12 janvier 2007.
J’ai reçu l’information suivante qui aurait dû me réjouir, mais ce ne fut pas le cas.
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« CARACAS jardins urbains »
Lorsqu’on arrive au Venezuela, ce que l’on voit d’abord, c’est la pauvreté, les quartiers démunis - les barrios - qui s’étalent sur les collines entourant la capitale. Mais depuis quelques années, sur ces constructions en béton poussent de drôles de jardins verts.
Pour approvisionner les familles pauvres en aliments frais, tout en créant des emplois et en améliorant la nutrition, le gouvernement vénézuélien et la FAO se sont lancés il y a trois ans dans un grand projet d’agriculture urbaine. Ensemble, avec l’aide de l’armée pour la logistique et surtout grâce au travail de la population, 4 000 micro-jardins ont été créés dans les quartiers pauvres ainsi que vingt coopératives horticoles en ville et aux abords. (...) Aujourd’hui, les plus démunis cueillent et consomment ce qu’ils ont eux-mêmes cultivé, découvrant ainsi les bienfaits des fruits et des légumes dans l’alimentation. Et les surplus de leur production, les membres des coopératives et les néo-jardiniers les revendent, gagnant ainsi de quoi subvenir à leurs besoins. (...) Dans les écoles, le concept se popularise aussi. (...) - Extrait de : CARACAS jardins urbains, par Sophie Distel, 27-12-2006, Le M.A.G. Cultures N°28 du 01-01-2007.
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C’est drôle, j’ai déjà lu dix fois une information analogue dont le lieu était Cuba. En effet, depuis plus de 15 ans, ce genre de jardins prolifère dans les grandes villes cubaines. Et Cuba exporte la méthode.
Je m’étonne que l’auteur de l’article ait pu l’ignorer. Il suffit de taper sur Google : "Cuba jardins urbains" pour avoir une foule d’informations. Voir également sur www.fao.org où un rapport de l’ONU (FAO) révélait (en 2005 !) que 45 techniciens cubains travaillaient à Caracas depuis 2 ans pour y introduire un système "cultural urbain" qui est pratiqué par 3000 000 Cubains. Sophie Distel, du M.A.G. Culture, l’ignorait-elle vraiment ?
Non puisqu’elle s’est inspirée de ce rapport, le recopiant par endroit mot pour mot.
Par suite, le fait de présenter comme une innovation récente d’origine vénézuélienne un type de culture pratiqué depuis 15 ans à Cuba et exporté par des spécialistes cubains à Caracas relève de la tromperie, comme s’il était incongru de parler de Cuba aux Français en leur livrant une information positive. Ce dont la presse de notre pays s’abstient en effet en abusant de la troncature tout en s’apitoyant sur de lointaines censures.
Cerise (aux pesticides) sur le gâteau vénéneux : Le M.A.G. Cultures est un bimensuel agricole dans lequel on retrouve la plume de l’économiste ultra-libéral Jean-Marc Sylvestre.
A prévoir dans Le M.A.G Cultures : « Milagros à Caracas, opérations des yeux » et « Caracas, l’analphabétisme vaincu par la méthode « Yo si puedo ».
A prévoir ailleurs, sous ma plume agacée : « Paris, le don d’ubiquité se généralise. De plus en plus, la tête de nos journalistes est aux USA tandis que leur cul reste à Paris ».
Maxime Vivas
– Dossier FAO Jardin urbain à Caracas : www.fao.org
Cuba la Verte, par Eliza Barclay.
Comment Cuba a survécu au peak oil, par Megan Quinn.
Cuba, l’île aux miracles, par Salim Lamrani.
Cuba - Tchernobyl : Lettre à Maria, par Viktor Dedaj.
Le jardin dans le « basurero », par Emmanuele Giordana.