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Auteur : PERSONNE

De l’aliénation jusqu’à la fin de vie

PERSONNE

L’aliénation, selon la traduction de l’allemand Entfremdung, est la situation de l’individu qui, par suite des conditions extérieures (économiques, politiques, religieuses, sociétales, « environnementales » …), cesse de s’appartenir, est traité comme une chose, jusqu’à devenir esclave des choses et des « conquêtes » de l’humanité qui se retournent contre lui.

Voici ce qu’écrivit Diogène de Sinope (1), qui fut un temps esclave, il y a plus de deux millénaires : « -Tu oublies, ce me semble, Diogène, que si les autres font quelque chose pour moi, ce sont, ou des esclaves que je nourris pour cela, ou des hommes libres, qui reçoivent de moi le salaire de leurs travaux. Il s’en faut encore beaucoup, mon cher Philomedon, que cela te mette hors d’embarras... Qui t’a donné le droit de considérer comme ton bien, des hommes, que la nature a faits tes égaux ?... Les lois, diras-tu... Ce n’est certainement pas la loi naturelle ; mais des lois, qui ne doivent leur force obligatoire qu’à ce même contrat sur lequel repose tout l’édifice de la société. Car, sans cela, qui pourrait astreindre tes esclaves à une obéissance, qu’ils méconnaîtront bientôt, s’ils n’étaient retenus par une puissance aussi redoutable ? ... et parmi tant d’hommes nés libres, qui travaillent pour toi afin d’obtenir un salaire, penses-tu qu’il y ait un seul qui ne s’en dispensât pas volontiers, si (...) Lire la suite »
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De l’Ironie, sinon rien !

PERSONNE
1. De l’inutilité des Miséreux (1) Si j’avais à soutenir le droit que nous avons de considérer les Miséreux comme inutiles, voici ce que je dirais. Les Peuples civilisés ont éclairé le Monde et ont innové plus qu’à leur tour. Ceux qui n’ont que pour tout bagage intellectuel que leurs mains malhabiles sont tels qu’il est impossible de les plaindre. Le Monde serait moins riche de ses riches, si ceux-ci partageaient avec cette multitude nécessiteuse et improductive. Il est si naturel de penser que c’est le statut social qui détermine la place réservée à chacun, que ce sont les inégalités qui stimulent la créativité, engendrent le dynamisme. On ne peut honnêtement se mettre dans l’esprit que la Nature, qui est si généreuse à qui sait la cueillir, ait mis une conscience, surtout une conscience humaine dans des corps si émaciés, si tordus, si mal recouverts de guenilles, transgressant à l’envi les codes de la bienséance. On peut juger de l’importance des choses par l’intérêt que leur portent les meilleurs (...) Lire la suite »

Le Capitalisme renaîtra de vos cendres

PERSONNE
L’idéation est le mot pour nommer un processus étrange. C’est étrange comme les idées surviennent, ou plutôt comme elles semblent faire surface à l’improviste. Alors que je feuillette le Diplo du mois d’août, je repère une signature : Razmig Keucheyan, auteur en 2012 d’un article sur Gramsci. Profitant de l’ombre généreuse, bercé par le murmure dans la frondaison, je lis l’article Anatomie d’une triple crise, je souligne deux, trois passages. Et, je passe à un autre sujet, à un autre article. Trop tard, j’ai déjà l’esprit accaparé. Le titre ci-dessus vient de surgir de nulle part. Reste à développer. Le Capitalisme, c’est l’accumulation de richesses : ce n’est pas nouveau ! c’est au moins aussi vieux qu’Aristote ! Les moyens se modernisent, mais la finalité demeure inchangée. Le Capitalisme serait « économiquement à bout de souffle » (1), en manque d’inspiration pour rétablir des taux de croissance attendus. Certains le jugent « stationnaire » (2). Bien au contraire, il n’a jamais été aussi fort, faute d’une (...) Lire la suite »

Quand parlent les chiffres

PERSONNE
Que vous aimiez les maths ou qu’elles vous rebutent, un petit calcul vaut parfois mieux qu’un long discours. Au « Pays des Grands Principes », qui prétend éclairer le Monde, il est loin des idéaux, généraux et généreux, à la pratique quotidienne, comme il est loin de la coupe aux lèvres. Totem national oblige, une histoire de gallinacé s’impose. Ce n’est pas une histoire de fipronil, mais l’occasion de réviser ses bases : « la règle de trois ». Ne fuyez pas déjà, c’est simple et édifiant ! Voici le petit problème à résoudre : dans l’élevage intensif, une poule pondeuse a droit à un espace équivalent à une feuille A4. Sachant qu’elle pèse environ 1,5 kg, quel serait l’espace dévolu à un animal de 60 kg ? La réponse est 2,5 m² (c’est le résultat de 0,21*0,297*60/1,5). À ce stade, le facétieux Diogène de Synope aurait jeté, aux pieds de son interlocuteur, le pauvre volatile, après l’avoir plumé, et lancé : « voici l’Homme de Platon ! » Ceci pour moquer cet archétype du philosophe conservateur, qui avait défini l’homme « (...) Lire la suite »

Nouvelle catilinaire

PERSONNE
Il est des jours comme cela où des sentiments s’imposent comme une rémanence, puis comme une pensée lancinante. L’article lu, le journal refermé, reste un bouillonnement interne. « Au pays des Droits de l’Homme » (qui avait oublié la moitié de l’Humanité, petits joueurs ! , petits révolutionnaires ! ), il est des sentiments qui devraient faire tache. Mais il n’en est rien, faute à la torpeur estivale, faute aux remugles des barbecues. Face à l’État, face à ce Léviathan sans scrupule, le Citoyen n’est que peu de chose, surtout en l’absence de soutiens moraux et logistiques de ses semblables. On ne peut défier, impunément, le lion. Le Léviathan intimide, veut faire taire les consciences, alors il réprime avec application quand il ne fait pas du chiffre. En dictature, on ne s’embarrasse pas des conventions ; en République, la répression est bien différente, c’est bien plus subtil, mais elle n’en reste pas moins répression. Une bonne dose d’intimidation, de poursuites judiciaires coûteuses pour le prévenu, des (...) Lire la suite »

Lettre à un ami du genre humain

PERSONNE
Cher Antonio, J’ai bien reçu ton journal, à numéro unique, intitulé La cité future (1). Tu espérais que celui-ci fût « une invitation et une incitation » (2). Comme une perche tendue doit être saisie, je vais donc te donner mon point de vue et des nouvelles cisalpines. Tu as écrit : « les révolutionnaires de 89 ne prévoyaient pas l’ordre capitaliste. Ils voulaient mettre en œuvre les droits de l’homme » (3). Sur ce point, je partage plutôt la vision d’Albert Soboul : « l’insurrection populaire avait assuré le triomphe. Grâce aux journées de juillet et octobre [1789], les tentatives de contre-révolution avaient été brisées. L’Assemblée nationale, victorieuse de la monarchie, mais grâce aux Parisiens, redoutant de se trouver à la merci du peuple, se défia désormais autant de la démocratie que de l’absolutisme. [...] Craignant d’appeler les classes populaires à la vie politique et à l’administration des affaires publiques, elle se garda de tirer des affirmations solennelles de la Déclaration des droits, les (...) Lire la suite »

Je hais les inconscients

Antonio GRAMSCI, PERSONNE

« On domine d’autant mieux que le dominé en demeure inconscient. Les colonisés et leurs oppresseurs savent que la relation de domination n’est pas seulement fondée sur la suprématie de la force. Passé le temps de la conquête, sonne l’heure du contrôle des esprits. C’est pourquoi, sur le long terme, pour tout empire désirant durer, le grand enjeu consiste à domestiquer les âmes. » (I. Ramonet, « Un délicieux despotisme »)

Je hais les inconscients. Ceux qui se moquent des conséquences de leurs actes, de leurs décisions. Comme ceux, plus nombreux, qui sont dénués de conscience politique, de conscience de classe. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisan ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen de plein exercice, et prendre parti. Être citoyen de plein exercice, c’est ne pas se limiter à la parodie démocratique qui se renouvelle à intervalles réguliers. La façade démocratique cache le secret d’État, comme le secret des affaires : le régime est devenu de connivence, comme le gouvernement est devenu bonne gouvernance. L’inconscience, c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, l’individualisme, la versatilité, c’est la négation du libre arbitre, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les inconscients. Je hais ceux qui se mettent en marche à la première injonction et qui sont juste bons à jouer les utilités, ceux qui confondent (...) Lire la suite »

Les nouveaux visages de la République

PERSONNE
« Nous sommes nés… il y a 24, 30 , 40 ou 72 mois. Nous nous engageons. Nous nous sommes mis en Marche ! Aujourd’hui, nous avons décidé de faire un pas de plus. Pourquoi nous ? Parce que nous sommes vous ! Nous croyons dans le progrès, nous croyons que demain sera meilleur qu’hier. Nous sommes plus de cinq cents (*) : nous sommes des millions. Nous sommes avec Emmanuel, notre bon pasteur. Nous sommes les nouveaux visages de la République. » PERSONNE (*) Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort, Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, Tant, à nous voir marcher avec un tel visage, Les plus épouvantés reprenaient de courage ! (Corneille) Lire la suite »

Pensées gramsciennes (sous-titre : Pourquoi les Shadoks marchent-ils ?)

PERSONNE, Antonio GRAMSCI

À l’heure de la Macronie triomphante qui semble avoir trouvé la pierre philosophale, à l’heure de la « société civile » qui est En Marche ! , il est peut-être salutaire de parcourir les « Cahiers de prison » de Gramsci : les mots d’hier gardent-ils leur pertinence, suscitent-ils une certaine résonance ?

De l’hégémonie culturelle : Tout État est éthique dans la mesure où une de ses fonctions les plus importantes est d'élever la grande masse de la population à un certain niveau culturel et moral, niveau (ou type) qui correspond aux nécessités de développement des forces productives et par conséquent aux intérêts des classes dominantes. L'école, comme fonction éducatrice positive, et les tribunaux comme fonction éducative, répressive et négative, sont les activités de l'État les plus importantes en ce sens : mais, en réalité, à ce but tendent une multiplicité d'autres initiatives et d'autres activités dites privées qui forment l'appareil de l'hégémonie politique et culturelle des classes dominantes. La conception de Hegel appartient à une période où le développement en extension de la bourgeoisie pouvait sembler illimité, d'où la possibilité d'affirmer le caractère éthique de la bourgeoisie ou son universalité : tout le genre humain sera bourgeois. Mais, en réalité, seul le groupe social qui pose la fin de l'État (...) Lire la suite »
Quand Gramsci analyse l’élection du chérubin du CAC 40

La « révolution passive » En Marche ! 

PERSONNE

Merci !

Vous avez sauvé et la République et les valeurs. Vous avez sauvé et la Démocratie et les apparences.

Chère aimable clientèle, la bourse vous en saura, assurément, gré.

D’accord, on vous a un peu forcé la main, c’était un peu à l’insu de votre plein gré, mais sachez que c’était au nom du bien.

Bien évidemment, de méchantes langues diront que cela ressemble au casse du siècle (avant la casse sociale). N'empêche, ce fut un casse sans effraction, tout en douceur, tout en communication, tout en manipulation du corps électoral. Ouf ! C'est le soulagement général. Le troupeau a bien réagi, il a même oublié l'origine de ses maux du quotidien. On ne manquera pas de faire appel à sa sagesse à la prochaine occasion, à la prochaine échéance. À la vue du loup, comme un seul, ils se sont mis en marche, oubliant que certains furent, sont ou seront précipités dans l'abîme. Les moutons, avec leur naturel placide, ne se sont pas demandé les raisons de la présence du loup dans les parages. Il est là pour mieux les canaliser (détourner la contestation sociale), pour éviter qu'ils ne sortent du cadre établi. Le ban, l'arrière-ban, tout le monde a été convoqué. Dommage que cet élan spontané ne vienne pas s'inviter plus souvent : l'Humanité en serait durablement changée ! La mascarade a bien fonctionné, la (...) Lire la suite »
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