RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Auteur : Guillermo ALVARADO

Le glas sonne

Guillermo ALVARADO

Deux nouvelles très inquiétantes avec un potentiel de mobilisation aux conséquences imprévisibles ont secoué ces dernières heures le Brésil. L'une a été l'approbation par le Sénat d'une loi qui fait table rase de droits historiques des travailleurs et l'autre, la condamnation par un juge de première instance, à 9 ans de prison, de l'ex président et leader historique de ce pays, Luiz Inacio Da Silva « Lula », pour de présumés délits de corruption.

Une indignation profonde ébranle les piliers sociaux du dit Géant Sud-américain où la droite et les secteurs du patronat font des pieds et des mains pour instaurer un régime néo-libéral et pour empêcher, coûte que coûte, le retour au pouvoir de Lula et de son Parti, le Parti des Travailleurs. La réforme de l'emploi fait partie du train de mesures que le pouvoir économique a exigé du président Michel Temer en échange de son maintien à une présidence qui manque absolument de légitimité légale et qui n'a aucun appui populaire. Il s'agit, en réalité, de la matérialisation de vieilles aspirations du patronat qui auraient été impossibles sous les administrations de Lula et de Dilma Rousseff car elles privent les travailleurs de toute défense de leurs droits. Plus d'une centaine d'articles du Code du Travail ont été modifiés pour laisser aux mains des patrons des questions comme la durée de la journée de travail qui peut s'étendre jusqu'à 10 heures par jour, l'élimination du paiement des heures supplémentaires, (...) Lire la suite »
Discrets assassinats de journalistes dans l’Amérique latine

Tuer le messager

Guillermo ALVARADO

Dans l'Antiquité, lorsqu'un monarque où un membre proéminent de sa cour recevait de mauvaises nouvelles, que ce soit de la guerre, des habituelles intrigues au Palais ou de toute autre nature, la première réaction était tuer le malheureux qui était porteur du message. Cela démontre combien, déjà à cette époque-là, perturber le pouvoir avec certaines informations était une tâche très dangereuse.

Les choses ont peu changé. Il suffit de s'arrêter sur les résultats d'un résumé élaboré par la Commission qui enquête sur les attentats contre les journalistes, un organe appartenant à la Fédération Latino-américaine de Journalistes, la FELAP, de par son sigle en espagnol. On peut constater que depuis 2006 et jusqu'à maintenant, un total de 401 journalistes ont été assassinés, la grande majorité d'entre eux, pour s'acquitter des tâches inhérentes à leur profession. Le Mexique va en tête de liste avec une large marge. 146 communicateurs tués durant cette période. Ces statistiques font de ce pays le plus risqué pour ceux dont la fonction sociale est d'informer la population sur des faits de l'actualité, analyser leurs causes et prévoir leurs conséquences. Ce pays vit une guerre sourde, qui ne peut plus être qualifiée de basse intensité à cause des victimes qu'elle provoque depuis que les autorités mexicaines ont décidé de suivre les ordres de Washington de livrer en territoire mexicain le combat contre le (...) Lire la suite »

Des pierres dans le chemin vers la paix en Colombie

Guillermo ALVARADO

Les récents événements survenus dans la région du Catacumbo, en Colombie, où des centaines de paysans ont du s'en fuir face aux menaces de groupes armés irréguliers, mettent en évidence les défis extraordinaires que devra surmonter ce pays sud-américain pour aboutir à une paix ferme et durable.

Suivant la feuille de route fixée par les Accords de paix signés entre le gouvernement et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple, FARC-AP, des milliers de guérilleros ont commencé à abandonner les territoires sous leur contrôle pour se concentrer dans les dites “ zonas veredales” soit les endroits aménagés où ils devront déposer les armes. Le départ des rebelles de ces zones a été suivi cependant de l'irruption de bandes paramilitaires, créées sous couvert du conflit armé et qui maintenant , prétendent profiter du vide de pouvoir dans plusieurs régions pour s'y imposer par la force, en ayant recours à la terreur contre la population locale. Les autorités vénézuéliennes ont confirmé qu'au moins 400 Colombiens ont traversé la frontière pour se sauver et chercher refuge. Dans la terre de Bolivar ces Colombiens ont été accueillis, ils se sont vus offrir des aliments, des services médicaux et de la sécurité. Les autorités vénézuéliennes ont par ailleurs demandé l'intervention au plus vite (...) Lire la suite »

Sale campagne de la droite équatorienne au milieu du processus électoral

Guillermo ALVARADO

Alors qu'il manque à peine 2 semaines pour les élections présidentielles et législatives en Équateur, la sale campagne des partis des droite, appuyés par de puissants médias, tente de minimiser les acquis de la Révolution citoyenne, à la tête de laquelle se trouve le Mouvement Alliance Pays, pour empêcher ainsi la victoire de son candidat Lenin Moreno, que les sondages donnent comme favori.

La veille, les candidats à la présidence ont pris part à un débat organisé par un journal conservateur où chacun a eu l'occasion d'exprimer ses propositions au peuple pour les prochaines années. Selon les observateurs, Lenin Moreno a été le seul candidat ayant présenté un projet cohérent, basé sur la poursuite des transformations entreprises par le gouvernement de Rafael Correa. Le reste des candidats se sont limités à critiquer l'actuel gouvernement, et n'ont pas présenté un programme de travail bien tracé et conçu, ce qui a résulté dans un débat pauvre et faute de réponses aux inquiétudes de la société équatorienne, surtout en matière d'emploi, de croissance économique et de bien-être sans exclusions. Tout cela survient au milieu d'une campagne qui cherche à discréditer l'actuel vice-président Jorge Glas, qui est le compagnon de formule de Lenin Moreno. El ex-ministre des hydrocarbures, Carlos Pareja, recherché par la justice équatorienne et qui se trouve actuellement aux États-Unis, est la tête visible des (...) Lire la suite »
13 

Un autre mur de honte, cette fois-ci dans la France très cultivée (Radio Havana Cuba)

Guillermo ALVARADO

Construire des murs pour contourner les problèmes, les cacher du scrutin public ou penser qu'ils vont disparaître avec devient de plus en plus une habitude pour de nombreux gouvernements qui ne trouvent pas ou ne veulent pas trouver, une issue réaliste et permanente au problème qu'ils prétendent encercler.

La nouvelle nous arrive de la France, un pays depuis lequel ont été diffusées au monde les idées lumineuses de la liberté, l'égalité et la fraternité, des idées qui semblent s'éteindre peu à peu pour laisser la place à un égoïsme rampant et à l'indiférence pour la souffrance d'autrui. Il s'agit ni plus ni moins que de dresser un mur pour encercler la “jungle de Calais”, un grand campement de réfugiés où s'entassent environ 10 000 personnes en attendant une opportunité pour traverser le canal de la La Manche, que ce soit par bateau ou par l'Eurotunnel et regagner le territoire britannique. Calais est le résultat, à ciel ouvert, des désastres provoqués par les interventions militaires des puissances occidentales dans des pays comme l'Afghanistan, l'Irak, la Libye ou la Syrie ou des misères découlant du dépouillement perpétré durant des siècles en Afrique sub saharienne. Ces personnes cherchent désespérément une voie d'échappement vers un monde qu'ils considèrent comme étant meilleur que celui qu'elles ont (...) Lire la suite »

Une fraude gigantesque dans la collecte de signatures pour le révocatoire est dénoncée au Venezuela

Guillermo ALVARADO

La Table de l'Unité Démocratique, coalition d'opposition au Venezuela a perpétré la plus grande fraude de l'histoire électorale de ce pays, dans sa tentative d'obtenir, coûte que coûte, les signatures nécessaires pour qu'un référendum révocatoire soit convoqué contre le président Nicolas Maduro. Malgré cela le Conseil National Electoral vient de valider 1% des signatures.

Le Maire de Caracas, Jorge Rodríguez, est d'avis que la demande pour la tenue d'un révocatoire est condamnée à l'échec sur le plan légal compte tenu des plus de 8600 plaintes portées devant les tribunaux par des citoyens pour de graves irrégularités durant le processus de collecte des signatures. Il a souligné qu'il a été constaté que plus de 10 000 personnes décédées figurent dans les listes, ainsi que les nombres de 9 333 prétendues identifications qui n'existent pas. Sur les listes présentées par la Table de l'Unité Démocratique figurent aussi 3000 mineurs qui n'ont pas légalement le droit de voter, ainsi que plus de 1300 personnes inhabilitées, entre autres pour purger des peines de prison. Une personne de 136 ans a signé la pétitionHuit empreintes digitales identiques ainsi qu'une empreinte incomplète Un cas flagrant de fraude a été dénoncé par la journaliste María Alejandra Aguirre. Lorsque elle a commencé à réviser sur Internet, dans le site du CNE, le Conseil National Électoral elle s'est rendue (...) Lire la suite »

Qui gagne avec la tragédie des réfugiés ?

Guillermo ALVARADO
Nul n'ignore que l'immense majorité des personnes qui prennent la décision douloureuse de quitter leurs foyers, leurs terres, leur pays pour chercher refuge sous d'autres latitudes, le font pour préserver la vies, en danger à cause des conflits armés, de la violence ou de la répression. Dans une guerre, tous sont perdants, saufs ceux qui fabriquent et mettent dans les mains des combattants, les instruments pour tuer. Il s'agit des grandes transnationales qui obtiennent d'énormes bénéfices, alors que dans des lieux très éloignés, des êtres humains s'entretuent, la plupart des fois à cause de rivalités inutiles, qui, comble de malheurs, parfois sont imposées depuis l'étranger pour atteindre des intérêts bâtards. Mais le plus terrible est que certaines de ces corporations non seulement s'enrichissent avec la fabrication et la vente d'armes, mais qu'elles se font de revenus supplémentaires avec les conséquences de la guerre, particulièrement avec le phénomène des réfugiés qui, ces dernières années, ont (...) Lire la suite »

Le rejet contre la violence policière grandit aux États-Unis

Guillermo ALVARADO

Les États-Unis, le pays qui fabrique et vend la plus grande quantité d'armes, de munitions et toute sorte de matériel militaire, celui qui a déclenché les guerres les plus sanglantes et prolongées des dernières décennies, le seul qui a employé à deux reprises, la bombe atomique contre un autre peuple, celui qui permet qu'il y ait autant d'armes que d'habitants dans son territoire, n'a pas la moindre possibilité d'échapper à la violence interne, comme en témoignent d'incidents très douloureux.

Une nation qui prêche la haine et la peur de ce qu'il y a de différent, de bizarre, d'étranger ou tout simplement de ce qu'elle ne comprend pas, n'a d'autre alternative que celle de tomber dans son propre tourbillon. Des citoyens lucides sont en train de protester contre cette réalité, depuis plusieurs jours dans les rues de nombreuses villes étasuniennes. Le détonateur a été l'assassinat, la semaine dernière, par des agents de police de deux afro-américains : Alton Sterling, dans la ville de Baton Rouge, dans l'État de Louisiane et Philando Castile, au Minnesota. Alton Sterling, père de 5 enfants, était un vendeur ambulant. L'intervention des policiers aurait été motivée par un appel d'urgence, indiquant que ce vendeur de CD, armé, avait menacé un passant. Cependant sur la vidéo filmée par un amateur, on ne voit pas si Alton Sterling était effectivement armé. Ce que l'on voit en revanche, c'est que cet homme a été maintenu au sol par deux officiers et tué à bout portant. Philando Castile a été (...) Lire la suite »

L’Argentine : Le retour des Gorilles ?

Guillermo ALVARADO

Après deux mois de gouvernement de Mauricio Macri en Argentine, le ton arrogant de l'exécutif, la vague de licenciements sans précédents et les actions des groupes violents à caractère extrémiste justifient les inquiétudes qui surgissent et la question que se posent davantage de gens : sommes nous en présence dans ce pays sud-américain de l'avènement d'un régime répressif, similaire aux dictatures militaires des années 70 et 80 du siècle dernier ?

Peu de fois on a assisté à une telle attaque contre des mesures favorables au peuple adoptées par un gouvernement antérieur, comme le fait celui de Macri qui est arrivé au pouvoir avec son mot d'ordre “Changeons”, même si nombreux ne s'attendaient pas à ce que ce changement soit si profond et radical. Jusqu'au présent, 108 000 postes de travail ont été supprimés. La justification avancée par le président provoquerait le rire s'il ne s'agissait pas d'une question si sérieuse. Le chef de l'Etat a prétendu que la faute de ces licenciements revenait au gouvernement de Cristina Fernández, qui a laissé un pays pauvre et avec des problèmes. Pauvres et avec des problèmes seront ces 108 000 employés et leurs familles dont les revenus étaient assurés et qui doivent maintenant, faire face depuis les rangs des chômeurs, au renchérissement des services d'électricité et de gaz et à la hausse de l'inflation. On enlève aux riches les impôts, on enlève le travail aux pauvres. Voilà l'équation des temps de changement en (...) Lire la suite »

L’Argentine dans les griffes des vautours

Guillermo ALVARADO

La population argentine devra assumer une lourde dette car le gouvernement néolibéral de Mauricio Macri s'est plié devant les fonds vautours qui exigent le paiement de 100% des bons de l'État qu'ils avaient rachetés à des prix d'occasion lors de la grave crise financière de 2001, une crise qui en a fini avec le gouvernement du président Fernando de la Rúa.

Ces fonds, connus aussi sous le nom de “ fonds de capital à risque” ou “holdouts” achètent les dettes des entreprises, des sociétés ou des pays en faillite ou en cessation de paiement dans le but de se faire rembourser ensuite de façon intégrale, plus les juteux intérêts. Sur le marché financier, tout comme dans la forêt, il y a aussi des charognards. Ils calculent tous leurs mouvements, ils agissent avec leur plus beau sang froid pour tirer le maximum de profit de leurs victimes. Le terme “holdout”, les définit très bien. En français cette expression pourrait être traduite par “ celui qui restera en dehors” car ils ne participent à aucune négociation pour restructurer des dettes, étant donné que leur but n'est pas de faire des concessions pour récupérer le capital original, mais saigner jusqu'à la dernière goute leurs débiteurs En littérature, un similé exacte serait le marchand de Venise, Shylock, que William Shakespeare a si bien décrit dans son drame homonyme, qui en échange de la dette impayée du (...) Lire la suite »