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Auteur : Philippe ARNAUD

Les médias, le confinement et le déconfinement

Philippe ARNAUD
Dans tous les médias, il n'est bruit que du déconfinement et du déconfinement. Néanmoins, les conditions dans lesquelles il interviendra soulignent, quand elles ne les accroissent pas, les inégalités de la société et les avantages dont jouissent les dominants (politiques et économiques). Ce que, bien entendu, les médias taisent... 1. On a souvent dit que les privilèges essentiels, primordiaux, dont jouissaient les dominants ce n'était pas la richesse, c’étaient l'espace et le temps. 1.1. Le premier luxe des dominants, c'est l'espace, dans ses deux dimensions. D'abord ils ont des lieux de résidence bien plus vastes que ceux des pauvres. Et le confinement actuel a souligné les difficultés, la détresse des plus pauvres à être confinés près de deux mois dans des appartements minuscules - et le confort des plus riches dans des appartements de 100 à 200 m² au minimum (avec jardin ou parc associés). De surcroît, les dominants n'ont pas une seule "maison", ils en ont plusieurs – et ne se gênent pas pour (...) Lire la suite »

De la Russophobie

Philippe ARNAUD

La russophobie, chez les Français, ne va pas de soi. On peut la comprendre (ou l’expliquer), par exemple, chez les Turcs, les Suédois ou les Polonais qui, depuis les débuts de l’époque moderne (disons le XVIe siècle) furent souvent en conflit avec les Russes, puissance montante et voisine, voire eurent à souffrir de leurs empiétements ou de leur domination (par exemple, pour les Polonais, de 1792 à 1918 !). Il faut aussi se souvenir que ces peuples avaient, jadis, des armées de taille à se mesurer avec celles des Russes - ou, du moins, d’y faire autre chose que de la figuration. Mais qu’en est-il de la France ?

1. Jusqu'au XVIIIe siècle inclus, Français et Russes n'eurent guère de raisons de se heurter : la France ne s'opposait, jusque là, qu'à ses voisins : les Espagnols, les Habsbourg d'Autriche ou les Anglais (comme lors des guerres de Louis XIV)... et la Russie n'était pas limitrophe de la France ! La France ne fut l'adversaire de la Russie, pour la première fois, qu'au cours de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738). Or, lors de ce conflit, les Français n'affrontèrent les Russes que sur le lointain théâtre de Dantzig, l'énorme majorité des batailles livrées par les Français n'ayant lieu qu'avec les Autrichiens. La deuxième grande guerre du XVIIIe siècle (l'histoire militaire de ce siècle s'étale entre les guerres de Louis XIV, qui s'achevèrent en 1714, et celles de la Révolution et de l'Empire, qui durèrent de 1792 à 1815), fut la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748). Au cours de cette guerre, la Russie se trouva dans le camp de l'Autriche, donc opposée à la France, mais, là encore, la (...) Lire la suite »
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France 3 et l’Union sacrée

Philippe ARNAUD
Dimanche, au journal télévisé de France 3 de 19 h 30, l'un des sujets était intitulé : "Déconfinement : le gouvernement présentera son plan mardi". Et il était présenté ainsi : [Voix de Patricia Issa de Grandi, journaliste de FR3] : "Ce matin Édouard Philippe reprend la main et prend de court les oppositions. Via un tweet, il annonce : "Je présenterai la stratégie nationale de déconfinement mardi après-midi à l'Assemblée nationale..." [Voix de Patricia Issa de Grandi] : "Le débat portera sur le plan de déconfinement et le traçage des personnes. Un tir groupé, alors qu'au départ les deux thèmes devaient faire l'objet de deux votes distincts. Et c'est bien là que, pour l'opposition, le bât blesse". [Cadrage de Jean-Luc Mélenchon] : "Monsieur Édouard Philippe va arriver mardi devant l'Assemblée. Il va réciter son discours, il va le lire, il va nous apprendre quelles sont les mesures, et après, séance tenante, sans aucun temps de réflexion ni d'examen critique, nous devrons voter pour ou contre..." [Voix de (...) Lire la suite »

Trump, Shakespeare et Julien Gracq

Philippe ARNAUD
Pendant la pandémie, les affaires continuent : sur le site Mémoire des luttes, j'apprends aujourd'hui, par la plume de Maurice Lemoine, que, le 26 mars dernier, le gouvernement Trump vient de mettre à prix la tête de Nicolas Maduro, président du Venezuela, pour une valeur de 15 millions de dollars. Remarque 1. Ainsi, en pleine crise de pandémie mondiale, alors que les États-Unis sont le pays le plus touché du monde, alors que le nombre de leurs morts de cette maladie a presque rejoint celui de l'Espagne (deuxième pays le plus affecté au monde), le gouvernement américain n'a rien trouvé de plus utile à faire que de traiter comme un repris de justice le chef légitimement élu d'un État représenté à l'ONU et reconnu par la majorité des pays de la planète ! [Qui, eux-mêmes, représentent la majorité de la population mondiale]. Remarque 2. Il faut bien se représenter le caractère scandaleux, inouï, exorbitant du droit que constitue une décision aussi inique : au nom de décisions prises sur son territoire, (...) Lire la suite »

Les larbins de France 2 et France 3 aiment les virus qui cassent le Code du Travail

Philippe ARNAUD
Titre du GS. Les journaux télévisés de France 3 de 19 h 30 et de France 2 de 20 h 25 mars 2020 annonçaient que le gouvernement allait adopter des ordonnances qui "assouplissent" le droit du travail. Les salariés pourront travailler 60 heures sur une semaine au lieu de 48 heures aujourd'hui. Et, sur une période consécutive de 12 semaines, ils pourront travailler 48 heures au lieu de 44 heures. Le travail du dimanche pourra être assoupli pour travailler 7 jours sur 7. Des règles qui pourraient s'appliquer jusqu'en décembre prochain. [Et un bandeau portant "la semaine des 60 heures" défilait sur l'écran]. Remarque 1. Le verbe assouplir est révélateur par ses connotations positives, c'est-à-dire par ce à quoi il s'oppose, par ce à quoi il est contraire. Il est révélateur par ses antonymes, ses opposés. "Assouplir", c'est rendre plus souple. Or, quels sont les contraires de souple ? Ce sont les adjectifs buté, cassant, dur, empesé, gourd, inflexible, intraitable, intransigeant, lourd, rigide, sévère, (...) Lire la suite »

Comment le banquier va-t-il apurer la situation ?

Philippe ARNAUD
Ce que personne ne dit, c'est sur quoi, une fois la crise passée, tout cela débouchera. En effet, entre les divers moratoires (sur les impôts, les cotisations URSSAF, les factures), le paiement des salaires des gens qui ne travaillent, les commandes de matériel médical, les heures supplémentaires, la facture va s'élever – dixit le ministre de l'économie – au moins à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Il va y avoir des déficits énormes, à tous les niveaux, qui se répercuteront sur les comptes publics : de l’État, des collectivités locales, de la Sécurité Sociale. Comment tout cela va-t-il être apuré ? Il n'y a que deux solutions, exactement contraires : Soit l’État procède comme il a souvent procédé dans le passé : en annulant unilatéralement sa dette, par exemple lors de la banqueroute de Law, en 1720, ou de la banqueroute des deux tiers en 1797, ou comme le fit la jeune République bolchevique en refusant d'honorer les dettes du régime tsariste. Après tout, l'Allemagne n'a jamais payé l'intégralité de (...) Lire la suite »

De l’“ opposition ”

Philippe ARNAUD
Je souhaite m'attarder ici sur un mot utilisé par les journalistes lors des J.T. de France 2 et de France 3 : il s'agit du mot "opposition", qui sonne bizarrement à mes oreilles. Assez souvent ce terme intervient après l'annonce de mesures gouvernementales ou après des déclarations de membres du gouvernement. Et le journaliste de recueillir une déclaration de ces représentants de l'opposition, en qui j'ai eu la surprise de découvrir... Eric Ciotti ou Bruno Retailleau, tous les deux représentants du parti LR (Les Républicains), c'est-à-dire de la droite. Remarque 1. Il est vrai qu'en dehors du Mouvement Démocrate et de l'UDI, qui soutiennent le gouvernement, le parti LR est effectivement le plus important groupe, à l'Assemblée Nationale, qui s'oppose à ce même gouvernement. Le parti LREM (celui du président) a 308 députés et le parti LR 112 députés (encore qu'en raison du scrutin majoritaire et du découpage des circonscriptions, ce nombre de députés ne reflète nullement le nombre de suffrages obtenus (...) Lire la suite »

Le super logiciel de Bercy (hum, hum...)

Philippe ARNAUD
Grâce à un super-logiciel qui croise des données issues de multiples fichiers, le gouvernement, l'an dernier, aurait réussi à faire rentrer 9 milliards d'impôts supplémentaires dans les caisses de l’État. Et citoyens et contribuables priés d'applaudir. Sauf que... 1. Sauf que... l'impôt direct sur le revenu des personnes physiques, présenté implicitement – et donc de manière spécieuse et malhonnête – comme l'impôt par excellence, l'impôt en soi, ne représente en fait qu'une part minime des recettes de l’État (dans les 17 %). En effet, l'impôt qui rapporte le plus est la TVA, impôt indirect, donc injuste, puisqu'il pèse essentiellement sur les classes moyennes et populaires, qui consacrent l'essentiel de leur revenu à consommer, donc à payer cet impôt. En outre, avec cet impôt, on trouve la taxe sur les produits pétroliers, également injuste car tout aussi indirect. N'oublions pas que c'est cet impôt qui, en 2018, a déclenché l'insurrection des Gilets jaunes. Ces deux impôts représentent la moitié des (...) Lire la suite »

Télé Paris ment, Télé Paris ment ...

Philippe ARNAUD
1. Depuis plusieurs jours, les journaux télévisés de France 2, France 3, et même d'Arte, lorsqu'ils traitent de la mobilisation contre les retraites, commencent toujours par la même phrase : le pourcentage de grévistes (notamment de conducteurs de la RATP et de la SNCF) est en baisse. Ou bien : le soutien aux grèves baisse dans l'opinion. Ou bien, lorsqu'il y a des manifestations : celles-ci rassemblent moins de participants que la "précédente". Quitte à changer la référence de cette fameuse "précédente" pour mieux faire apparaître la "baisse" en question. Et lorsqu'il s'agit de compter les manifestants, il n'y a même plus le balancement rituel : "100 000 selon les manifestants, 10 000 selon la police" (ou 8000 selon un cabinet de comptage dit "indépendant"...). Ainsi, lorsque j'ai écouté hier France 2, la journaliste ne se référait plus qu'aux seuls chiffres de la police. Parfois, dans le ton faussement neutre des journalistes lorsqu'ils prononcent ces phrases, je discerne ce que nos voisins (...) Lire la suite »

Derrière le sourire forcé de Marie-Sophie Lacarrau : les banques

Philippe ARNAUD
J'ai suivi, ce 14 décembre, au journal télévisé de France 2 de 13 h, ce qui se disait des grèves contre la (soi-disant) réforme des retraites. Et j'ai beau y être habitué, j'ai quand même vu un grand moment de propagande télévisuelle. Remarque 1. Le sujet des grèves et manifestations arrive en troisième position dans le journal. Mais il n'arrive pas après n'importe quoi. Les deux premiers sujets, en effet, sont intitulés d'une part "Les intempéries, dégâts et foyers privés d'électricité dans le Sud-Ouest", et, d'autre part, "La Défense : après avoir menacé des policiers à l'arme blanche, un homme est abattu". Cette succession est tout sauf innocente. En effet, avant le sujet sur les grèves, qui ne va quasiment parler que de "la galère des usagers", on met le téléspectateur en condition avec les intempéries en présentant ses compatriotes atteints dans leurs conditions de vie : leurs voitures écrasées, leurs toits envolés, leur demeure privée d'électricité. Tout comme les usagers des transports tassés comme des (...) Lire la suite »
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