RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Ces Israéliens qui applaudissent le bombardement de Gaza (The Guardian)

Des Israéliens se réunissent à flanc de coteau pour assister aux lâchers de bombes de leur armée sur Gaza, et les acclamer.
On boit, on casse la croûte, on pose pour des autoportraits sur fond d’explosions, tandis que le bilan des victimes palestiniennes de l’offensive en cours continue à s’alourdir.

Chaque soir, au moment où le soleil commence à se coucher sur la Méditerranée, des groupes d’Israéliens se rassemblent au sommet des collines proches de la frontière avec Gaza, pour pousser des acclamations, des cris de joie, et des sifflements approbateurs, au spectacle du déluge de bombes qui s’abat sur la population, à quelques kilomètres de là, dans une zone de conflit qu’on croirait sortie d’un cauchemar.

De vieux canapés, des chaises de jardin, des sièges de voiture défoncés, voire des caisses retournées, font office de places assises pour les spectateurs. Sur l’un des sommets, les branches d’un pin ont servi à installer une balançoire, dont l’occupant peut savourer l’oscillation douce, dans le souffle de la brise. Certains amènent des bouteilles de bière, d’autres des boissons non alcoolisées, d’autres encore des casse-croûtes.

Le Samedi, un cercle d’hommes se referme autour d’un narguilé. Presque tous tiennent leur téléphone intelligent à bout de bras, afin d’enregistrer les explosions, ou de prendre la pose, un large sourire aux lèvres, le pouce levé, parfois, pour des égoportraits sur fond de fumée noire.

En dépit des rapports selon lesquels des millions d’Israéliens vivraient dans la terreur des roquettes du Hamas, celles-ci ne découragent pas ces conflitologues de promontoire amateurs, que le voisinage de Gaza met à portée des tirs de missiles les plus rudimentaires. Certains viennent avec leurs enfants.

Dans la ville frontalière de Sdérot, que d’innombrables missiles, tirés depuis la Bande de Gaza, ont touchée au cours des dernières années, une famille se réunit sur un balcon, à l’étage supérieur ; ses membres sont recouverts, soit du drapeau israélien, soit de la bannière d’une des brigades de l’armée, la légendaire Brigade Golani. En cette période, une maison avec vue sur la guerre peut même se vendre au prix fort.

À la tombée de la nuit, l’atmosphère s’imprègne peu à peu d’une sensation de plaisir anticipé, exacerbé à la fois par l’attente – de voir les militants du Hamas intensifier leurs tirs de roquette (après avoir rompu leur jeûne, en cette période de Ramadan), et par l’espoir – de voir l’armée israélienne répliquer par la force.

Des exclamations approbatrices saluent le grondement sourd des tirs d’obus, l’éclair d’une explosion, la montée d’un voile de fumée. Un spectateur admiratif s’extasie : « Comme c’est beau ! ».

Âgée de 19 ans, Shimrit Peretz est venue en compagnie de son petit ami, Raz Sason, un soldat en quartier libre, qui porte son fusil d’assaut de l’armée en bandoulière.

Peretz explique : « Nous venons voir les bombardements », avant d’ajouter qu’il s’agit de leur quatrième sortie au sommet de la colline. Ils ont prévu de rester plusieurs heures : « C’est intéressant ». Le couple s’est muni d’un sac à dos, rempli de bouteilles d’eau, et de sacs de chips.

Contrairement à Sason, Peretz avoue ne pas s’en faire pour les civils palestiniens, pris dans les bombardements. En dépit de son inquiétude pour les innocents que les assauts surprennent, le jeune appelé regrette de n’être pas en compagnie de ses camarades à Gaza, de l’autre côté de la frontière. Il l’explique ainsi : « J’aimerais participer à l’attaque, afin de servir mon pays, et de venir en aide aux soldats qui sont dans la place ».

Le secteur, qui offre des panoramas spectaculaires, attire les équipes journalistiques, venues assurer la couverture des combats. Au sommet d’une colline toute proche, un incident semble sur le point d’éclater, à la suite des menaces proférées par un groupe d’Israéliens à l’encontre d’un photographe, qu’ils accusent d’être un « gauchiste ». Tandis qu’on nous déconseille de solliciter des interviews, les acclamations reprennent.

Harriet Sherwood

Harriet Sherwood est la correspondante du Guardian à Jérusalem. Elle fut auparavant rédactrice en chef du service « Nouvelles Internationales », puis du service « Nouvelles Nationales ».

Harriet Sherwood, depuis Sdérot, The Guardian, 20 Juillet 2014.

Article traduit par Hervé Le Gall

Original de l’article (en anglais)

»» http://echoes.over-blog.com/2014/07/ces-israeliens-qui-applaudissent-l...
URL de cet article 26354
  

Même Thème
Europe Israël : Une alliance contre-nature
David CRONIN
Israël est souvent perçu comme le 51ème État des États-Unis. Désormais, il serait en passe de devenir membre de l’Union européenne. David Cronin a parcouru les couloirs de Bruxelles pour interroger hauts fonctionnaires et diplomates. Il a épluché les programmes européens et examiné les liens étroits que tissent les entreprises du continent avec ce petit État du Moyen-Orient. Loin des discours officiels, vous trouverez dans ce livre les résultats d’une enquête déroutante qui montre comment le prix Nobel (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Un conspirationniste est quelqu’un qui regarde moins la télévision que vous.

"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux" (Republik)
Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur (...)
11 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
69 
Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.