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Maintenant que le parti au pouvoir a son candidat, ça va enfin commencer !

Hamon pour le PS, Mélenchon pour le pays !

Ouf ! Enfin, le spectacle des primaires est terminé ! Entre celle de la droite et du centre et celle de « La Belle Alliance Populaire » qui s’est très vite révélée comme ce qu’elle était véritablement, à savoir la primaire du PS, on a cru qu’on ne s’en sortirait jamais ! Les médias se sont laissés aller en parlant de « la primaire de la gauche ». Sans LO, sans le NPA, sans le PG, sans le PCF, sans EELV mais seulement avec le PS et ses satellites, cette primaire était tout sauf une primaire de la gauche française.

Avec Jean-Luc Mélenchon, nous avions dit très tôt notre opposition à l’exercice des primaires. Outre le fait que les primaires imposent le mode de fonctionnement américain pour mieux nous servir le bipartisme dans la vie politique française, elles ne mobilisent pas les masses mais uniquement le coeur de l’électorat des forces politiques qui s’y essayent, à savoir les catégories socio-professionnelles les plus favorisées, les citoyen-ne-s les plus politisé-e-s, les plus proches des partis politiques. Il ne s’agit donc certainement pas d’une part représentative de l’électorat du pays. Elles fonctionnent de fait comme un tamis social, sorte de suffrage censitaire.

Celui ou celle qui gagne les primaires, ne dispose donc pas d’une légitimité populaire en dehors de cet électorat bien spécifique. Le spectacle médiatique a beau traiter le sujet comme s’il s’agissait de l’élection présidentielle elle-même, il n’en demeure pas moins que malgré quelques cafouillage de chiffres, la réalité est crue. Ainsi, la primaire du PS n’a réuni que 2 millions d’électeurs, c’est-à-dire 1 million de moins qu’en 2011. Signe s’il en fallait un de plus de la déconfiture de ce parti qui catalyse les colères après les trahisons et renoncement du quinquennat finissant de François Hollande. Au total, seuls 15% des électeurs ont voté aux primaires de la droite et du PS. C’est pour l’ensemble de ces raisons mais aussi parce qu’une élection nécessite de convaincre sur le temps long et d’aller directement au Peuple lui-même que Jean-Luc Mélenchon, opposé au principe de primaires depuis toujours, a fait le choix de ne pas s’en mêler.

Dans une primaire, la guirlande de candidats en présence permet au débat de se tenir sans qu’un contenu trop précis n’émerge jamais vraiment. On reste dans le flou. Chacun a pu s’en apercevoir lors des débats télé soporifiques de la primaire de la droite ou du PS. Néanmoins, la primaire permet d’occuper l’espace médiatique à plein régime. Une dizaine de candidats tous plus proches les uns des autres idéologiquement font ainsi l’objet d’un traitement médiatique similaire à celui du premier tour d’une élection présidentielle, comme si tout les séparait. Ainsi, l’espace médiatique s’en trouve littéralement monopolisé. Imaginez un instant une primaire entre Jean-Luc Mélenchon et ses amis Alexis Corbière, Eric Coquerel, Danielle Simonnet, Raquel Garrido !

Bref, il nous tardait que cela se termine car l’élection présidentielle, pour véritablement démarrer, a besoin que ses protagonistes soient clairement identifiés. C’est le cas désormais puisqu’après la droite qui a choisi sa version dure en la personne de François Fillon, nous connaissons maintenant le candidat du Parti au pouvoir. François Hollande, qui aurait dû être le candidat du PS, ayant renoncé à assumer le bilan de son quinquennat devant les électeurs, c’est Benoît Hamon qui sera celui-ci. Grand bien nous fasse ! Même si nous sommes déjà en campagne depuis un an avec le mouvement hors cadre de parti, La France Insoumise, et son candidat Jean-Luc Mélenchon, la campagne présidentielle va enfin véritablement pouvoir commencer.

Maintenant que le spectacle médiatique des primaires est terminé, passons au contenu. Hamon est le candidat du Parti Socialiste. Il le devient seulement 83 jours avant le 1er tour de l’élection présidentielle. Son ambition première est de rassembler « sa famille politique, les socialistes ». Pas une mince affaire quand on sait que sa candidature divise encore davantage un PS aux abois. Combien ne le soutiendront pas ou partiront chez Macron ? Ensuite, il aimerait « rassembler la gauche ». Cette incantation chamanique est l’apanage des apparatchiks qui se vivent comme étant au centre du jeu politique sans voir qu’ils n’en sont que de vains pions. En dehors du microcosme des partis, « rassembler la gauche » ne veut plus rien dire après les trahisons du quinquennat Hollande. Plus que les étiquettes, c’est le contenu porté qui importe. Place aux programmes, place aux idées, place au débat ! De ce point de vue, Benoît Hamon doit encore accorder les violons de son parti sur un programme. Et les contradictions sont nombreuses quand on voit que le résultat de la primaire du PS désavoue la politique menée par le gouvernement toujours en place que ce parti soutient et auquel Hamon a lui-même participé ! Et quid des candidats PS déjà investis pour les législatives ? Quelle cohérence entre une candidature Benoit Hamon à la présidentielle, qui porte notamment l’abrogation de la Loi El Khomri, et la candidature sous la même étiquette PS de Madame El Khomri elle-même dans la 18ème circonscription de Paris  ? Elle va être candidate pour abroger sa propre loi ? Les exemples sont nombreux qui ouvrent au PS une période de tambouille générale dans la grande tractation de l’opération sauve qui peut !

Si on résume, il reste 83 jours à Benoît Hamon pour rassembler le Parti Socialiste, « rassembler la gauche » (comprendre neutraliser Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon) derrière sa candidature et accorder tout ce petit monde sur un programme ? A ce train là, l’élection présidentielle sera déjà terminée que les premières lignes du programme ne seront toujours pas écrites ! Comme cette primaire qui s’achève à seulement 83 jours du 1er tour, toute cette mascarade n’est pas sérieuse. Benoît Hamon s’illusionne s’il croit que si tard dans la campagne et parce qu’il arrive comme un cheveu sur la soupe en bon seigneur de la primaire du PS, il nous fera renoncer après un an d’une campagne intense qui rassemble de nombreux citoyens autour d’un programme clair, « L’Avenir en Commun », une méthode, celle du mouvement hors cadre de parti « La France Insoumise » et un candidat qui a pour lui la cohérence dans la durée et n’a pas participé aux trahisons de ce quinquennat, Jean-Luc Mélenchon.

A 83 jours du premier tour, avec tout ce qu’il a à régler au sein du Parti Socialiste, Benoit Hamon risque de pas disposer de beaucoup de temps pour aller au devant des électeurs avec un programme clair. Pourtant, le moment exige une bataille idéologique de temps long et autre chose que de la tambouille politicienne. C’est la raison pour laquelle nous sommes partis tôt en campagne avec La France Insoumise et son candidat, Jean-Luc Mélenchon et que notre programme dispose d’une assise bien réelle dans le pays.
Sarkozy, Hollande et Valls dehors ! A qui le tour ?

Après la défaire cuisante de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite et le fait que Hollande, plus impopulaire que jamais, décide de ne pas assumer son bilan devant les électeurs en renonçant à se présenter, l’éjection en règle de Manuel Valls, inspirateur des trahisons et renoncements de ce quinquennat, à la primaire du PS, est une victoire supplémentaire du Peuple français dans l’ample coup de balai qu’il a l’air décidé à passer sur la caste des oligarques. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Nous vivons un moment « dégagiste ». Les scénarios préconçus, les sondages, la prose des éditorialistes politiques ne résistent plus à l’aspiration populaire profonde au grand nettoyage. Il ne faut pas le déplorer. C’est au contraire, le point numéro un de la réappropriation par le Peuple des affaires politiques. N’est-il pas d’usage de s’adonner à un grand nettoyage pour faire de la place avant de ranger correctement les choses ?

De par ses pratiques, ses institutions obsolètes et antidémocratiques, ses trahisons, ses promesses non tenues, ses affaires multiples, c’est tout le vieux système politique qui est menacé. C’est le moment « Qu’ils s’en aillent tous », décrit dès 2011 par Jean-Luc Mélenchon dans son ouvrage du même titre. Pour le mener à bien, les citoyen-ne-s s’emparent de tout ce qui peut contribuer à sa réalisation.
Ainsi, et comme cela a pu être vérifié par un journaliste qui a suivi le déroulement de la journée du second tour de la primaire PS à Lille, de nombreux électeurs qui n’ont pas l’intention de voter pour Benoît Hamon à l’élection présidentielle se sont emparés de ce bulletin à la primaire pour barrer la route à Manuel Valls qui a été le 1er ministre des multiples usages du 49.3 pour imposer par la force la Loi Travail dont personne ne voulait et qui n’avait pas été annoncée par le candidat Hollande. Le vote Benoît Hamon à la primaire PS a donc fonctionné comme un vote contre. L’élection présidentielle, elle, a besoin d’un vote d’adhésion sur un programme abouti.

Dès la primaire de droite, Jean-Luc Mélenchon avait appelé au respect de la tenue des primaires et à ne pas succomber à la tentation de participer pour troubler le jeu politique et en fausser les résultats. Il l’a rappelé quand certains électeurs de gauche disaient vouloir aller voter à la primaire de droite pour écarter Nicolas Sarkozy. Malgré les appels répétés à ne pas troubler non plus la primaire du PS, nous savons que la mission « coup de balai » contre Valls a fonctionné à plein et qu’il s’agit d’abord et avant tout de cela.
Une chose est désormais certaine : Si l’investiture du candidat du Parti au pouvoir permet de connaître les protagonistes de l’élection présidentielle, elle ne ferme cependant pas la séquence de décantation en cours. Avec la victoire de Hamon à la primaire du PS, bien des choses vont encore bouger. Moins de 24 heures après, c’est déjà la panique au PS avec des départs vers Macron, des retraits de poids lourds du parti. La grande mutation est en cours et ce n’est que le début. Après une soirée grisante pour Benoit Hamon, les ennuis ne font pour lui que commencer.

La vague « dégagiste », elle, va se poursuivre. Qui sera le prochain sur la liste ? On devine aisément que François Fillon pourrait en être la prochaine victime. Voilà que Monsieur « père la rigueur » qui revendique un programme qui opérerait une saignée budgétaire sans précédent et courre les plateaux télévisions pour en appeler aux efforts des français pour la sacro-sainte com-pé-ti-ti-vi-té, se trouve soupçonné dans des affaires peu reluisantes d’emploi fictif et de détournement de fonds publics. Tellement dommage pour celui qui faisait l’essentiel de sa carte de visite de sa prétendue intégrité. La justice doit faire son travail. Le plus tôt sera le mieux. Mais il est clair qu’à partir de maintenant, le candidat de la droite est sur une pente savonneuse et que la glissade sera de plus en plus rapide à mesure que les jours et les semaines vont passer.

Et qu’en sera-t-il du sort d’Emmanuel Macron, la candidat prétendument antisystème qui bénéficie des soutiens des premiers représentants de la caste avec son programme ultra-libéral, qui a aussi fait parler de lui ces derniers jours pour des suspicions de financement de son mouvement sur des fonds publics ? Et Madame Le Pen, bien discrète sur ces sujets et dont le parti n’est pas en reste en ce qui concerne les affaires judiciaires ? Sans tirer de conclusion hâtive, en respectant les présomptions d’innocence et en laissant à la justice la part du travail qui lui revient, ces informations régulières ont un écho certain sur les citoyen-ne-s, réajustant à chaque fois un peu plus la trajectoire du coup de balai qu’ils sont déterminés à passer.
Jean-Luc Mélenchon a l’avantage de ne pas être visé par ce coup de balai. Et pour cause, il est un outil au service de sa réalisation. Avec le programme qu’il porte de passage à la 6ème République par la réunion d’une Assemblée Constituante, de balayage de l’oligarchie, d’abolissement des privilèges de la caste, de permission de l’intervention populaire, d’abolissement de la monarchie présidentielle, le candidat de La France Insoumise est le meilleur atout pour achever le grand nettoyage commencé. Avec lui, nous ferons le travail de fond en comble. Ce n’est certainement pas un candidat du Parti Socialiste, si « de gauche » soit-il, qui peut y prétendre.

Pas d’amnistie pour le candidat issu du gouvernement
La tentation est forte, on l’a bien vue, pour celles et ceux qui ont occupé des responsabilités, de se présenter aux primaires en espérant y retrouver une virginité et ne pas être comptable d’un bilan trop difficile à porter. C’est ainsi que Manuel Valls, pour ne prendre que cet exemple, a pu se présenter en pourfendeur du 49.3 après en avoir usé et abusé pendant le quinquennat, notamment pour le passage de la Loi Travail rejetée massivement par l’opinion. Mais la primaire n’est pas une machine à laver : les taches restent ! Nous ne sommes pas dupes. Que ce soit la primaire de droite ou celle du PS, chacun a pu apprécier les allures de Conseil des Ministres des débats des primaires. Pour l’immense majorité des candidats, ils ont été ministres et sont donc comptables des bilans Sarkozy et Hollande quelque soit la distance qu’ils essaient de prendre avec leurs propres responsabilités, Hamon en tête.

Benoit Hamon est le candidat du Parti Socialiste, le parti au pouvoir, celui des promesses non tenues, des trahisons, des reniements. Il a été ministre délégué chargé de l’économie sociale et solidaire auprès de l’actuel commissaire européen Pierre Moscovici dans le premier gouvernement Ayrault, puis ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche dans le gouvernement de Manuel Valls. Le même Manuel Valls qu’il vient de battre à la primaire.
En frondeur inconséquent qu’il fût, Benoit Hamon a refusé de voter pour une motion de censure du gouvernement au moment du passage en force de la Loi El Khomri qu’il critiquait pourtant. Fusse-t-elle de droite, cette motion de censure était le dernier recours et donc un choix rationnel pour empêcher le passage de la loi El Khomri. Benoit Hamon n’a pourtant pas honte de recevoir avant son dernier meeting de la campagne des primaires à Lille une délégation de salariés de La Voix du Nord en lutte, dont le plan social qui les menace est facilité par la Loi El Khomri que le même Benoit Hamon aurait pu contribuer à empêcher. Girouette !

En apparatchik de longue date du PS, Benoit Hamon est un habitué des manoeuvres internes et des coups tactiques. Tout comme la clique qui l’entoure désormais, à l’image de François Lamy, le depuis quatre mandatures député de l’Essonne parachuté dans le Nord par Martine Aubry, qui refusait son soutien à un candidat au 1er tour de la primaire et que l’on voit désormais pétarader en tête de l’entourage du candidat Hamon pour « imposer le rassemblement de la gauche » et autres incantations chamaniques ! On voit bien que les thèmes qui ont fait la victoire de Benoit Hamon à la primaire du PS sont largement imposés par le succès de la campagne de La France Insoumise et son candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Hamon pour ne faire que la moitié du chemin
Sans mettre en cause la sincérité des convictions de Benoit Hamon et de ses amis, nous sommes contraints de constater qu’ils n’ont posé que des actes de frondes au pistolet à eau pendant ce quinquennat de trahisons. Il faut réécouter les discours du candidat Hollande en 2012 pour se rendre compte de ce qu’il peut advenir des paroles « de gauche » des candidats du PS une fois au pouvoir. Hamon ou un autre, quelle importance ? A quoi bon un candidat du PS ? Ils ont durablement perdu la confiance et c’est bien la moindre des choses. Leur détermination sans borne pour conserver leurs sièges ne suffira pas à les sauver.
Le spectacle des primaires derrière nous, passons à la seule chose qui vaille la peine d’être discuté : le programme ! Ce n’est pas un hasard si l’on a pu voir dans les files d’attentes des meetings du candidat Hamon à la primaire PS des gens lire « L’Avenir en Commun », le programme de La France Insoumise En 2012, c’est à mesure que Jean-Luc Mélenchon montait dans les sondages d’intention de vote, que l’on entendait François Hollande dire que son adversaire était la finance, qu’il allait renégocier le TSCG, qu’il allait taxer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d’euros, etc. Chacun appréciera le résultat.

J’invite chacun à lire le programme de Jean-Luc Mélenchon sorti en librairie le 1er Décembre et à le comparer avec les lambeaux de programme disponibles sur le site de campagne de Benoit Hamon. C’est édifiant. C’est au mieux de l’inspiration. Car si l’exercice des primaires et de leur multiplication de candidats permet d’éviter la nécessité d’être précis, c’est quand Benoit Hamon vient sur les thèmes imposés par la campagne de La France Insoumise qu’il cesse d’être inconséquent. Après nous, il parle aussi de passage à la 6ème République. Après nous, il vient sur les thèmatiques écologistes.
Si, venant sur les thèmes de Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon cesse d’être inconséquent, il n’en demeure pas moins insuffisant, n’allant jamais au bout des choses, n’apportant pas les précisions utiles et demeurant donc dans le registre incantatoire. Il parle de 6ème République sans jamais expliquer comment il la met en pratique. Sur l’écologie, il ne reste qu’au milieu du gué en évoquant une modification du mix énergétique. Sur le partage des richesses et les questions économiques, il manque de précisions également : Est-il d’accord pour mettre fin au pillage économique de la Nation en remettant en cause les privatisations des secteurs stratégiques ? Est-il favorable à l’instauration d’un protectionnisme solidaire ? Est-il pour la fixation d’un revenu maximum pour limiter l’accumulation des richesses et l’instauration d’un écart maximum de 1 à 20 des salaires dans une même entreprise ? Il y a tellement de questions en suspens. On ne peut pas exiger d’un candidat qui vient de sortir du chapeau des primaires le même niveau de précisions que Jean-Luc Mélenchon qui fait campagne depuis un an sur un programme clair et issu d’un travail de longue haleine.

Mais Benoit Hamon pourra faire sienne toutes les paroles de Jean-Luc Mélenchon, il ne franchira jamais le pas de s’éloigner de la feuille de route de la Commission Européenne. Benoit Hamon ne remet pas en cause les traités européens. Tout juste indique-t-il vouloir changer l’Europe. Peut-on savoir quel plan stratégique il propose pour faire cela en dehors de la déblatération de ses bonnes intentions ? Assurément non ! C’est pourtant là notre point de désaccord essentiel. Il n’est pas possible de mener une politique sociale et écologiste ambitieuse dans le cadre des actuels traités européens. Quiconque se laissent aller à des promesses sans stratégie claire de rupture avec les traités d’aujourd’hui ne chante que des comptines sans lendemain. C’est évidemment le cas de Benoît Hamon. Ce qu’il suscite est voué à buter contre cette question.

A l’inverse, Jean-Luc Mélenchon assume que l’Europe de nos rêves est morte et que son idéal a été dévoyé et qu’il n’en subsiste qu’un marché unique qui met les peuples en concurrence et organise une compétition destructrice aux quatre coins du continent. L’expérience grecque a fait la démonstration de la nécessité de rompre avec ces traités qui empaquettent des pays dont la construction européenne a refusé méthodiquement l’harmonisation sociale et fiscale pour imposer le dumping partout. C’est la raison pour laquelle la question européenne ne peut se contenter de belles paroles. C’est pourquoi avec La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon, nous avons mis au point notre stratégie du Plan A et du Plan B. Le Plan A, c’est le pari qu’il est possible, parce qu’on ne fait pas l’Europe sans La France qui représente 16% de son économie et en est un pays fondateur, de discuter avec nos partenaires d’une réorientation importante de l’Union Européenne. Pour que la discussion puisse avoir lieu, il est nécessaire d’agiter le spectre d’un Plan B méthodiquement préparé : la sortie unilatérale des traités. Cela ne fait pas de la sortie une fin en soi mais signifie clairement que si nous sommes contraints de choisir entre l’application de notre programme et le respect des traités européens, autrement dit entre la souveraineté du peuple français et le respect des traités, nous choisirons la souveraineté du peuple français et l’application de notre programme. Nous avons engagé des discussions avec la plupart des pays européens à ce sujet autour des Sommets Internationaux du Plan B en Europe. L’Europe, on la change ou on la quitte et il faut y être préparé. Qu’a préparé Benoit Hamon sur ce sujet ?

Mélenchon pour aller au bout
Depuis un an, La France Insoumise est en campagne. Sa méthode, hors cadre de parti, permet au grand nombre de s’engager sans passer nécessairement par les partis politiques. C’est un programme et une méthode d’action qui nous rassemblent. Le programme L’Avenir en Commun, basé sur l’Humain d’Abord avec lequel Jean-Luc Mélenchon avait déjà recueilli 4 millions de voix en 2012, a été considérablement enrichi par les contributions des internautes, les auditions et les évènements de la campagne. Déjà diffusé à 200 000 exemplaires, il est désormais bien ancré et sa transmission au Peuple français se poursuit par l’action des plus de 2 000 groupes d’appui sur le terrain.
Ce programme a pour lui sa cohérence. Tout s’y tient. Il permet de traiter méthodiquement la triple crise démocratique, sociale et écologique qui s’aggrave. Parce que Jean-Luc Mélenchon est à un niveau dans l’opinion qui ne fait pas de sa campagne une campagne pour témoigner et parce qu’il est le seul à se donner les moyens de l’application de son programme par le passage à la 6ème République et la rupture avec les traités européens, il est l’unique vote nécessaire. Le vote Jean-Luc Mélenchon est en effet le seul qui conjugue la rupture franche avec l’oligarchie, la capacité de traiter la triple crise précédemment décrite et de gagner l’élection présidentielle. Aucun autre candidat ne peut prétendre conjuguer ces différents points. Tous ont des programmes (complets ou partiels) bourrés d’angles morts quand nous nous sommes efforcés à faire véritablement le tour des questions. « L’Avenir en Commun » est d’ailleurs en cours de complétude par une quarantaine de livrets thématiques que nous sortons au fur et à mesure de la campagne.
Avec Jean-Luc Mélenchon, la méthode d’implication de La France Insoumise et les 317 propositions du programme « L’Avenir en Commun », nous passerons à la 6ème République par la Convocation d’une Assemblée Constituante, nous protégerons les citoyen-ne-s et partagerons les richesses, nous engagerons pour de bon la planification écologique, nous sortirons des traités européens, nous renouerons avec l’indépendance de La France pour la paix, nous aurons de nouveau l’ambition du progrès humain ainsi que celle de mettre la France aux frontières de l’Humanité par l’économie de la mer, l’espace, le numérique et le virtuel. Bref, notre projet est complet et permet d’aller au bout de la démarche : Coup de balai, redéfinition de la règle du jeu, traitement de la triple crise démocratique, sociale et écologique, et nouveaux horizons.

Après ce quinquennat désespérant, le PS devrait présenter des excuses plutôt que des candidats. Nous n’avons pas besoin d’un Benoit Hamon pour faire du sous-Mélenchon quand l’urgence du moment exige d’aller au bout de la démarche et que nous disposons déjà de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. J’attends avec impatience qu’on vienne nous expliquer que la candidature de Jean-Luc Mélenchon, présente depuis un an, est celle qui divise à gauche quand la candidature du PS n’est connue que depuis moins de 24 heures. Laissons à Benoit Hamon la tache ingrate de refonte d’un PS moribond mais finissons avec Jean-Luc Mélenchon l’ample travail que nous avons commencé. Il ne fait aucun doute que si la démarche de Benoit Hamon est sincère et que sa capacité d’analyse de la situation politique est réelle, alors, il se rendra très vite compte que ce n’est pas derrière le candidat du Parti Socialiste que peut s’opérer le rassemblement nécessaire pour gagner dans trois mois face à la droite et à l’extrême-droite. Cela mérite effectivement une discussion autour d’un café. Et ce sera un arabica !

Adrien QUATENNENS* (30 janvier 2017).
*26 ans, Lillois, conseiller clientèle, membre du Conseil National du Parti de Gauche, investi par La France Insoumise pour les législatives de Juin 2017 sur la 1ère circonscription du Nord.

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