ré-appropriation de ce service public par les usagers et les salariés prend de l’ampleur.

Le 15 février, Jean-Cyril Spinetta, ancien PDG d’Air France et ancien président d’Areva, a rendu public un rapport sur l’avenir de la SNCF et du rail en France. Ce 19 février, le gouvernement vient d’ouvrir une période de concertation sur ce nouveau chantier, en recevant direction de l’entreprise publique et syndicats. Transformation de la SNCF en société anonyme, ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires, voire de la gestion du réseau, fin programmée du statut de cheminot, suppression des dessertes jugées non rentables… Les préconisations du rapport Spinetta n’ont rien pour surprendre, tant elles correspondent aux « recettes » appliquées précédemment à d’autres entreprises publiques, de France Télécom à EDF, en passant par La Poste. Elles ont immédiatement été reprises à son compte par le gouvernement, qui a annoncé l’ouverture d’une période de concertation en vue de leur mise en œuvre. La « réforme » – sinon le « démantèlement » – du service public ferroviaire serait rendue nécessaire et inéluctable (...) Lire la suite »
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