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Auteur : PERSONNE

Hier est la matrice de demain

PERSONNE
L’eau était montée, s’était invitée en ville. Le zouave, cet unique vestige du passé, avait assuré le spectacle. K avait cédé à la tentation d’aller voir par elle-même, et elle avait ressenti la force des Éléments, elle qui se sentait simple cellule du corps social, et qui vivait une vie bien réglée. Comme la situation semblait sous contrôle, rassurée, elle rejoignit son domicile, sa cellule-cocon, au sein de l’un de ces gratte-ciel majestueux qui semblaient défier l’empyrée. Sa demeure était au septième ; un bref instant immobile, les iris analysés, la porte s’ouvrit. Comme dans un rituel, elle se figea pour l’examen médical quotidien : les paramètres vitaux, organiques étaient normaux. Les drones entomomorphes qui l’accompagnaient retrouvèrent leur station de recharge : ces gardiens personnels la suivaient en permanence à l’extérieur pour sa sécurité et pour diffuser la réalité embellie. K gagna le séjour : les parois étaient pareilles à l’accoutumée. Sur le mur aveugle s’affichaient les informations, les (...) Lire la suite »
« Notre Maison brûle et nous regardons ailleurs » (Jacques Chirac)

De sagesse, nous manquons

PERSONNE
‘‘ J’aime à prendre à partie quelqu’un dans la foule des gens âgés : « Nous te voyons parvenu à l’extrême limite de la vie humaine ; cent ans ou plus s’amoncellent sur ta tête : allons, reviens en arrière, fais le compte de ton existence. Calcule combien de ce temps-là t’a pris un créancier, combien une maîtresse, combien un roi, combien un client, combien les querelles conjugales, combien le châtiment des esclaves, combien les allées et venues à travers la ville pour les devoirs mondains ; ajoute les maladies que nous nous sommes données, ajoute encore le temps inemployé : tu verras que tu as moins d’années que tu n’en comptes. Rappelle-toi [...] combien de gens ont gaspillé ta vie sans que tu t’aperçoives du dommage, tout ce que t’ont soustrait de vaines contrariétés, une sotte allégresse, une avide cupidité, un entretien flatteur, combien peu de ton bien t’est resté : tu comprendras que tu meurs prématurément. » Quelle en est la raison ? Vous vivez comme si vous alliez vivre toujours, jamais vous ne songez à (...) Lire la suite »
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Dieu ! que la guerre est jolie, que sont beaux les profits

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« La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas » (Paul Valéry) « Les peuples que nous méprisons pour leur barbarie ne nous connaissent encore que par nos crimes. Pourtant ces navigations, ces explorations, tentées dans un esprit de cupidité féroce, ces voies de terre et de mer ouvertes aux conquérants, aux aventuriers, aux chasseurs d’hommes et aux marchands d’hommes, ces colonisations exterminatrices, ce mouvement brutal qui porta et qui porte encore une moitié de l’humanité à détruire l’autre moitié, ce sont les conditions fatales d’un nouveau progrès de la civilisation et les moyens terribles qui, peut-être, auront préparé, pour un avenir encore indéterminé, la paix du monde. Cette fois, c’est la terre entière qui se trouve amenée vers un état comparable, malgré d’énormes dissemblances, à l’état de l’empire romain sous Auguste. La paix romaine fut l’œuvre de la conquête. La paix universelle ne se réalisera pas assurément par (...) Lire la suite »

La mise à jour

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Quand Ils ont pris aux Pauvres pour distribuer aux Riches, je n’ai rien dit, je n’ai rien exprimé, je n’étais pas touché, je suis dans l’entre-deux et mon ordi ramait comme jamais, vous comprenez ? Quand Ils ont accéléré la machine à expulser, je n’ai rien fait, je ne suis pas expulsable, et ma commande était enfin passée, la situation débloquée, vous saisissez ? Quand Ils ont abusé de la notion de sécurité, pour soi-disant sauvegarder nos libertés, j’ai cru à leur sincérité, en plus « la liberté, c’est l’esclavage » et j’étais en pleine frénésie d’achat pour le noël des petits et des grands, vous acquiescez ? Quand Ils ont instauré la Démocrature au nom de la sauvegarde de nos valeurs, je n’y ai vu que la signature du Bien contre les forces du Mal, et ma carte bleue commençait à chauffer, vous agréez ? Quand Ils ont fait une année mirifique pour les ventes d’armes, je m’en suis réjoui, je n’y ai vu que l’éclat des affaires, en plus « la guerre, c’est la paix » et j’étais encore indécis, je voulais tant ne pas (...) Lire la suite »
Indésirables, clandestins, sans-papiers, migrants ? Disons : réfugiés. Distinguons aussi « Etat d’urgence » et libertés.

L’ordre public, une notion bien commode

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Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ? - Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens portant bâtons, et mendiants ; flatter ceux du logis, à son maître complaire : moyennant quoi votre salaire sera force reliefs de toutes les façons » [...] Chemin faisant, il vit le cou du Chien pelé. ‘‘Qu’est-ce là ? lui dit-il. -Rien. - Quoi ! Rien ? - Peu de chose. - Mais encore ? - Le collier dont je suis attaché de ce que vous voyez est peut-être la cause. - Attaché ? dit le loup : vous ne courez donc pas où vous voulez ? - Pas toujours : mais qu’importe ? - Il importe si bien, que de tous vos repas je ne veux en aucune sorte, et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.’’ » (Le Loup et le Chien, Jean de La Fontaine)

Quand un fil dépasse d’une pelote, il est tentant d’y tirer dessus, juste pour voir jusqu’où cela peut mener. Au commencement, il y a la notion floue d’ordre public. Puis ensuite, la notion commode de « menace à l’ordre public ». N’oubliez pas que nous avons la chance enviable de vivre dans l’allégresse du monde libre et que les barreaux ne sont là que pour assurer notre sécurité. Je file par voie numérique au Conseil Constitutionnel, récupère « Libertés et ordre public », un texte de 2003 (1). D’entrée, on comprend que nous sommes bien au cœur des gardiens du Temple, de la Cinquième République. La Liberté, en majuscule et au singulier a eu par trop de significations, c’est pourquoi l’auteur préfère libertés, en minuscule et au pluriel. Vous évoluez en toutes libertés, mais dans un cadre restreint, de plus en plus restreint. Sur l’ordre public, on peut lire : « Le Conseil constitutionnel n'a jamais défini ce qu'il entendait par ordre public... mais, à la lecture de ses décisions, il est facile de comprendre ce (...) Lire la suite »

Merci Macron !

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Belles élections, merci Macron Quelle splendeur de marcher après vous On est suiveurs comme des fous Merci Macron, belles élections Dans la voie d’la Prospérité Vous êtes not’premier de cordée On f’rait même la révolution Tant vous inspirez la passion Ce que vous faites ici bas Un jour, le Peuple le reconnaîtra Comme on voit peu vous reposer Qu’à la fin, certains sont épuisés Nous sommes tous un peu gênés Avec nos comptes-pénibilité Ceux qui comptent vous apprécient Vous êtes comme le Messie Les médias chantent vos louanges Tellement ils sont aux anges S’ils ne vous avaient pas inventé Pour sûr, il eût fallu les acheter Belles élections, merci Macron Quelle erreur de marcher après vous On est suiveurs comme des fous Merci Macron, belles élections Dans la voie d’la Prospérité Vous êtes le premier de cordée On f’rait même la révolution Tant vous inspirez la passion Ce que vous défaites ici bas Un jour, le Peuple le regrettera Un sourire, un humour bienveillants Avec des clins d’œil complices Vos ordonnances (...) Lire la suite »

Grands Prix 2017

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Il est des sommets que l’on ne devrait pas gravir impunément.

« Mesdames et Messieurs, nous avons le plaisir non feint de décerner, en cette belle année 2017 finissante, le Grand Prix du Jury, et ... euh ! Le Grand Prix du Public, ainsi que... le Premier Prix dans la catégorie... difficile, de l’Improvisation... et dans la catégorie « Jeune Talent » à... roulement de tambours républicains... désolé, mes mains malhabiles... d’impatience s’agitent... Dire qu’il y avait tant de prétendants... je vais le découvrir avec vous... Quatre prix d’un coup, un véritable coup de maître... c’est drôlement cacheté tout ça... J’oserais presque dire qu’il l’a fait car il ne savait pas que c’était impossible à un simple mortel... Une telle unanimité force le respect... mais qui donc ? Assurément, une révolution des possibles... Une liberté de ton sans pareille... ah ! l’enveloppe fait de la résistance, c’est pas le moment... La force des mots d’esprit au service des valeurs démocratiques... Tous ces prix convoités ont donc été attribués à... je retourne le carton... à l’histoire de... ‘‘ Le (...) Lire la suite »

Pourquoi je suis favorable à la male politique d’Israël (*)

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À l’instar de Montesquieu, j’écrirais : « De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Palestiniens, car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des Gouvernants, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la paix et de la souveraineté ? »

Il faut se ranger à l’évidence, il faut savoir choisir son camp. Il n’y a qu’une alternative : d’un côté, le Bien, de l’autre, le Mal. C’est certes manichéen, mais c’est ainsi que l’on dresse les peuples les uns contre les autres. Choisir le camp du Bien me semble salutaire, d’autant qu’il n’est point le moment de philosopher. Comme dit le proverbe : « Chose promise, chose due ». Il me semble tomber sous le sens qu’il en fût de même pour la Terre de la même épithète. Il fallait accorder un refuge à ce peuple qui a par trop souffert de pogromes, d’assassinats collectifs. Bon d’accord, la notion de peuple, en l’espèce, reste sujette à caution : les Falachas sont-ils de ce peuple ? On ne va quand même pas faire de la génétique, ce serait, pour le moins, une démarche douteuse. De toute façon, au commencement était l’exorde, enfin, je veux dire le grand Exode qui fait partie du roman national d’Israël. Quand le roman est bien écrit, de crédible, il devient Vérité. Après vingt siècles d’errance, il fallait bien une (...) Lire la suite »

Les inégalités comme moteur de la société

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« Le souvenir de ces martyrs est conservé pieusement dans le grand cœur de la classe ouvrière » (Marx, 30 mai 1871)

Il n’était pas le Président de la République qu’il devint, ni le fossoyeur qu’il fut, quand il écrivit : « Voyez ce qui arrive au milieu des grandes perturbations politiques et sociales. Plus menaçantes pour le riche que pour le pauvre, elles effraient le premier, l'éloignent de toutes les jouissances du luxe, et à l'instant toute prospérité s'arrête. On crie, on s'emporte contre le riche, on veut l'accabler d'impôts ; on frappe tout ce qui lui ressemble dans les hauts fonctionnaires de l'État, on réduit tous les traitements, et la misère ne fait que s'accroître à mesure que la consommation des objets de luxe s'interrompt plus complètement. [...] La richesse a un autre rôle que celui d'acheter ces produits raffinés dont la production et la consommation sont indispensables ; elle seule peut fournir des capitaux au génie inventeur, génie hardi, téméraire, exposé à se tromper souvent, et à ruiner ceux qui le commanditent. Voici, par exemple, une invention nouvelle, qui doit changer la face du monde : son (...) Lire la suite »

De la Ruche murmurante

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Le Prince de Machiavel peut être lu sous deux angles : pour les puissants, c’est un enseignement ; pour les peuples, une mise en garde. Il est tentant de faire de même avec le poème La Ruche murmurante, écrit par Bernard Mandeville en 1705 : une louange du capitalisme où la ruse et les vices sont mêlés pour le bien de l’Humanité, ou une satire visant les sophistes qui sont payés pour faire accroire que le capitalisme est le meilleur des systèmes…

« Un nombreux essaim d’abeilles habitait une ruche spacieuse. Là, dans une heureuse abondance, elles vivaient tranquilles. Ces mouches, célèbres par leurs lois, ne l’étaient pas moins par le succès de leurs armes, et par la manière dont elles se multipliaient. Leur domicile était un séminaire parfait de science et d’industrie. Jamais abeilles ne vécurent sous un plus sage gouvernement : cependant, jamais il n’y en eut de plus inconstantes et de moins satisfaites. Elles n’étaient, ni les malheureuses esclaves d’une dure tyrannie, ni exposées aux cruels désordres de la féroce démocratie. Elles étaient conduites par des rois qui ne pouvaient errer, parce que leur pouvoir était sagement borné par les lois. [...] La fertile ruche était remplie d’une multitude prodigieuse d’habitants, dont le grand nombre contribuait même à la prospérité commune. Des millions étaient occupés à satisfaire la vanité et l’ambition d’autres abeilles, qui étaient uniquement employées à consumer les travaux des premières. Malgré une si (...) Lire la suite »
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