Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Adieu, Monsieur David Pujadas, vendeur de l’année 2016.

Tout le monde ne peut pas citer Marx, Kant ou Lao-Tseu. Moi, je reprends souvent cette expression trouvée il y a longtemps chez San Antonio : « Il vendrait un ventilateur à un philatéliste. »

Pourtant, en 2016, on a vu encore plus fort, vous, Monsieur David Pujadas.

C’était au soir d’une manif contre la loi El Khomri, le 14 juin 2016, de la place d’Italie à l’esplanade des Invalides. Peu importe d’ailleurs le parcours, je ne suis pas du tout parisien et ces noms sont pour moi des abstractions.

Non ! L’important, c’est que la CGT revendiquait plus d’un million de manifestants, et le gouvernement en annonçait énormément moins.

Ce soir-là, soucieux comme toujours de pluralisme et d’honnêteté à la « m’as colhonat », Monsieur David Pujadas, vous avez invité Philippe Martinez au journal de 20h.

Au moment de parler du nombre de manifestants, Vous lancez « l’œil du 20h ».

Et là, le grand art !
http://embed.francetv.fr/?ue=d5a6b3d0ec19ed1dc831a29a31f1decb&videoid=NI_740287
L’équipe du 20h démontre mathématiquement que le parcours de la manif ne peut absolument pas contenir un million de personnes, sauf à les entasser à 5 par mètre carré, ce qui ne correspond pas du tout aux images du cortège.

A la fin, Monsieur Pujadas, vous interpellez sur cette « preuve par l’image » un Martinez abasourdi et celui-ci a à peine le temps de faire remarquer que tous les manifestants n’ont n’a pas pu défiler tellement ils étaient nombreux.

Eh oui ! Le parcours de la manif ne pouvait contenir que 150 000 à 200 000 personnes à un instant précis, sauf que lorsque ce parcours se remplit à un bout et se vide à l’autre pendant plus de cinq heures, ces 150 000 à 200 000 se multiplient par un nombre... que « l’œil du 20h » n’a surtout pas calculé, de peur de montrer que les chiffres de la CGT étaient exacts !

D’autant plus que la place d’Italie était effectivement encore noire de monde au moment où il avait fallu se disperser à cause des horaires de train et de car pour rentrer chez soi. Comme l’avaient brillamment démontré vos larbins de « l’œil du 20h », Maître Pujadas, le parcours de la manif ne pouvait vraiment pas contenir autant de monde. Sans le faire exprès, vos sbires avaient dit une vérité !

« L’œil du 20h » avait surtout fait la démonstration que lorsqu’on enlève un paramètre aussi important que le temps d’un tel calcul, on est un con ou un tricheur.

Ce soir-là, Monsieur Pujadas, vous avez fait mieux que vendre un ventilateur à un philatéliste. Vous avez réussi à vendre à des millions de Français une photo pour le prix d’un film de cinq heures.

Ce qui me gonfle, ce n’est pas que vous ayez ainsi réussi la vente de l’année. Non ! Vous avez fait, et magistralement, ce pour quoi vos maîtres vous payent. Chapeau l’artiste !

Ce qui me gonfle, une fois de plus, c’est que 99% des téléspectateurs, ce soir-là, ont acheté une photo pour le prix d’un film de cinq heures, et avec l’impression de faire une bonne affaire !

Car le lendemain, dans les conversations de bistrot, et hélas aussi de salle des profs, ceux qui rigolaient de la CGT avaient l’air plus intelligents que ceux qui la défendaient, bien sûr.

Car l’anticégétisme, comme l’anticommunisme, sont d’excellents produits deux-en-un : ils permettent aussi bien de passer au bistrot pour un homme, un vrai, un musclé, que dans la salle des profs pour un intellectuel, un vrai, de gauche.

Toujours le même match avec le même score, ça devient lassant : connerie un, humanisme zéro.

URL de cet article 31964
   
"Pourquoi les pauvres votent à droite"
Thomas Frank
Titre original : What’s the matter with Kansas ? (2004, 2005, 2007) Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton Nouvelle édition. Première parution française dans la collection « Contre-feux » (Agone, 2008) À la fin des années 1960, la concurrence internationale et la peur du déclassement transforment un populisme de gauche (rooseveltien, conquérant, égalitaire) en un « populisme » de droite faisant son miel de la crainte de millions d’ouvriers et d’employés d’être rattrapés par plus déshérités qu’eux. (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

La mort de la démocratie ne sera probablement pas le résultat d’une embuscade. Ce sera une lente extinction par apathie, indifférence et privation.

Robert M. Hutchins


Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
20 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
40 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
30 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.