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Google admet collaborer au programme étasunien illégal d’assassinats par drones

Propagande de guerre et guerre font bon ménage ! En parallèle a un engagement de plus en plus grand des géants de la Silicon Valley dans les crimes de guerre des États-Unis, certains d'entre eux comme Google, Facebook et Twitter ont annoncé des mesures pour censurer l'information que leurs services présentent aux utilisateurs, en favorisant des organes de presse « qui font autorité » et sont « fiables » aux dépens de ceux qui proposent des points de vue « alternatifs » révélant et dénonçant les crimes de guerre étasuniens. Facebook, qui a été la plus ardente dans sa détermination à censurer sa plate-forme, a fait savoir explicitement qu'elle s'attendait à ce que l'engagement des utilisateurs diminue suite à son déclassement de vidéos « virales » et sa promotion de sources d'information « fiables », comme le New York Times.

Dans une autre étape importante de l’intégration de la Silicon Valley au complexe militaire et de renseignement, la société mère de Google, Alphabet, a confirmé qu’elle avait fourni des logiciels pour identifier les cibles utilisées dans le programme illégal d’assassinats par drones du gouvernement des EU.

Depuis le lancement de son programme d’assassinats par drones en 2009, les États-Unis affirment avoir tué près de 3.000 « combattants » dans des frappes de drones. Les documents militaires internes montrent que pour chaque personne ciblée par une frappe de drone, neuf passants sont tués, ce qui signifie que le nombre de victimes de la campagne américaine de terrorisme aérien au Yémen, en Somalie, en Afghanistan, au Pakistan et en Irak s’élève potentiellement à des dizaines de milliers.

Selon l’American Civil Liberties Union (Association étasunienne pour la défense des droits individuels), « un programme de meurtres ciblées loin de tout champ de bataille, sans inculpation ni procès, viole la garantie constitutionnelle d’une procédure régulière. Il viole également le droit international, en vertu duquel la force létale peut être utilisée en dehors des zones de conflit armé seulement en dernier recours. »

La complicité de Google avec le programme de meurtres par drones implique la société dans les activités criminelles de l’armée américaine, suscitant l’indignation parmi les employés après que les cadres ont admis la collaboration dans une note interne la semaine dernière, selon un reportage de Gizmodo.

Sensible à la fois aux ramifications juridiques potentielles de ses actions et à l’hostilité aux guerres criminelles américaines à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise, Google a souligné dans une déclaration que sa collaboration « est uniquement destinée à des buts non-offensifs » expliquant que « la technologie signale des images pour l’analyse humaine ».

Mais ce prétexte absurde et peu sérieux, visant à fournir des arguments à des médias non critiques et contrôlés par l’État, est l’équivalent du chauffeur d’un véhicule de fuite de la mafia qui prétend ne pas être complice du meurtre parce qu’il n’a pas appuyé sur la gâchette.

Le gouvernement des EU a revendiqué le droit d’utiliser des drones pour assassiner des citoyens américains n’importe où dans le monde, y compris à l’intérieur des frontières des États-Unis. En 2011, l’administration Obama a assassiné Anwar al-Awlaki, un citoyen étasunien, avec une frappe de drone Predator au Yémen, puis assassiné son fils de 16 ans, Abdulrahman al-Awlaki, dans une autre frappe de drone deux semaines plus tard.

Le partenariat de Google dans de telles opérations odieuses lui fait encourir la menace non seulement de sanctions juridiques dans le monde entier, mais aussi de graves répercussions commerciales. La décision de l’entreprise de poursuivre cet engagement malgré ces dangers souligne le rôle de plus en plus vital des contrats militaires dans les opérations commerciales des géants de la technologie.

Le ministère de la Défense a dépensé au moins 7,4 milliards de dollars en programmes d’intelligence artificielle l’année dernière et devrait dépenser encore plus cette année, une grande partie de cette somme étant reversée à des sociétés comme Alphabet (Google), Amazon et Nvidia dont les programmes d’intelligence artificielle dépasseraient la capacité interne du Pentagone.

Au cours de l’année écoulée, Google, Facebook et Twitter ont tous annoncé des mesures pour censurer l’information que leurs services présentent aux utilisateurs, en favorisant des organes de presse « qui font autorité » et sont « fiables » aux dépens de ceux qui proposent des points de vue « alternatifs » révélant et dénonçant les crimes de guerre étasuniens. Facebook, qui a été la plus ardente dans sa détermination à censurer sa plate-forme, a fait savoir explicitement qu’elle s’attendait à ce que l’engagement des utilisateurs diminue suite à son déclassement de vidéos « virales » et sa promotion de sources d’information « fiables », comme le New York Times.

Comme ces entreprises s’attendent à une baisse de la demande des consommateurs parce qu’elles imposent des mesures de censure de plus en plus restrictives, les contrats de défense lucratifs sont un moyen d’améliorer leurs résultats et d’aligner leurs intérêts financiers avec les opérations de guerre et de répression des EU.

Les géants de la technologie ont décidé d’imposer des mesures de censure en même temps que le Pentagone a conclu qu’il s’est retrouvé dans une « course aux armements en Intelligence Artificielle », comme l’a écrit le Wall Street Journal ce mois-ci. Devant la montée économique rapide de grandes puissances militaires, telles que la Russie et la Chine, qui sont capables de développer et de mettre en œuvre de nouvelles technologies sans le lourd désavantage logistique des innombrables guerres, déploiements à l’étranger et opérations de déstabilisation engagés par les États-Unis, les planificateurs militaires étasuniens ont tiré la conclusion que la seule façon de conserver l’avantage militaire américain dans les conflits futurs est d’intégrer la Silicon Valley dans la machine de guerre.

Le Pentagone a conçu la stratégie dite du « Troisième rééquilibrage » pour vaincre la « menace cadencée » de la Chine en se concentrant sur « des systèmes d’apprentissage autonomes, une prise de décision collaborative homme-machine, des opérations humaines assistées, des systèmes pilotés-autonomes de pointe », ainsi que « des armes autonomes intégrées en réseau » comme l’a récemment décrit The Economist dans l’article de couverture d’un numéro intitulé : « La prochaine guerre ».

Cette stratégie s’articule autour du recrutement du secteur technologique privé américain, qui reste le plus développé au monde. Selon The Economist, les États-Unis « continuent de dominer le financement commercial de l’intelligence artificielle et comptent plus d’entreprises travaillant dans ce domaine que n’importe quel autre pays ».

S’exprimant lors d’une conférence l’an dernier, le colonel Drew Cukor, chef du « Project Maven », dans lequel Google est un collaborateur clé, a déclaré que les États-Unis étaient en pleine « course aux armements de l’intelligence artificielle », ajoutant : « Beaucoup d’entre vous auront remarqué qu’Eric Schmidt appelle maintenant Google une société d’intelligence artificielle, pas une entreprise de données ».

Il a ajouté : « Il n’y a pas de "boîte noire" qui offre le système d’intelligence artificielle dont le gouvernement a besoin... Des éléments clés doivent être assemblés ... et la seule façon de le faire est avec des partenaires commerciaux ».

Afin de rationaliser l’échange réciproque entre la puissance de calcul des géants de la technologie, les capacités d’intelligence artificielle et la base de données massive de données utilisateur sensibles et le budget pratiquement illimité de l’armée des EU, le Pentagone a établi une série de partenariats avec la Silicon Valley. En 2015, le Pentagone a mis en place un instrument de financement privé-public connu sous le nom de DIUx (Unité d’innovation expérimentale de la Défense), dont le siège est situé à quelques minutes du campus principal de Google à Mountain View, en Californie.

En 2016, le Pentagone a mis en place une entité appelée Défense Innovation Advisory Board (Comité consultatif d’innovation du ministère de la Défense), visant à « apporter l’innovation technologique et les meilleures pratiques de la Silicon Valley à l’armée des EU », présidé par nul autre que l’ancien président de Google, Eric Schmidt.

L’automne dernier, Schmidt se plaignait de la réticence de ceux qui travaillaient dans le secteur technologique à collaborer avec le Pentagone, déplorant le fait qu’ « il existe une inquiétude générale dans la communauté technologique que le complexe militaro-industriel utilise leurs produits pour tuer les gens ».

Mais au-delà de l’exploitation des capacités de l’intelligence artificielle des géants de la technologie pour guider les missiles et sélectionner les victimes, le secret de polichinelle de la collaboration du Pentagone avec Silicon Valley est que, dans les coulisses, de vastes quantités de données personnelles sensibles sont probablement transmises au Pentagone et agences de renseignement à des fins de surveillance et de ciblage.

Comme le lieutenant-général John Shanahan, qui est étroitement impliqué dans le Projet Maven, l’a expliqué lors d’une conférence l’année dernière : « À l’autre bout de l’échelle, vous voyez Google. Ils ne nous disent pas ce qu’ils ont, sauf si quelqu’un de Google veut me chuchoter à l’oreille plus tard. »

L’intégration de sociétés comme Google dans ce qui était auparavant connu sous le nom d’appareil de renseignement et de l’armée crée un vaste système de répression étatique jusque-là inconnu dans l’histoire de l’humanité. La préparation pour un conflit entre grandes puissances exige, comme le dit la stratégie de défense nationale récemment publiée par le Pentagone, « l’intégration homogène de multiples éléments du pouvoir national : la diplomatie, l’information, l’économie, la finance, le renseignement, la police et l’armée ».

La censure et la surveillance sont la pierre angulaire de ce nouveau lien entre l’armée, la technologie et le renseignement. Alors que les États-Unis se préparent à mener des guerres « chaudes » contre des armées « de même calibre » comme la Russie et la Chine, la montée interne du sentiment anti-guerre sera combattue par la censure de masse, aidée par l’intelligence artificielle, accompagné de profilage politique basé sur les messages circulant sur les médias sociaux.

Le World Socialist Web Site mène la lutte contre cette marche forcée vers la censure et la guerre. En août 2017, nous avons publié une lettre ouverte exigeant que Google cesse sa censure politique sur les résultats de recherche qui ont entraîné une chute massive du trafic de recherches vers les sites Web de gauche et anti-guerre. En janvier, le WSWS a publié un appel pour que tous les « sites web, organisations et militants socialistes, anti-guerre, progressistes et de gauche » se joignent à une coalition internationale pour combattre la censure sur Internet. Nous appelons tous les travailleurs et les jeunes qui cherchent à défendre les droits démocratiques à contacter le WSWS et à rejoindre sa lutte pour le socialisme.

Andre Damon

9 mars 2018

»» https://www.wsws.org/fr/articles/2018/03/09/dron-m09.html
URL de cet article 33118
   
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