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Environnement : ces belles arnaques écologiques

Elles font désormais partie du paysage et de nos habitudes : éoliennes, liseuses numériques ou encore maisons en bois sont partout. Pourtant, devenues arnaques techniques ou financières, toutes sont loin d’être irréprochables sur le plan environnemental. Loin s’en faut.

C’est une tendance de fond : les Français réclament toujours plus d’authenticité, dénoncent le gaspillage énergétique et revendiquent un retour à la nature. Que ce soit dans leur carrière professionnelle à laquelle ils veulent « donner du sens » en s’investissant dans le développement durable ou dans leur consommation électrique, les Français font des choix forts, et accueillent favorablement les politiques incitatives mises en place. Mais ils sont aussi souvent victimes de leur appétence pour l’écologie.

Les éoliennes, vraie fausse bonne solution

Elles ont poussé partout dans les campagnes françaises, ces vingt dernières années. Hautes de 70 à 180m et armée de trois pales, ces éoliennes sont prévues pour produire un maximum potentiel de 2 mégawatts (MW) par an. Le calcul des concepteurs est simple : pour remplacer une centrale nucléaire qui produit annuellement 1000MW, il faudrait 500 éoliennes tournant à plein régime. Sur le terrain, la réalité est tout autre. Une éolienne ne commence à produire de l’électricité qu’avec un vent de 30km/h, atteignant sa puissance maximale qu’au-delà de 60km/h. Concrètement, une éolienne ne produit qu’à hauteur de 15 à 20% de sa puissance potentielle. Il ne faudrait donc pas 500 installations pour remplacer une centrale nucléaire, mais plutôt 3000. Outre la quantité d’électricité produite se pose la question de son stockage puisque la production est hachée dans le temps, contrairement aux centrales classiques qui fonctionnent en continu. Et, pour les riverains, se pose également la question de santé publique liée aux infrasons émis par ces grandes éoliennes. « Les infrasons sont des armes de guerre, avance Alain Belime, expert en prévention des risques, dans le documentaire L’éolien, un ami qui vous fait du mal, en 2017. Des armes qui figurent dans la panoplie de nos armées. Ils se forment au niveau des aérogénérateurs. » Ils se traduisent par des vertiges et des traumatismes au système nerveux. Certaines voix parlent ici de scandale sanitaire national, étouffé par des intérêts économiques et politiques évidents.

Mais l’éolien, ce ne sont pas que ces grandes turbines blanches plantées en plein champ. Cela concerne également de petites unités que des particuliers peuvent installer sur le toit de leur maison ou dans leur jardin. Et dans ce domaine, les arnaques sont devenues monnaie courante. C’est vrai, l’idée est tentante : produire sa propre électricité et voir diminuer sa facture, quitte à revendre l’éventuel surplus produit à EDF. Le retour sur investissement promis par les installateurs est de dix ans. Seulement dans les faits, ceux qui se sont laissés tenter déchantent. « On m’a promis la baisse de ma facture électrique de 30 à 50%, se souvient une acheteuse, au micro de BFMTV, soit entre 700 et 800 euros d’économie par an. L’installation : 8000 euros, avec le crédit d’impôt. Mais la nôtre est tombée sur la toiture au bout d’un mois. » Les arnaques sont en effet nombreuses. Ce type d’éoliennes domestiques ne tient pas longtemps, ou demande beaucoup de frais en maintenance. Ces machines sont également dangereuses en tombant, et consomment parfois plus d’énergie qu’elles n’en produisent. Selon l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ADIL), « les services après-vente sont inexistants, seules les batteries étant couvertes par la garantie ». Entre les lignes, l’organisme souligne que les acheteurs sont souvent victimes de leur crédulité et de leur goût sincère pour les énergies vertes. Mauvais investissement.

Nos gadgets quotidiens, poisons quotidiens

Un autre domaine prospère sur la crédulité des acheteurs : les tablettes, liseuses et autres smartphones. Ces produits high-tech présentent un impact environnemental très élevé. Les consommateurs ont de plus en plus conscience que nos téléphones ultraperfectionnés comportent des métaux rares, et que leur empreinte écologique est forte au niveau des matières premières, mais aussi au niveau de la fin de vie et du recyclage desdits composants. « Le premier problème est la déplétion – épuisement des gisements – des métaux non renouvelables que l’on extrait du sol. Des problèmes importantes de pollution des sols, de l’eau et de l’air se posent aussi au moment de l’extraction », prévient Françoise Berthoud, ingénieur de recherche en informatique spécialisée dans l’impact des technologies de l’information et de la communication. Et la palme du paradoxe revient dans cette histoire aux liseuses, type Kindle, avec écran en noir et blanc.

Comme toute activité numérique, l’industrie du ebook est très gourmande en énergie, à cause des serveurs informatiques. Du côté des utilisateurs, le calcul est simple : pour compenser l’impact environnemental de sa fabrication et de son fonctionnement, la liseuse devra au moins être utilisée pour 180 livres téléchargés par an pendant ses trois ans d’utilisation (durée de vie moyenne), pour être plus écologique qu’un exemplaire du même livre, en version papier. Ce qui est très rare. Ces liseuses, censées protéger les arbres, sont donc nocives. Une étude Ifop de 2016 a présenté leur coût écologique sous un autre angle : un lecteur moyen aurait besoin de 60 ans pour amortir son achat d’un point de vue écologique. Mauvaise opération.

La cabane au fond des bois, gourmande de chimie

Les arbres sauvés par les ebook serviront peut-être à autre chose. L’industrie de la construction en France utilise le bois (environ 10% des matériaux de base), principalement des résineux, importé d’Allemagne, de Scandinavie, d’Europe de l’Est, d’Asie et même d’Amérique du Sud. Les cabinets d’architectes spécialisés dans le bois se sont multipliés ces quinze dernières années, répondant à une demande légitime de nombreuses familles de vouloir vivre en harmonie avec la nature. Ayant, dans le fond, la même perspective que ces familles ayant payé à crédit l’installation d’une éolienne. D’abord parce que le bois fait partie d’un circuit long en termes de distribution, venant de pays étrangers, la France étant un petit producteur, davantage tourné vers les arbres feuillus que les résineux. Ensuite, le bois utilisé n’arrive pas brut sur les chantiers. Il a préalablement subi un triple traitement chimique (ignifuge, fongicide et insecticide). Ces traitements contiennent du phosphore, des dérivés de chlore (benzimidazole, dithiocarbamate, bénomyl, oxydes chlorés…), des composés azotés, des composés halogénés, des composés de mélamine et leurs dérivés (acides boriques, cyanuriques et phosphoriques). Ces produits empêchent les combustibles naturels comme le bois de brûler trop vite, mais émettent des gaz toxiques qui peuvent altérer les systèmes respiratoires, nerveux et sanguins, jusqu’à provoquer des cancers. Parmi eux par exemple, le polychlorure de vinyle libère de l’acide chlorhydrique. De plus, certains produits ignifugeants présents sur le marché européen sont pourtant interdits.

L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a publié en 2015 un rapport mettant les points sur les « i », concernant l’empreinte environnementale des matériaux de construction. Le rapport souligne l’impact non négligeable de la filière bois, qui préfère habituellement se présenter comme respectueuse de l’environnement : « L’impact en dioxyde de carbone lié à la fabrication d’une tonne de bois est de 147kg équivalent CO2, contre 138kg pour le béton et 3190kg pour l’acier ». Il faut parfois se méfier des apparences. Mauvais jugement.

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